Libr-critique

14 septembre 2014

[News] News du dimanche

En ce deuxième dimanche de reprise, après l’invitation à lire Yannick Torlini, Camar(a)de, nos rubriques Libr-Net et Libr-événements (RV Manifesten, Po&fric et En première ligne).

EN UNE /FT/

Yannick TORLINI, Camar(a)de, éditions Isabelle Sauvage (29), été 2014, 88 pages, 14 €, ISBN : 978-2-917751-44-2.

Rien d’étonnant à ce que Yannick Torlini soit l’auteur d’un essai intitulé Ghérasim Luca : le poète de la voix. Ce texte en prose poétique dont le titre à double détente associe mort et fraternité, cet agencement répétitif où le poète entend "parler/penser/trouer" fait en effet bégayer le babil des classes laborieuses, désormais plus aliénées que dangereuses : "ce rideau que l’on nomme (vie / salariat / attente / désespoir / dépression / attente). retient le peu d’espace le : que l’on nomme peu de : sans nom. sans jamais. sans rien. camarade, commence par nommer-dévider ce qui – te tue, sans nom. faire l’effort de (dans). la (ma)langue" (p.29)…

 Libr-Net

â–º Podcast France Culture : revoyez/réécoutez Christophe Tarkos (émission "L’Atelier du son", avec vidéos annexes) peu avant le 10e anniversaire de sa disparition (novembre 2004/2014).

â–º L’actualité de David Christoffel sur son site.

â–º Parmi les nouveautés sur nerval.fr, le poème audio de Corinne Lovera Vitali, sont les seuls.

Libr-événements

â–º RV MANIFESTEN (59, rue Thiers à Marseille)

Lundi 15 septembre 2014 à 20H30 : Le corps comme dernier espace de liberté, débat modéré par Claudine Dussolier (Transversalité) avec Marc Mercier (Instants vidéos), Julie Bordenave (journaliste de Stradda et critique des Arts de la rue) et José Rubio (Directeur technique de la grande Halle de la Villette).
Rencontre organisée dans le cadre du festival international de performance "préavis de désordre urbain".

Un moment convivial qui permettra d’activer et d’interroger des actes artistiques dans l’espace public tout au long de la semaine de cette 8ème édition.
Autour d’un apéro, public, artistes et invités sont conviés à des chassés-croisés philosophiques entre transgression des interdits, liberté des corps et poésie urbaine.
La rencontre sera modérée par Claudine Dussollier, géographe et auteure de projets culturels et multimédia, elle cooordonne la plateforme RAMI (Rencontres arts et multimédia internationales). Elle dirige la collection d’ouvrages dédiés à l’art dans l’espace public : Carnets de rue.
Avec la participation de Julie Bordenave, journaliste et critique arts de la rue, de Marc Mercier, Directeur des Instants­vidéo et de José Rubio, Directeur technique du Parc et de la grande Halle de la Villette.
En présence des artistes du Festival Projection des Instants vidéo

­­­­­­­Avant la rencontre:
Soirée de lancement du Festival autour des containers de tri sélectif
Kiosque des Réformés, Square Léon Blum
Zones Rouges: 18H30­20H
Avec Ornic’art et Jérôme Porsperger

Mardi 16 septembre à 19H : Jérôme Rothenberg – né à New York fils de juif polonais immigrés. Il descend du Talmudiste Rabbi Meir of Rothenburg.
Il a fait ses études à l’University du Michigan puis à la Columbia University.
Il vivait à New York jusqu’à son séjour dans la réserve d’Allegany (Seneca) dans l’ouest de l’état de New York puis plus tard à San Diego en Californie, où il vit actuellement.
On lui doit des traductions de poètes allemands, de Paul Celan de Günter Grass, et de tant d’autres…
Fondateur d’Hawk’s Well Press et de la revue "Poems from the Floating World and some/thing", avec David Antin, qui publia de nombreux auteurs américains d’avant-garde. Et une fantastique anthologie "Technicians of the Sacred" : un choix de poèmes venus d’Afrique, d’Amérique, d’Asie, & d’Océanie (en 1968, puis revue et augmentée en 1985).
C’est aussi un des grands poètes de la performance où il lie dans son écriture, sa parole, sa gestualité les rites amérindiens et la mémoire du ghetto de Varsovie.
Travail d’Ethnopoète : "Technicians of the Sacred" (1968), qui inclue des poèmes visuels et sonores et des évènements rituels.
Il édita alors "Alcheringa", le premier magazine d’ethnopoésie (1970–73, 1975) et nombre d’anthologies : "Shaking the Pumpkin" : poésie traditionnelle des amérindiens de l’Amérique du nord (1972); un gros livre de textes juifs : "Poems & Other Visions of the Jews from Tribal Times to the Present ; Exiled in the Word", 1977 and 1989); "America a Prophecy" : un relecture de la poésie américaine de l’époque précolombienne jusqu’à nos jours (1973) ; et "Symposium of the Whole" : un choix de discours sur l’ethnopoésie (1983), coédite avec sa femme Diane Rothenberg.
Dans les années récentes, on lui doit "Poems for the Millennium, Poetics & Polemics" 1980-2005.
Et l’édition en français de "Technicians of the Sacred" traduit par Yves di Mano, paru en 2008.

Il nous donne à voir ce qui en ces temps de barbarie nous rapproche encore un peu de cette espèce en voie de disparition : l’espèce humaine…

http://www.jose-corti.fr/titresmerveilleux/techniciensSacre.html

 

â–º Vendredi 19 et samedi 20 septembre, Po&fric, Limoges-Eymoutiers : Rencontres, expos, lectures & performances + banquet sur la question de l’art, de l’argent et de la poésie, à Limoges et Eymoutiers, les 19 & 20 septembre prochains.
Invités : arT errOriste, Frédéric Danos, Stéphanie Eligert, Daniel Foucard, Jean Gilbert, Christophe Hanna, Jérôme Mauche, Yao Qingmei
Lieux : Galerie l’oeil écoute, Galerie du CAUE, le marché d’Eymoutiers, librairie Passe-temps, bar le Potron-minet.
Le programme détaillé est là : www.pan-net.fr
En plus tout est déjà expliqué en haut de cette page alors c’est facile !
Entrée libre et gratuite.
Contact : 43210pan@gmail.com

 

â–º Du 19 au 21 septembre, Festival En première ligne, espace Robespierre à Ivry-sur-Seine (en partenariat avec Remue.net).

Samedi 20 septembre
RENCONTRE 1 10h30 – 11h30 salle Maya Angelou

Egalité. Contre l’oubli de l’histoire, la force des mots Egalité. Contre l’oubli de l’histoire, la force des mots – 10h30-11h30
avec Florence Gauthier, historienne, Université Paris 7-Denis Diderot.
Un débat présenté par Daniel Blondet, syndicaliste, militant du livre.
Les mots, les notions, les concepts et leurs pratiques ont une histoire, forcément contradictoire. Celui d’égalité continue d’emporter l’enthousiasme et l’effroi. Il a connu, récemment, diverses tentatives de remplacement par équité, solidarité, égalité des chances, qui convergent vers sa dépolitisation.
Un retour sur la devise de la république des droits naturels : liberté, égalité, fraternité. Ces trois mots que les murs et les institutions ne portent plus qu’à leurs frontons, énoncent pourtant une proposition politique, qui tient ensemble le droit de résistance à l’oppression des individus, celui des peuples et celui de l’humanité tout entière. Mais le battement de leur coeur n’a pas fi ni de résonner…

RENCONTRE 2 10h30 – 11h30 • salle José Saramago

L’œuvre-vie de Jean Malaquais – 10h30-11h30
avec Geneviève Nakach, Ouvrage de référence : Malaquais rebelle aux éditions du Cherche-midi.
Un débat présenté par Hugues Calvet-Lauvin, libraire, militant du livre.
Malacki-Malaquais, le rebelle, le gaffeur, le javanais d’une planète sans visa… Une vie, une oeuvre, qui chantent l’odyssée des parias, des apatrides, et autres damnés cosmopolites d’une Europe aux heures les plus sombres du siècle écoulé. Mais toujours avec l’espoir, la joie, le rire comme boussole d’une humanité partagée. Malaquais, romancier de l’égalité ? Sa biographe, Geneviève Nakach, viendra évoquer avec nous cette fi gure hors-norme qui, non content d’être un écrivain maniant la langue française comme peu d’autres savent le faire, fut aussi un homme qui ne la planquait pas – sa langue – dans sa poche.

RENCONTRE 3 11h – 12h • salle FLORA TRISTAN

Tous les oeillets fanent-ils ? – 11h-12h
avec Charles Reeve et Kamel Djaïder.
Un débat présenté par Jean Lemaitre, journaliste et enseignant à l’IHECS-Bruxelles, militant du livre.
40 ans après, l’écrivain Charles Reeve, qui déserta de l’armée coloniale portugaise, et Kamel Djaïder , la "voix du Moyen-Orient" sur RFI, qui couvrit la révolution des OEillets pour "Algérie-Actualités", évoqueront les acteurs et événements, les espoirs et les désillusions comme l’actualité de cette Révolution aux parfums entêtants.

RENCONTRE 4 11h30 – 12h30 • salle MAHMOUD DARWICH

Rencontre avec Maylis de Kerangal – 11h30-12h30
Un débat présenté par Sébastien Rongier, écrivain et essayiste, membre du comité éditorial de remue.net
Maylis de Kerangal s’est imposée depuis le début des années 2000 comme une voie littéraire forte. Dans ses romans se mêle la circulation des corps et des désirs dans des espaces qui imposent une vision fragmentaire et flottante du réel. De Corniche Kennedy (2008) à Réparer les vivants (2014), par la topographie des corps et du réel, la lecture de Maylis de Kerangal offre une intense expérience du monde contemporain.

RENCONTRE 5 12h – 13h • salle FLORA TRISTAN

Grândola vila morena ! le roman d’une chanson – 12h-13h
avec Francisco Fanhais et Jean Lemaitre
Ouvrage de référence : Grândola vila morena ! : le roman d’une chanson aux éditions Aden
Un débat présenté par Kamel Djaïder, journaliste, militant du livre.
Le jeudi 25 avril 1974. Minuit vingt minutes et dix-neuf secondes. Une chanson retentit sur les ondes de Radio Renascença. C’est le signal de l’insurrection qui renversera le régime fasciste au Portugal. Depuis, cette chanson, que "Zeca" Afonso composa en hommage au peuple d’une cité qui su incarner la résistance au salazarisme, retentit à Madrid comme à Porto et Athènes, partout où le peuple vient troubler les desseins des puissants…
Francisco Fanhais est l’une des grandes voix de la chanson portugaise, il participa à l’enregistrement de "Grândola" ; Jean Lemaitre est journaliste et l’auteur avec Mercedes Guerreiro de "Grândola vila morena ! : le roman d’une chanson" aux éditions Aden.

RENCONTRE 6 14h00-15h30 • salle MAHMOUD DARWICH

L’égalité, une pensée à part entière ? Rencontre avec Jacques Rancière – 14h-15h30
Un débat présenté par Raùl Mora, libraire, militant du livre et Ivan Segré, philosophe, militant du livre.
"Reste que, de temps en temps, les sociétés réapprennent ainsi brusquement deux ou trois choses inouïes : que l’intelligence est la chose du monde la mieux partagée et que l’inégalité elle-même n’existe qu’en raison de l’égalité. Ces choses inouïes sont simplement ce qui fait que la politique à un sens."
Extrait de "La tête et le ventre Janvier 1996" texte paru dans le recueil "Chroniques des temps consensuels" aux éditions du Seuil.

RENCONTRE 7 14h – 15h • Salle JOSE SARAMAGO

Rencontre avec John King – 14h-15h
Ouvrage de référence : White trash aux éditions du Diable Vauvert, 2014
Un débat présenté par Daniel Paris-Clavel, revue Chéribibi, militant du livre et Philippe Villechalane, libraire, militant du livre.
Un écrivain à part dans la littérature anglaise. Il choisit après les terribles années Thatcher et la défaite du mouvement ouvrier britannique de redonner la parole au peuple dans le sillage des "Angry young man", ces "jeunes gars en colère" qui chahutèrent le royaume des lettres britanniques dans les années cinquante. Il décide de raconter des histoires populaires loin du spectacle. Skin, Punk ou hooligans ; fringues, musique, pub, football, baston, tout ça mais pas que…

RENCONTRE 8 14h – 15h • Salle MAYA ANGELOU

1914-1918 : l’uniforme a-t-il effacé les classes sociales dans l’épreuve commune des tranchées ? – 14h-15h
avec Nicolas Mariot, historien. Ouvrage de référence : Tous unis dans les tranchées, 1914-1918, les intellectuels rencontrent le peuple, Seuil, 2013
Un débat présenté par Christine Motte, militante du livre.

L’historien et sociologue Nicolas Mariot propose une lecture différente des célèbres "écrits de guerre" laissés par les intellectuels combattants. En racontant leur expérience du monde des tranchées, ils livrent aussi un témoignage sur les différences sociales maintenues, déplacées et parfois aussi renforcées durant le conflit.

RENCONTRE 9 16h – 17h30 • salle MAHMOUD DARWICH

Rencontre avec Petros Markaris – 16H-17h30
Un débat présenté par Hugues Calvet-Lauvin, libraire, militant du livre.
Des polars bien sentis sur fonds de crise économique et sociale, voilà ce qui fait – à juste titre – la notoriété du romancier Petros Markaris. Ses enquêtes du commissaire Charitos nous plongent dans la réalité d’une Grèce contemporaine en proie aux diktats de la troïka, aux coupes budgétaires sans fin, au démantèlement de l’État "providence" au profit des banques et de la finance. Derrière les meurtres à élucider, se dessine un tableau de la détresse des humbles et de la corruption des élites. Mais le bougre de Petros a plus d’une cartouche dans sa plume, ainsi que nous aurons l’occasion de l’évoquer ensemble*… Histoire de faire mentir ceux qui considèrent un peu vite le polar comme un "genre mineur".
* Comme scénariste, il obtint le Grand Prix lors du Festival de Cannes 1995 pour Le Regard d’Ulysse de Theo Angelopoulos, puis en 1998 la Palme d’or pour L’Éternité et Un Jour du même de Theo Angelopoulos.

RENCONTRE 10 15h30 – 17h • Salle JOSE SARAMAGO

Révolutions africaines, une histoire pour le présent ? – 15h30-17h
Avec Francis Arzalier et Saïd Bouamama
Francis Arzalier est historien et essayiste. Saïd Bouamama est sociologue et militant associatif.
Ouvrages de référence : Figures de la révolution africaine ; De Kenyatta à Sankara, La découverte, 2014 et Expériences socialistes en Afrique : 1960-1990, Le Temps des Cerises, 2010.
Un débat présenté par Fatmata Camara, médiatrice culturelle, militante du livre.
13 ans de guerres coloniales portugaises pour préserver les gains d’entreprises qui ne reversent rien au peuple ; un pays qui stagne dans la pauvreté économique et sociale sous un régime fasciste : les conditions étaient réunies pour la Révolution des oeillets et la décolonisation de l’Afrique lusophone. Pour se débarrasser du joug colonial, les meneurs des guerres d’indépendance africaines (dont les lusophones) ont tenté diverses "expériences socialistes" qui ont souvent laissé un goût amer. Mais elles ne méritent pas d’être jetées aux oubliettes de l’Histoire, car elles visaient à "construire une société au service des (…) peuples".

RENCONTRE 11 18h – 19h30 • salle MAHMOUD DARWICH

Cuba grafica ! Histoire de l’affiche cubaine – 18h-19h30
Rencontre avec Régis Leger et Flor de Lis Lopez
Ouvrage de référence : Cuba grafica, histoire de l’affiche cubaine aux éditions L’échappée
Un débat présenté par le Collectif Formes vives.
Régis Léger alias Dugudus ou bien l’inverse fut pour nous d’abord une rumeur, on causait d’un jeunot qui se passionnait pour l’affiche politique, puis un émerveillement , "Cuba Grafica" , un bouquin, une somme érudite et futée qui n’embaume pas les grandes heures du "cartel" cubain mais veille à questionner filiations et pratiques actuelles. Un fort et beau livre. Et Régis est en compagnie de choix, Flor de Lis Lopez, son ex-enseignante à l’école de design de La Havane, grande historienne du graphisme cubain. Elle met, pour la première fois, à l’occasion de cette rencontre les pieds hors de l’Amérique Latine.

RENCONTRE 12 17h30 – 18h30 • Salle JOSE SARAMAGO

Polar à l’italienne – 17h30-18h30
Avec Alessandro Perissinotto et Gioacchino Criaco
Un débat présenté par Samantha Biolcati, militante du livre.
Au pays de Scerbanenco et de Leonardo Sciascia. Beaucoup de littérature et des frontières de genre bien plus poreuses qu’ailleurs. Le polar à l’Italienne actuel a de quoi se mettre sous la dent ; mafias en tout genre et luttes révolutionnaires armées des années 70 et 80. Scandales politico-financiers sans fin et luttes sociales renaissantes. Et des pans entiers de l’histoire transalpine à revisiter. Pour approcher tout cela nous accueillons deux romanciers italiens de grande classe. Alessandro Perissinotto, de Turin, le titulaire du prestigieux prix Stregga 2013 est enseignant et traducteur. Gioacchino Criaco, de Africo en Aspromonte, il fut avocat à Milan, depuis son retour dans l’Aspromonte, il se consacre exclusivement à l’écriture.

RENCONTRE 13 18h – 19h30 • salle FLORA TRISTAN

L’ immigration et le quartier populaire dans la BD : une écriture de l’intime ? – 18h-19h30
Avec Farid Boudjellal, Kamel Khélif et Pierre Place
Un débat présenté par Naiké Desquesnes, journaliste indépendante, revue Z.
C’est seulement au début des années 1980 que le quotidien des quartiers populaires, des prolos immigrés et français, débarque sur les planches des albums de bande dessinée. Pour la première fois dans l’Hexagone, les lecteurs découvrent la vie des familles partagées entre la France et le bled, les galères de travail, de logement, le racisme, la violence policière. Baru et Boudjellal plutôt que le "beauf" de Cabu et les "bidochons" de Binet. C’est Farid Boudjellal qui dépeint cette vie là, à travers les frasques de la famille Slimani. Un peu plus tard, le bédéiste et peintre Kamel Khélif raconte la mémoire de sa famille ou bien celle des quartiers Nord de Marseille. Les peines et les joies des quartiers populaires : c’est aussi ce que dessine, parfois, et scénarise Pierre Place.

Dimanche 21 septembre


RENCONTRE 14 11h – 12h30 • Salle MAYA ANGELOU

RAP & … – 11h-12h30
Avec Karim Hammou, EJM et Karim Madani
Un débat présenté par Thomas Deconchy, militant du livre.
L’année dernière en 2013 on fêtait les 30 bougies de la Marche pour l’Égalité. 1983, c’était également la première apparition en France d’une culture débarquée des States et qui allait elle aussi bouleverser les codes et permettre la libération d’une parole jusque là confisquée : le Hip-hop. Y-a-t-il un lien entre ces deux anniversaires ? Quelle place au occuper le rap dans les mouvements culturels et/ou politiques issus des quartiers populaires ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Nous vous proposons une rencontre en freestyle, autour du café du dimanche matin, avec trois bonhommes qui chacun à leur manière font avancer la gamberge autour de ces questions. Trois liens avec l’écriture aussi. Une écriture couchée sur instru depuis plus de 20 ans par EJM, ou sur pages blanches sous la forme des fictions aux scénars breakbeats et aux mots noirs de Karim Madani, ou sous la forme d’études plus universitaires comme le travail précis proposé par Karim Hammou.

RENCONTRE 15 11h – 12h • Salle JOSé SARAMAGO

L’identité pour viatique, longévité d’une mystification – 11h-12h
avec Francis Arzalier, historien et essayiste
Il a publié de nombreux ouvrages et articles, notamment sur les rapports coloniaux et postcoloniaux, les questions identitaires et les mouvements de révolte. Il est le responsable de la revue Aujourd’hui l’Afrique.
Ouvrage de référence : Les régions du déshonneur : la dérive fasciste des mouvements identitaires au XXe siècle aux éditions Vuibert, 2014.
Un débat présenté par Nicolas Norrito, éditions Libertalia, militant du livre.
Le Lorrain Hermann Bickler, le Corse Petru Rocca, le Breton Olier Mordrel, le Palestinien Hadj Amin El Husseini, etc. : des hommes au destin étonnant, au coeur des tempêtes de l’histoire du 20è siècle. Ils ont d’abord été des militants, revendiquant envers et contre tout une identité occultée, régionale ou nationale, culturelle, ethnique ou religieuse. Puis ils se sont laissés emporter, fascinés par les "grandes lueurs noires" des "années 30", nazisme et fascismes, qui ont durant une génération, ravagés la France et le monde. Certains de ces "perdants" de 1945, ont retrouvé plus tard leur rôle d’acteur occulte de l’histoire, et une descendance évidente, jusqu’à nos jours. Quatre vingts ans après les "années 30", l’actualité semble revenue des identités exacerbées, manipulées.
Un détour par le passé, indispensable au présent…

RENCONTRE 16 11h – 12h • salle FLORA TRISTAN

Buonarroti, Babeuf, des contemporains ? – 11h-12h
avec Stéphanie Roza et Jean-Numa Ducange
Ouvrage de référence : Conspiration pour l’égalité, dite de Babeuf par Philippe Buonarroti, aux éditions La Ville brûle, 2014.
Un débat présenté par Ivan Segré, philosophe, militant du livre.
La Conspiration pour l’égalité dite de Babeuf est le premier grand récit de l’époque contemporaine défendant l’égalité sociale radicale. Lorsque paraît la Conspiration pour l’égalité de Filippo Buonarroti, en 1828, l’Europe entière est monarchique. À Paris, le nom de Robespierre est imprononçable et les révolutionnaires sont réduits au silence depuis 1815. Depuis près d’un demi-siècle, ce classique de la littérature révolutionnaire n’avait jamais été réédité. Il bénéficie aujourd’hui d’une édition scientifique complète et qui fera référence. Établie par des spécialistes incontestables, elle permet d’appréhender le texte dans son contexte immédiat comme dans son histoire longue, depuis les "lumières radicales" du XVIIIe siècle jusqu’à la postérité communiste ultérieure.

RENCONTRE 17 13h30 – 15h • salle MAHMOUD DARWICH

Marche pour l’égalité de 83, quels enseignements pour le présent ? – 13h30-15h
avec Mogniss Abdallah, journaliste, fondateur de l’Agence Im’média, militant ; Saïd Bouamama, sociologue et militant associatif et politique ; Toumi Djaidja, co-fondateur de l’association "SOS Avenir Minguettes", il fut l’un
des initiateurs de la Marche.
Un débat présenté par Karim Belabbas, syndicaliste, militant du livre.
L’année dernière, nombre de manifestations, locales et nationales, eurent lieu dans l’Hexagone afin de fêter les trente ans de la Marche pour l’égalité et contre le racisme. Il y eu à boire et à manger, et pour sûr, du bon et du moins bon ; dont les récupérations politicardes attendues, par ceux qui déjà, en 83, oeuvraient d’arrache-pied afin de désamorcer un événement politique sans précédent : l’irruption de la jeunesse des quartiers populaires et de relégation sociale dans la vie politique d’un pays qui les cantonnait à la rubrique des faits divers. Alors, "En première ligne" va s’employer à rendre la Marche à ceux qui l’ont faite et à ceux pour qui ils marchèrent.

RENCONTRE 18 13h30 – 15h • Salle JOSE SARAMAGO

Rencontre avec Lionel Salaün – 13h30-15h
Un débat présenté par Philippe Villechalane, libraire, militant du livre.
Magasinier, fabricant d’aquariums, photographe, pêcheur de sardines, mais surtout écrivain ; chansons, poèmes, scénarios, pièces de théâtre et romancier. Passionné de musique, jazz, blues, rock, chanson française, classique, mais que du bon. Son premier roman Le retour de Jim Lamar, est le plus français des romans américains, un vrai beau bouquin initiatique, plein d’amitié et de détermination avec une quinzaine de prix à la clé. Le second Bel
air est la chronique d’une époque, d’une classe, d’une génération, d’un lieu, des années 50, de la classe ouvrière, des adolescents pendant la guerre d’Algérie et du bistrot d’un quartier populaire. Chez Liana Levi.

