Libr-critique

27 mars 2016

[News] News du dimanche

En ce jour de Pâques, on pourra commencer par relire la chronique de Bernard Desportes sur un revenant dans l’actualité : Mgr Barbarin… Notre UNE, quant à elle, portera sur l’état d’urgence intellectuel que met en exergue le dernier numéro de la Revue du Crieur ; enfin, nos Libr-événements : festival Déklamons à Rennes, rencontre au Bateau Livre de Lille avec J. Liron et D. Vazemsky, RV au N’a qu’un œil de Bordeaux et à la Maison de la poésie Paris (Emmanuel Régniez ; Annie Ernaux ; Bernard Desportes avec Fabrice Thumerel)…

UNE : État d’urgence intellectuel /F. Thumerel/

Selon l’édito du dernier Crieur, si état d’urgence il y a il est bien d’ordre intellectuel : « Pour que la déflagration du 13 novembre ne se transforme pas en une "stratégie du choc" tissée d’hystérie sécuritaire, de régime d’exception et de replis identitaires, il est essentiel d’ouvrir grands les yeux sur la césure révélée par un tel moment ».

Sont ainsi étudiés l’apparition d’une pseudo-science humaine, l’islamologie, pour répondre à la demande sociale et sécuritaire (L. Dahkli) ; l’idéologie wahhabite, puritanisme extrême élargi par le salafisme, qui ne conduit que rarement au radicalisme terroriste (L. Bonnefoy et S. Lacroix) ; la résurgence du nationalisme culturaliste dans une France qui voit l’essor de l’identitarisme (B. Wilfert-Portal) ; la stratégie de l’EI pour fédérer les humiliés (M. Benraad)…

L’état d’urgence est d’autant plus de mise que ce ne sont plus seulement les professeurs qui sont devenus des techniciens du savoir pratique (Sartre) : les philosophes s’assurent de nouveaux débouchés – des plus rentables ! – en s’engageant dans les think tanks libéraux ou en répondant favorablement aux propositions des entreprises (entre 5 et 10 000 € la conférence pour les Serres, Ferry, Comte-Sponville, ou encore R. Enthoven !).

Revue du Crieur, Mediapart – La Découverte, n° 3, mars 2016, 160 pages, 15 €, ISBN : 978-2-7071-8863-2.

Libr-événements

â–ºLectures Performances festival Déklamons à l’Université de Rennes 2.

 Mardi 29 mars / 19h30 / auditorium Le Tambour : Maxime H. Pascal, Pierre Parlant, Thomas Desjammes.

Informations pratiques

Maison de la Poésie de Rennes (allée Armand Rebillon)

Le Triangle (Boulevard de Yougoslavie)

Maison des associations (cours des alliés)

La Péniche Spectacle (Quai Saint Cyr)

Auditorium Le Tambour (Campus Villejean-Université Rennes 2)

â–º Mercredi 30 mars à 19H, Librairie Le Bateau Livre à Lille (154, rue Gambetta), rencontre avec Jérémy Liron, peintre et écrivain, et Dimitri Vazemsky, éditeur et auteur à la Nuit Myrtide. La discussion se fera autour de l’ouvrage Récits de paysages : une somme de textes écrits par une bande de 18 auteurs autour, avec, et dans les paysages peints par Jeremy Liron.
On évoquera aussi le bricolage en Art, en partant notamment d’un autre livre de Jeremy Liron paru chez Nuit Myrtide: L’humble usage des objets.

"Au début était donc l’image. L’image par-devant l’inconcevable abiÌ‚me du monde sans nous. Logique alors ensuite que l’histoire continue sous l’égide des images. Les Nouveaux Imagistes donc, puisque Williams, Pound et quelques autres avant. La paternité pourrait en revenir aÌ€ Vazemsky qui a lancé les premieÌ€res phrases avec l’idée de faire groupe. En suivra cet ouvrage aÌ€ quatre teÌ‚tes sur les images d’Olivier de Sépibus. Puis l’envie de collaborer de nouveau, en Imagistes. Cette fois Liron fournira les images, invitant Vazemsky, Vinau, Siaudeau aÌ€ écrire depuis elles les récits qu’elles pourraient leur suggérer, puisqu’on le dit – elles suggeÌ€rent.
Et l’envie d’inviter encore parce qu’entre nous on se lit et, par laÌ€ meÌ‚me, s’accompagne. Le monde se déploie aÌ€ proportion de ce qu’on le peuple. On laisserait aux images le soin de faire colonne vertébrale quand les textes, autonomes, libres, diffracteraient un récit plus vaste en fragments disjoints. Les échos entre eux, au hasard laissés, enfantent une forme plus libre de nécessité.
Ainsi sont nés ces récits, des paysages."
Jérémy Liron.

Avec les textes de Pierre Bergounioux, Léa Bismuth, François Bon, Anne Collongues, Marie Cosnay, Emmanuel Delabranche, Armand Dupuy, Sabine Huynh, Arnaud Maïsetti, Eric Pessan, Béatrice Rilos, Dominique Sampiero, Joachim Séné, Guillaume Siaudeau, Fabienne Swiatly, Dimitri Vazemsky & Thomas Vinau, sur des paysages de Jérémy Liron.

â–º Jeudi 31 mars à 20H, Maison de la poésie Paris : Emmanuel Régniez, Notre château. Lecture par Lucie Eple, Julien Jolly (composition, synthétiseurs) & Sébastien Maire (contrebasse).

Tarif : 10 € / adhérent : 5 € RÉSERVER

Un frère et une sœur vivent reclus depuis des années dans leur maison familiale, qu’ils ont baptisée « Notre château ». Seule la visite hebdomadaire du frère à la librairie du centre-ville fait exception à leur isolement volontaire. Et c’est au cours de l’une de ces sorties rituelles qu’il aperçoit un jour, stupéfait, sa sœur dans un bus de la ligne 39. Le cocon protecteur dans lequel ils se sont enfermés depuis vingt ans commence à se fissurer.

On pourrait penser aux films Les Autres de Alejandro Amenábar, Shining de Kubrick, ou à La Maison des feuilles de Danielewski. Emmanuel Régniez reprend à son compte l’héritage de la littérature gothique et l’épure de certains auteurs du nouveau roman. La lecture musicale nous plongera dans cette atmosphère étrange et hypnotique.

Une rencontre avec l’auteur suivra la lecture musicale. À lire – Emmanuel Régniez, Notre château, Le Tripode, 2016.

â–º Samedi 2 avril, 22H, Librairie-maison d’édition N’a qu’un œil à Bordeaux (19, rue Bouquière) : Claro, Julien d’Abrigeon, Bruce Bégout, Patrice Luchet et Laura Vazquez.


â–º Lundi 11 avril à 19H, Maison de la poésie Paris, rencontre avec Annie ERNAUX animée par Michel Abescat.

Tarif : 5 € / adhérent : 0 € RÉSERVER

« J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et  son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue. » Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S. dans l’Orne. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd’hui.

À lire : Annie Ernaux, Mémoire de fille, Gallimard, à paraître en avril 2016.

â–º Jeudi 14 avril à 20H, Maison de la Poésie Paris, "Poésie & subversion" : Bernard Desportes en conversation avec Fabrice Thumerel. [Vu le nombre de places limité, il est conseillé de réserver au plus vite : 5 €]

dans les chaos d’un monde où la violence est partout

où la barbarie menace

tandis que le réel n’en finit pas de se dissoudre

et que le devenir de l’homme semble toujours plus lui échapper

la poésie peut-elle quelque chose ?

quelle place, quel sens sont-ils les siens ?