RENCONTRE 19 13h30 – 14h30 • salle FLORA TRISTAN

Égalité marginale – 13h30-14h30
Avec Thierry Pelletier Ouvrage de référence : La petite maison dans la zermi, éditions Libertalia 2007.
Un débat présenté par Daniel Paris-Clavel, revue Chéribibi, militant du livre.
Fruits de séjours dans le "social" (de centres pour toxicos en centrales pour taulards), les récits contondants de Thierry Pelletier racontent des vies fracassées qui méritent mieux qu’un numéro de dossier : pas de commisération, du respect !

RENCONTRE 20 14h – 15h30 • Salle MAYA ANGELOU

Littérature Jeunesse, retour à l’ordre moral où école de l’égalité ? 14H-15h30
Avec Sylvie Vassalo, directrice du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil ; Claire Franek, illustratrice jeunesse ; Abdel Hafed Benotman, auteur et Olivier Belhomme, éditions de l’Atelier du poisson soluble.
Un débat présenté par Samiha Lafif, libraire, militante du livre.
La moralité fait son "come-back" sur le devant de la scène, mais a-t-elle jamais disparu ? Et si celle-ci veut faire main basse sur les lectures des plus jeunes, c’est bien que les enjeux sont plus importants qu’on nous le laisse croire… La rencontre donne la parole à des militants de la littérature jeunesse, ils sont en première ligne afin d’offrir à chaque citoyen de demain les outils nécessaires à leur émancipation.

RENCONTRE 21 14h30 – 16h • salle MAHMOUD DARWICH

Rencontre avec Sorj Chalandon – 14h30-16h
Un débat présenté par Naiké Desquesnes, journaliste indépendante, revue Z.
Journaliste à Libé entre 1973 et 2007 où il a débuté comme dessinateur avant d’y faire son trou comme grand reporter, Sorj Chalandon promène désormais sa plume et son regard averti dans les pages du Canard enchaîné. Respecté pour ses reportages – entre autres sur le conflit nord-irlandais et le procès Barbie pour lesquels il obtient en 1988 le prix Albert-Londres. Il est aujourd’hui reconnu pour ses magnifiques romans, qu’il nourrit de protagonistes plongés dans les tourments des conflits contemporains. Ses deux romans en miroir, Mon traître (2008) et Retour à Killybegs (2011), prennent justement comme théâtre les troubles de l’Irlande du Nord. Le Quatrième Mur (2013, Prix Goncourt des lycéens) raconte l’idée folle de monter l’Antigone de Jean Anouilh dans une Beyrouth en guerre. L’engagement, le combat, la mort, la trahison : autant de questions que Sorj Chalandon déploie dans son oeuvre, qu’il veut dépouillée, sans fioritures ni mots en trop. Peu savent comme lui donner autant de force à des phrases si courtes. De son passé de jeune mao à son départ (politique) de Libération, de son expérience du conflit à ses succès littéraires, le dialogue risque d’être beau et dense…

RENCONTRE 22 16h30 – 18h • salle MAHMOUD DARWICH

Rencontre avec Leonardo Padura – 16h30-18h
Un débat présenté par Raùl Mora, libraire, militant du livre.
Havanais taciturne et malicieux, Leonardo Padura est de ces romanciers inattendus, comme saisis sur le tard par l’écriture, d’abord journaliste il s’impose avec l’apparition de son Mario Conde, détective "hard boiled" tropical, comme l’un de ceux qui contribuent à réinventer le roman noir et ce depuis une ville qui n’est, alors, déjà plus la Mecque des littératures latino-américaines.
Pour Padura, le succès n’est pas une rente. Son Homme qui aimait les chiens a surpris. Il est, sans doute, par delà les polémiques stériles, l’un des très grands romans de ces quinze dernières années. Hérétiques qui paraît en français en septembre, est du même tonneau. Mario Conde y revient, dans une fresque vertigineuse, bien décidé à réconcilier Carpentier et Hammet. Un hommage sans pareil à celles et ceux, qui en tout lieu, de tout temps, s’opposent aux conformismes.

RENCONTRE 23 16h – 17h30 • salle salle FLORA TRISTAN

Trente piteuses ? – 16H-17h30
Avec Céline Pessis, Gérard Delteil et Renaud Bécot
Ouvrages de référence : Une autre histoire des Trente Glorieuses : modernisation, contestations et pollutions dans la France d’après-guerre aux éditions de La Découverte et Les années rouges et noires par Gérard Delteil aux éditions du Seuil.
Un débat présenté par Patrick Bobulesco, libraire, militant du livre.
Et si elles avaient été bien plus piteuses que glorieuses, ces trois décennies ? Guerre froide et napalm, consommation de masse, "l’american way of life" livré sur pellicules et en containers, productivisme dévastateur,
décolonisation planifiée sous les lambris du Quai d’Orsay… Un inventaire à rebours d’une histoire consensuelle de la modernisation, Céline Pessis, Renaud Bécot et Gérard Delteil éclaireront l’autre face, noire, du rouleau compresseur de la "modernité" et du "progrès", qui tout à la fois créa et rendit invisibles ses victimes : les irradié-e-s des essais nucléaires en Algérie et en Polynésie, les ouvrier-ère-s de l’amiante ou des mines d’uranium contaminé-e-s, les rivières irrémédiablement polluées, les cerveaux colonisés par les mots d’ordre de la "croissance" et de la publicité… Utile à l’heure où l’on nous sérine que les années "yéyé" furent un âge d’or.

RENCONTRE 24 18h – 19h • salle MAHMOUD DARWICH

Attica Locke – 18h-19h
Un débat présenté par Jérôme Vidal, producteur de cinéma, militant du livre.
Quel prénom… C’est le nom d’une prison de l’état de New York, celle où George Jackson, militant du Black Panther Party, a été tué par des gardiens en 1971 donnant lieu à une belle et grande mutinerie de 4 jours.
Attica est scénariste pour le cinéma et la télévision. Deux romans sur les inégalités sociales, la ségrégation raciale "made in Usa" et ses suites contemporaines, sur l’exploitation et la lutte. De la mémoire, de la violence, du sang, de l’histoire qui ressurgit. Lauréate du prix J.Ernest Gaines pour l’excellence littéraire et 11 nominations à différents prix littéraires et tout cela en seulement deux romans. Traduits en français Marée noire et Dernière récolte, à la Série Noire chez Gallimard.

RENCONTRE 25 17h – 18h30 • Salle MAYA ANGELOU

Des faubourgs à Biribi, une histoire des bas-fonds – 17h-18h30
avec Dominique Kalifa, spécialiste de l’histoire du crime et de ses représentations au XIXe et au début du XXe siècle. Dominique Kalifa est professeur à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne où il dirige l’École doctorale d’histoire et codirige le Centre d’histoire du XIXe siècle. Ouvrage de référence : Les bas-fonds : histoire d’un imaginaire, aux éditions du Seuil 2013 Biribi, les bagnes coloniaux de l’armée française aux éditions Perrin, 2009
Un débat présenté par Nicolas Norrito, éditions Libertalia, militant du livre.
Dominique Kalifa éclaire les représentations des "bas-fonds" jusqu’à l’orée du "court XXe siecle" cher à Hobsbawm. Cet envers, ce repoussoir, la "part maudite", est aussi l’une des lignes de fuite symbolique et sociale. Car s’ils disent des réalités, la pauvreté, le crime, les transgressions, ces "bas-fonds" constituent aussi un imaginaire qui traduit tout autant nos inquiétudes et nos anxiétés que certains de nos désirs. Ces histoires qui hantent nos consciences ont-elles pris fin aujourd’hui ? Les contextes ont changé, mais les débats sur l’underclass, les images du cinéma contemporain ou la culture steampunk montrent que l’ombre des bas-fonds rôde toujours autour de nous. Mais les bas-fonds ce sont aussi, ces moyens dont l’Etat se dote afin de s’en assurer la maitrise, les punir et les reléguer, et dont Biribi, ces bagnes d’Afrique du nord , furent le paradigme répressif. Dominique Kalifa nous en restitue aussi l’histoire culturelle et sociale. Une histoire qui n’est pas sans rapport avec les débats sécuritaires actuels…

RENCONTRE 26 18h – 19h • salle salle FLORA TRISTAN

Rencontre avec Gérard Delteil – 18h-19h
Ouvrage de référence : Les années rouges et noires par Gérard Delteil aux éditions du Seuil et l’ensemble de son oeuvre.
Un débat présenté par Stéphane Soulard, militant du livre.
Entre conspirations et violences. Comment démystifier ces trente glorieuses sacrément nébuleuses ? Delteil s’y emploie avec brio. Un Delteil qui fera date. Ces années où les forces politiques, issues de la résistance, se construisent. Les droites se cherchent et savent se retrouver en réaction au communisme…

7 septembre 2014

[News] News du dimanche

Avant de découvrir deux Libr-événements importants en cette reprise (festival Relectures 15 et INTON’ACTION 4), notre programme à venir…

 

À venir en UNE

â–º Spécial Al dante, spécial POL…

â–º Chroniques sur Serge Doubrovsky, Le Monstre ; Jérôme Bertin, La Peau sur la table/Autoportrait ; Véronique Bergen, Marilyn, naissance année zéro ; Jacques Sivan & Charles Pennequin, Alias Jacques Bonhomme ; Yannick Torlini, Camar(a)de ; Elisabeth Filhol, Bois II ; Isabelle Grell, volume "128" Nathan sur l’autofiction…

â–º Grand entretien avec Sylvain COURTOUX…

â–º Créations de Yves Justamante, Matthieu Gosztola, Daniel Cabanis, Gilles Grangier…

Libr-événements

 â–º Du 22 septembre au 5 octobre 2014, RELECTURES 15, c’est 21 manifestations en entrée libre sur 15 jours… rassemblant 22 artistes…

Alexis Fichet, Nicolas Richard, Matthieu Dibelius, Jean-Paul Curnier, Céline Ahond, Maïder Fortuné, Vanessa Place, Frank Smith, Marc Perrin, Luce Goutelle, Charlotte Imbault, Guillaume Désanges, Ives Robert, Fantazio, Till Roeskens, Nathalie Quintane, Violaine Lochu, Gwenola Wagon, Hélène Cœur, Souleymane Mbodj, Emmanuel Adely, David Haddad

dans 7 structures de Seine-Saint-Denis et du Nord-est parisien…
l’Espace Khiasma (93), la Médiathèque Marguerite Duras (Paris 20e), le 116 (93), le Musée Commun (Paris 20e), la Maison des Fougères (Paris 20e), le Pavillon Carré de Baudouin (Paris 20e), Lilas en Scène (93)

une programmation jeunesse…
Jean-Paul Curnier, Souleymane Mbodj, carte blanche à l’association Belleville en Vue(s)

3 tables rondes…

Poétiques du témoignage
avec Frank Smith, Fiona McMahon et Geneviève Cohen-Cheminet

Big Data : construire du sens à l’échelle « n = tous » (politique et esthétique)
avec Frank Smith, Xavier de La Porte (sous réserve), Gwenola Wagon

Documenter la performance / Performer le document
discussion entre Guillaume Désanges et Olivier Marboeuf

et un salon des éditeurs !

Salon de (re)lectures avec les éditions : Les petits matins, Al Dante, Ère, Les inaperçus, Lignes, La Fabrique, Argol, Plaine Page, L’attente, Questions Théoriques, Le Bleu du ciel, Les Prairies ordinaires, Inculte, Amsterdam, Verticales, Argol, Autrement, Galilée, Seuil, La Différence, Bazar, Hapax, Nous, Le Mot et le Reste… — et les revues : Vacarme, NioquesMultitudesLe chant du monstreThéâtre publicCassandreDissonancesLignesLe Passant OrdinaireCe qui SecretArmée NoireLa Femelle du RequinNuméro ZéroBoxonContre-AlléeFrictions

Une manifestation produite par Khiasma
Programmation :
 Olivier Marboeuf et Sébastien Zaegel
Coordination : Sébastien Zaegel / pole.litterature@khiasma.net / 09 80 36 02 03
Contact presse : Amandine André / relectures@khiasma.net

 

â–º INTON’ACTION #4 _ Rencontres internationales de poésie et performances (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier : DATABAZ, 100 rue du Gond à Angoulême)

du 2 au 4 octobre 2014  ///// jeudi 2 octobre _ 20h30 _ DATABAZ Searching for Elias, documentaire sur Elias Pozornsky, artiste polonais présenté par Pierre-Yohan Suc et Magali Pobel (Cie Androphyne) ///// vendredi 4 octobre _ 20h30 _ DATABAZ

Martin Bakero (Chili / France)

Joel Hubaut  (France)

Ali Al-Fatlawi et Abdallah Shmelawi (Irak / Suisse)

Marguerite Bobey  (France)

///// samedi 3 octobre _ 11h-13h _ performances place des Halles et autour de la mairie 16h _ Ceci n’est pas une performance, action participative inscription 20h30 _ DATABAZ

Demosthène Agrafiotis  (Grèce)

Annie Abrahams (France / Pays-Bas)

Christine Quoiraud (France)

Thierry Lagalla (France)

 Entrée : 5 euros chaque soirée  // Pass trois soirs 10 euros

10 juin 2014

[Livres] Libr-kaléidoscope (4), par Fabrice Thumerel et Périne Pichon

Selon le principe de cette rubrique, revenons sur quatre intéressants livres reçus : Yannick Torlini, Nous avons marché ; Stéphane Nowak Papantoniou, GLÔÔSSE ; Bruno Edmond, Mahu ; Anne Versailles, Viola.

 

â–º Yannick TORLINI, Nous avons marché, Al dante, printemps 2014, 152 pages, 15 €, ISBN : 978-2-84761-775-7.

En leur temps, déjà : Baudelaire, Rimbaud, Michaux…

En ces temps d’assignation et de résignation, l’important est d’être ailleurs. Là-bas.
(Toute fuite n’est pas une échappée, et toute échappée n’est pas une fuite).

Hors de ses fameuses racines, de sa soi-disant identité. Hors de soi, de sa langue. Hors de son quotidien.

Être hors de soi pour aller vers. Et pour cela, faire sortir la langue de ses gonds : être dans la langue pour être en devenir.

Voici un exemple d’agencement répétitif, de bégaiement qui ouvre l’espace :

"Nous avons fui nous avons couru, lorsqu’il s’agissait de s’échapper échapper lorsqu’il s’agissait : quelque chose s’était bloqué s’était : désagrégé à la nuit s’était. Bien trop longtemps bien trop silence, dans l’os et la chair ces murs ces : jours bloqués passés à. Dans les barreaux les barbelés, les grilles les portes le métal et nos existences si bien cloisonnées" (p. 139). /FT/

 

â–º Stéphane NOWAK PAPANTONIOU, GLÔÔSSE, éditions Al dante, Marseille, printemps 2014, 88 pages, 13 €, ISBN : 978-2-84761-768-9.

Quand les puissances d’argent viennent ruiner plus qu’un pays, une civilisation,
quand l’hostilité vient remplacer l’hospitalité,
quand le discours dominant vient contaminer la langue maternelle,
tout est-il perdu ? Que reste-t-il au poète ? La poésie comme puissance de déconditionnement, libération de la langue… Contre la glose économo-politico-médiatique, "la glossolalie langue coupante", une "langue dégelant la gelée", le coup de glotte de la résistance…

Mêlant narratif et discursif, visualité et oralité, document objectif et inventivité verbale, cette glôôsse qui cligne aussi bien du côté de Prigent que de Rabelais est une hurmouvante descente dans le labyrinthe grec et mondial qu’il faut découvrir de toute nécessité. /FT/

 

â–º Bruno EDMOND, Mahu, éditions DIABASE, La Riche (37), printemps 2014, 112 pages, 11 €, ISBN : 978-2-911438-96-7.

« Quand Mahu parle, Mahu crie. »

Mahu. Deux syllabes, presque deux onomatopées séparées par un souffle coupé: ce « h » entre deux voyelles. Des sons qui s’expulsent, comme un cri. « Mahu, c’est. » Un cri sans mots, oublieux du langage.

Le titre fait penser au diptyque de Robert Pinget : Mahu ou le matériau / Mahu reparle. Ici, le cri se substitue à la parole, malgré la reprise du « matériau ». Crier peut être l’expression d’un paroxysme autant que d’une perte ou du langage.

Chez Edmond Bruno, Mahu est un personnage frontière, un monstre dans sa marginalité. C’est pourquoi ses actes semblent suivre une loi déviante de la loi générale. Suivre Mahu, au-delà de la ville, dans la campagne, c’est considérer le monde à contre-courant. La langue et le langage deviennent alors un objet étranger, insolite, voire monstrueux :

« Ainsi, cachés, courbés, accrochés comme sangsues aux parois de nos gorges, des monstres habitent nos bouches.

Ainsi c’est donc avec et par un monstre que je parle, que tu parles. Parlons. » /PP/

 

â–º Anne VERSAILLES, Viola, éditions L’Arbre à paroles, Maison de la poésie d’Amay (Belgique), 2014, 10 €, ISBN : 9 782874 06774.

Dans Viola, la violence de la nature concurrence les hommes. Les paysages regardés sont principalement de sable et d’eau, la mer et la plage encerclant une maison vidée de son occupante. Impossible de marcher sur la mer, difficile d’avancer en un rythme constant sur le sable : ces deux forces sont instables, prêtes à envahir, à étouffer. Le plus effroyable étant que pas une ride ne défigure l’eau après l’engloutissement d’un cadavre, et que le sable d’une tempête retombe paisiblement en enfouissant ses victimes après le massacre.

Sur ce paysage, la narratrice se débat avec un fantôme, celui de sa sœur, la disparue de la maison face à la mer. Elle la raconte en l’interpellant, en la questionnant, et invoque une enfance pleine d’histoires aussi terribles que merveilleuses. Une relation sororale tempétueuse se reflète dans ce « tu » raconté par « je ». Pour ne pas se laisser engloutir par ses fantômes, la narratrice dit marcher par besoin. Marcher pour retrouver sa stabilité dans le sol, pour rythmer les phrases énoncées face au mot qui fait perdre pied :

« Je me souviens, j’avais besoin de marcher. Je suis sortie. Le jardin était trop petit, je suis allée dans la rue. Il n’y avait personne. J’ai ouvert l’enveloppe, déplié le papier. Il n’y avait qu’un mot. Un seul mot. Il m’a fait perdre pied. » /PP/

8 juin 2014

[News] News du dimanche]

Dans les NEWS de ce soir, spécial Christian PRIGENT et un RV exceptionnel avec Claude FAVRE. Enfin, LC vous guide dans l’espace gigogne de ce qui, hélas, s’appelle toujours "Marché de la poésie"…

 

Autour de Christian Prigent

â–º AGENDA estival de Christian PRIGENT

15 juin. Marché de la poésie, Place Saint-Sulpice, Paris. Christian Prigent sera de 14 h 30 à 16 h 30 sur le stand des éditions FICELLES (STAND 503).

17 juin | Rencontre, débat
Christian Prigent. «Une soirée d’amour martial» à Paris 14e

Christian Prigent. «Une soirée d’amour martial» (DCL épigrammes de Martial, chez POL). Lecture/discussion à la Librairie «À Balzac à Rodin», 14 bis, rue de la Grande Chaumière, Paris 14e, M° Vavin. Le jeudi 17 juin à 18 h 30

18 juin | Lecture
Christian Prigent à Pantin

Christian Prigent à Pantin
Mercredi 18 juin 2014 à 20 heures, dans le cadre du festival « Côté court » : projection de Variation Chino, film de Sol Suffern et Rudolf Di Stefano (2014, 15 minutes) et lecture de Christian Prigent : Visions de Chino. Au Ciné 104, 104 avenue Jean Lolive, 93500 Pantin, métro : Eglise de Pantin (ligne 5).

Du lundi 30 juin au lundi 7 juillet : participation au premier colloque international de Cerisy consacré à son œuvre, "Christian Prigent : trou(v)er la langue" (dir. : B. Gorrillot, S. Santi et F. Thumerel). [Il reste quelques places pour les curieux]

Toute l’actualité de Christian Prigent, des textes et documents inédits, des articles de recherche, des chroniques sur le blog Autour de Christian Prigent : vous y trouverez le programme complet du colloque, la réédition de son premier recueil La Belle Journée – devenu quasiment introuvable -, une synthèse sur l’aventure TXT, un article de Typhaine Garnier sur "la trouvaille d’une langue"… et bientôt, l’entretien de l’auteur paru dans Les Temps Modernes sur Bataille, une Bibliographie générale complète…..

â–º L’ensemble d’essais et d’entretiens de Christian Prigent, intitulé SILO, consultable et téléchargeable sur le site de pol éditeur vient d’être enrichi de trois textes : [ http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=feuilletons&numauteur=160&numfeuilleton=13&numpage=21&numrub=12]
1— "Aux grands Anamorphoseurs" (essai)
La mode des anamorphoses (vers 1560) comme trace d’une crise dans les modes de représentation. La torsion anamorphosée comme «structure de fiction». Une difficulté de la psychanalyse : Freud et la peinture. L’écriture moderne au delà du principe d’anamorphose.
Exposé au colloque « De l’art les bords », Milan, 1978. Paru dans La Langue et ses monstres, Cadex, 1989. Revu et corrigé en avril 2014.
2— "Du Sens de l’absence de sens" (essai)
La question de l’illisibilité en littérature. Qu’est-ce qu’un texte illisible ? Ecriture et sens du « présent ». L’écriture comme expérience du sens de l’absence de sens.
Exposé au colloque « Liberté, licence, illisibilité poétique », San Diego, USA, 2008 (direction Bénédicte Gorrillot et Alain Lescart. Une version légèrement différente figure dans les actes de ce colloque (L’illisibilité en questions, Presses du Septentrion, avril 2014).
3— "Du Droit à l’obscurité" (entretien)
La littérature et la fatalité de l’obscur. Aux origines de la revue TXT. De Commencement à Demain je meurs : vers une plus grande lisibilité ? Pour qui écrire ? Fiction et pédagogie critique. La peinture comme médiation. Le rapport aux « maîtres ». Narration et voix. Pourquoi et comment des « lectures publiques ». Le style comme puissance de distinction.
Entretien avec Bénédicte Gorrillot. Colloque « Liberté, licence, illisibilité poétique », USA, 2008. Une version abrégée figure dans les actes de ce colloque (L’illisibilité en questions, Presses du Septentrion, avril 2014).

 

Spécial Libr-événement

Les rencontres avec Claude FAVRE étant rares, on ne manquera pas celle-ci, organisée par notre ami libre & critique Sébastien Écorce :

Claude Favre,

 

« VOYOUS »

 

LECTURE-PERFORMANCE

avec Dominique Pifarely (violon).

 

 

samedi 14 juin 2014 à 20h

 

Atelier Natalie Lamotte

10 – 12 rue Louis Marchandise

94400 Vitry sur Seine, Brooklyn

 

un mot j’ai commencé d’étourdissements il arrive que ça, démange un mot mon amour il arrive qu’à parler, ça donne sur la mort, n’est pas rien commencer, pas trop de culbutes, et totems je me joue certains jours à l’envers si vous saviez la langue, la langue et le corps, le corps étrange de l’intérieur qu’interpréter, ça qu’à moitié mais d’alertes je me joue je brouille, les cartes à l’orée de la langue de l’effroi je suis née et protéiforme, arrachée me raconte d’alertes c’est pas dit, c’est pas dit

 

Claude Favre, autour d’A.R.N. et inédits

(Ed. revue des ressources 2014)

© Nathalie Lamotte, série acrylique

 

32e Marché de la poésie Paris, du mercredi 11 au dimanche 15 juin 2014 (place St Sulpice)

 Notons l’hommage à Pierre Garnier jeudi 12 à 17H30 ; les stands de la revue GRUPPEN (501), des éditions de l’Attente (110-112), des éditions Le Grand Os (stand 205), Arbre à paroles et Maelström (209)…

â–º LES ÉDITIONS AL DANTE SERONT PRÉSENTS AU MARCHÉ DE LA POÉSIE, STAND 506.

Programme des événements, signatures et interventions :
– Jeudi 12 juin à partir de 17h, en présence de Julien Blaine & Stéphanie Éligert, présentation du livre "DOC(K)S MORCEAUX CHOISIS (1979-1989).
– Jeudi 12 juin à 19h, STÉPHANE NOWAK PAPANTONIOU lira des extraits de son dernier livre : GLÔÔSSE. + présentation & signature.
– Vendredi 13 juin à partir de 18h, apéro & présentation des nouveautés aldantiennes en présence des auteurs :
AGENDA ROUGE DE LA RÉSISTANCE CHILIENNE de SERGE PEY
VORONEJ – CHOIX de Ossip Mandelstam, traduit par HENRI DELUY
– Samedi 14 juin à partir de 18h, apéro & présentation du livre AVAVA-OVAVA, publié avec La Voix des rroms. En présence des auteurs PIERRE CHOPINAUD, ANINA CIUCIU, LISE FOISNEAU, VALENTIN MERLIN ET SAIMIR MILE.

Sur la scène centrale, le dimanche 15 juin à 17h : "L’Édition de l’oralité", table ronde proposée par l’association Poema, avec Sébastien Lespinasse, Laurent Cauwet, Franck Puja. Modérateur : Jean-Michel Espitallier.

Autres nouveautés :
Poésie/littérature
– "Du bitume avec une plume" de Skalpel
– "Nous avons marché" de Yannick Torlini
– "Consume rouge" de Sylvain Courtoux
– "La sphinge mange cru" de Liliane Giraudon
– "Première ligne" de Jérôme Bertin
– "Le projet Wolfli" de Jérôme Bertin
– "Edie. La danse d’Icare" de Véronique Bergen
Politique
– "Procès d’une homme exemplaire" de Éric Toussaint
– "La démocratie" de Alain Brossat
Gastronomie
– "Cuisine action" de Henri Deluy

Samedi 14 juin
11h Rimbaudmobile, organisée par Poètes dans la Ville, parcours dans différents points de la capitale avec des poètes invités accompagnés du collectif Poésie is not dead (poètes : Vincent Tholomé, Laurence Vielle et Peter Holvoet Hanssen).*
Ouverture au public à 11h30.
14h 30 ans des éditions Bernard Dumerchez avec les poètes Hervé Carn, Zéno Bianu, Thomas Compère-Morel, Anne Mulpas, Jean-Dominique Rey, Yves Jouan, Valérie Schlée, Werner Lambersy, Dominique Dou.
15h Quelle place pour la poésie dans le “marché” de la littérature ? l’exemple de la Grande Bretagne, table ronde organisé par l’Union des Poètes & Cie
Anime par Paul de Brancion, poète et président de l’Union des poètes & Cie
Avec Lachlan Mackinnon, poète et critique littéraire, Jacques Darras, poète et président de Circé, et Brigitte Gyr, poète et vice-présidente de l’Union des Poètes & Cie.
Intervention : Mathias Lair, poète et secrétaire général de l’Union des poètes & Cie
16h Poésie Bassin du Congo : rencontre avec les poètes : Lopito Feijó (Angola), Éric Joël Békalé (Gabon), Michaella Rugwizangoga (Rwanda). Modérateur : Gabriel Mwènè Okoundji
17h Lectures : Poésie chinoise avec Han Bo, Jiang Hao, Jiāng Tāo, Ming Di, Tai E et Zhang Er, lecture organisée par le Festival franco-anglais

18h30 4e Nuit du Marché

Poésie Bassin du Congo

Présentation : Marie Alfred Ngoma
Lectures avec les poètes : Alexandrine Lao (Centrafrique), Thierry Manirambona (Burundi), Jean-Claude Awono (Cameroun)
Concert Bassin du Congo
20h Odette’s Tip (Afrobeat, Groove, Trance, Psychedelic Lounge, Cameroun)
21h Royaume Zipompa Pompa (Rumba- World music, Congo RDC)
Fermeture à 22h30

* Rimbaudmobile III : L’épopée Belge
Samedi 14 juin 2014
Dans une grange à Roche, le collectif Poésie is not dead a retrouvé il y a deux ans la voiture que la famille Rimbaud utilisait pour aller travailler aux champs.
Arthur et Vitalie la subtilisaient régulièrement, sous le nez et la barbe de leur mother, pour aller aux bals des villages alentours et pour leurs virées en Belgique et aux Pays-Bas.
Cet hiver, contre toute attente, elle a quitté sa grange ardennaise pour aller se promener en Belgique sur les pas d’Arthur et de Paul.
Heureusement, nos cousins poètes belges l’ont retrouvé à Bruxelles au n°1 de la rue des Brasseurs, devant l’ancien hôtel nommé A la Ville de Courtrai où se déroula le "drame de Bruxelles".
Cette année, les poètes belges Laurence Vielle, Vincent Tholomé et Peter Holvoet-Hanssen accompagnés par le créateur sonore en direct et en différé Michel Bertier et les vidéastes Anne-Sophie Terrillon et Christophe Acker ont décidé de faire revivre l’aventure abracadabrantesque de la Rimbaudmobile sur le bitume parisien.
Site de la Rimbaudmobile : http://rimbaudmobile.blogspot.fr/

Lectures-Performances dans les espaces publics suivants :
Avec le soutien de Wallonie Bruxelles International et du Fonds Flamand des Lettres
11h00 : Parvis Eglise Saint Eustache, rue Rambuteau près de la sculpture « L’Ecoute » d’Henri de Miller, avec Laurence Vielle et Michel Bertier
14h30 : Place de Furstenberg (près du Musée Delacroix) avec Vincent Tholomé et Michel Bertier
16h30 : Place Stalingrad avec Peter Holvoet-Hanssen et Michel Bertier
Captation vidéo : Anne-Sophie Terrillon et Christophe Acker
Conception et coordination : François Massut pour le collectif Poésie is not dead et l’association Poètes dans la Ville

Dimanche 15 juin
Ouverture au public à 11h30
14h30 Prix Coups de cœur/parole enregistrée de l’Académie Charles Cros
15h45 : Poésie du Bassin du Congo, rencontre avec tous les poètes venus pour l’occasion : Alexandrine Lao (Centrafrique), Thierry Manirambona (Burundi), Jean-Claude Awono (Cameroun), Madina Alima (Congo Brazzaville), Nocky Djedanoum (Tchad), Toussaint Kafarhire (Congo Kinshasa), Lopito Feijó (Angola), Éric Joël Békalé (Gabon), Michaella Rugwizangoga (Rwanda). Modératrice : Dominique Loubao
17h L’édition de l’oralité, table ronde organisée par POEMA. Avec Laurent Cauwet (éditions Al Dante), Sébastien Lespinasse (poète) et Franck Pruja (éditions de L’Attente). Modérateur : Jean-Michel Espitallier
17h45 Performances, de clôture : Patrick Dubost, Lili Frikh, Sébastien Lespinasse
20h Clôture du 32e Marché

29 mai 2014

[News] SPÉCIALE Libr-événements

Pour terminer mai en beauté, plusieurs Libr-événements vous attendent demain à Marseille (Little Big Books Artist ; Nowak Papantoniou), Paris (autour d’Antoine Boute : Azam, Hubaut, Montessuis…) et Angoulême (Espitallier, Jallon, Pireyre…) : des manifestations et des écrivains de premier plan !

 

â–º Vendredi 30 mai – 17h00 / Présentation des Little Big Books Artist, Le Monde des Villes – Marseille

André Jolivet, Nadine Agostini, François Bladier, Julien Blaine, Frédérique Guetat-Liviani, Laura Vazquez.

Atelier Vis-à-vis
41 rue Clovis Hugues
13003 Marseille

â–º Vendredi 30 mai à 19H, MANIFESTEN (59, rue Thiers à Marseille) : lecture-performance de Stéphane NOWAK PAPANTONIOU, qui vient de publier GLÔÔSSE aux éditions Al dante (88 pages, 13 €), suivie d’une discussion avec Katerina Zisimou qui témoignera de la situation en Grèce.

Quand les puissances d’argent viennent ruiner plus qu’un pays, une civilisation,
quand l’hostilité vient remplacer l’hospitalité,
quand le discours dominant vient contaminer la langue maternelle,
tout est-il perdu ? Que reste-t-il au poète ? La poésie comme puissance de déconditionnement, libération de la langue… Contre la glose économo-politico-médiatique, "la glossolalie langue coupante", une "langue dégelant la gelée", le coup de glotte de la résistance…

Mêlant narratif et discursif, visualité et oralité, document objectif et inventivité verbale, cette glôôsse qui cligne aussi bien du côté de Prigent que de Rabelais est une hurmouvante descente dans le labyrinthe grec et mondial qu’il faut découvrir de toute nécessité. /FT/

â–º Vendredi 30 mai, GRANDE FÊTE DU POTENTIEL RIGOLO DE LA MORT pour la sortie du livre, LES MORTS RIGOLOS par Antoine, Victor & Lucas Boute (éd. Les Petits Matins) au MONTE-EN-L’AIR (2, rue de la mare, 75020 Paris) à partir de 18h30

avec

– ATELIER SUICIDE AU TRAMPOLINE, par Victor & Lucas Boute

– CONNEXION-TRANSE AVEC NOS AMIS LES MORTS, par Joachim Montessuis

– ALLO LES MARTIENS ? ICI L’INSPECTEUR PENNEQUIN, par Charles Pennequin

– ANDY FIERENS AIME LES ENFANTS, par Andy Fierens

– CONNANSKI CONNEXION, par Loïc Connanski

– EDITH AZAM VOUS PARLE, par Edith Azam

– COURTE PERFORMANCE POST-MORTEM, par Joël Hubaut

– EXAMEN DE PÂQUES, par Martine Doyen & Antoine Boute

– POTAGER EXPERIMENTAL VERSUS FECONDATION IN VITRO, par Ann De Gheest

– IL FAUT FAIRE DES ENFANTS !, par Ariane Bart

– EN AVANT POUR LA REVOLUTION DES ENTERREMENTS, par Antoine Boute

Dans Les Morts rigolos, on ne doute de rien : un type y raconte sa vie à partir d’une blague tout en révolutionnant les enterrements, tout en écrivant un thriller familial avec ses enfants (Victor, 7 ans, et Lucas, 5 ans), tout en se faisant plein de copines et copains clochards, pornolettristes, kamikazes, grossistes en pétrole, éco-féministes, cavaliers anarcho-autonomes, aviatrices, tout en théorisant l’écriture qui tue et en re-fécondant les rapports entre vie, farce, mort et enfance…

â–º SUPERSONIQUE LITTERATURE, performances littéraires et musique : Hughes Jallon & Frédéric D. Oberland / Jean-Michel Espitallier & Kasper T. Toeplitz / Emmanuelle Pireyre & Toog
Vendredi 30 MAI – 20h30 – au Conservatoire Gabriel FAURÉ d’Angoulême

Une soirée organisée par DATABAZ, à l’invitation de la classe d’électro-acoustique du Conservatoire d’Angoulême.

Participation libre mais nécessaire

Venez découvrir trois duos écrivain-musicien qui travaillent dans l’oralité , dans les jeux de langue, les jeux de sonorités en questionnant les conflits contemporains, la mémoire, la violence ou encore les enjeux écologiques selon une approche engagée, mais dans laquelle résonne le rire. Ils feront résonner texte et musique dans une énergie performative, sonique et galopante.
Des écrivains singuliers et des musiciens expérimentaux qui vous feront entendre une parole poétique selon de nouvelles dimensions.

– Kasper T. Toeplitz / Au delà des frontières des musiques contemporaines ou non académiques, Kasper T. Toeplitz compose et interprète une musique électronique puissante faites de drones intenses. Durant son parcours atypique, il est passé du rock-punk à des opéras et des pièces contemporaines ancrées dans le vingtième siècle. Ses références sont alors Scelsi, Ligeti, Penderecki puis Nono, Stockhausen et Xenakis. Il a gagné de nombreux prix et collabore avec des artistes inclassables, les musiciens Eliane Radigue, Zbigniew Karkowski, Phil Niblock, et des chorégraphes, des vidéastes, des photographes.

– Jean-Michel Espitallier est représentatif d’une génération qui opte pour des pratiques poétiques variées, construites, accumulatives et, souvent, drôles, au croisement du texte, du son et de l’image. Poète inclassable, il joue avec des listes, détournements, boucles rythmiques, proses désaxées, faux théorèmes, propositions logico-absurdes, sophismes tordent le cou à la notion si galvaudée de poésie, en inventant des formes neuves pour continuer de faire jouer tout le bizarre de la langue et d’en éprouver les limites.

– Hugues Jallon est directeur des éditions la Découverte depuis 2013. Il est l’auteur de trois fictions politiques originales dont la dernière, Le Début de quelque chose (2012), a été monté par Myriam Marzouki au festival d’Avignon en 2013.

– Frédéric D. Oberland est un artiste de l’image et du son (études de cinéma à la Fémis et de sciences politiques). Il manie la guitare électrique avec intensité autant que la caméra pour des films expérimentaux sélectionnés dans de nombreux festivals. Multi-instrumentiste et expérimentateur dans l’âme, il développe à un projet intitulé FareWell poésie, un collectif composé de musiciens parisiens et du poète / cinéaste Jayne Amara Ross.

– Emmanuelle Pireyre alterne écriture de livres et diverses formes mixtes présentées dans des lectures publiques (textes incorporant des vidéos, schémas, conférence Powerpoint …). Elle donne des cours d’écriture à des danseurs, participe comme comédienne aux films d’Olivier Bosson, aime collaborer à des projets collectifs qui décalent l’écriture vers d’autres domaines, musique, théorie, radio. Elle a reçu le prix Médicis en 2012 pour son livre Féerie générale aux éditions de l’Olivier.

– Gilles Weinzaepflen a publié une demi-douzaine de disques sous le pseudonyme Toog sur des labels américains, japonais, allemand, anglais et français Il a beaucoup tourné aux Etats-Unis principalement et au Japon. Il a mis en musique des textes poétiques pour le théâtre et a réalisé un film sur le champ poétique intitulé La Poésie s’appelle reviens. Son travail de poésie est publié dans des revues comme Nioques, et il fait des lecture avec le musicien David Fenech.

18 mai 2014

[News] News du dimanche

Programme très chargé ce soir : après deux livres reçus (On sait l’autre d’Édith AZAM et Du bitume avec une plume de SKALPEL), nos Libr-événements (Polyphonies de Rennes, Théâtre à Toulouse, "Chantier" à Arras, Supersonique Littérature à Angoulême, retour du Général Instin…).

 

Livres reçus (Fabrice Thumerel)

Édith AZAM, On sait l’autre, P.O.L, 160 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-2094-4.

"Toujours la vieille affaire : le langage, le corps : l’autre" (p. 33).

Dehors : trois chevaux, "chevalos-cadavres" qui "se chevalopent" (26-27)… Dedans : la Nausée… On sait l’autre est un agencement répétitif qui s’interroge sur le processus d’identification dans un monde aliénant, sur notre rapport à L’AUTRE… En ce temps de Nausée hypermoderne, l’Autre ce n’est pas l’Enfer, mais l’éboulement, l’effacement, le guêpier

Le texte nous indique lui-même sa propre dynamique scripturale : "Parler le vertige des oiseaux. Écrire des phrases courtes que l’on tourne jusqu’en boucle pour qu’elles nous relèvent ou, pourquoi pas, en inversant les lettres, qu’elles : nous révèlent. Le vertige nous parle des oiseaux" (22). On notera ici le trait idiosyncrasique d’Édith Azam : les deux points servent à rythmer la phrase, à la dramatiser, finissant par provoquer une vision épiphanique. Deux autres exemples : "Toutes les vies nous les volons pour prendre à l’autre son visage : on ne fait pas si vite face : à son absence : d’identité" (37) ; "[…] l’homme est la plus belle nature : morte" (101).

 

SKALPEL, Du bitume avec une plume, Al dante, 40 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-769-6.

Voici un texte-cri salutaire qui entend donner voix aux marginaux. On ne peut s’empêcher de citer quelques saillies d’anthologie : "Le métro ou le RER, ça peut être dangereux. T’as des justiciers qui attendent de passer à l’action" (9) ; "On tape sur le plus faible quand on n’a pas le courage de se révolter contre celui qui nous opprime réellement. Un vieux classique de l’histoire des dominants" (19) ; "[…] cet enfoiré de crasseux réactionnaire de Houellebecq. Un petit écrivain-éditocrate-réactionnaire pour bourgeois hystériques et dissidents frustrés d’extrême-droite" (24) ; "Ne me parlez pas de nature humaine à la con. Rien à foutre de ça" (39)… Dommage, néanmoins, que ce soit trop brut de coffre.

 

Libr-événements

â–º POLYPHONIES Rennes, du 23 au 25 mai à la Maison de la poésie (47, Allée Antoine Rebillon à Rennes / 02 99 51 33 32) : ouverture le vendredi 23 à 18H30, puis inauguration de la fresque poétique ; samedi 24 mai à 20H30, lecture de Christian Prigent au Jardin de la Maison de la Poésie / Péniche spectacle, et dimanche 25 mai à 15H celle de Dominique Quélen… Et aussi : Laure Limongi et Olivier Mellano, Pascal Commère…

â–º En Compagnie des Barbares présente une soirée en deux temps et une exposition au Théâtre du Grand Rond à Toulouse du 20 au 24 mai 2014 à 21h : CRI & CO, d’après le recueil de Christophe Macquet publié par Le Grand Os en 2008, suivi du TAROT DES FÉTICHES (tirage de tarot pour une personne à la fois d’après le jeu de lames de Karine Marco et les poèmes d’Ana Tot).

Retrouvez les livres de Christophe Macquet, Ana Tot et Karine Marco au coin librairie du théâtre

Réservations et infos / Théâtre du Grand Rond : Tél : 05 61 62 14 85

â–º Du 26 mai au 5 juin, "Chantier (œuvre en cours)" >> Workshop de MIET WARLOP / Être lieu (21, Bd Carnot à Arras)


Lundi 26 mai – chantier #1 (Vernissage à 18h)
Mardi 27 mai – chantier #2
Merc. 28 mai – chantier #3

(Chantier ouvert au public à 18h)

>> Lundi 2 juin à 17h
SECRET CHANTIER ( 60 ’)
Un film de Catherine Lefebvre
Film réalisé en 2007 aÌ€ l’occasion de la rénovation du Channel, SceÌ€ne Nationale de Calais. Catherine Lefebvre, la réalisatrice, a obtenu du directeur artistique Francis Peduzzi une carte blanche et un terrain de jeu de tous les possibles, ainsi que l’accord des ouvriers qui travaillaient dans ce grand chantier. MeÌ‚lant documentaire fictif et réalité, elle invite les protagonistes aÌ€ entrer dans sa danse, dans son jeu. Ce film a été projeté lors de l’inauguration du nouveau Channel.

>> Mardi 3 juin à 17h
CHORÉGRAPHIES CONTEMPORAINES : LE DÉSOEUVREMENT AÌ€ L’OEUVRE ( 60 ’)
Conférence de François Frimat
auteur de Qu’est-ce que la danse contemporaine ? Presses universitaires de France

>> Jeudi 5 juin à 20h 30
SPRINGVILLE ( 60 ’)
Une performance chorégraphique et plastique de Miet Warlop entrée 5€
réservations 09 54 68 69 04
billetterie@latitudescontemporaines.com

Dans Springville, nous assistons aÌ€ la métamorphose d’un micro univers dans lequel les personnages mi-hommes, mi-objets tentent de cohabiter et de conjuguer leurs efforts. Obéissant aÌ€ une logique absurde, ces créatures disproportionnées nous émeuvent par leur dysfonctionnement exprimé dans un langage visuel poétique qui respire le chaos, crée le suspense et force l’étonnement. Peu é peu, elles changent de physionomie pour former une série de tableaux vivants, anarchiques mais muets, qui prolifeÌ€rent aÌ€ l’infini. Springville est une performance dans laquelle l’image prime. La scénographie, les costumes, les attributs et les personnages sont inextricablement liés et se confondent.

>> La thématique “ EN CHANTIER “ ouvre aÌ€ d’autres expériences (pédagogiques et artistiques) qui seront présentées dans les espaces arts plastiques annexes :

LES BERGERS DE HEILPALEN ( 16 ’)
Film réalisé en 2006, “ Les bergers de Heilpalen “ nous montre l’étrange métier de Jos et Dominique au milieu d’un chantier. Catherine Lefebvre emploie le vocabulaire du documentaire et nous fait découvrir l’intimité de ces deux bergers singuliers.

CHANTIERS DE CREATION : DE LA POSSIBILITE DE RESTITUER UN SPECTACLE THEATRAL
Le spectacle NO US (ouÌ€ vont tous ces gens qui marchent sans regarder) de la compagnie québécoise “Les productions Alfred avait raison“ fut présenté le 3 avril aÌ€ la suite d’une courte résidence aÌ€ L’eÌ‚tre lieu en partenariat avec l’université d’Artois et le festival ARSEÌ€NE 2014. Photos, vidéo, témoignages… proposeront la restitution aÌ€ distance
de ce chantier de création.

CHANTIER MATERNELLE : FACE A SPRINGVILLE
ApreÌ€s avoir visionné le spectacle “ SPRINGVILLE “ de Miet Warlop, les enfants de l’école maternelle Florent Delattre aÌ€ Anzin-Saint-Aubin ont inventé leur propre chantier. Diffusion de la vidéo qui relate cette expérience pédagogique.

Dans le cadre des Ch’mins de Traverse, d’autres événements sont aÌ€ découvrir :

LA PART DU RITE ( 40 ’)
Une performance chorégraphique et plastique de Latifa Laâbissi
Jeudi 5 JUIN à 19h 00
MUSEE DES BEAUX-ARTS D’ARRAS, 22 rue Paul Doumer 62000 ARRAS Entrée 5€
réservations 09 54 68 69 04
billetterie@latitudescontemporaines.com

BIG BAD COLD ( 40 ’)
Une performance de Miet Warlop et 8 performeurs
Dimanche 1er JUIN à 15h 00
ACCEÌ€S LIBRE ET GRATUIT
LA BRASSERIE d’art, 5 rue Basse 62111 Foncquevillers – www.artbrasserie.com Navette gratuite au départ de l’eÌ‚tre lieu aÌ€ Arras, 21 Bd Carnot aÌ€ 14h 00 réservation obligatoire : 09 54 68 69 04

Programme détaillé : http://fr.calameo.com/read/0001067128afe3e768676

â–º SUPERSONIQUE LITTERATURE, performances littéraires et musique : Hughes Jallon & Frédéric D. Oberland / Jean-Michel Espitallier & Kasper T. Toeplitz / Emmanuelle Pireyre & Toog
Vendredi 30 MAI – 20h30 – au Conservatoire Gabriel FAURÉ d’Angoulême

Une soirée organisée par DATABAZ, à l’invitation de la classe d’électro-acoustique du Conservatoire d’Angoulême.

Participation libre mais nécessaire

Venez découvrir trois duos écrivain-musicien qui travaillent dans l’oralité , dans les jeux de langue, les jeux de sonorités en questionnant les conflits contemporains, la mémoire, la violence ou encore les enjeux écologiques selon une approche engagée, mais dans laquelle résonne le rire. Ils feront résonner texte et musique dans une énergie performative, sonique et galopante.
Des écrivains singuliers et des musiciens expérimentaux qui vous feront entendre une parole poétique selon de nouvelles dimensions.

– Kasper T. Toeplitz / Au delà des frontières des musiques contemporaines ou non académiques, Kasper T. Toeplitz compose et interprète une musique électronique puissante faites de drones intenses. Durant son parcours atypique, il est passé du rock-punk à des opéras et des pièces contemporaines ancrées dans le vingtième siècle. Ses références sont alors Scelsi, Ligeti, Penderecki puis Nono, Stockhausen et Xenakis. Il a gagné de nombreux prix et collabore avec des artistes inclassables, les musiciens Eliane Radigue, Zbigniew Karkowski, Phil Niblock, et des chorégraphes, des vidéastes, des photographes.

– Jean-Michel Espitallier est représentatif d’une génération qui opte pour des pratiques poétiques variées, construites, accumulatives et, souvent, drôles, au croisement du texte, du son et de l’image. Poète inclassable, il joue avec des listes, détournements, boucles rythmiques, proses désaxées, faux théorèmes, propositions logico-absurdes, sophismes tordent le cou à la notion si galvaudée de poésie, en inventant des formes neuves pour continuer de faire jouer tout le bizarre de la langue et d’en éprouver les limites.

– Hugues Jallon est directeur des éditions la Découverte depuis 2013. Il est l’auteur de trois fictions politiques originales dont la dernière, Le Début de quelque chose (2012), a été monté par Myriam Marzouki au festival d’Avignon en 2013.