 

Les différentes mouvances de la modernité la voulaient subversive : qu’en est-il

en un temps d’affrontement des conservatismes et des transgressions ?

 

Soirée proposée par Remue.net, en partenariat avec la Scène du Balcon.

À lire – Fabrice Thumerel, Bernard Desportes autrement, coll. « Manières de critiquer », Artois Presses Université, 2008.

 

8 mars 2016

[News] TRANSPORT : e-festival de poésie, édition 0.0

Samedi 19 mars, de 18H30 à 21H30, on ne manquera pas ce RV prometteur LILLE + MARSEILLE + MONTRÉAL…

 

✦ LILLE ✦ MARSEILLE ✦ MONTRÉAL ✦

Littérature etc.
La revue Muscle
Cousins de personne
s’allient pour l’édition 0.0 du e-festival de poésie TRANSPORT, avec l’objectif de rapprocher les bords de l’Atlantique lors d’un événement inédit. Le samedi 19 mars 2016, le temps d’une soirée ou d’un après-midi, nous naviguerons d’une performance poétique à l’autre entre Montréal, Lille et Marseille. En fonction d’où ils se trouvent, les trois publics découvriront tour à tour une performance en chair et en os, puis la retransmission en direct d’une performance venue de l’une puis de l’autre ville. Ce carrousel poétique et numérique rassemblera des voix fortes de la poésie contemporaine!

ENTRÉE LIBRE

✦✦LILLE✦✦
Eugène Savitzkaya
Cécile Richard
Simon Allonneau
Antoine Boute

HEURE : 18h30 – 21h30
LIEU : Mutualab, 19 rue Nicolas Leblanc

✦✦MARSEILLE✦✦
Annabelle Verhaeghe
Arno Calleja
Nat Yot
Maxime Hortense Pascal
Noémi Lefebvre

HEURE : 18h30 – 21h30
LIEU : Centre de la Vieille Charité, 2 rue de la Charité

✦✦MONTRÉAL✦✦
Gabrielle Giasson-Dulude
Shawn Cotton
Sébastien Dulude
Renée Gagnon
Hervé Bouchard

HEURE : 13h30 – 16h30
LIEU : Médiathèque Gëtan Dostie (La Passe), 1214 rue de la Montagne

14 février 2016

[News] News du dimanche

Après la disparition de Pierre Bourdieu en 2002, Annie Ernaux a écrit un magnifique texte, "Le Chagrin" : c’est ce que ressentent tous ceux qui ont connu Jacques SIVAN, autour de Libr-critique et ailleurs… Aussi commencera-t-on ces NEWS par un Hommage au poète de l’espace motléculaire (1955-2016). Suivront des Libr-brèves diverses : "St ValentinTM" de CUHEL ; abécédaires sur Diacritik ; festival Poés’arts ; RV avec la revue M U S C L E et avec Anne-James Chaton.

 

Hommage à Jacques SIVAN (1955-2016)

Portrait de Jacques SIVAN par Philippe Boisnard ("Time of poetry", 2012)

Côté revues, après avoir participé à TXT, Jacques Sivan a fondé Java avec Jean-Michel Espitallier.

Côté éditeurs, de l’Atelier de l’Agneau au Dernier Télégramme, en passant par Cadex, Trame Ouest, Derrière la salle de bains, Voix, ou encore Les Presses du réel. Mais surtout : Al dante.

Libr-critique a publié et chroniqué bon nombre de ses créations, parmi lesquelles : Mar / cel Duchamp en 2 temps 1 mouvement (Les Presses du réel, 2006) ; Le Bazar de l’Hôtel de ville (Al dante, 2006) ; écoutons "JAVA is not dead" (2007) ; Dernier télégramme d’Al Jack (2008) ; Similijake (Al dante, 2008) ; Pendant Smara suivi de Pissarro & C° (Al dante, 2015)…

L’entretien qu’il a donné courageusement à Emmanuèle Jawad en novembre dernier est à relire comme l’ultime retour sur une œuvre marquante : "L’espace motléculaire".

NON, Jacques SIVAN is not dead.

Libr-brèves

â–º  Dans ce TPP (Texte de Poésie Pratique) que constitue "St ValentinTM",  CUHEL et son Service World Image Nihil Gate (SWING) fêtent à leur façon la fête-des-amoureux / fête-à-neuneux.

â–º Sur Diacritik, on ne manquera ni l’Abécédaire de Liliane GIRAUDON ni ceux de Véronique BERGEN et de Patrick VARETZ.

â–º Poés’arts, festival de poésie et d’art contemporains, du 4 au 6 mars 2016 à l’abbaye de Baume-les-Dames.

La table-ronde, les lectures et les entretiens se dérouleront dans l’Abbaye de Baume-les-Dames.
Durée de chaque lecture : 30 à 40 minutes.
Les ateliers créatifs réunissant artistes et poètes se tiendront au sein même de l’atelier d’Æncrages & Co.
Entrée libre et gratuite à l’ensemble de la manifestation.

VENDREDI 4 mars

☞ 18h Lecture de Philippe Claudel

SAMEDI 5 MARS

☞ 10h30 Table Ronde : Les voix de la poésie. Avec la participation de Roland Chopard (éditeur), Claude-Louis Combet (poète), Jacques Moulin et Elodie Bouygues (animateurs des Poètes du Jeudi), Geneviève Peigné & Jean-François Seron (organisateurs de Samedi poésies dimanche aussi), Françoise Ascal (poète), Sabine Huynh (poète, traductrice), Manuel Daull (libraire, poète).

☞ 14h Entretien avec Michel Butor par Roland Chopard et Elodie Bouygues.

☞ 15h Signature du livre d’artiste de Michel Butor et Martine Jacquemet.

☞ 16h Lecture de Françoise Ascal

☞ 17h Lecture croisée de Déborah Heissler et Sabine Huynh (accompagnées au violon d’Agathe Lorcat)

☞ 18h Vernissage des expositions des artistes Jean-Michel Marchetti, Jean-Claude. Terrier, Aaron Clarke et Philippe Agostini

DIMANCHE 6 MARS

☞ 10h30 Ateliers de création avec les artistes présents dans l’atelier

☞ 14h Performance Michel Butor / Jean-Michel Marchetti / Olivier Toulemonde

☞ 16h Lecture de Jacques Moulin.

â–º Dimanche 21 février 2016, 17H-20H, à l’occasion de la parution du n° 8, présentation de la revue M U S C L E, par Arno Calleja et Laura Vazquez.

Lectures de Christophe Manon, Yuhang Li & Mathieu Brosseau.

M U S C L E est une feuille de papier pliée 4 fois qui fait 42 centimètres de long et 16 centimètres de haut. Tous les 2 mois, sur la feuille qui est la revue M U S C L E, il y a 2 textes, il y a 2 auteurs.

M U S C L E est une couleur qui change à chaque numéro, avec de l’écriture posée dessus à chaque fois. M U S C L E est composée, pliée et éditée par Laura Vazquez et Arno Calleja. 

â–º Mardi 23 février 2016 à 19H, Le Monte-en-l’air, rencontre avec Anne-James Chaton pour son dernier livre, Elle regarde passer les gens (Verticales).