– Frédéric D. Oberland est un artiste de l’image et du son (études de cinéma à la Fémis et de sciences politiques). Il manie la guitare électrique avec intensité autant que la caméra pour des films expérimentaux sélectionnés dans de nombreux festivals. Multi-instrumentiste et expérimentateur dans l’âme, il développe à un projet intitulé FareWell poésie, un collectif composé de musiciens parisiens et du poète / cinéaste Jayne Amara Ross.

– Emmanuelle Pireyre alterne écriture de livres et diverses formes mixtes présentées dans des lectures publiques (textes incorporant des vidéos, schémas, conférence Powerpoint …). Elle donne des cours d’écriture à des danseurs, participe comme comédienne aux films d’Olivier Bosson, aime collaborer à des projets collectifs qui décalent l’écriture vers d’autres domaines, musique, théorie, radio. Elle a reçu le prix Médicis en 2012 pour son livre Féerie générale aux éditions de l’Olivier.

– Gilles Weinzaepflen a publié une demi-douzaine de disques sous le pseudonyme Toog sur des labels américains, japonais, allemand, anglais et français Il a beaucoup tourné aux Etats-Unis principalement et au Japon. Il a mis en musique des textes poétiques pour le théâtre et a réalisé un film sur le champ poétique intitulé La Poésie s’appelle reviens. Son travail de poésie est publié dans des revues comme Nioques, et il fait des lecture avec le musicien David Fenech.

 

â–º Du 30 mai au 8 juin 2014, exposition et performances – littérature, street-art, sons… performances vendredi 30, samedi 31 mai, jeudi 5, vendredi 6, samedi 7 juin à 20 h ; vernissage samedi 31 mai à 19 h / galerie ouverte tous les jours sauf lundi de 15 h à 19 h (22 bis rue Dénoyez 75020 Paris, métro Belleville) : avec + de 30 artistes, et la participation d’élèves du lycée Albert-Camus de Bois-Colombes

Général Instin (GI) revient prendre d’assaut la rue Dénoyez et son mur dévolu au street-art à Belleville.

Point de départ de l’événement : une œuvre de Vincent Tholomé et Maja Jantar présentée dans la galerie, Conquête du pays Ugogo, carte dessinée retraçant l’exploration d’un pays exotique imaginaire par une bande de soldats qui remontent un fleuve vers sa source pour y disparaître.
Pour cette deuxieÌ€me édition d’Instin Belleville, écrivains et street-artistes collaborent à la création d’une fresque monumentale sur le mur de la rue Dénoyez, reprise en écho dans la galerie du 22 Bis. Performances, lectures, musiques ponctuent ce joyeux cérémonial. Au total, une trentaine d’artistes sont mobilisés pour fêter la déroute légendaire de leur Général.

Programme

Exposition et performances, galerie et mur rue Dénoyez, 30 mai au 8 juin
Delphine Bretesché, Mathieu Brosseau, Marie Decraene, Alexis Forestier, Maja Jantar, Sunny Jim, Itto Mehdaoui, Jérôme Mesnager, Pedrô !, SP 38, Vincent Tholomé
journal de Benoît Virot
et travaux d’élèves de 1re du lycée Albert-Camus de Bois-Colombes, classe de Sébastien Rongier

Lectures / performances / musique etc. à 20 h
vendredi 30 mai Philippe Aigrain, Olivier Apert, Marlène Jean, Cécile Portier, Lucie Taïeb, David Tuil
samedi 31 mai Philippe Aigrain, Olivier Apert, Maël Guesdon, Marlène Jean, Anthony Poiraudeau, Marie de Quatrebarbes, David Tuil
jeudi 5 juin Séverine Batier, Christophe Caillé, Sylvain Granon, Alice Letumier, Anne Savelli, Joachim Séné
vendredi 6 juin Jean-Philippe Gagnon, Maja Jantar, Christophe Manon, Vincent Tholomé
samedi 7 juin Delphine Bretesché, Juliette Mézenc, Mathilde Roux, Benoît Vincent

festival proposé par Patrick Chatelier et SP 38, avec Nadege Derderian
photographies Thierry Lainé

Général Instin,

projet artistique ouvert, initié par l’écrivain Patrick Chatelier et inspiré du vitrail tombal du général Hinstin (1831-1905) au cimetière Montparnasse, existe depuis 1997 et compte près de 150 participants, en majorité écrivains mais aussi plasticiens, street-artistes, musiciens, vidéastes, comédiens…
Général Instin est une suite de gestes artistiques qui se répondent et se complètent, toujours en devenir.
C’est aussi un soldat fantôme, spectre du véritable général Hinstin (par ailleurs totalement oublié).
C’est le personnage en train d’apparaître (ou disparaître) d’une fiction collective.
C’est une réplique du processus de création avec ses incertitudes, ses tâtonnements, ses impasses.
C’est une prolifération formant comme un paysage géologique qui grandit de ses dépôts successifs.
Quoi d’autre ? Chacun a son Général.

La quête de l’Aïeule universelle

En filigrane, avec la mémoire et la guerre comme lignes thématiques, le projet Instin fait référence aux tragédies passées dont nous sommes les héritiers : conflits mondiaux ou génocides, par exemple. La Conquête du pays Ugogo (ugogo signifie « aïeule » en zoulou), progressant vers le cœur des ténèbres, pourrait ainsi évoquer la colonisation. Cet arrière-plan de la folie humaine, soumis à la distance artistique, est détourné selon des voies parfois graves, parfois loufoques. Le soldat Miguel de Cervantès avec son Don Quichotte ne faisait pas autre chose.

Exploration de formules nouvelles, utilisation de nombreux supports réels ou virtuels, fabrique multidimensionnelle de déplacements, associations inédites entre matières, entre formes, entre disciplines, entre populations, entre artistes et non-artistes, sont des leitmotivs du GI.
De l’épars, du fragment, du diffracté, du paradoxe, composons une force : composons un réseau, une nébuleuse, une mouvance. Pour conquérir les moyens de combat et de résistance du XXIe siècle.

15 mai 2014

[Entretien] Espitallier : libr-Java (1/2) [Libr-Java 8]

Nous sommes très heureux de reprendre ce work in progress que constitue le dossier consacré à un écrivain majeur d’aujourd’hui, Jean-Michel Espitallier : la chronique sur la réédition de Caisse à outils séparera les deux parties de ce long entretien exclusif/explosif. [Lire Libr-Java 7]

 

FT. Jean-Michel, qu’est-ce qui fait courir Espitallier ? Pas vraiment l’amour du sport, ça on l’a compris…

 

JME. Pas vraiment l’amour du sport, mais au fond, le sujet de mes livres, ça n’est pas le sujet. Je souscris pleinement à ce qu’écrit Valéry à propos de l’intention : « C’est l’intention de faire qui a voulu ce que j’ai dit. » Le sujet, ce serait l’intention. Ce désir de faire. Voire de faire quelque chose. Après seulement vient la question du sens et le travail sur la matière qui fait partir le livre, et le fait toujours partir un peu ailleurs. L’Invention de la course à pied fut d’abord une commande de Laurent Cauwet pour la collection d’architecture que dirigeait Rudy Ricciotti chez Al Dante. Il s’agissait d’écrire sur un stade de foot… Un stade de foot ? Bigre ! Bon, allons-y ! Écrire avec un motif mais contre toute empathie naturelle, pour éviter d’égarer l’intensité de l’écriture, de l’émietter. Et aussi parce qu’un sujet imposé, par soi ou par d’autres, donne la liberté de procéder plus explicitement à des figures telles que le hors sujet, la digression, le quiproquo, la parodie, le détournement, etc., de jouer avec les poncifs, les jargons, les approximations, les paresses qui font sens en ratant la cible, en tournant autour du pot, en tournant à contre-sens. Alors j’ai écrit cette histoire de la course à pied avec une sorte de désinvolture pilotée par un certain nombre de figures qui constituent mon écriture : énumérations, syllogismes, prose énergumène, etc. La contrainte, voilà le sujet, le point d’appui de l’écriture. Un peu comme au saut à la perche ! Elle permet de se débarrasser de ce quelque chose à dire et libère l’intention. Il ne reste plus qu’à ajuster l’écriture et, du coup, le sujet de l’écriture devient l’écriture elle-même, dans ce cadre préétabli qu’est le sujet. On y gagne en liberté. Finalement, quand on tient le sujet à distance, lorsqu’il importe peu, on se sent très libre et on peut s’attaquer au vrai, au seul sujet qui compte pour un écrivain et qui est la question de la langue, de sa position par rapport à la langue. Faire parler la langue, l’explorer, l’exploser et lui rentrer dans le lard. Dans cette liberté gagnée par la contrainte, il s’agit alors de resserrer les boulons pour créer ses propres règles et faire voler l’engin. « Il faut chercher la discipline dans la liberté », nous dit le Monsieur Croche de Claude Debussy.

Je n’écris pas pour donner du sens ni faire sauter des points de résistance, je cherche à installer des conditions de langue propices à activer cette énergie signifiante. Voilà pourquoi, en ce qui me concerne, j’essaie de créer ce que Ponge appelle des « clefs de tension ». Parce qu’il faut tenter de s’approcher au plus près de ce que l’on veut dire, ou de cette intention de dire, tout en restant à distance. La distance est le territoire du désir mais aussi de la crainte. Elle génère donc une tension. J’ai aussi beaucoup observé les dispositifs logiques et déductifs chez Wittgenstein, et j’en ai importé parfois dans mon écriture cette rigueur dure que je surchauffe – et pas seulement dans une intention parodique –, pour aller autre part dans mon expérience de la langue, la recharger et monter le voltage.

Deleuze dit que « le créateur ne fait que ce dont il a absolument besoin ». De quoi ai-je absolument besoin ? D’y voir plus clair, de me retrouver, d’atteindre quelque chose, d’ordonner un peu mon chaos, de me mettre en travers des discours dominants-décérébrants, de réenchanter la langue, au besoin avec du désenchanté, de donner corps à mes révoltes, et en même temps d’obscurcir la ligne d’horizon pour réactiver le champ des possibles. Partir « trafiquer dans l’inconnu », comme écrivait Rimbaud au Harar. De quoi ai-je absolument besoin ? D’avoir besoin. D’avoir besoin de ce besoin. Voilà mon moteur !

Ce qui me fait courir, c’est ce moment de grâce quand, au cours du travail, quelque chose tout à coup se met à marcher. Se met à parler. À montrer quelque chose qui n’était pas montrable, que l’on ne pouvait montrer, que l’on ne savait pas que l’on pouvait montrer. Ce qui rend universel, c’est-à-dire nécessaire, une œuvre, c’est quand cette chose enfin montrée s’impose, naturellement, et devient instantanément irremplaçable. Appelons ça le syndrome inspecteur Bourrel : « Mais c’est bien sûr ! » Louis Zukofsky définit la poésie comme cet instant où, « soudain, on voit quelque chose ». Une épiphanie. Ce moment de grâce est toujours le fruit d’assemblages et d’agencements. L’écriture, le style, c’est du montage, un jeu de permutations, de logique, de construction. Je me définis volontiers comme un bricoleur. J’assemble, j’essaie des trucs, je dispose, je récupère des bouts de choses, je fais sonner, je me fabrique un nouvel outil, je tente des techniques maison en gardant quand même un œil sur le mode d’emploi, etc. Et soudain, quelque chose se dit qui était précisément ce que je cherchais à dire sans le savoir. « L’intention de faire qui a voulu ce que j’ai dit. »

C’est très comparable à la composition musicale. En plus de jouer de la batterie, j’adore jouer du piano, j’ai fait un peu de piano quand j’étais jeune mais disons plutôt que je pianote. J’aime bien essayer des trucs, harmonies, disharmonies, accords dissonants, variations tonales / atonales, jeux sur les intervalles, arythmies, etc. Et voilà que, tout à coup, deux accords s’imposent dans leur majesté ou au contraire leur dissonance agressive. Prenons la quarte augmentée (do-fa#, do#-sol, ré-sol#, etc.), le fameux triton, qui donne une couleur si particulière, l’intervalle dissonant par excellence. Je vais opérer diverses manipulations sur cet intervalle, essayer de l’aggraver, de l’exagérer, chercher à comprendre pourquoi il est si peu agréable à l’oreille, en quoi d’ailleurs est-il désagréable, l’est-il vraiment (le triton, autrement appelé diabolus in musica, était proscrit par l’Église dans la composition musicale jusqu’à l’âge baroque ! Pour dire aussi ce que les formes peuvent mettre en jeu), etc. Ou bien je plaque un accord parfait que je tente de fêler en ajoutant un demi-ton par-ci, une ou deux notes dissonantes par-là, et j’écoute ce que ça produit. Ça raconte toujours quelque chose. Ces manipulations peuvent produire des effets très inattendus. Parfois c’est nul et non avenu, parfois c’est très puissant. On tombe sur quelque chose qui paraît tout à fait neuf à l’oreille, très juste dans sa proposition harmonique, avec des effets très divers : étranges, dramatiques, comiques, ridicules, etc. Eh bien, c’est tout à fait comparable à l’écriture. Soudain, un énoncé se met à sonner avec une grande singularité, uniquement parce que j’ai fait permuter un nom et un adjectif, ou ajouté un adverbe, ou changé la position d’un mot, ou coupé une phrase en deux, etc. C’est du montage. Du cadrage. Et voilà qu’une simple permutation se met à raconter quelque chose différemment, parfois avec une grande précision, une grande finesse, et à raconter quelque chose qui ne pouvait se raconter autrement. Ce « mathématiquement exact[e] » dont parle Baudelaire. On a l’impression que l’énoncé, dans sa singularité, son timbre, vient de rencontrer ce pourquoi il était fait. Ou plutôt qu’une chose était en attente de son énoncé pour la formuler. Céline dit qu’écrire c’est simplement nettoyer une médaille cachée enfouie dans la glaise. Comme du sens préexistant à toute intention de le dévoiler. Chercher dans le fouillis des langues les pièces d’une sorte de maquette à construire soi-même. Aller à la pêche ! En réalité, c’est la langue qui donne du sens au réel. Je veux dire que c’est une situation grammaticale donnée qui produit une situation sémantique inédite et donc un petit territoire inédit du réel. Même s’il faut parfois garder le silence pour lui donner tout son sens. Histoire sans parole. En tout cas, cette attention au style comme vecteur de sens ou d’effets de sens est peut-être l’autre nom de la poésie, qui réinvestit alors son vieux sens d’un faire. Il ne s’agit pas de faire du style pour faire du style. Il s’agit de faire parler la langue. Trouver son style c’est s’ajouter à la langue, mettre son grain de sel, ou de sable, dans la machine. La détraquer pour la revitaliser et y tatouer sa propre langue. C’est très ambitieux ce désir de vouloir se transformer en langue, de s’ajouter au monde ou plutôt à ce qui le constitue. Écrire ce serait énoncer quelque chose d’une « certaine façon ». Et donc, de mon point de vue, le travail de l’écrivain doit d’abord consister en cette « certaine façon », à trouver cette « certaine façon », à rentrer en contact avec soi-même et avec le monde en passant par cette « certaine façon ». C’est assez magique, et je crois que, pour revenir à ta question, ce qui me fait courir ce sont ces manipulations physiques sur la langue, ce bonheur très personnel de se trouver subitement sur l’accord parfait, fût-il absolument disharmonique. L’expression parfaite de quelque chose. De quelque chose de la langue. De quelque chose qui n’existait pas jusque-là. Constater que l’opération de montage fait surgir des effets de sens et, très égoïstement, des explications personnelles du monde (au passage, ces explications personnelles du monde me transforment et, comme j’appartiens au monde, elles transforment le monde) et des explications qui ne s’expliquent pas. Il est arrivé à tout le monde au cours d’une lecture d’être percuté par une phrase, quelques mots, etc., et d’en tirer un sentiment de plénitude, un bonheur absolu, quelque chose de complet. Comme avec la musique. Ce sentiment survient de la même manière quand on écrit. Soudain, on est sur la note juste ! Et donc, le sujet importe peu – d’où l’inanité des 3/4 des romans contemporains qui ne sont le plus souvent écrits que pour raconter une histoire en instrumentalisant la langue avec, de-ci de-là, quelques aimables effets de style. Ça tombe des mains. Ce n’est souvent que du reportage sociopsychologique écrit par des Bac + 3.

Ce qui remet encore une fois le couvert sur la question des genres et de leurs frontières arbitraires. Il y a des romans qui sont fabriqués dans cette attention à la langue, primordiale, qui sonnent, travaillent la langue, où le récit vient comme un motif, s’entrelace au style, un subtil tressage de ce que ça raconte et de comment ça raconte. Eric Vuillard, François Bon, Annie Ernaux, Jean Echenoz, Eric Chevillard, Céline Minard, pour rester chez les Français, sont de ce côté-là, du côté de ce que l’on peut appeler le style, le phrasé, des constructions narratives singulières ; on peut quasiment les fredonner ! Inversement, il existe aussi une poésie qui ne décolle pas du petit exercice de style, de la petite démonstration formelle, assez vaniteuse, en plus, mais sans intérêt, sans muscle, sans nerf, sans proposition, sans vertige, sans rien ! C’est encore pire avec la lecture-performance, terme d’ailleurs un tantinet tautologique. Sauf exception, la lecture-performance est aujourd’hui un peu bloquée dans des postures post-post-ce-que-vous-voudrez (Dada, Beat, Heidsieck, Tarkos, etc.), une pratique d’actionnistes en viennoiseries ou de conceptuels coolos. Un lieu devenu démonstration de force et de supposée audace artistique, de pose qualifiante et d’inscription dans le champ. Chacun y va de son petit truc, c’est généralement très ennuyeux, bouffi de prétention, et le public, qui n’en pense pas moins, écoute sans ciller, un doigt sur la couture mais jure, en douce, et c’est là le problème, qu’on ne l’y prendra plus. La prochaine fois qu’il entendra parler de performance, il s’enfermera chez lui à double tour et il aura peut-être raté Antoine Boute ou Natacha Muslera ! On s’habitue un peu trop aux choses tiédasses, surjouées, dans ce milieu. On ne fait pas de l’expérimental parce qu’on lirait ses textes en gardant une jambe en l’air. Moi j’ai besoin qu’une œuvre me malmène, m’émerveille, me contrarie, me rende profondément heureux, violemment triste ou archidéboussolé. Il n’est que de voir les grands performeurs dont les actions nous sont immédiatement nécessaires, je pense au grand Joël Hubaut, aux pièces sonores d’Anne-James Chaton, aux performances de Charles Pennequin ou de Jérôme Game, aux lectures discrètement chorégraphiées de Gwenaëlle Stubbe qui font exploser dès les premiers tours de roue les petites mises en scène indigentes-indigestes qui pullulent dans cet univers. Bref, aucun genre, aucun geste artistique n’est automatiquement qualifiant. Ce serait trop simple ! Pour redire que cette question des genres et des catégories ne marche jamais ! En tout cas telle qu’on la pose généralement.

Qu’est-ce qui me fait courir ? Ce serait de tenter de m’expliquer pourquoi je cours ! J’écris aussi pour tuer le temps, comme tout le monde ! Inventer des stratégies pour ça, pour me faire croire que j’en aurais la possibilité ! Écrire pour fixer une inquiétude, l’identifier pour la mettre à distance en lui donnant langue. Et aussi, la court-circuiter, la purger, lui coller un nez rouge.

Qu’est-ce qui me fait courir ? Ce serait, j’y reviens, de chercher et de chercher l’objet perdu, comme le fétichiste ou le collectionneur, chercher à rechercher, d’où, sans doute, mon goût pour les listes. Cet objet perdu l’est à jamais – c’est ce qui compte ! – mais c’est là aussi un motif pour mettre en route l’intention de la foreuse, du détecteur et du radar.

 

FT. Eh, dis donc, tu viens de me faire une réponse de marathonien – un peu guerrier, tout de même, vu les quelques flèches dans ton carquois !

Entre ton Invention de la course à pied et ton précédent livre, beaucoup plus volumineux, De la célébrité, il y a un lien évident…

 

JME. Le lien évident serait, pardon pour ce truisme, qu’ils ont le même auteur, en même temps que ces deux livres n’ont pas été écrits, réalisés, pensés, conçus, désirés au même moment. De livre en livre, on retrouve les mêmes outils, les mêmes préoccupations formelles mais aussi éthiques, thématiques, politiques, et les mêmes fascinations, et les mêmes peurs, et les mêmes doutes. En réalité, écrire un nouveau livre, m’embarquer dans cette aventure est toujours pour moi un moyen d’expérimenter quelque chose de nouveau. Chaque livre génère son mode de fabrication. Je suis toujours très excité de savoir que, à l’orée d’un nouveau livre, quelque chose d’inédit va se jouer, un espace vierge s’offre à l’exploration, une nouvelle boîte à outils est en train de s’ouvrir dans laquelle je vais devoir choisir. Tout est possible, on rebat les cartes. Et en même temps, quel que soit le motif du livre, mes obsessions, mon univers, mes techniques finissent toujours par me rattraper. On n’échappe pas à qui on est. De la célébrité rejoue et réinvente mes régimes d’écriture ; il est aussi une sorte de prolongement théorique de mon Syd Barrett qui abordait déjà les questions du star system, de la fascination qu’engendrent les rock stars et les idoles, du statut du fan, personnage éminemment postmoderne, et bien sûr de la disparition, de l’effacement. Cette question de l’effacement qui semble me travailler a été une découverte. Je me suis rendu compte que ça revenait sous différentes formes, de livre en livre. Pour dire qu’écrire est aussi un outil de connaissance de soi.

Il y a autre chose. J’ai souvent l’impression que mes livres font diversion au livre disons essentiel et tellement essentiel que trop grand pour moi, au grand livre que je rêve d’écrire. Comme si tous mes livres n’en étaient que les phases préparatoires. Je continuerais donc d’écrire des livres qui diffèrent chaque fois l’instant où je me mettrais (conditionnel !) au livre essentiel qui serait le livre, le seul livre que je devrais écrire et que je n’écrirai pas… Un travail d’approche pour rester à distance ! Comme si je tournais autour du pot. Comme si certaines zones du réel résistaient à se faire attaquer par ma langue, par intimidation, peut-être. Finalement, ne pas écrire ce livre-là est peut-être un moyen de ne pas avoir à faire le triste constat d’une impossibilité de dire. Alors, j’écris peut-être ceci pour ne pas avoir à écrire cela. J’écris peut-être pour ne pas avoir à ne pas écrire.

Je n’ai pas envie d’écrire des livres qui se ressemblent, ça n’est pas programmatique, ça vient naturellement, même si je me retrouve, dans tous mes livres. Il me semble que je n’écris qu’un seul livre, jamais le même mais toujours une suite du livre précédent. Parce qu’il arrive un moment où il faut bien l’arrêter. Chaque livre est donc toujours un livre inachevé. « Tout au plus fait-il semblant » d’avoir un début et une fin, comme dit Mallarmé. J’essaie peut-être de poursuivre, de corriger et d’achever ce livre-ci en commençant un autre livre qui restera lui-même inachevé, etc. C’est un moyen d’éprouver le temps. C’est peut-être aussi une façon d’éprouver l’expérience de la mort, de la différer en se faisant croire que rien n’est jamais fini. L’inachevé donne rendez-vous, alors que la fin donne congé. C’est mon analyse, elle vaut ce qu’elle vaut ! Comme les Détails d’Opalka, cette suite numérique qui ne s’arrêta qu’à la mort d’Opalka. Mais en définitive, revanche sur la mort puisque c’est la mort d’Opalka qui continue son œuvre en l’achevant sans fin et la constitue en objet fini, infiniment fini !

 

FT. Le monde défile derrière une mire / et dans les graduations de ta lunette de tir… Ce clin d’œil à Army nous fournit assurément un outil pour définir ton travail : variant les angles de tir, tu réussis à faire entrer progressivement dans ton champ différentes cibles sociales (poétique, musicale, militaire, médiatique, et plus largement spectaculaire)…

 

JME. Je m’ennuie assez vite. En même temps, je suis têtu comme une mule, obsessionnel. Voilà pourquoi je suis toujours sur plusieurs chantiers à la fois. Je passe de l’un à l’autre. Question d’énergie. Je n’aurais pu écrire plusieurs livres avec un même mode opératoire. Je suis assez admiratif des auteurs qui écrivent toujours dans le même univers linguistique, je pense à Valère Novarina, par exemple, ou à Jacques Sivan. Moi je ne peux pas faire ça, je ne sais pas faire ça, même si, bien sûr, je suis pris dans mon propre univers, mon propre style, etc. Je suis plutôt un écrivain à traçabilité aléatoire… Je suis comme ça dans ma vie aussi ! Une foule de choses me passionnent et j’ai souvent le désir d’écrire avec ces passions. En tout cas, elles me percutent, me stimulent, m’électrisent. Dès Pont de frappes, mon premier livre, on trouve des listes, des énumérations, une rêverie sur le langage, une inquiétude, de l’autodérision, des effets parodiques, comiques, mélancoliques, etc. Et mon dernier livre à ce jour, Un rivet à Tanger, formellement très différent puisqu’il s’agit de cut-up, fait apparaître à peu près ces mêmes préoccupations. J’ai besoin de faire varier les plaisirs et, pour reprendre ton terme, de changer les cibles. Mais au fond, comme je disais tout à l’heure, on est toujours rattrapé par soi-même. En ce moment, je travaille sur l’histoire de mon grand-père qui était cow-boy en Californie. Je ne sais pas où ça ira. C’est assez loin, formellement, de mes autres livres et pourtant je vois remonter sur la page tout ce qui constitue mon univers stylistique. C’est encore un motif pour travailler la langue, pour me fondre dans cette chose-là. On écrit d’abord pour soi. Or, si, écrivant pour soi, on donne à lire quelque chose qui peut parler aux autres, alors on fait de la littérature.

 

FT. Ce travail de déconstruction s’explique par ton horizon premier : littéraire et musical…

 

JME. En fait j’ai toujours voulu être écrivain ou musicien (ou conducteur de locomotives !), pour moi, il n’y avait pas d’autres choix. Quand j’étais petit, j’avais besoin de passer par la fiction pour m’approprier le réel, il me fallait la reproduction pour m’intéresser à l’original. Par exemple, pour m’intéresser aux montagnes de ma région, lesquelles ne me faisaient pas du tout rêver, j’avais besoin d’aller d’abord regarder des cartes IGN et je rêvassais sur les toponymes et les étranges dessins des courbes de niveau. Il y a là-bas des noms absolument merveilleux, très étranges : Chaude-Oreille, Cornille, Soleil-Bœuf, la Malune, etc. Ensuite seulement je trouvais de l’intérêt à aller voir sur place – pour vérifier quoi ? si le langage tenait ses promesses ? Si le rêve valait la peine d’être réalisé ? – et ça rendait le monde magnifique. C’est un peu du même ordre que l’« artialisation » chère à Alain Roger, cette perception du paysage déterminée par les reproductions qu’on en a. La chose à évaluer devenant la chose qui évalue. Bref, j’ai toujours eu ce rapport linguistique et fictionnel au réel.

Pour la musique, je cherchais depuis longtemps comment connecter la batterie avec la littérature mais je ne trouvais pas, je ne sentais pas de nécessité fondamentale et je n’avais pas envie de faire pour faire. Et puis j’ai eu une commande d’une pièce sonore, à Marseille, en 2006, dans le cadre du projet Vox Hôtel initié par Jean-Paul Curnier (nous étions une petite dizaine d’écrivains poètes, Sivan, Maestri, Quintane, Fiat, etc.). J’ai alors demandé à disposer d’une batterie et j’ai essayé des trucs, sur place, en studio, avec des bouts de textes, etc. Je n’avais pas vraiment d’idée mais beaucoup de désirs – c’est mieux ! –, et tout à coup, quelque chose s’est mis à marcher. Ce sont deux énergies très différentes, et à un moment, elles se sont rencontrées, parfois pour se contrarier, se contredire, s’écrire l’une sur l’autre et emmener le tout ailleurs. Ça a donné Autobiographie. Et puis, la batterie m’a permis aussi de m’éloigner un peu de la poésie en remontant sur scène pour faire du rock, pendant quatre ans, avec le groupe Prexley. Ce fut une expérience exaltante qui m’a beaucoup apporté aussi dans mon rapport à l’écriture et à la scène. Je n’ai plus lâché les baguettes depuis, pièces sonores et collaborations diverses, avec le bassiste Kasper Toeplitz, par exemple, ou le poète Jérôme Game.

J’avoue que j’ai été infiniment partie prenante de cette histoire de poésie contemporaine dans les années 1990 et 2000, notamment avec Java et Pièces détachées, un peu malgré moi, d’ailleurs, mais je m’en suis éloigné après la parution de Caisse à outils en 2006, année qui correspond à mon retour au rock. Caisse à outils a liquidé cette histoire personnelle, ce moment de ma vie. Pour moi, la poésie est d’abord une position politique. Je dis ça sans trémolo dans la voix. Je le vis ainsi surtout depuis que j’ai quitté mon emploi pour me consacrer exclusivement à l’écriture, au printemps 2002, et donc refuser un certain mode de vie, ce confort un peu anesthésiant en même temps que cette brutalité du monde du travail – et aussi pour ne plus avoir à me taper les récits de vacances radicalement ennuyeux des voisins de bureau, ce qui pompe beaucoup d’énergie ! Je ne dis pas qu’il faille quitter son travail pour écrire, mais pour moi c’était ce qui me convenait. Deleuze dit qu’être de gauche, c’est être minoritaire. Eh bien, écrire, et écrire des choses qui s’apparentent à de la poésie, c’est d’abord être minoritaire, se placer dans une minorité. C’est donc une position éminemment politique. Je crois qu’on ne peut pas comprendre la poésie, comme champ, mais aussi comme engagement éthique et esthétique, si l’on ne comprend pas ça.

25 janvier 2014

[Chronique] Sylvain Courtoux, De la guerre comme élément de l’histoire naturelle (d’après Première ligne de Jérôme Bertin)

Voici la brillante réflexion de Sylvain Courtoux sur et à partir du Première ligne de Jérôme Bertin, cette singulière suite d’apocalypses écrite dans une langue-uppercut qui privilégie les télescopages des signifiés comme des signifiants. [Lire la première présentation]. [Vous pouvez rencontrer Sylvain Courtoux ce soir à MANIFESTEN (19H) : 59, rue Thiers à Marseille] /FT/

Jérôme Bertin, Première ligne. 105 mesures pour une guerre, Al dante, 40 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-779-5.

 

De la guerre comme élément de l’histoire naturelle.

D’après Première ligne de Jérôme Bertin, Al Dante, 2014.

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Etat des lieux(avant la chute) : depuis quelques années déjà, la tradition avant-gardiste, celle héritée des avant-gardes historiques (zutisme, symbolisme, futurisme, dada, surréalisme, objectivisme, lettrisme, situationnisme et autres -ismes azimutés) redynamitées par le textualisme des années 70’s (la triade Tel Quel1TXTChange), boit la tasse. Les grands éditeurs parisiens (Seuil, POL) ne s’échinent (même) plus à publier des poètes expérimentaux (disparition de la collection de François Bon au Seuil, disparition de la collection de Chloé Delaume chez Joca Séria ; Bernard Comment virant tout ce qui n’est pas "coup littéraire" ; POL ne publiant que des post-tarkosiens2 prigentiens), alors que dans les années 1970’s, ça se passait plutôt chez ces grands éditeurs-là (la collection Le Chemin chez Gallimard, la collection Textes chez Flammarion, la collection Tel Quel au Seuil, la collection TXT chez Christian Bourgois, la collection Gramma chez Aubier-Flammarion, les débuts de POL chez Hachette, …). Tout cela bien clairement amplifié par la crise économique post-2008 (revues qui ferment leurs portes, collections qui se cassent la gueule ou qui publient moins, poètes qui préfèrent se tourner vers le roman) et le marasme symbolique global [la dernière "grande révolution poétique", qui date des années 1990 en France et qu’on a appelé benoîtement « la nouvelle poésie française », a depuis longtemps fait fructifier ses avoirs ― structurés autour de POL et de la Revue de Littérature Générale / de la revue Java / de la revue Action Poétique, de la revue IF et de la collection Bip/Val chez Fourbis, sans oublier les grandes anthologies colorées d’Henri Deluy / de la revue Nioques et de la naissance d’Al Dante en 1994, et de la montée en puissance de petits éditeurs incisifs et défricheurs : La main courante, Horlieu, Ecbolade, Æncrages & Co, L’Attente, Le bleu du ciel, Derrière la salle de bain, Spectres familiers ―, cette « révolution symbolique », donc, était (aussi) le fait d’un mouvement générationnel de poètes et de poétesses nés entre les années 1955 et 1970 et qui sont arrivés en nombre à la fin des années 1980 et au début des années 1990].

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Comme l’avant-gardisme théoriciste fut chassé des préaux à la fin des années 1970-début des années 80, par la « nouvelle philosophie », l’individualisme prôné par les « nouveaux économistes » et les politiques libérales, la ruée patrimoniale du début des années 80, et bien sûr, avec tout cela, grâce à tout cela, en compagnie de tout cela, le retour en forme & en force de la poésie Lyrique, les poésies lyriques, néo-, post-, re-lyriques, avec un « Je » majuscule plus tout à fait émasculé, et du vers (Roubaud n’y étant pas pour rien), couronné d’un oubli des formes, célébrant le retour à la saine tradition du récit et du même coup à la vraie vie, et représenté (du moins pour les poètes) par Philippe Delaveau, William Cliff, André Velter, Lionel Ray, Guy Goffette, James Sacré, Claude Esteban, Alain Borne, Henri Meschonnic, Christian Bobin, Charles Juliet, Yves Bonnefoy, et compagnie ― poètes qu’on a retrouvés très souvent ces dernières années en couverture de la collection de poche « Poésie / Gallimard » ; comme ce fut le cas pour l’avant-gardisme seventies, donc, ou à cause de lui, il est arrivé la même chose à l’"avant-gardisme" de cette « nouvelle poésie française », battu en brèche par le même retour poétiquement réactionnaire, anti-moderne, dont certains éditeurs3, aujourd’hui, peuvent être pris pour le paradigme qui sont, pour certains, et cela est une nouveauté, politiquement à gauche ou feignent de l’être (qu’importe le flacon, si on a l’étiquette et l’ivresse institutionnelle).

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Force est de constater que les forces en présence sont irréductiblement plus efficaces symboliquement et numériquement d’un côté ― Allez faire un tour au rayon poésie de votre librairie, s’il est fourni en nouveautés, et vous verrez que ces néo-lyriques sont légions, pas seulement chez les éditeurs traditionnels de poésie lyrique mais aussi chez ceux qui publient, qui ont publié des modernistes. Si bien que le lecteur moyen de poésie, comme le critique, est obligé de prendre des vessies lyriques pour des lanternes modernes.

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Et comme le petit village gaulois, entouré de Babaorum, Petibonum, Aquarium, et Laudanum (il faudrait dire : Xanax, Stilnox, Seroplex et Lexomil), la liste des quelques maisons/collections qui persistent à signer des poètes expérimentaux, sans concessions pour les formes dominantes de l’époque, comme Al Dante, les éditions de L’Attente (parfois), Laure/Li (idem), Questions Théoriques, POL (idem), se réduit à peau de crachat. La Bérézina, en quelques sorte, pour les horribles travailleurs de la langue (je rappelle que La Bérézina est historiquement une défaite tactique alliée à un nombre important de pertes côté français, mais aussi une victoire stratégique).

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Janvier 2014(vingt ans en première ligne ― la poesie est une guerre de tranchées) : Une victoire stratégique, peut-être pas, sûrement même jamais, mais c’est pourquoi nous avons d’autant plus besoin de livres comme le Première ligne de Jérôme Bertin, de sa poétique prigentienne guerrière et de son célinisme artésien assumé (il n’est qu’à vérifier le nombre de poètes qui aujourd’hui pourraient se réclamer de Louis-Ferdinand Céline pour s’en assurer – la réponse, vous la connaissez : aucun). De cette plume qu’il « trempe dans le curare ».

Ce texte est sous-intitulé « 105 mesures pour une guerre » : la guerre, dont il parle, on ne la connaît que trop bien, parce que c’est celle que l’on peut vivre tous les jours, face à son banquier, ou face à sa psy, ou face à l’assistante sociale, ou face à son médecin, ou face à sa famille, ou face à ses collègues de travail, ou face à l’indifférence générale, ou face à sa télé, c’est à la fois la guerre pour la parole et la reconnaissance, à la fois la guerre pour être (et pour certains : avoir) et parler, la guerre sociale, donc, contre tout un système politique, social, psychologique, langagier et culturel de domination (une société de classes et de classements, presque de castes / dont nous tenons tous notre sens et notre fonction), qui dirige et crée des formes de vie spécifiques (de celles qui ne laissent au fond que des choix raisonnables), dirige, impose et crée des formes de pouvoir spécifiques (le spectaculaire : cette scission de soi avec soi), dirige, impose et crée des discours de vérité (la somme de toutes les violences symboliques et de toutes les humiliations et différenciations sociales), __________________ mais c’est également une guerre symbolique, une guerre qui passe par les formes de narration ou de syntaxe, qui passe par l’ouverture ou non à l’expérimentation, par la défense et l’illustration de procédés artistiques, esthétiques particuliers qui sont souvent antagonistes (et en lutte symbolique pour la domination du champ), qui s’étale dans la liste des meilleurs livres de l’année des magazines (que ce soit Les Inrocks ou Le Point), ou dans l’inconscient des littérateurs qui préféreront toujours viser le "prestige" probabiliste des romanciers que la bohème funeste de la constante ubiquité des poètes de merde4. Cette guerre d’écrivain à écrivain, de groupes à groupes, de maisons à maisons, d’écrivain à critique, etc., qui persiste et signe dans les propriétés des textes comme dans les trajectoires des uns et des autres, cette guerre de positions, de conversions qui fait qu’une certaine idée de la poésie nous force à être toujours en première ligne contre les ravages d’une langue spectaculaire, tautologique et vide, qu’on lit partout, qui a pénétré partout (même la politique politicienne se sert de story-tellers, c’est dire que le narré est partout), qui reproduit la « doxa littéraire » partout (même dans les places fortes du modernisme), cette langue dominante exclusivement basée sur la narration et sur l’existence de personnages et qui est le transcendantal historique hyper-normatif de tout écrivain et de tout lettré qui se respecte (ou pas) ; cette croyance en cette importance de la narration qui fait que quand on ne raconte pas, c’est compliqué de littérairement, éditorialement, exister, surtout que cette forme est majoritairement maniée par ceux qui ont le plus envie de voir, par exemple, la poétique politique d’un livre comme celui de Jérôme Bertin cesser d’être éditée. Car un livre n’existe pas seulement pour ce qu’il dit. Les romanciers devraient le savoir. Et quand ils le savent, c’est pour, de toute façon, encenser les vieilles avant-gardes historiques (dans un fort relent de nostalgie), tout en pissant sur les vrais descendants aujourd’hui de ces mouvances5.

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Aujourd’hui, Al Dante a vingt ans (cette simple assertion est déjà en soi un acte de résistance). Et nous ne sommes qu’une poignée ici ou là qui prenons toujours les Denis Roche, Christian Prigent, Joseph Guglielmi, Jacques-Henri Michot ou Michel Robic comme références et/ou influences. Jérôme Bertin est de ceux-là. Il ne peut se satisfaire des tournures que peut prendre la poésie contemporaine quand elle est acculée dans la crise (cet état de crise permanente qui est sans doute le statut du poète depuis toujours), laquelle détermine certains poètes, même proches de nos valeurs mineures et minoritaires, à "fricoter" avec tout ce qui peut, a pu, aggraver, voire qui aggrave cette crise, quitte à creuser encore et encore le (profond) sillon hyper-individualiste de l’anar de salon ou du petit-marquis de l’institution.

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La petite musique de Première Ligne est précieuse parce que rare, rare et donc inestimable en soi, c’est le tac-tac-tac (ou « le tic tac » p. 30) d’une mitraillette langagière poétique prête à ravager la tête du lecteur (assonances et allitérations, rimes internes en cascade & en contre-bande6), « Il faut s’armer, il ne faut plus s’aimer mais saigner » façon haikaï 47, où « chaque phrase est un slogan » accompagné d’une rythmique précise que l’on retrouve tout au long du livre : « Présent chape de plomb. Défilé de mordre. Elle est morte sur le coup » (p.24) ; ou « Comme sur des roulettes russes. Des montagnes de corps décharnés. Tête cible fume » (p.31). Cette petite musique qui nous rappelle à la fois Céline, pour la violence désenchantée mais lucide (on l’a déjà dit), mais aussi Prigent, pour ces jeux de langue et de sonorités carnavalesques, ces « sables mourants », que l’on trouvait déjà dans ses Fragments du carnage (Voix, 2008), l’une des spécialités de Bertin, et qui en fait l’un des très rares aujourd’hui à prétendre réellement à l’étiquette post-TXT ― Ce texte, qui pourrait tout à fait y prétendre, est en quelque sorte le Manifeste poétique de Jérôme Bertin. Car, à la différence de ses textes poétiques antérieurs (en vers), la forme, en séquences courtes et en blocs de vers (justifiés), sied beaucoup mieux à sa poésie guerrière et inquiète, et à son univers en forme de nœud coulant.

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Le livre est formé de séquences brèves, de trois ou quatre lignes chacune, formant donc ces « 105 mesures » d’une guerre qui est tout bonnement le monde réel (dans tout son champ d’existence ; le livre décrit toutes sortes de situations dramatiques, où violence pure et violence symbolique se partagent à part égale, pourrait-on dire, la représentation du monde, de la plus intime à la plus politique ― les pronoms sont nombreux et l’indétermination règne / Chaque séquence est comme un cut de réel où nous ne sommes que spectateurs), toutes ponctués par un « ou » en italique qui forme le seul espace de respiration où le réel est en suspens, blanc comme neige, se neutralisant. Ces mesures qui sont à la fois « la distance convenable pour parer ou pour porter un coup d’épée, avancer vers son adversaire ou se mettre hors de portée » et, à la fois, la « division du temps musical en sections d’égale durée » ; on retrouve dans ces deux définitions, les deux façons dont on peut prendre le livre de Bertin, la musicalité et la rythmique de Première ligne (« des notes de zéro à rien ») où « chaque mouvement [est] une chute » (p. 28), où chaque poème est une « sentence », comme une plongée cinématographique dans le réel le plus brut (où le « je » n’est presque jamais présent) et comme une guerre sans fin où il faut constamment porter des coups au réel et constamment les éviter, pas pour que le réel s’évanouisse (Bertin n’est pas un idéaliste, il nous met la gueule dedans), mais pour s’y frotter, s’y confronter encore et encore, car là, est notre seule destinée, car là est notre seule possibilité. Ces deux façons de voir le livre sont emboîtées : « le poète doit se faire voyou (avec violence à graver) » et il doit créer des « symphonie[s] pour crashs [et] crachats ».

Ce ou, en ponctuation-silence,

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pour nous dire que le réel n’est que combinatoire de combinatoires jamais assignables et qu’il est impossible d’en fixer un seul sens, un seul accès, une seule représentation (le monde comme ensemble de ses combinatoires ?). On retrouve là encore Prigent et les tenants du Manifeste Négatif qu’avait co-écrit Bertin et votre serviteur en 2001 dans un numéro de la revue Action Poétique. C’est dire que Jérôme Bertin laboure le même sillon, au moins depuis Round 99, chez Al Dante, en 2006, et dans tous ses livres depuis, c’est dire qu’il laboure la même vision du monde, certes désespérée, certes violente (mais un livre qui donne le change au réel ne se doit-il pas d’être d’une certaine violence ad hoc ? / La violence des dominants et de ce capitalisme, comme fait social total, n’implique-t-elle pas un véritable état d’exception du fait littéraire et de sa pratique ?), c’est dire la même poétique (expérimentaliste), élaborée spécialement pour notre monde, en direct de notre monde, c’est dire la même vision polémique et dissidente, quelque part (toujours) entre Céline, Miller, Artaud, Guyotat, et Kafka ― commentant un monde absurde dans et pour lequel on se bat, ça rentre, ça sort, ça ne s’éloigne pas, dans la dérive et le désarroi, mais aussi dans la jubilation à nommer ces lieux où le combat (poétique) est tout ce qui reste, où nous n’avons que notre langue pour répondre aux coups, aux injonctions, aux verdicts, où nous payons chaque jour, chaque mot, où nous payons pour chaque jour et pour chaque mot, alors que le champ poétique, lui, reste toujours aussi réticent devant des livres qui exhibent la violence brute du monde. Mais heureusement que nous avons ce genre de poétiques un peu "folles", un peu "borderlines", qui nous bousculent, qui nous acculent, qui ne nous font pas plaisir et qui ne sont pas là pour nous réconforter (qui n’offrent pas de plaisir du tout, et elles ne sont pas là pour ça), au contraire de tous ces livres fades et stéréotypés que nous voyons aux devantures des librairies ou sur les écrans des émissions littéraires, qui sont pleins d’un confort, convertibles à n’importe quelle satiété, sauf celle du monde réel, sauf celle du monde, en tout cas, dans lequel on meurt, on viole, on tue, on châtie, on punit, on pourrit. « Je ne crois pourtant pas qu’il faille éponger toute trace de la diction expressionniste », nous a dit Prigent (et Bertin est l’un des rares à avoir véritablement repris cette "leçon") ― la France n’a jamais eu beaucoup de poètes "expressionnistes", à part Jacques Prevel (1915-1951) et quelques autres (Ilarie Voronca, Francis Giauque, les premiers Bernard Noël, Danielle Collobert, Abdellatif Laâbi dans Le règne de barbarie, par exemple), toujours aussi mésestimés aujourd’hui, mais Bertin est, sans nul doute, de ceux-là (comme Cédric Demangeot, aujourd’hui, d’une certaine façon, ou Fabienne Courtade, tous les deux chez Flammarion, dans le collection d’Yves Di Manno). Car un livre n’existe pas seulement pour comment il le dit. Les poètes devraient le savoir.

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Et parce qu’il y a des livres et des événements qui sont autant de casus belli symboliques,

nous resterons, avec Bertin, en première ligne.

 

1 Triste Sollers aujourd’hui défendu par BHL, soit l’arrière-garde auto-parodique de la littérature avec la poubelle de la "philosophie" médiatique héroï-comique.

2 Manuel Joseph est l’exception qui confirme la règle.

3 Dans une première version de ce texte, je donnais plusieurs exemples de ces éditeurs ; mais je ne voudrais surtout pas « personnaliser » le débat ou n’en faire qu’une variante d’un plaidoyer pro domo, qui, bien sûr, ne peut, ici, qu’exister, je ne le nie pas, je ne suis pas idiot. Il ne s’agit pas non plus de donner de bons ou de mauvais points, mais d’indiquer des profils d’ensembles, des lignes de fractures, y compris dans le champ des poétiques de l’« ultra-contemporain ». Par ailleurs, ma vision de ce que doit être la poésie d’aujourd’hui ne coïncide pas absolument avec ce que peuvent être mes goûts personnels en matière de poésie (même si, évidemment, tout est très lié). J’insiste : j’ai beaucoup de plaisir à écouter de la pop mainstream, même si ce n’est pas ce que je ferai si j’étais musicien. Par ailleurs, Pierre Bourdieu a une réponse à cette question (mais je ne sais pas si je vais la suivre) : « Comme l’enseignait Marx, la science sociale ne désigne "des personnes que pour autant qu’elles sont la personnification" de positions ou de dispositions génériques – dont peut participer celui qui les décrit. Elle ne vise pas à imposer une nouvelle forme de terrorisme mais à rendre difficiles toutes les formes de terrorisme ».

4 Il y a tout de même des poètes qui « tournent » beaucoup ― de librairies en galeries d’art, en passant par toutes les institutions littéraires ou culturelles possibles. Pour ces poètes qui se font facilement un SMIC (minimum) par mois, la « bohème » radicale et politique (dont ils peuvent par ailleurs venir) n’est qu’une position (une posture) comme une autre. La sincérité n’est pas leur propos.

5 C’est ce qu’on pense d’une revue poétophobe comme L’Infini, qui n’arrête pas de se voir dans la continuation fantasmée des grandes avant-gardes de naguère (de Artaud à Debord) mais qui ne publie que des "trucs" soumis à l’allodoxia (en gros des livres qui se voudraient avant-gardistes mais qui ne sont en fait que des produits de l’époque s’accommodant fort bien de la dialectique du marketing), tout en ignorant (au mieux) les vrais « premières lignes » d’aujourd’hui.