« Elle reproche aux habitants de l’immeuble de l’espionner. Elle révèle des matières. Elle fait surgir des formes. Elle façonne des idées. Elle se fait tout voler. […] Elle doit fuir. Elle retournera à Paris. Elle y a des amis. Elle part pour la Suisse. Elle est arrêtée à la frontière. Elle n’a pas de papiers. […] Elle est de retour à New York. Elle danse. Elle parle. Elle choque. Elle a dû écourter son programme. Elle fait le bilan. Elle a perdu beaucoup d’argent. […] Elle soupçonne quelque chose. Elle ne lui fait pas confiance. Elle se méfie de cette Mary. Elle tourne autour de John. Elle lui plaît. Elle n’est pas la seule. »

Derrière ce «Elle» à identités multiples se cachent treize destins de femmes ayant marqué l’imaginaire du XXe siècle. Les vies de ces célébrités anonymes, saisies au plus près de leur quotidien, se chevauchent en une biographie sans temps mort qui réinvente l’épopée de notre modernité.

17 janvier 2016

[News] News du dimanche

Vos RV de la semaine : rencontre à l’ENSA avec Torlini, Vazquez, Manon et Savitzkaya ; avec Blaine à Lyon ; pour la présentation du dernier numéro de Nioques à la Librairie Tschann (Paris).

 

â–º CHANTIER(S) POETIQUE(S). Rencontre avec Yannick Torlini, Laura Vazquez, Christophe Manon et Eugène Savitzkaya : jeudi 21 janvier à 18h30 à l’ENSA de Bourges.

Ciclic, sur une proposition des éditions Al Dante, invite 5 jeunes poètes à partager leurs travaux et questionnements littéraires, au sein de son Labo de création. Entre novembre 2015 et avril 2016, ils investissent le site livre de Ciclic, pour y déployer leur espace de création et de réflexion.

4 (+ 1) rendez-vous publics, en partenariat avec la médiathèque et l’Ensa, viennent jalonner ce chantier, où chaque poète invite un auteur "aîné". Pour la deuxième soirée, jeudi 21 janvier 2016, Yannick Torlini et Laura Vazquez invitent Christophe Manon et Eugène Savitzkaya, pour un temps de lectures et d’échanges.

Une présentation des auteurs et de la rencontre, par Laurent Cauwet : Lettre 3# – Ouvrir à la parole, au corps de la parole 

Cette soirée en deux parties, qui s’inscrit dans le projet de l’Ensa En lisant en écrivant, prendra tout d’abord la forme d’une interview de Yannick Torlini et Laura Vazquez, en public et en direct sur RadioRadio. Yannick et Laura liront des extraits de leurs œuvres et répondront aux questions des étudiants.

Dans un second temps, ces derniers présenteront leurs invités.
Laura Vazquez a choisi de convier l’écrivain belge Eugène Savitzkaya, dont l’œuvre, parmi les plus importantes aujourd’hui, compte plus de quarante ouvrages, publiés aux éditions de Minuit et chez de nombreux éditeurs indépendants. Il a fait paraître cette année deux livres, l’un de poésie A la cyprine, l’autre romanesque (et assurément l’un des livres qui ont marqué l’année 2015), Fraudeur.
Yannick Torlini invite Christophe Manon. Auteur d’une œuvre poétique parue chez des éditeurs tels que Nous, Le Dernier Télégramme ou Léo Scheer, il a publié aux éditions verdier, en septembre 2015 le très remarqué Extrêmes et lumineux, un roman récompensé par le prix Révélation de la SGDL.

â–º Jeudi 21 janvier à 19H, Le Bal des Ardents à Lyon (17, rue Neuve) : rencontre avec Julien BLAINE, première d’une série consacrée aux revues.

â–º Jeudi 21 janvier 2016 à 19h30, Librarie Tschann : Présentation du Nioques n°15 et lectures/conférence. Avec Amandine André, Philippe Blaizot, Stéphanie Eligert, Jean-Marie Gleize, Julieta Hanono, Virginie Lalucq & Elodie Petit (et Benoît Toqué).

Au sommaire de ce numéro : Caroline Zekri, Nicolas Tardy, Frank Smith, Sacha Niemand, Stéphanie Éligert, Noémie Lothe, Hubert Renard, Claire Guezengar, Guillaume Basquin, Philippe Blaizeau, Franck Fontaine, Elodie Petit, Julieta Hanono, Reinhard Priessnitz traduit par Christian Prigent, Meda Ruian, Bruno Fern, Justin Delareux, Mathias Richard, Marina Bellefaye, Amandine André et Dominique Quélen.

1 novembre 2015

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de novembre, les RV à venir : Vazquez/Toqué, festival des arts multimédia Gamerz, Jean-Michel Espitallier, Marc Perrin/Benoît Cancoin, Mathias Pérez, AnnaO & A. Emden, Fred Griot, Michel Deguy.

 

â–º La vidéo de la performance Vazquez / Toqué au festival de Lille Littérature, génération Y, etc. est enfin en ligne grâce à Aurélie Olivier : "Étude de marché". On découvrira par ailleurs le nouveau site Libfly le samedi 7 novembre à 15H (Médiathèque du Vieux-Lille).

â–º Du 6 au 15 novembre, 11ème édition du festival des Arts multimédia GAMERZ.

PROGRAMME DES EXPOSITIONS

FONDATION VASARELY

ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE

BIBLIOTHÈQUE MÉJANES

OFFICE DU TOURISME

 

PROGRAMME DES PERFORMANCES / RENCONTRES / ATELIERS / SOIREES

FONDATION VASARELY
Performances


FONDATION VASARELY

Conférences – Rencontres – Tables rondes


ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE

Soirée Vidéo – Rencontre – Performance


FONDATION VASARELY

Ateliers – sur inscription


ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE


FONDATION VASARELY

Ateliers – sur inscription


ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE

Soirée de clôturePerformances et concerts
La Nébuleuse

â–º AGENDA de Jean-Michel Espitallier :

• 9-13 novembre. Workshop avec les étudiants des Beaux-Arts Rhône-Alpes. Résidence Moly Sabata (Sablons, 38).
• 19 novembre, 14 h. Rencontre et conférence, Ciclic, Orléans.
• 25 novembre-2 décembre. Lectures, performances, tables rondes. International Poetry Nights (Hong Kong & Guangzhou).
• 11 & 12 décembre. Radio (Fondation Louis-Vuitton, Paris).

 

â–º Dans le cadre de la résidence Marc PERRIN/Benoît CANCOIN à la Maison Gueffier à La Roche sur Yon, et précédant de quelques jours la parution du livre SPINOZA IN CHINA,

du 9 AU 15 NOVEMBRE :

● le 9 NOVEMBRE ●
rencontre, échanges, autour des Années 10 de Nathalie Quintane, Maison Gueffier, 18h30

● les 10, 11 et 13 NOVEMBRE ●
concert-lecture chez l’habitant, 19h00

● le 12 NOVEMBRE ●
concert-lecture au Studio de danse du Manège, 19h00

● les 14 ET 15 NOVEMBRE ●
week-end atelier d’écriture, 14-18h30 le samedi, 10-17h00 le dimanche.

*Le livre sera disponible en librairie à partir du 20 novembre, et à La Roche sur Yon dès le 12 novembre.

 

â–º RV avec le peintre Mathias Pérez, le fondateur des éditions Carte Blanche et de la revue Fusées : À la Granville Gallery, vernissage de l’exposition le 7 novembre de 14h à 20h (23 rue du Départ 75014 Paris).

 

â–º Bijoux d’artiste* & photographies, une proposition de AnnaO & Axelle Emden.

• Vernissage le samedi 7 novembre de 18h à 22h

• Exposition du 7 novembre 2015 au 2 janvier 2016 [Voir la photo en arrière-plan]

••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••

Sophie etc.
2 rue Gambey 75011 Paris

 

â–º Mercredi 18 novembre 2015 à 20H, Atelier du Plateau (5, rue du Plateau 75019 Paris ; billets) : concert de lancement de l’album "on trace".
http://www.fgriot.net/ontrace

un album-récit :
"on trace à pied la ligne inusable sur le sol. sur le sol sur la terre sous le ciel les nuages. on trace.

c’est l’histoire du cheminement… du cheminement de l’homme dans le temps, dans ce laps qui lui est imparti par des forces qui lui sont supérieures. dans cet intervalle et de temps et d’espace où il reçoit d’être et devenir, et où il peut aussi dans une mesure probablement modeste et certainement relative, agir… "

Avec :
Fred Griot (textes, voix)
Eric Groleau (batterie, composition)
Dani Bouillard (guitare, composition)
Thomas Deschamps (vidéos, photos)
Sophie Magnaud, Elisa Millot (scénographie, lumières)
Benoît Meurant (son)

â–º Le lundi 23 novembre 2015 à 19H, à la librairie L’écume des pages, 174 bd St Germain, 75006 Paris : Michel Deguy,  le calligraphe Rachid Koraïchi, l’éditeur Al Manar et Bénédicte Gorrillot vous attendent pour la parution du collectif de traductions en vingt langues  de Prose du suaire, poème composé par Michel Deguy  à la mémoire du poète Abdelwahab Meddeb.

11 octobre 2015

[News] News du dimanche

Le mois d’octobre est décidément riche en événements : ActOral (après Marseille, Paris) ; Licet#1 (Dufeu/Vallos) ; rencontre croisée A. Mouton / M. Larnaudie ; soirée J. Blaine, C. Richard et L. Vazquez à Marseille ; exposition photo à Bordeaux, À contre allées.

 

â–º ActOral 2015 : retrouvez Mustapha BENFODIL et Jean-Michel ESPITALLIER sur Radio Grenouille ! Après Marseille, prolongations à Paris :

 

â–º Mercredi 14 octobre 2015 à 19H30, Treize (24, rue Moret 75011 Paris) : Licet#1, soirée Dufeu / Vallos. Licet est organisé par Lic / www.plateformelic.eu [entrée libre]

Licet est un programme de recherche indépendant qui étudie les modalités d’une existence luxueuse.

La première séance regroupe deux interventions, celle de Fabien Vallos sous la forme d’une conférence intitulée « Heidegger et la fin de la philosophie » et celle d’Antoine Dufeu sous la forme d’une lecture.

————————–————————–————————–——–

« HEIDEGGER ET LA FIN DE LA PHILOSOPHIE »
CONFÉRENCE DE FABIEN VALLOS

« Nous voudrions proposer une lecture de ce que peut bien vouloir « indiquer » le sens du « tournant » et le sens de la fin de la philosophie chez Heidegger.
Nous tenterons d’indiquer que se joue ici l’épreuve d’une faille pour la pensée théorique et pour la modernité. Et dès lors, si le tournant a eu lieu, vers quoi nous regardons. »

Fabien Vallos est professeur de théorie à l’Ensp Arles et directeur du Centre de recherche art & image (CRAI). Il est théoricien, auteur, traducteur, commissaire indépendant et directeur des éditions MIX.

————————–————————–————————–——–

LECTURE D’ANTOINE DUFEU

Antoine Dufeu lira des extraits d’un livre en cours, « Zéro : zéro », dans lequel il se propose de déconstruire littérairement le mythe de la création monétaire ex-nihilo.

Antoine Dufeu est poète, écrivain et dramaturge. Dernier livre paru, Sic (al dante + Le Triangle, 2015). Il a notamment fondé Lic. www.antoinedufeu.fr

 

â–º Jeudi 15 octobre à 20H, Librairie Atelier (2bis rue du Jourdain 75020 Paris) : rencontre croisée avec Antoine Mouton pour Le Metteur en scène polonais et Mathieu Larnaudie pour Notre désir est sans remède.

â–º Dimanche 18 octobre à 18H, Videodrome 2 (49, Cours Julien 13006 Marseille) : lectures & performances de Julien Blaine, Cécile Richard et Laura Vazquez.

 

â–º « À contre-allées » présente, du 20 octobre au 11 décembre 2015 au salon d’honneur de la gare St Jean de Bordeaux, les œuvres photographiques réalisées par les personnes accompagnées par l’association RUELLE (Relais urbain d’échanges et de lutte contre l’exploitation) dans le cadre d’ateliers photos mis en place avec le concours du photographe Christophe GOUSSARD.

Cette exposition se tiendra dans le salon d’honneur (espace d’attente) de la Gare de Bordeaux Saint-Jean et le vernissage aura lieu le 23 octobre à 11h30.

RUELLE accompagne dans la région bordelaise des victimes de traite des êtres humains, afin de les aider à mettre un terme à la relation d’exploitation qu’elles subissent, quelle qu’en soit la forme : esclavage domestique, délinquance et travail forcés, exploitation sexuelle…

Les ateliers artistiques proposés par l’association se sont révélés être des espaces préservés dans lesquels évolue la pensée entre réalité et utopie. La narration d’une histoire, de leur histoire, participe à l’émancipation des personnes, nous renvoyant, tel un miroir bienveillant, une image de notre société.

Christophe GOUSSARD vit et travaille en Gironde, il est distribué par l’Agence VU à Paris.
Saisie dans des paysages urbains, dans leur intimité ou au travail, sa photographie tente un rapprochement, manifeste, une empathie avec les hommes et les femmes croisés tout près de chez lui ou ailleurs.

Les ateliers et l’exposition ont été financés par le fonds de dotation InPACT, la Drac Aquitaine (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et la fondation SNCF.

http://associationruelle.org/

4 octobre 2015

[News] News du dimanche

Ne manquez pas des RV exceptionnels dans les 15 jours : MidiMinuit Poésie#15 ; Poésie à tous les étages ; Littérature, génération Y, etc. ; RV à Rennes (Droguet, Rannou, Dickow).

 

â–º Du 7 au 11 octobre, Festival MidiMinuit Poésie #15, Maison de la poésie Nantes : programme.

 

â–º Poésie à tous les étages, se tiendra, cette fois encore, à cheval sur deux ans, d’octobre 2015 à février 2016. Les poètes invités se nomment : Michaël Batalla, Patrick Beurard-Valdoye, Julien d’Abrigeon, Guillaume Fayard, Raymond Galle, Sarah Kéryna, Patrice Luchet, Cécile Mainardi, Lucien Suel, Nicolas Tardy, Jules Vipaldo et Véronique Vassiliou. Les lieux qui nous accueillent : le centre international de poésie Marseille, la galerie-librairie ARTS 06 (Nice), La Boutique (La Ciotat), la Maison des jeunes et de la Culture (Martigues), la médiathèque Boris Vian (Port-de-Bouc), la médiathèque Louis Aragon (Martigues), Le moulin à paroles (Méounes), montevideo (Marseille) et la Villa Saint-Hilaire (Grasse). [Programme]

â–º Du 12 au 17 octobre 2015, Lille-Roubaix : Littérature, génération Y, etc. Lectures, rencontres, courts-métrages, bande-dessinée, concert. Le tout farouchement vivant, ce qui est la moindre des choses. Toute la programmation sur : www.litterature-etc.com. Pour la soirée d’ouverture (à ne pas manquer : Antoine Mouton, Les Chevals morts), réservez rapidement vos places au Théâtre du Nord : 03 20 14 24 24. Libr-critique couvrira en particulier la soirée du vendredi 16.

SOIREE Fric, etc., à L’hybride.