6 exemple, page 5 : « L’odeur de ses cheveux, cuite. Cuisse de lait et petite laine. […] Buvard sa langue à sa mangue à sa menthe rose. »

19 janvier 2014

[News] News du dimanche

Sur LC, nous ne parlons pas de "rentrée de janvier", tant il est vrai que, comme le rappelle Éric Chevillard dans son dernier livre, Le Désordre Azerty (Minuit, 15 janvier 2014) : aujourd’hui les "écrivains sont rentrés. Dans le rang"…
Nous saluerons simplement les deux derniers livres de Jérôme Bertin, qui viennent de paraître chez Al dante (Livres à la UNE), et vous inviterons à nos Libr-événements (Ultra-volte #3 à DATABAZ, lecture d’Yves di Manno et de Sandra Moussempès, Kraums Notho, revue Syncope).

Livres à la UNE /FT/

â–º Jérôme Bertin, Première ligne. 105 mesures pour une guerre, Al dante, 40 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-779-5.

Présentation éditoriale. Écrivain de l’extrême, Jérôme Bertin nous emmène dans l’à-vif du présent. Chacun de ses livres est le reflet d’un conflit : de l’impossibilité de mener à bien son métier de vivre parce que trop en but avec la brutalité de ce monde. Il est en cela proche de ce qu’écrit jean Genet, lorsque que ce dernier oppose la violence à la brutalité : la violence étant inhérente à toute pulsion de vie (l’enfantement, le rire, la joie, la révolte, les guerres de libératon…), tandis que la brutalité est dispensée sans compter par ceux qui ont pour but de brider ces pulsions de vie.
Première ligne, dense, court (40 pages), écrit en salves serrées, (105 phrases nées d’une pulsion de vie bridée) est un véritable manifeste poétique, où toutes les propositions sont autant d’éclats lancés contre la brutalité de toutes les formes de pouvoir.

Premières impressions. Voici une singulière suite d’apocalypses, écrite dans une langue-uppercut qui privilégie les télescopages des signifiés comme des signifiants. Deux exemples, avant de passer cette semaine le relais à Sylvain Courtoux : "Festin de terre. Assis sur le lit la tête entre les mains. Cracher le poème et du sang. Du sens interdit. La tête cogne contre le carrelage" (p. 15) ; "Anus, l’origine du monde. Plus de débats mais des combats. Des décombres des cobras. À la place de la langue, uppercut. Un sein vert expression. Tu vois le sang araignée sur le sol" (p. 18).

â–º Jérôme Bertin, Le Projet Wolfli, Al dante, 15 janvier 2014, 64 pages, 10 €, ISBN : 978-2-84761-780-1.

Présentation éditoriale. Le projet Wolfli est le récit sans concession d’un univers qui vit au rythme d’une guérilla extrême, où se confrontent des groupuscules d’horizons différents : des pires milices fascistes aux factions utopistes pour qui la guerre ne peut être gagnée que par la mort. Ici les corps sont des marchandises, chair à canon où chair à plaisir, corps qui se nourrissent et se détruisent par les armes ou dans les partouzes.
Entre Guyotat et Céline, ce roman participe au renouveau de la science-fiction.

Note de lecture

Devant les inanes palabres des popolitiques,
le spitoyable défilé des automates médiatiques,
les crimes capitalistes en bande organisée,
les orgies consuméristes des bouffeurs de pop corn,
la fanfaronne parade des homoncules affairés, des homo-economicus attachés à leur case,
les cris orgasmiques des phynanciers rivés à leurs bibelots d’inanité numérique,
ça ne vous est jamais arrivé de sentir monter en vous un magma rabique, un déluge de feu, un flux nitroglycériné ?

Une "journée à haut risque", entre 2023 et 2033 : "révolte dans Paris intra-muros / Funérailles du premier ministre assassiné / Le temps sera rouge" (p. 20)…

D’Egon, figure apocalyptique, à l’agôn. En cet immonde XXIe siècle, voici l’état des forces antagoniques : d’un côté, l’armée du Louvre, les légions Wolfli et Artaud ; de l’autre, l’infâme boboserie, les démocradingues, le "consommateur en lutte de crasse", le starwriter (l’écrivain spectacularisé) – "l’ennemi [qui] écrit sa prostatite, son divorce, son viol" -, le "démon capitaliste" – "cette blonde pulpeuse au vagin dévoreur de chibres"… Pas de quartiers, nul innocent ("L’innocent est un concept capitaliste réactionnaire") : fuck d’artifice final ! "Massacrez les idoles" ! "Le grand incendie comme œuvre ultime"… Rêvolution : "Debout les damnés de la terre. Ils vivent à ne pas douter leurs derniers instants. La culture d’état pue la mort. Les derniers penseurs sont enfermés dans la misère. Les éditeurs, les producteurs, travaillent par leur censure et leurs choix commerciaux à la désintégration du pensé debout" (p. 49).

De l’esthétisme radical (de Bosch à Artaud, en passant par les expressionnistes) à l’éréthisme de la violence : Jérôme Bertin met littéralement en œuvre"le rêve de Bukowski" et de tous les artistes rebelles. Eros et Thanatos, dans une fascinante écriture spasmée qui s’inscrit en droite ligne de Guyotat et de Desportes – sans toutefois en avoir encore le rythme, la portée et la tension.

 

Libr-événements

â–º ULTRA-VOLTE #3 // CONCERT / musique électronique et bruitiste SUPERNOVA (Belgique) // Oscar Martin (Espagne) // Constanza Piña (Chili) le vendredi 24 janvier à DATABAZ (100, rue du Gond à Angoulême), le centre de Philippe Boisnard et Hortense Gauthier (entrée : 5 / 7 euros).

SUPERNOVA, duo composé de Philippe Franck et Gauthier Keyaerts
Le projet Supernova a été initié depuis Bruxelles fin 2011 par Philippe Franck (alias Paradise Now – chant, guitare, objets) et Gauthier Keyaerts (alias The Aktivist, Very Mash’ta, plusieurs albums sur les labels Sub Rosa et Transonic – traitements électro-organiques, basse, objets). Le combo évolue, au gré des rencontres, dans une galaxie audio libertaire qui fait le grand écart entre post pop/post song, poésie sonore et électro matiériste.

# Philippe Franck

Historien de l’art, concepteur et critique culturel, Philippe Franck (Belgique) est directeur de Transcultures. Il est le fondateur et directeur artistique du festival international des arts sonores City Sonic (depuis 2003) et des Transnumériques, biennale/plate-forme des cultures numériques (depuis 2005). Il a également initié le label Transonic pour les sons autres.

Il a été commissaire artistique de nombreuses autres manifestations d’arts contemporains, audio, hybrides et numériques en Europe, Amérique du Nord et Afrique du Nord. Il enseigne également les arts numériques à l’Ecole National Supérieur des Arts Visuels La Cambre et ESA Saint-Luc (Bruxelles). Depuis 2010, il est aussi responsable des musiques urbaines, des arts sonores et de la création interdisciplinaire au manège.mons.

//// http://transcultures.be/philippe-franck/

# Gauthier Keyaerts

Gauthier Keyaerts est titulaire d’un Master en information et communication de l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Après un plus d’une décennie ponctuée de plusieurs sorties musicales sur le label Subrosa / Quatermass, et d’autres… , il devient co-fondateur du label de musique Transonic. Sous de nombreux pseudonymes (Very Mash’ta, la Aktivist, Next Baxter), il compose, joue et réalise de la musique, pour lui-même mais aussi en association à des installations (L’oeil Sampler, an-Art-Key, …) et des œuvres vidéo (notamment avec Thomas Israël) et / des créations radiophoniques (Electroniques Peintures, Composez-vous Bruxelles?) financés par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il collabore actuellement avec Christian Frisson et l’Institut NUMEDIART de l’UMONS, sur le projets MashtaCycle et Profondo Giallo, un moyen de repenser la relation entre la technologie et l’art (technologie dans l’art ?).

//// http://gauthierkeyaerts.wordpress.com/

# Oscar Martin aka NOISH~ (Espagne)

Programmeur expérimental et musicien, son travail est fondé sur la déconstruction de fields recordings , des synthèses non-conventionnelle et l’utilisation créative des erreurs techniques et informatiques. Luthier – numérique maniant Pure Data, il utilise ce langage pour développer ses propres outils non-conventionnels pour le traitement algorithmique et la composition générative en temps réel . Il se positionne quelque part entre informatique musicale , Esthétique du Bug , et Noise générative . Il tente de créer des univers sonores virtuels, des paysages sonores imaginaires qui encouragent l’écoute active et une sensibilité différente à l’égard de la perception des phénomènes sonores .
Il fonctionne sous le paradigme de l’Open source . Toutes ses expérimentations sonores sont publiées sous licences libres, par différents labels et netlabels ; ( Free Software Series, Uzusounds, Drone Records, tecnoNucleo, BRRR, etc.)

Sa musique a été présentée dans différents espaces et festivals internationaux :
MAKEART (France ) , MOOZAK ( Autriche ) , A10LAB bruit = bruit ( Royaume-Uni ) , FESTIVAL DE LA IMAGEN MANIZALES ( Colombie) , PIKSEL (Norvège ) , PDCON ( Brésil ) , VAD ( Espagne ) , LEM06 ( Espagne ) , LAC- Linux Audio Conference ( Allemagne ) , NK ( Berlin ) , DE JOUEUR (Rotterdam ) , MAUS HABITUS (Portugal) , LaLAboral – SummerLab (Asturies) , MIDE – Arteleku ( Donosti ) , Ulterior09 ( Madrid ) , Hangar ( Barcelone ) …

//// website

# Constanza Piña (Chili)

Constanza Piña est une artiste numérique et interprète de danse contemporaine.
Elle crée des œuvres dans divers domaines, y compris les nouveaux médias, de la danse, de la performance, en se concentrant dans le bricolage de synthétiseurs, les textiles électroniques et la technologie portable.
Elle a été co-directrice du laboratoire Art and Technology Chimbalab (2008-2012) et a procédé à de nombreux ateliers et conférences sur l’expérimentation électronique et la culture du D.I.Y. Elle est également membre du Sudamerica expérimental, une plateforme indépendante de partage et de collaboration pour des projets en arts électroniques.

Elle présentera Corazón de robota, un projet musical composé uniquement par des synthétiseurs et des séquenceurs fabriqués à la main à partir de différents matériaux comme les tissus, les déchets électroniques et les boîtes de chocolat analogiques. Ces appareils génèrent des fréquences différentes qui jouent au hasard, en explorant les dimensions rythmiques du bruit.

♦  http://sewingmachina.wordpress.com/

 

â–º Lecture d’Yves di Manno et Sandra Moussempès le jeudi 13 février, 19h30 à la librairie Texture (94 avenue Jean Jaurès, 75019), dans le cadre du programme de résidence d’écrivains en Ile-de-France.

â–º Net < KRAUMS NOTHO :

– un extrait d’une improvisation réalisée à N’a qu’un oeil (Bordeaux) il y a 1 an juste ;

-un extrait d’une perfomo(t)sonance en cours, qu’ils montent en résidence dans les locaux de la compagnie éclats à Bordeaux (http://www.eclats.net/). La sortie de résidence s’effectuera le 13 et 14 Mars 2014…

â–º Appel revue Syncope :

Suite à son échec avec kisskissbankbank, la revue Syncope cherche encore, par tous les moyens qui lui sont accessibles (auto-édition indépendante, alors oubliez subvention etc.), un soutien au financement de sa parution.
Syncope tente encore de donner sur papier (et ils tiennent à la matérialité de ce support) la possibilité d’incarner selon la perspective qu’elle propose, mais sans grille d’analyse et au risque d’antinomies, un dialogue entre écrivains et artistes sur la place d’Eros (et comme il s’en faut : relever parfois, et souvent, sa flagrante contradiction) dans notre contemporanéité libre (libérée, comme on dit) mais si vaporeusement policée.
Voilà déjà plus d’un an que la revue sous le thème du Climax aurait dû sortir. Ils aimeraient enfin pouvoir partager ce que nous ont donné à voir, à lire ou entendre :
Alain Marc, Annabelle Guetatra, Annie Descôteaux, Antoine Brea, Bernard Barbet, Carla Demierre, Catherine James, Catherine Larré, Charles Bosersach, Christophe Manon, Christophe Marchand-Kiss, Christophe Pairoux, Damien Comment, David Besschops, Dominique Quélen, Elodie Petit, Florence Darpier, Fox Harvard, Frederic Dumond, Geoffroy Bogaert, Herve Ic, Jacques Cauda, Jans Muskee, Jean-Marc André, Laura Vazquez, Laurent Benaim, Laurent Bouckenooghe, Laurent Herrou, Maldo Nollimerg, Marc Molk, Marc Perrin, Marie-amélie Porcher, Mathieu Lefebvre, Méryl Marchetti, Michel Castaignet, Michel Hanique, Miron Zownir, Nicolas Rollet, Olivier Larivière, Panayiotis Lamprou, Patrick Varetz, Peter Franck, Reno Louchart, Ronald Ophuis, Tom de Pekin, Vincent Herlemont, Yann Legrand, Yannick Torlini

Pour les soutenir, vous pouvez envoyer vos dons ou votre pré-achat (d’une valeur de 20 euros) ici :

http://syncope.canalblog.com/

ou par chèque à l’ordre de Crimen Amoris :
Editions Crimen Amoris
75 rue du Becquerel, 4 cour Bouchery
59370 Mons-en-Baroeul

Merci de laisser un message après votre don.

 

 

31 décembre 2013

[News] Spéciale LC : de 2013 à 2014…

Pour ce passage entre 2013 et 2014, LC vous offre à la fois une prospective particulière (14 citations pour 2014 : avant-goût de quelques livres sélectionnés pour le début de l’année) et une petite rétrospective (les 10 posts les plus lus/vus depuis le lancement du nouveau LC en septembre)…

14 citations pour 2014

Voici un aperçu en citations des livres que nous avons lus et que nous vous recommandons pour le premier trimestre 2014.

â–º Christophe CARPENTIER, Chaosmos (P.O.L, 2 janvier : dystopie de 416 pages) :

1) "Il n’y a plus d’actifs ni de chômeurs, plus de riches ni de pauvres, plus de malades ni de bien portants, il n’y a plus qu’un peuple : celui des relais efficaces du Chaosmos" (p. 116).

â–º Jacques JOUET, Les Communistes (P.O.L, 2 janvier, 490 pages) :

2) "On parle de passéisme, dit Pavel, mais jamais d’avenirisme ou de présentéisme" (p. 255).

3) "Et si je nous déclarais cohommunistes, tu aurais encore peur du co- ?" (p. 484).

â–º Jérôme BERTIN, Le Projet Wolfli (Al dante, 15 janvier, 64 pages) :

4) "Le peuple n’aspire qu’à se faire enculer" (p. 12).

5) "L’écriture aussi est un sport de combat. Ou alors ce n’est pas de la littérature. C’est de la merde" (p. 42).

6) "Top chrono pour les moutons. Consommez consommez avant que le cancer ne vous consume. Cassez votre tirelire cochons. Vous vous serrerez la ceinture après. Crédits crédits. Une seule vie ne suffit pas pour tout acheter" (p. 48).

7) "Debout les damnés de la terre. Ils vivent à ne pas douter leurs derniers instants. La culture d’état pue la mort. Les derniers penseurs sont enfermés dans la misère. Les éditeurs, les producteurs, travaillent par leur censure et leurs choix commerciaux à la désintégration du pensé debout" (p. 49).

â–º Jérôme BERTIN, Première ligne (Al dante, 15 janvier, 40 pages) :

8) "Festin de terre. Assis sur le lit la tête entre les mains. Cracher le poème et du sang. Du sens interdit. La tête cogne contre le carrelage" (p. 15).

9) "Anus, l’origine du monde. Plus de débats mais des combats. Des décombres des cobras. À la place de la langue, uppercut. Un sein vert expression. Tu vois le sang araignée sur le sol" (p. 18).

â–º Éric CHEVILLARD, L’Autofictif en vie sous les décombres (L’Arbre vengeur, 15 janvier, 234 pages) :

10) "Il y a les écrivains qui se complaisent dans le réel, qui fourrent leurs phrases dedans, qui en rajoutent une couche ; et les écrivains qui prennent le réel dans les rets tranchants de leurs phrases afin de le retailler à leur guise" (p. 14).

11) "L’écrivain ne doit pas s’y tromper. Il travaille aujourd’hui pour les ménagères de plus de 50 ans" (p. 85).

12) "Tous les autres mots ne sont pour lui que des euphémismes hypocrites et maniérés pour dire merde" (p. 93).

â–º Marc OHO-BAMBE, Le Chant des possibles (éditions La Cheminante, mars) :

13) "Souviens toi

De ce matin-là,

Ecarlate et révolutionnaire,

Du parfum de jasmin flottant dans l’ère alors

Souviens toi mon sang,

De la promesse du jour et des slogans,

Des chants de la rue défiant le joug des tyrans

Et la morsure des fusils"

â–º Serge Doubrovsky, Le Monstre (Grasset, avril 2014) :

14) "Vous pourrez enfin découvrir ici le texte restitué dans sa première composition, toute son opulence, sa première jeunesse, sa vitalité débordante, ses rêveries nomades et sa fascinante écriture. Le Monstre vous attirera dans son labyrinthe et vous n’essaierez même pas de trouver l’issue mais vous cheminerez, comme hypnotisé, à sa rencontre. L’approche génétique de ce texte aura aussi prouvé qu’il faut en finir de vouloir donner un seul sens à une œuvre, d’en faire une donatrice de signification" (Isabelle Grell).

Les 10 posts les plus lus/vus depuis le lancement du nouveau LC en septembre 2013

LC, en 2013, c’est quelque 200 posts (si l’on tient compte de la pause estivale, cela fait une moyenne de 4,5 posts/semaine).

En quatre mois, vous êtes plus de 100 000 à être venus visiter les quelque 1 600 posts disponibles : les 10 les plus lus/vus (chiffres arrondis) témoignent aussi bien des goûts de lecture que des circuits de circulation et d’indexation.

â–º Chronique de Philippe Boisnard (17/05/2008) sur Ralbum (Léo Scheer) = 11 275 visites [total : + de 120 000]

â–º Emmanuel Adely, "No more reality" (création du 05/09/2009) = 4 475 [total : + de 50 000]

â–º Chronique de Fabrice Thumerel, "Richard Millet et la postlittérature" ("Manières de critiquer" / 01/04/2011) = 3 650 [total : + de 20 000]

â–º Michel Giroud, "Généalogi-z 2.1" (création du 9 décembre 2006) = 2 200 [total : + de 35 000]

â–º NEWS du dimanche 10/11/2013 (F. Thumerel) = 1 760

â–º Chronique de Périne Pichon sur La Direction des risques de Christophe Marmorat (07/11/2013) = 1 150

â–º Fabrice Thumerel, "De l’intellectuel critique" (20/01/2006 ; travail de recherche en cours de réécriture) = 775 [total : + de 15 000]

â–º Mathias Richard, « Pour un déclin du mot "roman" » ("Manières de critiquer" / 26/09/2013) = 725

â–º Matthieu Gosztola, "Vivre I" (création, 29/10/2013) = 600

â–º Thomas Déjeammes et Mathias Richard, "Dreamdrum 10 / Amatemp 28" (création, 14/09/2013) = 580

22 décembre 2013

[News] News du dimanche

En ce dernier jour avant la trêve d’une semaine (RV dimanche prochain, donc !), nous vous présentons de quoi terminer l’année comme il se doit : trois intéressants livres reçus (Jérôme Game, DQ/HK ; Serge Noël, Aux premières heures d’un jour nouveau ; Alain Brossat, La Démocratie) et le pré-programme de la reprise de janvier sur LIBR-CRITIQUE.

Livres reçus (FT)

â–º Jérôme Game, DQ/HK, préface de Jean-Michel Espitallier, éditions de l’Attente, 4e trimestre 2013, 130 pages + 2 CD audio, 17 €, ISBN : 978-2-36242-045-0.

"À lire Jérôme Game, à l’écouter, on croit comprendre que la fin de l’Histoire
ça n’est peut-être ni Auschwitz, ni Hiroshima, ni la chute du Mur
mais bien plutôt la multiplicité affolante des points de vue bavards,
jusqu’à la nausée, qui débitent sans fin des déluges d’histoires" (J.-M., Espitallier, p. 18).

Présentation éditoriale. DQ/HK ou deux livres en un, comme un double-album de poésie sonore donnant à lire et entendre HK Live !, pièce radiophonique sur Hong Kong, et Fabuler, dit-il, pièce entre littérature et création sonore autour du Quichotte, réalisée avec le musicien Olivier Lamarche. Deux pièces rassemblées par une visée esthétique commune, telles les faces A et B d’une même méthode : rencontres, voyages, captations, travail en studio, montage de sons et d’images, il s’agit toujours d’écrire à même les choses, à même le document, dans le son et à travers l’image. Traversée d’une ville, saisie par les signes sonores et visuels qu’elle émet ; traversée d’un monument littéraire, via l’économie narrative, cinématographique ou touristique à laquelle il donne lieu.

Premières impressions de lecture. Si, comme l’avance Sartre dans Situations, I, chaque époque doit s’inventer un regard – et si, de fait, il y a des époques vides -, qu’en est-il de la nôtre ? En un temps où le champ pratique est un incroyable kaléidoscope audio-visuel, un espace saturé par d’innombrables images et discours, il n’est plus question de prétendre dresser l’inventaire du monde social comme au XIXe siècle. En "chef op’ de tout ce qu’il a ramassé" (Espitallier), Jérôme Game propose divers agencements répétitifs sonorisés, un "paysage-langage" "du langage compressé" : "Don Quichotte, c’est un produit contaminant, un vrai générateur, en extension tout azimut, qui stocke tout ce qu’il a produit, en strates" (Espitallier).

Quant à HongK ong, c’est
"ambiances listées"
micro-récits
script et collages…

Le poète ultramoderne se fait ainsi caisse de résonance dépersonalisée, et le texte nous propose affects et percepts sur la ville-monde.

Le tout précédé d’une magnifique préface signée par une figure majeure du champ poétique actuel : Jean-Michel Espitallier.

â–º Serge Noël, Aux premières heures d’un jour nouveau, éditions MaelstrÖm ReEvolution, Bruxelles, 4e trimestre 2013, 300 pages, 16 €, ISBN : 978-2-87505-159-2.

L’époque est aux dystopies plutôt qu’aux utopies, qui ont un point commun, l’extrapolation : les caractéristiques de la société contemporaine sont empirées ou corrigées dans un ailleurs.

Dans ce roman tripartite – dont le titre est à l’image de la couverture : sirupeux et aguicheur ! -, nous sommes en 2098 dans l’associété, "un monde parfait" dans lequel la seule raison d’être est d’"amasser des crédits" : "La politique est là pour garantir à chacun le droit de chercher à concentrer pour son compte le plus de crédits possible, quels que soient les moyens employés" (p. 23). Là, tout est ordonné par l’État, au sommet duquel trône la figure virtuelle du Citoyen : la distribution de détriments et de psychotropes, la reproduction (les femmes n’existent que comme truchements reproductifs) et le plaisir (à coups de crédits, tout homme peut choisir son philosexe et ses divertissements sexuels), l’éducation (aux bons soins des éludateurs, des éducastreurs, des psychiastres et des médicastres), la gestion des quotislogans… Dans cette associété totalitaire, tout ne va évidemment pas pour le mieux dans le meilleur des mondes… Les privilèges des élites du Processus contrastent avec le sort réservé aux contrevenants : "Jeunes délinquants croupissant dans les taules, procédants à la merci d’un bouleversement technique, encadres pissant d’angoisse à l’idée d’être largués" (28)… Conformément à la tradition du genre, le récit se concentre sur un personnage à part, pour qui l’ennui est mère de toute survie : "La plupart des gens m’emmeldrent. Je ne leur trouve ni politique, ni art. Comment peut-on vivre sans politique, sans art ? De quoi ? Pour quoi faire ?" (119). Viendra l’envie, et derechef la rêvolution – via un détour par le Moyen-Âge… Ainsi s’accomplira la prédiction décrétée en 2002 par "un homosexuel vieillissant" qui connaissait la poésie du XXe siècle : "L’avenir de l’homme, c’est la femme"…

Malgré l’interrogation politique qu’il suscite (en un temps où triomphent les pouvoirs bio-technologiques et économico-financiers, le totalitarisme d’état doit-il encore être considéré comme le plus menaçant ? comme le plus envisageable ?), ce livre vaut surtout pour sa première partie ; le reste se conforme parfois un peu trop aux seuils que constituent le titre et la couverture.

â–º Alain Brossat, La Démocratie, éditions Al dante, 4e trimestre 2013, 168 pages, 17 €, ISBN : 978-2-84761-783-2.