19h Ouverture

20h PERFORMANCE inédite
Etude de marché, de Laura Vazquez et Benoît Toqué

billets

Extrait « Elles disent, ON vous attend. Les voix disent NOUS. Elles disent, NOUS circulons, NOUS vivons dans les villes, les banques sont dans les villes. NOUS ouvrons dans une heure, les banques ouvrent dans une heure. Notre chemise est fermée, boutonnée jusqu’au bout. NOUS allons à la banque. » Étude de marché est un texte écrit lors d’une résidence à Dunkerque. Un texte autour de l’argent, du NOUS de l’argent, de NOUS dans l’argent, du pouvoir, de l’écrasement.

 

â–º Dimanche 18 octobre à 17H, Maison de la poésie de Rennes (47, rue Armand Rébillon) : Lectures de poésie, avec Henri Droguet, François Rannou et Alexander Dickow.

 

27 septembre 2015

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de septembre, tout d’abord un petit coup d’œil sur le dernier manifeste en date de ce jour ; ensuite, nos Libr-événements : revue Muscle à Marseille, F. Smith à KHIASMA, J. Blaine à La Ciotat, M. Larnaudie à Paris XIII et le 25e salon de la revue.

 

UNE : Des intellectuels aujourd’hui… /FT/

En ce jour paraît dans Le Monde daté du 27-28 septembre un "Manifeste pour une contre-offensive intellectuelle et politique" – rien que cela ! -, signé par Geoffroy de Lagasnerie et Edouard Louis : dans un monde chaotique et obscurantiste qui fait taire les intellectuels ou qui ne les écoute plus, que reste-t-il ? Un fantasme-intellectuel de naintellectuels… Grotesque.

Avant toute manœuvre, ne faut-il pas faire œuvre ? Et si l’on veut œuvrer efficacement dans un univers complexe, ne faut-il pas sans cesse créer de nouvelles conditions de possibilité de l’action collective ? (Sur la notion d’"intellectuel critique" et d’"intellectuel collectif", qu’on me permette de renvoyer à mon long travail qui prend comme point de départ l’opposition Sartre/Bourdieu).

 

Libr-événements

â–º La revue Muscle à Marseille le mercredi 30/09 à 19H : le lancement de ce numéro 6 aura lieu à la médiathèque sonore/fanzinothèque Data (44, rue des Bons Enfants 13006).

Une soirée en cinq temps, avec des lectures et des vidéos :

– Présentation du sixième numéro de la Revue Muscle

– Lecture de poésie sonore par Yuhang Li

– Diffusion d’une lecture vidéo de Simon Allonneau

– Diffusion d’un entretien vidéo avec Tao Lin, réalisé par Bookalicious

– Lecture du texte de Christophe Manon publié dans la Revue Muscle, et lecture d’extraits de Extrême et lumineux de Christophe Manon (bientôt sur LC !), par Arno Calleja et Laura Vazquez.

 

â–º Un événement à KHIASMA le vendredi 2 octobre à 20H30, Frank Smith explore les modes de fabrication d’une « langue démocratique ». D’abord, lire et relire certains des documents produits par cette langue. Ensuite, noter que le concept de « langue démocratique » renvoie à ce droit pour chacun de prendre la parole : une polyphonie de foule catalysée en « chœurs politiques ».

Entrée libre / réservation : resa@khiasma.net

Plus d’informations : http://www.khiasma.net/rdv/choeurs-politiques/

 

â–º Samedi 3 octobre à la Boutique, 19H (8, rue des Frères Blanchard à La Ciotat) : Julien Blaine, "Quelques déclar’a©tions récentes et autres résidus".

â–º Mardi 6 octobre, de 12H à 15H à l’Université Paris XIII-Villetaneuse (99, av. JB. Clément) : rencontre avec Mathieu Larnaudie pour Notre désir est sans remède (Actes Sud), roman critique sur le star system made in USA – dont nous rendrons compte très bientôt.

â–º On ne manquera pas le 25e Salon de la revue, du vendredi 9 au dimanche 11 octobre à 19H30 : voir le programme détaillé.

18 juillet 2015

[NEWS] Libr-vacance

Filed under: Livres reçus,News,UNE — Étiquettes : , , , — Fabrice Thumerel @ 14:13

Avant les derniers posts de juillet (spéciale de/sur Sandra Moussempès, entretien avec François Rannou, inédit et chronique d’Emmanuèle Jawad…), ce spécial LIBR-VACANCE centré sur Laura VAZQUEZ, avec des infos et RV (Hubaut, Manon, Gare maritime 2015).

 

â–º Thomas Déjeammes participera également au Festival de Sète ; il prépare pour LIBR-CRITIQUE la suite de la série DREAMDRUM.

â–º Laura VAZQUEZ participera au festival de poésie à Sète, du 24 juillet au 1er août.

♦ Elle se rendra ensuite aux XXIVe Lectures sous l’arbre organisées par son éditeur (Cheyne) du 6 au 23 août 2015, avec, entre autres invités, Paul Otchakovsky-Laurens.

♦ Elle vient par ailleurs de créer une nouvelle chaîne youtube de lectures, ACCIDENT. Le principe est simple : elle filme des auteurs qui lisent leurs propres textes. Elle compte filmer régulièrement des auteurs de son choix. Les lectures durent entre 2 et 7 minutes. Elle a commencé par filmer Simon Allonneau et Benoît Toqué, deux jeunes auteurs, l’un de Lille, l’autre de Paris. Elle s’est également filmée en train de lire un texte.

♦ Sa série des poèmes du mois grandit sur le site tapin.

♦ Le prochain numéro de la revue Muscle est sur le point de paraître.

♦ Laura va nous envoyer cet été une lecture performée : avis aux Libr-lecteurs !

â–º Avant la parution de sa première prose narrative, Extrêmes et lumineux – qui paraîtra le 20 août chez Verdier -, Christophe Manon a donné un entretien à découvrir absolument : "Christophe Manon, la rection généralisée de la langue".

â–º Saluons la parution du court essai de François Coadou : Joël Hubaut, un éloge de l’impureté, ENd éditions, Metz, 28 pages, 8 €.

â–º On ne manquera pas de découvrir une bonne partie de la poésie actuelle avec la cuvée 2015 de Gare Maritime, anthologie écrite et sonore de la poésie contemporaine, Maison de la poésie de Nantes, 17 €. (Nous y reviendrons).

15 juillet 2015

[Création] Benoît Toqué, La Baignoire

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 20:37

Libr-critique a le plaisir de contribuer à vous faire découvrir ce jeune poète de 28 ans qui participera en octobre sur Lille au festival "Littérature, génération y, etc." : ce texte mérite qu’on l’écoute en le lisant (vidéo prise à Dunkerque en ce début juillet 2015, et mise en ligne par Laura Vazquez).

 

Il ne rêve pas. Jamais. Il n’a jamais de rêve. Ou bien, s’il en a : il ne s’en souvient pas. Voilà c’est ça : il ne s’en souvient pas. Sauf que. Quand il dort dans une baignoire. Quand il dort dans une baignoire : là oui, là : il rêve. Il s’en souvient. Mais pas beaucoup quand même, mais quand même un peu.

 

Mais il n’a pas de baignoire chez lui.

 

Il n’a pas de baignoire chez lui, et ça c’est un problème. Un vrai problème. Il veut rêver, Aède, il veut rêver, il aimerait bien, et même, de rêver : il en rêve éveillé.

 

 

éveillé parce qu’il ne sait pas faire

sait pas faire

il ne peut pas

faire autrement

il ne sait pas le faire

autrement

autrement qu’éveillé, rêver. Or, or,

autrement qu’éveillé : c’est mort.

 

 

Aède il veut rêver, il aimerait bien, et même, même. Mais sans la baignoire pour Aède rêver c’est mort en fait. C’est mort en fait, et du coup, comme il n’a pas de baignoire chez lui : eh bah il va chez les autres. Quand ils font une fête par exemple. Surtout quand ils la font, en fait, parce que sinon c’est pas évident de demander comme ça, Je peux dormir dans ta baignoire ? je peux ? allez, steuplé. Demander ça si c’est pas la fête c’est pas évident du tout.

 

Une fois il y avait un ami qui avait une baignoire qui avait fait la fête dans son appartement pendant toute une semaine, il y avait des copains qui venaient, certains passaient seulement mais d’autres restaient plusieurs jours d’affilée, d’autres un seul jour et puis ils partaient, mais après des fois ils revenaient pour certains d’entre eux, et puis d’autres, d’autres qui étaient restés plus d’un jour et même qui les enfilaient les jours et les nuits pour certains d’entre eux, eh bien ceux-là s’en allaient à leur tour. Mais il arrivait qu’ils reviennent aussi.

 

Il y avait du nouveau tous les jours, même s’ils se ressemblaient.

 

Les soirs pareil. La même,

la nuit.

 

Il s’était arrangé pour avoir la baignoire pour lui, Aède, durant toute la, purée, non : pendant. Pendant toute la durée des festivités. Voilà : il s’était arrangé. Toute une semaine, il avait bien rêvé. Mais le 7e jour, l’ami voulut se baigner à l’aube et il le chassa.

 

Une autre fois il était rentré chez sa mère, Aède, c’était à la campagne, elle avait une maison avec une salle de bain, mais il avait dû se tromper, ou alors elle avait fait des travaux entre temps, sa mère, elle avait dû refaire la salle de bain, parce qu’à la place de la baignoire maintenant il y avait une douche.

 

Ou alors il s’était trompé de maison. Ou de mère. C’est difficile à dire.

 

Il alla faire un tour au village, pour voir. C’était jour de marché, il acheta une pomme. Qu’il croqua sur place. Et des sels de bain, qu’il mit dans son sac.

 

Qu’il avala tout rond.

 

5 secondes de rêve tout au plus. Et flottant avec ça.

 

Après il vadrouilla un peu, par le village. Il n’y avait pas grand monde.

 

Aucun bain de foule il était possible.

 

Il tomba sur la salle des fêtes, il alla voir. Devant il y avait bien quelques jeunes qui fumaient des clopes, mais pas de fête. D’aucune nature.

 

Même pas une bière.

 

Pas une once de musique du diable.

 

De retour sur la place du marché, le soir tombait déjà, les étals avaient été remballés, bientôt la nuit lui baignait le visage, à Aède.

 

Alors il avait descendu la colline sur laquelle était la maison et il était allé dormir sous le pont surplombant la rivière, dans son lit. Mais l’eau de la rivière n’était pas stable, elle coulait.

 

Impossible de s’y accouder.

 

Quand il fut réveillé au matin, par la pluie. Il n’avait pas rêvé : c’était bien sa rivière, sa colline, sa maison et sa mère. Mais il n’y avait plus de baignoire dedans. À la place il y avait une douche.

 

Il en prit une au matin et il partit pour chez sa mamie.

 

On avait rasé sa maison et elle était morte.

 

Il souleva le paillasson, pour voir. Jusqu’aux volets : tirés. Il était retourné chez sa mère entre temps. Il n’y avait rien à voir. Elle avait fermé la maison, et elle s’était cassée.

 

Alors il suça quelques sels de bain, ses derniers. Devant la porte. Qu’il avait gardés dans ses poches de jean.

 

Une ville thermale. Mais elle a des mycoses.

 

Un rêve de 5 secondes.

 

Aucun bain public n’y était possible.

 

Ce n’était pas terrible. Alors, il repartit.

 

Enfin quelquefois il arrivait bien à dormir dans des baignoires quand même.

 

Il avait fait une fête chez une fille, un soir. Elle avait une baignoire. Et elle était jolie.

 

Il s’était dit, Putain, c’est la femme de ma vie, Aède.

 

Elle avait une baignoire.

 

Mais à force de niquer et niquer à chaque fois qu’ils se voyaient, et pourtant ils avaient bien niqué dans la baignoire aussi, mais il allait pas lui dire après, Eh, meuf, ça t’embête pas si je reste dans la baignoire pour dormir ?, il pouvait pas dire ça, c’est louche, et il pouvait pas risquer de perdre la baignoire pour si peu. Et puis la fille elle était jolie. Tout en marbre, avec des robinets.

 

De temps en temps il allait bien prendre une douche, mais elle le laissait jamais tranquille bien longtemps.

 

Des siestes de 5 minutes maximum.

 

Aucun rêve sérieux il était possible.

 

Même au milieu de la nuit, quand elle dormait et qu’il tentait de s’extirper discrètement du lit pour atteindre la baignoire, comme il fallait enjamber la cuisinière dans le noir il faisait toujours chuter quelque chose, et elle se réveillait, Euh, tu fais quoi ? Euh, et il fallait niquer.

 

Alors un jour qu’ils niquaient dans la baignoire il lui fourra le pommeau de douche dans la bouche et il la noya. Sans faire de vagues, quelques bulles tout au plus.

 

Mais elle était jolie.

 

Avant d’être morte.

 

Avant d’être morte elle était jolie.

 

Avant d’être morte. Comme sa mamie. Partie.

 

Comme sa maman.

 

Très jolie.

 

Alors, il était triste.

 

Il eut beau fourrer le corps de la fille morte sous le lit et tenter de rêver un peu sérieusement, dans la baignoire il ne fit que des pires cauchemars, Euh, tu fais quoi ? Euh, et il fallut partir.

28 juin 2015

[News] News du dimanche

Avant la présentation de quelques Libr-événements (Manifesten à Marseille, le "Paris des écrivains" à Paris, le "Repas des langues" à Villeneuve d’Ascq), pour terminer la saison : notre projet LIBR-VACANCE…

 

LIBR-VACANCE

En cette période estivale, prenez le temps de vous mettre en "vacance". Nous avons demandé à plus d’une centaine d’auteurs de nous faire partager leurs libr-choix de (re)lectures et d’événements et de nous faire part de leurs projets. Pour lancer la rubrique, deux auteurs LC :

♦ Emmanuèle JAWAD (poète et critique) : en projet, une libr-relecture des Enoncés-types de Dominique Quélen et une chronique prochaine à la parution du livre d’Anne Kawala Le Déficit indispensable (éditions Al Dante).

♦ Fabrice THUMEREL : en projet, un dossier BLAINE ; chroniques à venir sur Badiou, Dufeu, Rongier, Verheggen… Relecture complète de Alain Touraine, La Fin des sociétés (2013, rééd. 2015)… Et je vous recommande d’ores et déjà un texte qui va paraître juste avant septembre, un théâtre d’ombres poétique fascinant : Christophe MANON, Extrêmes et lumineux (Verdier).

Libr-événements

â–º Mercredi 1er juillet à 20H, MANIFESTEN – Al dante (59, rue Thiers 13001 Marseille), "Brève histoire des superhéros Black Panther et Magneto dans l’univers Marvel" :
– Comment sont construites les représentations des héros racisés dans la culture pop américaine et française ?
– Qu’est-ce que ces représentations disent du racisme ordinaire ?
-Comment inventer des personnages de fiction dont la dimension politique coïncide avec les réalités sociales
des non blancs dans la culture occidentale ?
En présence d’Angles Morts, collectif de lutte contre les violences policières et traducteur du texte « Super pouvoir noir. Les comics à l’épreuve du Black Power » (Jef Klak N°2)
&
et de Pierre Chopinaud, membre du collectif La voix des Rroms, pour parler du personnage de Magneto et, au-delà, des Rroms parmi les mutants
&
du collectif de la revue Jef Klak.