« Traiter le nom "démocratie" pour ce qu’il est : le Phallus de notre présent » (Alain Badiou, Pornographie du temps présent, 2013).

Présentation éditoriale. Dans les quatre essais qui composent ce livre s’ébauche ce que Foucault nommerait une analytique de la démocratie contemporaine en rupture ouverte avec les courants dominants de la science politique et de la philosophie politique. Il ne s’agit pas en effet de s’y demander ce qui définirait à proprement parler un régime démocratique, quelles seraient les normes de la culture démocratique, à quelles valeurs se réfèrent les usages démocratiques, en quoi consiste la vie démocratique, quelles en sont les institutions appropriées, (etc) – mais de partir d’une tout autre question : de quelle espèce est l’opération contemporaine consistant à faire valoir le nom de la démocratie comme celui de la seule figure d’organisation et de vie politique acceptable et conforme aux exigences d’une vie civilisée ? Qu’est-ce qui est en jeu dans le balisage de notre présent par l’ensemble des discours tendant à accréditer la notion d’un horizon indépassable de "la démocratie", comme horizon du politique et de la vie commune ? De quoi cet usage du mot démocratie est-il la manifestation ou le symptôme ? Il s’agirait donc bien de déplacer l’angle du questionnement, de se situer dans un autre champ.
On ne se demandera pas dans ces textes ce qu’est en vérité la démocratie contemporaine, on n’en dénoncera pas les faux-semblants ou les illusions, on n’opposera pas à ces mensonges ou ces trahisons allégués ce qu’elle devrait être – on s’interrogera plutôt sur le point suivant : sous quelles conditions sommes-nous astreints aujourd’hui à parler de la démocratie, quels sont les principes d’agencement qui président à l’établissement de l’ordre des discours régissant la formation des énoncés à propos de "la démocratie" aujourd’hui ? Ce qui constitue donc la trame de ces textes, ce ne sont pas des questions de définitions adéquates, ce n’est pas la critique des apparences fallacieuses ou des impostures des appareils de la démocratie contemporaines, c’est plutôt l’analyse du champ de forces et des jeux stratégiques de pouvoir qui s’établissent autour du nom de la démocratie dans nos sociétés.

Premières impressions de lecture. Se situant à l’encontre des courants mainstream de la science politique et de la philosophie politique, l’auteur de La Démocratie immunitaire (La Dispute, 2003) se lance dans "l’analyse du champ de forces et des jeux stratégiques de pouvoir qui s’établissent autour du nom de la démocratie dans nos sociétés" (p. 8). En quatre parties ("La démocratie comme mythe conquérant", "Un mirage en Egypte (le paradigme El Aswani)", "Contre la tyrannie du fait majoritaire" et "Une démocratie des résistances !"), ce livre qui allie les approches politiste, sociologique et philosophique, réussit à dévoiler ce que recouvre le substantif hypostasié "démocratie", à expliciter les usages sociaux d’un mot devenu coquille vide : la-démocratie, qui renvoie à des acceptions et des pratiques hétérogènes, n’est qu’un dispositif discursif destiné à attester l’existence d’une chose publique, sinon disparue, du moins évanescente ; à justifier les diktats de la masse ; à légitimer les dérives totalitaires des dominants au nom de valeurs universelles…

LIBR-CRITIQUE en janvier…

â–º Créations : Daniel Cabanis, Matthieu Gosztola… Anne-Olivia Belzidsky, André Gache, Alain Marc (Libr-@ction)… Thomas Déjeammes, Lucien Suel, André Gache (Dreamdrum)…

â–º Chroniques : sur Stanislas Rodanski, Substance 13 ; Le Cocommuniste de Jacques Jouet, Chaosmos de Christophe Carpentier et Usage communal du corps féminin, de Julie Douard (rentrée P.O.L : 2 janvier) ; Première ligne et Le Projet Wolfli de Jérôme Bertin (Al dante : 15/01) ; Éric Chevillard, L’Autofictif en vie dans les cartons (L’Arbre vengeur : 15/01)…

17 décembre 2013

[Agenda] Manifestenez-vous !

Filed under: agenda,News,UNE — Étiquettes : , , , , , , — rédaction @ 14:50

En cette fin de semaine, deux rendez-vous à ne pas manquer dans le haut lieu al dantesque (MANIFESTEN, 59 rue Thiers à Marseille) : une conférence de Paul Hegarty et une rencontre poétique au féminin avec Nathanaël, Amandine André et Liliane Giraudon. Alors, manifestenez-vous !

â–º Vendredi 20 décembre 2013 à 19H, conférence de Paul Hegarty, "Barrage contre : musiques nouvelles comme prophylaxie, Harsh Noise Wall comme guérison virale" (entrée libre / restauration sur place).

Paul Hegarty, propose ici un axe de réflexion ambitieux de la nouveauté en musique, avec le lien à la rupture, et les concepts esthétiques liés aux forces destructrices qui ont réellement fait exploser les frontières de l’art.

« Vienne continue de nous proposer un modèle d’ores et déjà (et même depuis toujours) révolu de ce qu’est la révolution en musique, mais de manière exemplaire et toujours valable. Le mur érigé en forme de musiques nouvelles (appellation plutôt ironique) se trouve en face de la Harsh Noise Wall « . Paul Hegarty.

Paul Hegarty est un philosophe et maître de conférence en philosophie et donne aussi des cours de « culture visuelle » à l’Université de Cork en Irlande. Ses domaines de prédilection sont la philosophie de la musique et les philosophes du XXe siècle de la « French Theory » (Baudrillard, Deleuze…). Il a publié de nombreux articles sur le sujet dans des revues scientifiques et des magazines spécialisés (comme Wire), ainsi que le livre Noise/Music : A History. Musicien performer, il a créé le label dotdotdotmusic.

Une manifestation inscrite dans le cadre du festival Nuit d’hiver#11.

â–º Samedi 21 décembre 2013, Rencontre poétique à 20H : Lecture et discussions avec NATHANAËL, AMANDINE ANDRÉ, LILIANE GIRAUDON (une rencontre imaginée et organisée par la Revue La Vie Manifeste).

– Nathanaël, canadienne, vit à Chicago. Elle écrit en français et en anglais et est l’auteure d’une quinzaine d’ouvrages dont "The Sorrow and the Fast of It", "L’injure", "Paper City" et l’essai de correspondance "L’absence au lieu" (Claude Cahun et le livre inouvert).
L’œuvre de Nathalie Stephens est un affrontement avec les frontières : celles des nations, des langues et celles des genres, invitant à imaginer des alternatives aux modes de constitution et de diffusion du savoir, et s’ouvrant à la création et à toutes autres formes d’engagement.

– Amandine André : mémoire sur Danielle Collobert. 2005 : création de la web radio "À Bout de Souffle". À partir de 2006 : suit le travail de Bernardo Montet / textes et entretiens sur la danse. 2011 : création et animation de la web revue "La vie manifeste". Diverses publications en revues, papier et net. 2012 : publication de "Cercle des chiens", in "Attaques", Al Dante.

– Liliane Giraudon est une femme de lettre et poétesse française.
Elle est cofondatrice de la revue "Banana Split" et de la revue "If".
Elle a été membre des revues "Action Poétiqu"e, "Impressions du sud", "La Nouvelle B.S". En sus de son travail d’écriture, elle pratique la lecture publique, le théâtre, la traduction…
Dernières publications : "Rafle" (avec Colas Baillieul et Frédérique Guétat-Liviani – Fidel Anthelme X, 2013) ; "Madame Himself" (POL, 2013) et "La sphinge mange cru" (Al Dante, 2013).

Entrée libre. Restauration sur place.

15 décembre 2013

[News] News du dimanche

Une semaine avant la trêve relative de fin d’année, voici votre programme chargé : nos Livres reçus (Liliane Giraudon et Jérôme Leroy) ; nos Libr-rendez-vous, avec la Maison de la poésie Paris (Fiat, Jallon, Oberland ; Lucot ; Delaume, Menauge et Montessuis), le 118e Mille-Feuilles, Pierre Jourde et Annie Ernaux.

Livres reçus (FT)

â–º Liliane Giraudon, La Sphinge mange cru, Al dante, 4e trimestre 2013, 48 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-781-8.

Celle qui mange cru ("Un simple steak tartare sans condiments" !) "n’est qu’une horrible chanteuse posant l’énigme au fond d’un bar". Voilà pour la démythification.

Ce qui n’empêche pas Liliane Giraudon d’aborder la question de la tragédie, qui "est à la fois un ordre et un désordre". Car, "dans ce féroce moment historique que nous traversons", "parce que les monstres se rapprochent", le tragique nous guette. Nul optimisme, donc, ici, nul lendemain-qui-chante : "organiser le pessimisme est un acte révolutionnaire". Quant à la parole révolutionnaire : "la bourgeoisie n’est pas une classe sociale mais une maladie"…

Ce texte singulier délivre lui-même son principe scriptural : c’est bel et bien un jeu de phrases éparses que nous devons déchiffrer… "Corps restreint ou étendu le poème scintille parmi les choses rencontrées"…

â–º Jérôme Leroy, Le Bloc (2011), rééd. Folio policier, automne 2013, 336 pages, 7,20 €, ISBN : 978-2-07-045309-2.

Saluons la réédition en poche de ce polar noir qui a obtenu le prix Michel Lebrun 2012. Sexe, violence et politique dans ce scénario catastrophe : pensez donc, "la trouille honteuse de tout un pays" pousse au pouvoir Agnès Dorgelles, du Bloc patriotique… (Préfiguration de 2017 ?). Alternant présent dramatisé et retours en arrière, première et deuxième personne du singulier, ce récit centré sur le duo fraternel Maynard réussit à dévoiler de l’intérieur le fonctionnement d’un parti facho comme la culture et la vision du monde d’extrême-droite.

De l’intérieur… on ne saurait mieux dire : Antoine Maynard n’est-il pas devenu "fasciste à cause d’un sexe de fille" ?

Libr-rendez-vous

â–ºMaison de la poésie Paris, Mardi 17 décembre – 20H

Christophe Fiat, Hugues Jallon
& Frédéric D. Oberland  (Farewell Poetry)
WAR
Performance musicale
 
Le Cri de Godzilla – Christophe Fiat
En avril 2011, un mois après la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, Christophe Fiat se rend au Japon. Il en revient avec une performance artistique qui met en scène le monstre le plus célèbre du cinéma japonais. Né en 1952 des essais atomiques américains dans le Pacifique, Godzilla est la jonction entre la fin de la seconde guerre mondiale et le début de la guerre froide. Dans cette performance artistique mêlant musique low-fi, transe psychédélique et poésie sonore,
Christophe Fiat dénonce, via une fable ironique, la terreur de l’ère atomique.
Cette performance artistique a été créée au Frac île de France / Le Plateau en juillet 2012 dans le cadre de l’exposition « Le mont Fuji n’existe pas ».

Reluctant Hero – Hugues Jallon & Frédéric D. Oberland
Reluctant Hero, c’est un nom sans visage, le nom le plus glorieux, le héros de tous les temps, sous le regard de tous, un soir de juillet, jeté au coeur d’une guerre qu’il faut gagner, au coeur de la guerre froide. Écoutez, c’est la plus grande semaine de l’histoire du monde depuis la création, a dit le Président, et si, pour vos discours à venir, vous vouliez utiliser les mots « beaux » et « fantastiques », ce serait parfait, n’essayez pas d’inventer. Poème sonore et musical, Reluctant Hero est le récit d’une vie, celle d’un héros mutique et absent à sa propre histoire.
En savoir plus :  http://bit.ly/1b568gf

â–º Mardi 17 décembre 2013, de 19H30 à 23H30, 118e Mille-Feuilles, restaurant « LE TRUMILOU » → 84, quai de l’Hôtel de Ville – 75004 Paris (métros: Pont-Marie ou Hôtel-de-Ville).

« Un auteur qu’on aime fait autant partie d’une vie qu’un ami, qu’une femme aimée. Les rapports qu’on tisse avec lui, au fil des ans, font partie du tissu intime. »

C’est par cette citation de Serge Doubrovsky qu’Isabelle Grell introduit l’enjeu littéraire que représente « Le Livre / La Vie », la collection qu’elle a créée et dirige depuis trois ans aux Éditions Cécile Defaut. Elle se propose de « relever avec quelques écrivains connus le défi de Roland Barthes dans son Roland Barthes par Roland Barthes : "Le livre / la vie (prendre un livre classique et tout y rapporter de la vie pendant un an)". Il s’agit donc pour l’auteur de choisir une œuvre ou un écrivain, un philosophe, un peintre qui l’a marqué et qui reste ancré d’une manière constante dans son travail, ses pensées, son quotidien. Le pacte est que l’auteur dispose d’exactement 365 jours pour noter dans son propre style d’écriture en quoi cette œuvre choisie existe, LÀ, dans sa vie. L’écrivain date ses inscriptions et rend le texte 365 jours après avoir commencé. »

Huit titres ont paru à ce jour. Deux ans après une première présentation, nous avons souhaité, pour notre 118ème Mille-Feuilles, réinviter ISABELLE GRELL, qui sera cette fois-ci accompagnée de SARAH CHICHE, ÉRIC PESSAN et JEAN-LUC STEINMETZ, les trois plus récents "contributeurs" à sa belle et originale collection.

Ce soir-là, nous pourrons donc rencontrer et entendre :

• Isabelle GRELL, écrivain et éditrice,
directrice de la collection « Le Livre / La Vie » aux Éditions Cécile Defaut,
co-organisatrice et animatrice de plusieurs colloques sur l’autofiction,

• Sarah CHICHE, écrivain, psychologue clinicienne et psychanalyste, pour :
"Personne(s) – d’après Le Livre de l’intranquillité, de Fernando Pessoa",
« Le Livre / La Vie », 2013,

• Éric PESSAN, écrivain, auteur de romans, de fictions radiophoniques,
de pièces de théâtre, ainsi que de textes en compagnie de plasticiens, pour :
"Ôter les masques – d’après Shining, de Stephen King", « Le Livre / La Vie », 2012,

• Jean-Luc STEINMETZ, poète, essayiste, biographe, pour :
"L’Autre saison – d’après Une saison en enfer, d’Arthur Rimbaud",
« Le Livre / La Vie », 2013.

Ces trois livres seront disponibles sur place
grâce à la librairie « LA BELLE LURETTE »,
sise 26 rue Saint-Antoine – 75004 Paris.

La présentation et l’échange, formalisés, seront suivis d’un second temps, plus informel, autour d’un repas, le tout, INDISSOCIABLE, pour le prix de 25 €
(hors boissons).

IL EST ABSOLUMENT NÉCESSAIRE DE RÉSERVER

Réservations : contact@mille-feuilles.fr ou 06.08.43.50.53
Renseignements : http://mille-feuilles.fr

â–º Maison de la poésie Paris, Jeudi 19 décembre – 19H

Hubert Lucot
Je vais, je vis 
Lecture-rencontre animée par Alain Frontier
 
Pendant plus d’un demi-siècle, un homme et une femme ont vécu un roman d’amour, parfois tumultueux. Il a 75 ans. Elle a 76 ans. Une équipe médicale détecte chez elle un cancer redoutable. Il l’accompagne, de sa personne et de toute son écriture. Souvent celle-ci s’attarde sur les beautés et les malheurs de notre planète, sur les mystères de l’être et du temps, captant la sensation brève et le sentiment long. Je vais, je vis est un nouveau volume de cette autobiographie qu’Hubert Lucot mène inlassablement, passant le monde, son entourage et lui-même au tamis d’une écriture qui s’efforce d’envisager toutes les faces et tous les angles de la réalité à la fois. La réalité étant aussi bien l’air du temps que l’Histoire, l’intime que le collectif, le trivial que le sublime. On est saisi par l’ampleur de cette écriture qui assemble l’émotion sensuelle, l’impression fugace, la spéculation intellectuelle ou l’intangible. Je vais, je vis est un très grand livre, bouleversant et unique, impitoyable et infiniment tendre, amoureux au sens le plus fort et profond.
En savoir plus : http://bit.ly/1b573gM

â–º Maison de la poésie Paris, Samedi 21 décembre – 20H

Chloé Delaume, Cyril Menauge & Joachim Montessuis
De l’usage du solstice d’hiver
Performance

« La nuit la plus longue de l’année, calendrier païen, un sabbat parmi d’autres. Avant le christianisme, des entrailles d’une déesse sortait le dieu cornu. Le soleil renaissait, du passé les sorcières savaient quoi faire des cendres. Nous sommes en 2013, et si « la politique ce n’est pas de la magie », le seul espoir réside pourtant dans sa pratique ».
Pour enrayer la machine à fabriquer des fictions dominantes,Chloé Delaume propose ce soir une narration alternative. Une fiction collective où la magie devient un geste politique. Si vous voulez sauver le monde, vous pouvez y participer. Joachim Montessuis présentera Regen, une exploration musicale et poétique du principe de régénération. Chloé Delaume tentera ensuite d’invoquer certaines forces occultes, accompagnée des instruments et machines de Cyril Menauge.
â–º Pierre Jourde, qui vient de recevoir le prix Jean Giono pour sa Première pierre, est à l’honneur dans le dernier numéro du Matricule des anges.

â–º C’est avec impatience que nous attendons le prochain écrit d’Annie ERNAUX en 2014 : un texte fin mars dans une nouvelle collection lancée au Seuil par Pierre Rosanvallon, "Raconter la vie" : un "Journal d’hypermarché", Regarde les lumières mon amour.

10 novembre 2013

[News] News du dimanche

Vont défiler nos livres reçus (Valère Novarina, L’Organe du langage, c’est la main ; Éric Toussaint, Procès d’un homme exemplaire) et nos nombreux Libr-événements (n° 7 de la revue Ligne 13, Joachim Montessuis à Paris, soirée Manifesten, lecture de Cendrars à Paris, lecture de Suzanne Doppelt et Daniel Loayza, Serge Pey à Mont de Marsan, Double Change, Festival des livres en tête, colloque Tiers-livre/François Bon).

Livres reçus (FT)

â–º Valère Novarina, L’Organe du langage, c’est la main, dialogue avec Marion Chénetier-AlevArgol éditions, automne 2013, 272 pages, 29 €, ISBN : 978-2-915978-93-3.

"Il est stimulant de ne pas être digéré tout à fait, normalisé, absorbé et correctement étiqueté par l’industrie culturello-communicationnelle" (p. 45).

Voici la quintessence d’une œuvre monumentale, dans une architecture de paroles réparties en cinq journées inégales – et accompagnées de documents divers (dont de magnifiques photos en couleur). Destiné à un public plus large que le cercle restreint des novariniens, ce volume d’entretiens – qui fait suite, dans la somptueuse collection d’Argol intelligemment appelée "Les Singuliers", à ceux de Prigent et de Vila-Matas – retrace la trajectoire du poète, dramaturge et peintre, en mêlant les fils chronologique et thématique : les origines, les patois, la montagne ("l’instantané d’un drame" !), le sang, TXT, 68 et la politique ; la chair de la langue, les textes principaux ; Paul Otchakovsky-Laurens, le "vivier des noms", l’antinomie comique/tragique, Michel Baudinat et Daniel Znyk ; la musique, la peinture, la danse et le cirque… Dans ce kaléilogoscope novarinien, on retiendra surtout l’évolution de sa conception du metteur en scène et les révélations/modèles qui l’ont marqué : Mallarmé, Wagner, Appia, Artaud, Grotowski, le Brecht du Berliner Ensemble, Beckett, Dort, Dubuffet, Bob Wilson… le Nô, le cirque, le guignol, le théâtre yiddish…

â–º Éric Toussaint, Procès d’un homme exemplaire. Jacques Degroote, directeur exécutif au FMI et à la Banque Mondiale pendant 20 ans, Al dante, en librairie ce vendredi 15 novembre 2013, 96 pages, 9 €, ISBN : 978-2-84761-782-5.

Exemplaire Jacques de Groote ? Au sens de figure emblématique de l’establishment mondialisé : "Au-delà des péripéties de son parcours personnel, J. de Groote symbolise les aspects profondément néfastes des politiques appliquées de manière méthodique par la Banque mondiale, le FMI et l’élite qui gouverne le monde à la recherche du profit privé maximum. La cupidité se mêle, de manière révoltante, à la violation des droits humains fondamentaux" (p. 54). Concernant la BM et le FMI, le premier des trente points que comporte le réquisitoire est des plus éloquents : "Depuis leur création en 1944, la Banque mondiale et le FMI ont soutenu activement toutes les dictatures et tous les régimes corrompus du camp allié des États-Unis" (p. 75).

Pour tous ceux qui rêvent d’un Nuremberg ciblant le banditisme financier, cette enquête documentée est des plus salutaires. Dommage qu’elle soit tout de même par trop journalistique.

Libr-événements

â–º Parution du numéro 7 de la revue semestrielle Ligne 13, dirigée par Francis Cohen et Sébastien Smirou : automne-hiver 2013-2014, 140 pages, 13 € [présentation].

â–º Mardi 12 novembre 2013 à 19H, Palais de Tokyo (avenue Wilson 75008 Paris), Niveau 1 – Le Point Perché by The Absolut Company.

Joachim Montessuis proposera en exclusivité au point Perché le 12 novembre, jour de fermeture du Palais, deux versions de son approche plastique du son, complémentaires et indissociables : deux performances-sculptures soniques spatialisées sur 12 enceintes et 4 caissons-basses.

VOCAL CODES – performance vocale bruitiste : voix+wiimote+ordinateur

"LA VOIX EST UN CODE PSYCHOTROPIQUE POTENTIEL REPROGRAMMANT LA CONSCIENCE ET LA REALITE – UNE SYNTHESE QUANTIQUE REGENERATIVE A TRAVERS UNE RESONANCE VIBRATOIRE INTERSUBJECTIVE"

LE VRAY REMEDE D’AMOUR – boîte à bourdon/guitare/max-msp.

Projet qui canalise – à l’aide d’une boîte à bourdon (vielle mécanique à 4 sons modulables), d’une stratocaster, de pédales d’effets et du logiciel max-msp – une très ancienne passion dévorante pour les musiques médiévales et les musiques modales à sons continus, ici développée en transe microtonale hypnotique, à écouter les yeux fermés et sans champignons.

Joachim Montessuis développe une pratique ouverte et contextuelle autour notamment de la voix, du son continu, du bruit et de la résonance depuis plus de 20 ans. Son travail se focalise aussi sur des processus conceptuels expérimentaux de mise en abîme de la question de l’observation et de la perception de la réalité à travers une approche non-duelle. Ses performances vocales explorent différents états de transes, à travers les potentialités extrêmes de l’amplification et des transformations électroniques du cri, du chant guttural et bruital, et plus récemment du texte lu. Il conçoit ses actions comme des poèmes-codes, processus dialogiques fertilisants.

â–º “UN ETE EN RETRAIT”, installation / exposition de Laurence Denimal, vernissage le 13 novembre à partir de 19h.

Le 30 novembre à partir de 19h, Art Action avec :

• "Performance sonore" de Laurence Denimal et Franck Barriac (son)
• "Asphyxies" avec Didika Koeurspurs, Françoise Lonquety & Laurence de Lataillade

Manifesten • 59 rue Adolphe Thiers – Marseille 1er

â–º Mercredi 13 novembre 2013, 13H-14H30 : Les écrivains lisent La Prose du Transsibérien de Blaise Cendrars.

« En ce temps-là, j’étais en mon adolescence / J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance / J’étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance… »
Ainsi commence la mythique prose transsibérienne de Blaise Cendrars, voyage poétique et chaotique de Moscou à Kharbine en 446 vers libres et hypnotiques, couchés sur un accordéon de papier coloré. Au directeur de France soir qui mettait en doute la véracité de cet itinéraire, Cendrars fit cette savoureuse réponse: «Qu’est-ce que ça peut te faire, puisque je vous l’ai fait prendre à tous?». Et comment mieux vérifier la puissance évocatrice de ce texte qu’en écouter sa lecture intégrale?
À l’occasion du centenaire de sa parution, Yves Boudier, Bernard Chambaz, Alain Jaubert et Jean-Hugues Malineau se relaieront pour vous souffler le « Froissis de femmes », le «sifflement de la vapeur» et «le bruit éternel des roues en folie dans les ornières du ciel.»