En partenariat avec la librairie Le Lièvre de Mars.
Une caisse de soutien pour le "Comité Vérité et Justice pour Morad" sera proposée.

Entrée libre.

â–º Jeudi 2 juillet, 16H30-19H30, le Pari des libraires : rencontre autour du Paris de deux écrivains, Modiano et Prévert. Dans le cadre du pari des libraires, coordonné par l’association Paris Librairies, la Librairie Nordest propose une après-midi autour de deux livres de la collection « Le Paris des écrivains » des Editions Alexandrines.

Danièle Gasiglia-Laster, grande spécialiste de Jacques Prévert et co-auteure avec Arnaud Laster des 2 volumes des œuvres complètes de Prévert en Pléiade, va présenter son livre sur le Paris de Prévert.

Béatrice Commengé, auteure de nombreux romans et traductrice entre autre du Journal non-expurgé d’Anaïs Nin, présentera son livre sur le Paris de Modiano.

Chacun à leur façon, Prévert et Modiano ont exprimé leur attachement à la liberté et dénoncé avec force l’oppression sous diverses formes. Nous demanderons à nos deux auteures de s’exprimer sur ce sujet précis.

Des lecteurs seront invités à venir parler d’un livre sur le thème de la liberté qui compte pour eux et qu’ils ont envie de faire partager.

Librairie Nordest
34bis, rue de Dunkerque 75010 Paris
01 48 74 45 59 / librairienordest@orange.fr
http://www.librairienordest.fr/

http://www.alexandrines.fr/alexandrines-la-france-des-ecrivains/25-le-paris-des-ecrivains
http://quefaire.paris.fr/programme/115668_le_pari_des_libraires

â–º Jeudi 2 juillet 2015 à partir de 19h30 (lectures dès 20h) à la Galerie Une Poussière Dans L’Oeil (17bis, Chemin des Vieux Arbres 59650 Villeneuve d’Ascq – Métro Hôtel de Ville).

L’Association La Belle Epoque [Arts Contemporains] organise un nouveau REPAS DES LANGUES [texte, poésie, performance contemporaines] avec des lectures proposées par Laura Vazquez et la Revue Muscle (lectures de Laura Vazquez, Simon Allonneau et Benoît Toqué).
La sortie de : "Les spectres de la ligne 79" d’Emmanuelle Gailliez dans la collection "Or" (dessins) ; "Papi jute dans la sauce aux câpres" de Christophe Siébert (texte porno-trash culinaire) ainsi que la dernière "Grande tentation" de Marc Brunier Mestas : sérigraphie 6 couleurs, 32×32 cm (voir visuel de l’événement).

31 mai 2015

[News] News du dimanche

Ce soir, à l’orée du mois de juin – toujours chargé !-, encore des RV passionnants : à Marseille (soirée CIPM + Montévidéo + PLEXUS Rouge) ; à Paris, la NUIT REMUE 9 !

 

â–º  Samedi 6 juin 2015, 17H30-23H30, Montévidéo à Marseille : LISTES, INVENTAIRES, ÉNUMÉRATIONS (sur un proposition de Jean-Michel Espitallier).

18h00
Avec : Anne-James Chaton, Jean-Michel Espitallier, Jérôme Game, Michèle Métail, Black Sifichi, Frédérique Soumagne, Laura Vazquez.

La liste, l’inventaire, l’énumération sont partout dans la littérature depuis ses origines mêmes (de la Bible à l’Illiade, de François Villon à François Rabelais, et, dans la littérature contemporaine, de Georges Perec à Valère Novarina, etc.). Si la plupart des écrivains s’y sont adonnés, ici ou là, en douce ou comme principe même de leur œuvre, le travail critique et de réflexion commence à peine à être entrepris.

Il s’agira de révéler ce qui s’affirme manifestement comme une forme à part entière, à côté du vers ou la prose. Et aussi, de ne pas gâcher son plaisir en venant écouter ce que Roland Barthes appelait « l’infinie compossibilité ».

INFOS PRATIQUES
Tarif unique 5 € (+ adhésion)
Renseignements et réservations au 04.91.37.97.35.
Ouverture du bar et restauration à partir de 17:30.

Cette soirée sera précédée d’une autre rencontre au cipM le vendredi 5 juin à 19h00 avec Jean-Michel Espitallier, Boris Donné, Michèle Métail, Bernard Sève, Henri Lefebvre.

 

â–º Samedi 13 juin, de 20H à 23H, Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003 Paris), LA Nuit REMUE 9, avec : Amandine André, Camille Bloomfield et Lily Robert Foley, Oscarine Bosquet, Jean-Philippe Cazier, Eric Chauvier, Suzanne Doppelt, Frédéric Forte, Emmanèle Jawad, Koffi Kwahulé, Andrea Inglese, Michelle Noteboom, Sylvain Prudhomme, Charles Robinson et Violette Pouzet, Sébastien Rongier. [Organisation : Marie de Quatrebarbes et Lucie Taïeb]

 

â–º Samedi 13 juin à 17H, PLEXUS Rouge #4 : From Berlin to Marseille.

Dans le cadre des 48h chrono, spécial Berlin, RedPlexus propose une soirée de performances allers-retours From Berlin To Marseille.

Pendant 4 heures des performers berlinois et marseillais investissent les espaces de travail de RedPlexus et proposent une traversée du mur performative et sonore.

Un voyage où le temps s’étire, entre des performers qui explorent les limites de leurs corps et d’autres celles de leur voix, limites de ce qui est permis ou toléré.

Ce Plexus Rouge est le fruit d’une résidence de 3 jours où les artistes ont pu croiser leurs projets, les confronter aux espaces de la Friche et expérimenter différentes manières de passer de l’autre côté du mur.

Artistes invités : From berlin: Frederic Krauke, Beate Linne.
FROM MARSEILLE: Pierre Guéry-Auteur Performeur, Mathias Richard, Collectif Ornic’art.

À partir de 18h, Ornic’art propose une quête de son double berlinois via un Speed Dating sous les néons.

Tout au long de la soirée : Prise de vue(s) entre deux miroirs et installation photographique La vie est Yes de Jany Jérémie.

Une proposition de RedPlexus avec le soutien de la Friche
Belle de mai et du Goethe Institut.

Informations pratiques:
De 17h à 21h
Atelier de RedPlexus
Magasins, Niveaux 1, Friche de La Belle de Mai
Gratuit

24 mai 2015

[News] News du dimanche

Après la UNE : "Christian PRIGENT dans tous ses éclats", nos riches Libr-événements : à Marseille, mercredi Montévidéo #20 avec la revue MUSCLE ; en Seine-Saint-Denis, dialogue entre Franck Smith et Georges Didi-Huberman ; et les RV avec le Général Instin à ne pas manquer.

 UNE : Christian PRIGENT dans tous ses éclats

â–º Retour sur "Le désir de littérature, en somme" (soirée Remue.net animée par Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel, autour de Christian Prigent et de Bruno Fern, vendredi 22 mai 2015, de 20H à 22H) : vidéos de Vanda Benes.

Extrait 1 ; extrait 2 ; extrait 3.

â–º Christian Prigent, La voix de l’écrit. Lectures et entretien sur la littérature, Lycée Ernest Renan Saint-Brieuc (amphi Mona Sohier-Ozouf), lundi 1er juin 2015, de 18H à 19H30. http://www.lycee-renan.fr/index.php…

â–º LA VILLE BRÛLE, BERLIN SERA PEUT-ÊTRE UN JOUR
Rencontre avec Christian Prigent (auteur), Patrick Suel (libraire) et Marianne Zuzula (éditrice) autour du livre Berlin sera peut-être un jour de Christian Prigent (éditions La ville brûle, 2015)
Le mercredi 17 juin 2015 à 19 h à l’Institut français de Berlin http://www.institutfrancais.de/…/berlin-sera-peut-etre-un-j…

â–º On consultera avec intérêt le Fonds Prigent à l’IMEC (Institut Mémoires de l’édition contemporaine).