à l’auditorium du Petit Palais
Musée des Beaux-Arts de
la Ville de Paris
Entrée libre et gratuite
(métro Champs-Elysées Clemenceau)

â–º Jeudi 14 novembre 2013 à 18H, Médiathèque du Museum d’Histoire Naturelle (38, rue Jeoffrey Saint-Hilaire 75005 Paris) : Suzanne Doppelt et Daniel Loayza lisent Mouche, anthologie littéraire (Bayard, 283 pages, 18 €).

Présentation éditoriale. Elle est partout, et partout chez soi, dans nos maisons comme dans nos pensées. Un nombre impressionnant d’écrivains, d’artistes, de scientifiques lui ont consacré des textes, des images, des expériences. Dans tous les siècles : elle a déjà pris son essor quand commence la littérature, et trois mille ans plus tard elle agonise encore chez Jean Echenoz au fond d’un sucrier ou collée sur un mur chez Marguerite Duras.
Dans tous les genres : fables, poèmes, nouvelles, romans, tenace et obsédante, volatile et fugitive, échappant presque toujours au piège et à la perception, la voilà qui surgit soudain des replis d’une phrase pour peu qu’on la remarque, seule ou en bande, imprévisible, chaotique. On peut dès lors s’amuser à en collectionner quelques-unes ; cela change des papillons.

â–º Rencontre-dédicace avec SERGE PEY vendredi 15 novembre 2013, à 19h à la librairie Caractères (34 rue Frédéric Bastiat, Mont de Marsan) : Serge Pey présentera son nouveau livre, Tombeau pour un miaulement.
http://www.revuegruppen.com/gruppen/tombeau-pour-un-miaulement-serge-pey/
https://www.facebook.com/TombeauPourUnMiaulement
publié cette année aux éditions GRUPPEN.

â–º Samedi 16 novembre à la Médiathèque de Mont de Marsan, 15H : "Le Temps des assassins", performance poétique de Serge Pey, avec élastique et barricade de poèmes.

â–º Double Change vous invite à une lecture de Marie BOREL et Martin RICHET et Donna STONECIPHER le mardi 19 novembre 2013 à 19h30 à la galerie éof, 15 rue Saint Fiacre, 75002 Paris
(http://eof5.free.fr/, métro grands boulevards ou bonne nouvelle). Entrée libre.

â–º Du 25 au 29 novembre 2013, Festival des livres en tête : programme.

â–º "tierslivre.net : François Bon à l’œuvre", Colloque de Montpellier 29-30 novembre 2013, site Saint-Charles de l’université Paul-Valéry, salle des colloques 2. Comité d’organisation : Pierre-Marie Héron et Florence Thérond.

Vendredi 29 novembre

9h15 Accueil des participants. Ouverture des travaux

Séance 1 animée par : Gilles Bonnet (Lyon 3)

* 9h30 François Bon
« Le web comme doute pratique »

1997-2013 : plus de 15 ans de site sur Internet, à voir apparaître tous les 2 ou 4 mois, de nouveaux outils, de nouveaux usages. Parfois en profiter, parfois laisser se sédimenter dans le fond du site des pages fossiles. Puis accélération : et si le site devenait le travail principal, mangeait les livres autrefois publiés, en prenait le rôle ? Et qu’est-ce que ça change pour soi ?

10h15 Discussion

* 10h30 Arnaud Maïsetti (Aix-en-Provence)
« Tiers Livre : “le théâtre c’est dedans” »

Hypothèse : et si le tiers du livre n’était pas l’altérité d’un texte web, mais un théâtre ? Et si le site n’avait été que le prolongement radical d’une expérience théâtrale totale, de langue et de voix et d’images ? Laboratoire du Tiers Livre  : un théâtre dans la mesure précise où, s’il excède l’espace d’un théâtre, l’exercice de corps sur un plateau, il travaille à en prolonger toutes ses forces, et l’expérience même de sa traversée.

* 11h Stéphane Bikialo & Martin Rass (Poitiers)
« Les espaces du site : fbon et le réseau »

Bernard Noël caractérise « l’espace du poème » (POL, 1998) comme « forme vide », « qui a des bords mais pas de limites ». Nous partirons de là pour analyser l’espace du Tiers Livre comme tiers-espace et hyperespace, afin de démêler ce qui du réseau contribue à créer la figure d’un sujet de l’écriture, « fbon », à ne pas confondre avec François Bon.

* 11h30 Florence Thérond (Montpellier 3)
« Figure(s) d’auteur »

Dans et autour de Tiers Livre, François Bon construit une figure auctoriale de type nouveau, avec sa mythologie, son territoire, son système… Une aventure du web qui comporte un risque : celui de l’émiettement, d’une dilution de la figure de l’auteur dans un collectif qui pourrait finir par devenir anonyme.

12h Discussion

Séance 2 animée par : Pierre-Marie Héron (Montpellier 3, IUF)

* 14h15 Marie-Eve Thérenty (Montpellier 3)
« Tiers Livre et œuvre-monde »

D’où vient la fascination de François Bon pour les œuvres-monde d’un Rabelais, d’un Balzac, d’un Proust ? Peut-être, entre autres, de leur caractère déjà quasiment hypertextuel, annonçant un type d’écriture hyperliée qu’il met lui-même en place dans Tiers Livre. Il y a un lien à explorer entre le travail critique de François Bon, sa fascination pour ces corpus hypertextuels avant la lettre et sa propre réalisation sur le web.

* 14h45 Aurélie Adler (Université d’Amiens)
« Tiers Livre : une cartographie “des mondes parallèles” »

Depuis 1997, l’écrivain ne cesse de donner forme, par le biais des outils numériques, à des mondes juxtaposés, superposés, communicants. Attentif aux jonctions entre monde ancien (« pays dit réel ») et « nouveau monde », dit virtuel, il fait de l’écriture-web l’outil et le motif privilégié d’une exploration de la ville contemporaine. Pensé « comme une ville », Tiers Livre renvoie par ses arborescences, ses hyperliens, à l’architecture et aux voies de circulation de la ville d’aujourd’hui. Il s’agira d’étudier les procédés par lesquels François Bon entend élaborer une image de la ville contemporaine.

15h15 Discussion et pause

Séance 3 animée par : Arnaud Maïsetti (Aix-en-Provence)

* 15h45 Sébastien Rongier (Paris)
« Tiers Livre, une structure en constellation. Lecture d’un site »
Quelle lecture implique le Tiers Livre de François Bon ? Le site déjoue les logiques habituelles de lecture numérique. Véritable « écosystème de l’écriture », en même temps qu’espace d’expérimentation, il impose au lecteur une double dynamique d’infini et de profondeur.

* 16h15 Oriane Deseilligny (IUT de Villetaneuse, Paris Nord)
« Sur les traces de François Bon : le Tiers Livre, dispositif d’écritures et d’énonciations multiples »

Comment le site s’adresse-t-il aux lecteurs, comment organise-t-il différents niveaux d’accessibilité, etc. ? Consacrée aux formes d’éditorialisation du site conçu comme un dispositif total et contrôlé, l’analyse sera centrée sur l’outillage du dispositif, abordé à la lumière des notions d’énonciation éditoriale (E. Souchier), d’architexte et de trace.

16h45 Discussion

* 17h Emmanuel Delabranche (Rouen)
« c’est de l’autre soi » (vidéo-projection)

À la reprise numérique de Limite sur Tiers Livre, François Bon retouche, corrige, annote et complète le texte paru en 1985 aux éditions de Minuit. À la manière de ses écritures hebdomadaires et classées Limite devient une suite d’articles du Tiers Livre constituant un tout complexe dont chaque partie peut être lue indépendamment des autres. Autobiographie des objets comme très récemment Proust est une fiction ont suivi un processus d’écriture contraire : publiés article après article sur Tiers Livre avant de trouver place sur le papier. Tumulte était déjà de ceux-là. À la lecture des re-publications partielles de Limite sur Tiers Livre, j’ai engagé un travail en résonance en ajoutant à certaines phrases propositions ou mots sélectionnés des images comme François Bon aurait lui-même pu le faire si la parution avait d’abord été web avant d’être papier. Au-delà de ce qui est dit c’est de l’autre soi.

Samedi 30 novembre

 

Séance 4 animée par : Florence Thérond (Montpellier 3)

* 9h30 Michel Collomb (Montpellier 3)
« L’ouverture sans fin : l’usage de la photographie dans Tiers-Livre »

Sur l’écran de l’ordinateur, la page est une image que je peux explorer sous tous les angles, à volonté. Agrafées ‒ ou agraphées ‒ à cette image, des photographies que j’ouvre d’un clic. Quel est leur statut ? Elles sont sans doute reliées au texte, le suscitent ou l’illustrent, mais certaines passent à travers la maille du filet et gagnent directement l’ouverture sans fin, vers laquelle les textes s’efforcent.

* 10h Pierre-Marie Héron (Montpellier 3, IUF)
« Tiers Livre à l’oreille : la part de l’écriture audio »

Le disque, la radio, la télévision, le web : les inventions du dernier siècle ont formidablement amplifié et augmenté la présence sonore du monde. Elles ont aussi incité les écrivains, environnés de machines parlantes, traversés comme leurs contemporains, de voix, musiques, rythmes, bruits et rumeurs, à devenir des surauditifs. François Bon est de ceux-là, et pourtant, la part de l’écriture audio peut sembler restreinte dans Tiers Livre

10h30 Discussion et pause

Séance 5 animée par : Stéphane Bikialo (Poitiers)

* 10h45 Anaïs Guilet (Poitiers)
« Les web-livres de François Bon, une écriture transmédiatique »

Ma communication s’intéressera au travail d’écriture de François Bon dans ce qu’il implique de va-et-vient médiatique entre le site web et le livre (papier et numérique), et au discours de l’écrivain sur sa pratique. Nous nous concentrerons pour cela à un de ses Web-livre en particulier Prous est une fiction. Le mot web-livre recouvre chez lui des œuvres aux trajets médiatiques différents, mais qui dans tous les cas témoignent d’une virtuosité à l’égard des médias et de leur technicité que l’on trouve rarement chez les écrivains contemporains.

* 11h15 Gilles Bonnet (Lyon 3)
« On relit toujours avec de soi »

La rubrique « web-livres » de Tiers Livre regroupe des textes aux statuts divers : des œuvres nativement numériques côtoient des textes déjà publiés en version papier, puis repris, relus, parfois réécrits. Une nécessaire typologie m’amènera, dans un second temps, à accorder une attention particulière au cas de Limite, publié en feuilleton, augmenté d’un paratexte inédit, puis repris par Publie.net. Ces chantiers rouverts sont l’occasion d’une autobibliographie étroitement liée aux spécificités du Web et du « numérique comme recréation » (F. Bon).
11h45 Discussion

16 octobre 2013

[Agenda] Al dante/ Manifesten

Voici votre agenda Al dante / Manifesten pour l’automne : prochaines rencontres et publications (LC a déjà reçu et apprécié Eric Toussaint, Procès d’un homme exemplaire), en plus des rappels importants.

 

1/ LES PROCHAINES RENCONTRES : – Le 17 octobre à partir de 19h > soirée de soutien à Georges Ibrahim Abdallah, avec Chloée Delaume, Nadir Dendoune, Serge Quadruppani et Jean-Marc Rouillan. Libérable depuis 1999, ce militant communiste est toujours en prison. Il vient d’entamer sa trentième année d’incarcération… – Le 22 octobre à partir de 19h > rendez-vous avec le philosophe-performeur bulgare Boyan Manchev (Ses recherches se concentrent sur les champs de l’ontologie, de la philosophie de l’art et de la philosophie politique.) Il a publié récemment "Logique du politique" (Sofia, 2012), "Miracolo" (Milan, 2011), "L’Altération du monde : pour une esthétique radicale" (Paris, 2009), "La Métamorphose et l’instant – Désorganisation de la vie" (Paris, 2009), "Quel sujet du politique ?" (Paris, 2010, en collaboration avec G. Basterra et R. Ivekovic).

2/ À VENIR : prochain Face A / face B, avec Sylvain Courtoux et Jérôme Bertin (Face A / Face B est un journal-tract produit par laviemanifeste.com, à parution aléatoire et diffusion incontrôlable. Ces publications sauvages sont totalement et uniquement soumises au désir de ces protagonistes). Le premier Face A / Face B réunissait Amandine André et Frédéric Neyrat. Disponible sur simple demande par courrier, il suffit de nous communiquer votre adresse postale.

3/ PROCHAINES PUBLICATIONS AL DANTE :

Procès d’un homme exemplaire d’Eric Toussaint (rappel sur le rôle criminel du FMI et de la banque mondiale, à travers Jacques de Groove, ancien directeur de ces… "institutions"). En librairie à partir du 16 novembre, déjà disponible à Manifesten.

La démocratie d’Alain Brossat (la démocratie : La démocratie, le mot qui fond dans la bouche, le concept qui fond dans la tête…. Ou que devient cette notion dans la bouche de nos dirigeants). A paraître début novembre. En librairie le 16 novembre.

La sphinge mange cru de Liliane Giraudon (poésie : À l’origine le sphynx était la sphinge. Mais l’égyptien masculin se substitue au féminin. Il pose le mystère – tandis qu’elle est son propre mystère. Ici, elle a la bouche malade. La parole toujours est à naître d’un mystère à élucider… ) A paraître début novembre. En librairie le 16 novembre.

Première ligne : 105 mesures pour une guerre de Jérôme Bertin (Manifeste poétique pour une guerre à mener… qui n’a jamais cessé…). A paraître fin novembre. En librairie le 16 janvier 2014.

4/ RAPPEL : Sur Radio Manifesten, vous avez accès aux enregistrements de certaines interventions qui ont eu lieu ici : Amandine André, Stéphane Nowak + motif_r, Jérôme Bertin… Radio: https://soundcloud.com/manifesten-radio

5/ RAPPEL SECOND : Si vous désirez participer activement à l’aventure Manifesten, vous pouvez bien entendu adhérer à l’association.

Adresse: Manifesten – 59 rue Thiers – 13001 Marseille – Mail : evenement.manifesten@gmail.com / Radio: https://soundcloud.com/manifesten-radio / Editions al dante: www.al-dante.org

6 octobre 2013

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche d’octobre, nous vous aidons à enrichir votre automne avec nos Libr-événements : numéro 12 de Nioques, festival e-topie, Sandra Moussempès à Lyon ; mais aussi nos gros plans sur Al dante/Manifesten, Alphabetville et le festival des arts électroniques (Confluence / Paris).

Al dante/Manifesten

1/ PROCHAIN RENDEZ_VOUS, CE LUNDI 7 OCTOBRE… Aed Yagui, directeur du PMRC de GAZA (Palestinien Medical Relief Commettee) est de passage à Marseille. Il sera à Manifesten lundi 7 octobre à 19h45, pour nous donner les dernières informations sur la situation à Gaza, en particulier dans le domaine de la santé. Une occasion unique d’entendre et d’apprendre…

2/ LES PROCHAINES RENCONTRES (de plus amples informations à venir, mais réservez déjà vos dates) : – Le 17 octobre à partir de 19h > soirée de soutien à Georges Ibrahim Abdallah, avec Chloée Delaume, Nadir Dendoune, Serge Quadruppani et Jean-Marc Rouillan. Libérable depuis 1999, ce militant communiste est toujours en prison. Il vient d’entamer sa trentième année d’incarcération… – Le 22 octobre à partir de 19h > rendez-vous avec le philosophe-performeur bulgare Boyan Manchev (Ses recherches se concentrent sur les champs de l’ontologie, de la philosophie de l’art et de la philosophie politique.) Il a publié récemment "Logique du politique" (Sofia, 2012), "Miracolo" (Milan, 2011), "L’Altération du monde : pour une esthétique radicale" (Paris, 2009), "La Métamorphose et l’instant – Désorganisation de la vie" (Paris, 2009), "Quel sujet du politique ?" (Paris, 2010, en collaboration avec G. Basterra et R. Ivekovic).

3/ À VENIR : prochain Face A / face B, avec Sylvain Courtoux et Jérôme Bertin (Face A / Face B est un journal-tract produit par laviemanifeste.com, à parution aléatoire et diffusion incontrôlable. Ces publications sauvages sont totalement et uniquement soumises au désir de ces protagonistes). Le premier Face A / Face B réunissait Amandine André et Frédéric Neyrat. Disponible sur simple demande par courrier, il suffit de nous communiquer votre adresse postale.

4/ PROCHAINES PUBLICATIONS AL DANTE :

Procès d’un homme exemplaire d’Eric Toussaint (rappel sur le rôle criminel du FMI et de la banque mondiale, à travers Jacques de Groove, ancien directeur de ces… "institutions"). En librairie à partir du 16 novembre, déjà disponible à Manifesten.

La démocratie d’Alain Brossat (la démocratie : La démocratie, le mot qui fond dans la bouche, le concept qui fond dans la tête…. Ou ‘que devient cette notion dans la bouche de nos dirigeants). A paraître début novembre. En librairie le 16 novembre.

La sphinge mange cru de Liliane Giraudon (poésie : À l’origine le sphynx était la sphinge. Mais l’égyptien masculin se substitue au féminin. Il pose le mystère – tandis qu’elle est son propre mystère. Ici, elle a la bouche malade. La parole toujours est à naître d’un mystère à élucider… ) A paraître début novembre. En librairie le 16 novembre.

Première ligne : 105 mesures pour une guerre de Jérôme Bertin (Manifeste poétique pour une guerre à mener… qui n’a jamais cessé…). A paraître fin novembre. En librairie le 16 janvier 2014.

5/ RAPPEL : Sur Radio Manifesten, vous avez accès aux enregistrements de certaines interventions qui ont eu lieu ici : Amandine André, Stéphane Nowak + motif_r, Jérôme Bertin… Radio: https://soundcloud.com/manifesten-radio

6/ RAPPEL SECOND : Si vous désirez participer activement à l’aventure Manifesten, vous pouvez bien entendu adhérer à l’association.

Adresse: Manifesten – 59 rue Thiers – 13001 Marseille – Mail : evenement.manifesten@gmail.com / Radio: https://soundcloud.com/manifesten-radio / Editions al dante: www.al-dante.org

 Actualités Alphabetville

. Archives en ligne
« Pier Paolo Pasolini, la force scandaleuse du passé »
Un événement organisé à Marseille du 14 mai au 8 juillet dans le cadre de Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture, par Alphabetville, le cipM, le FID Marseille et l’Ina Méditerranée

Ecouter
– les conférences  de Jean-Paul Curnier, Georges Didi-Huberman
cliquer ici : http ://www.alphabetville.org/article.php3?id_article=193
– le programme radiophonique spécial sur Radio Grenouille réalisé par Emmanuel Moreira
cliquer ici : http ://www.radiogrenouille.com/actualites-2/evenements-grenouille/dans-le-noir-du-temps-une-nuit-radiophonique-autour-de-pasolini/

Lire, consulter
– le cahier spécial Pasolini édité par le cipM
cliquer ici : http ://en.calameo.com/read/00001732463970a378faa
– les documents audiovisuels des archives de l’Ina
cliquer ici : www.ina.fr
 
. Evénements à venir
« Résidences Zanzibar »
Un projet de Alphabetville avec ZINC et Leonardo/Olats, en coproduction avec Marseille-Provence 2013
Résidence Zanzibar est le nom d’un programme conçu à partir de l’accueil en résidence d’un théoricien sur le territoire. Faite de visites, de rencontres, de partage, le résident prendra aussi part à des interventions publiques (conférences, tables rondes, colloques…). Les résidences Zanzibar en 2013 se dérouleront durant le festival e-topie, parcours d’arts numériques, du 10 octobre au 10 novembre à Aix-en-Provence, seront accueillis les résidents : Stephen Kovats, chercheur spécialiste des nouveaux medias, critique, commissaire, Berlin : du 17 au 19 octobre inclus, et 
Bernard Stiegler, philosophe, Paris : du 5 au 7 novembre inclus
Programme complet
Cliquer ici : http://www.alphabetville.org/rubrique.php3?id_rubrique=41
 
. Publications
A paraître aux éditions l’Entretemps
Poétique(s) du numérique 2 sous la direction de Franck Cormerais
Plus d’informations, cliquer ici : http://www.web183018.clarahost.fr/prochainement/162-poetique-du-numerique-2-9782355391606.html

                                                                                                                                                                                                Électronique©#01
[fin d’une première journée d’automne]

Teatime / Concerts / Fooding / Pop-up_Store / Chill-out / Exposition / Dj / Bar / Meeting / Surprises.

@ Confluence_théâtre de Paris – [190 Boulevard de Charonne 75020].


13/10/13 _ 16h00> 14/10/13 02h00 _ 12€


SUJET :
Une présentation de travaux électroniques & acoustiques singuliers, immersifs, poétiques, subversifs, concrets.
.

DETAILS :
Un endroit unique de qualité et audacieux vous est enfin proposé au sein de Paris. Il vous sera possible – entre autre – d’y déguster de la cuisine "fait-maison" japonaise sucré/salé, d’écouter de la musique "différente", d’acheter un peu de tout mais de grande qualité, de danser à l’aide d’alcool (?) là aussi de qualité, d’y entrevoir l’exposition "?" et enfin d’y rencontrer de nouvelles personnes, choses, susceptibles de vous convenir tout à fait, car venues ici pour les précisément mêmes raisons. Le tout dans un cadre exemplaire unique (extérieur & intérieur) pour ce genre de manifestation.

N.B =
Les concerts, eux, commenceront exactement au début durant le Tea-Time (collations sucrées faites maison bien sûr) musical et se continueront tout au long de la nuit auprès des plats raffinés/salés japonais élaborés sur place.


CONCERTS :

Henri Chopin
Œuvre revisitée par Joachim Montessuis sur une proposition d’électronique©.
(Instrument : quadriphonie augmentée)
Site : http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Chopin
Extrait : http://youtu.be/mg3NrR7_jYk
http://www.autopoiese.org/
http://www.soundcloud.com/joachim_montessuis


Vidéophage
(Instrument : Vhs préparée)
Extrait : https://vimeo.com/75763896


Frédéric Nogray
(Instrument : silicium)
Extrait : http://www.youtube.com/watch?v=2U_x-EDwOiA&feature=youtu.be


Thomas Tilly
(Instrument : Insecte)
Site : thomas.tilly.free.fr/

Kassel Jaeger & Discipline
(Instrument : bande magnétique)
Site : www.kasseljaeger.com/
Site : josephghosn.wordpress.com/
Extrait :
http://youtu.be/oWc0U-zFj-k
http://www.youtube.com/watch?v=KraN5afMSbw

Strom Varx
(Instrument : Électronique)
Site : https://soundcloud.com/stromvarx-news/a-cogent-heavy-high-technology
Extrait : http://youtu.be/Z7Ilxsu-JlY

Stephan Mathieu
(Instrument : Electronique)
Site : http://www.bitsteam.de/
Extrait : https://soundcloud.com/schwebung/recto-verso/s-yskB1

CHILL-OUT :

Dj.Satok : Ambiance : http://www.youtube.com/watch?v=QljmViz0W5E

Dj.Joseph Ghosn : ambiance : http://www.mixcloud.com/YGR_RADIO/joseph-ghosn-mixtape/

Dj.imagenumerique : ambiance : http://youtu.be/s2EYjL3zaC8

FOODING :

Atsunobu kohira (chef) : Salé = atsunobukohira.wordpress.com/
Misato (chef) : Sucré = from Laduré.

POP_UP_STORE :

Bimbotower : Cool Stuff : http://bimbo.tower.free.fr/
Prêle record : Musique : www.prelerecords.net/
Erratum : Musique : http://www.erratum.org/
And More…
en cours de booking…

INFORMATIONS :
site : http://electroniquesfestival.blogspot.fr/
event : https://www.facebook.com/events/1417112958502172/

 Libr-événements divers

â–º Parution du numéro 12 de la revue Nioques : sonnets visuels d’Eric Lynch, textes de Daniel Cabanis, Sandra Moussempès, Franck Smith, Laura Vazquez…

On méditera l’exergue de Christophe Tarkos : "je ne suis pas pressé, je ne m’étouffe pas / je ne suis pas écrasé, je ne suis pas enfoui, / je ne suis pas encerclé, je ne suis pas écrasé, je respire"…

â–º Du 10 octobre au 10 novembre 2013, les arts numériques sont à l’honneur à Aix-en-Provence avec le festival e-topie : programme et renseignements complémentaires.

â–º Mercredi 16 octobre 2013 à 17H, Sandra Moussempès est l’invitée d’une Journée d’études organisée à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon (station d’arts poétiques) : 8bis, quai St Vincent à Lyon (Grand amphi).

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