 

Libr-événements

â–º Mercredi 27 mai 2015, les mercredis de Montévidéo #20, de 19h30 à minuit pile

20h15 : Sortie de la revue MUSCLE # 5, avec Simon Allonneau, Arno Calleja & Laura Vazquez.

MUSCLE est une revue de poésie bimestrielle. C’est une feuille pliée qui accueille deux auteurs par numéro – et donc deux textes courts : des textes d’étrangeté, souvent occupés à penser, souvent préoccupés par l’invention de formes.

MUSCLE souhaiterait que chacun de ses textes soit lu dans sa densité et dans sa beauté propre mais qu’aussi la lecture de l’un puisse vriller la lecture de l’autre, ou encore, que la lecture des deux puisse créer un troisième texte, hybride, mental, possible. Ce serait comme une expérience. MUSCLE se voudrait une expérience de lecture miniaturisée et aimerait constituer patiemment, numéro après numéro, une petite bibliothèque très portative de textes expérimentaux, intensifs, inventifs.

La pièce d’Antoine Boute "Forêt/massage/peuple", sera diffusée dans le Hall de Montévidéo.

INFOS PRATIQUES : 3, impasse Montévidéo à Marseille, entrée Libre (+ adhésion) ; durée : 45min environ. Renseignements et réservations au 04.91.37.97.35.

 

â–º Mardi 2 juin à 19H, "La Mémoire brûle", Archives nationales (59, rue Guynemer à Pierrefitte-sur-Seine – 93) : en résidence, Franck Smith invite Didier Didi-Huberman. On se souvient des vers de Baudelaire : « Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu »… Dans cette conférence (avec projections d’images), Georges Didi-Huberman proposera quelques éléments d’une réflexion en cours sur la question des soulèvements : pourquoi, mais aussi depuis quoi, se soulève-t-on contre un certain état du temps présent ? À la question du « pourquoi » répond celle du désir, bien sûr. Alors on « brûle » de désir, on « brûle » de former l’image de son désir (ce qu’Ernst Bloch appelait le Principe Espérance) en vue de le réaliser dans la pratique. À la question du « depuis quoi » répond celle de la mémoire. Mais comment penser le fait que l’on puisse « brûler » (désirer) de mémoire ?

Cette conférence sera suivie d’une discussion publique entre Georges Didi-Huberman et Frank Smith.

 

â–º Du 4 au 7 juin 2015, rue Dénoyez (75020 Paris), ne manquez pas les RV avec le Général Instin. LE PROGRAMME (pour plus de détails, voir Remue.net)
Pour plus de détails sur les participants, visualiser le dossier de presse.

Chaque soir,
de 18h à 20h : sonorisation de la rue, atelier, tracts, installations
de 20h à 21h30 : conversations, performances, lectures

En continu : expos, street-art

Jeudi 4 juin  : Paul Ardenne (critique d’art et muséologue) & Stany Cambot (plasticien et architecte) ; Anne Kawala (écrivain performeuse) ; Marc Perrin (écrivain performeur) ; Poésie is not dead (François NotDead, Michel Bertier, Gaetan Saint-Remy, Nâzim Boudjenah, poésie-vidéo-son) ; Sadhus (Tim, Fred, Pedrô !, musique)
Vendredi 5 juin  : Véronique Mesnager (commissaire d’expositions) & street-artistes ; Maja Jantar & Vincent Tholomé (artistes-auteurs performeurs) ; Christophe Caillé+Séverine Batier+Dominique Cassagne+Sylvain Granon+Alice Letumier (écrivain et comédiens) ; Maël Guesdon & Marie de Quatrebarbes (écrivains) ; Poésie is not dead (François NotDead, Michel Bertier, Gaetan Saint-Remy, Nâzim Boudjenah, poésie-vidéo-son) ; Sadhus (Tim, Fred, Pedrô !, musique)
Samedi 6 juin  : Eric Hazan (écrivain et éditeur) & Maxime Braquet (historien, spécialiste de Belleville) ; Philippe Aigrain (écrivain) ; Curtis Putralk (artiste et poète) ; a rawlings & Maja Jantar (artistes pluridisciplinaires) ; François NotDead (performeur)
Dimanche 7 juin  : Patrick Boucheron (historien) & Camille de Toledo (écrivain) ; Curtis Putralk (artiste et poète) ; Emmanuèle Jawad (écrivain)  ; Cécile Portier (écrivain) ; Sadhus (Tim, Fred, Pedrô !, musique) 

28 janvier 2015

[Livre] Laura Vazquez, La Main de la main, par Jean-Paul Gavard-Perret

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 6:25

 Apparemment plus lyrique que d’habitude… mais toujours : images éclairs, agencements répétitifs et dissonances pour dire le corps-paysage, les choses invisibles… /FT/

 

Laura Vazquez, La Main de la main, Cheyne éditeur, Le Chambon-sur-Lignon, prix de la vocation 2014, 64 pages, 16 €, ISBN : 978-2-84116-209-3.

 

Une fois de plus Laura Vazquez étonne. Son livre – si intime mais totalement pudique – résonne comme un bestiaire :

« Le premier matin de ma vie

la guêpe est venue dans ma bouche »

d’où une suite de modifications existentielles :

« j’ai senti

des renards dans mes seins

les pieuvres dans mon cou »

mais aussi des buissons, des prairies, des forêts dans son ventre. Et cela ne fut pas simple. Il fallut attendre que la voix sorte de la bouche d’ombre et que la langue devienne « Main de la main ».

 

Pour la faire passer il fallut la plier, la réduire en molécules et qu’elle devienne une flaque d’encre de celle qui se dissout parfois sous l’aspect d’une tache d’ombre. Comme un furet elle court, court sa forêt des songes et celle des temps, s’y avance, trouvant des conduits où au nom de l’amour. C’est sans doute ce sentiment qui lui fait tirer la langue aux objets et à ceux qui passe sans la voir. Non qu’elle ait besoin de reconnaissance, elle veut simplement « être » –  en dépit des maladies de « peau », des maladies de cœur. Mais qu’on se rassure son livre n’a rien d’un énième poème sentimental : la poésie n’est là qu’à la recherche de sa langue – « mon bout de chair que j’aime » dit finalement la poétesse.

 

Cette langue est une terre qui tremble comme dans un vieux film italien. Tandis que dans son ventre «  le poisson tourne », le poème fuit les abstractions et les diamants en toc. Laura Vazquez leur préfère ses animaux. Qu’importe s’ils sont malades de la peste. Pour écrire leur confidences,  la poésie se fait velours-humour en sauts et gambades.  Elle laisse derrière elle une évidence crayeuse, une joie ironique et l’être dans ses secrets. Ils sont lourds de douleurs. Mais rien ou presque n’en sera dit même lorsqu’elle adresse à elle-même son « tu entends ce qui sort de ta bouche ? ».

 

Elle préfère non se taire mais demander aux arbres qui la peuplent de répondre pour elle. Comme si la bouche « pleine de cheveux, de cirages, de groseilles pourries » ne pouvait plus oser ou n’osait pas encore dire la pensée qui traverse ses lèvres. Mais au nom de cette impossibilité, elle fait beaucoup mieux dans ce qui ressemble à un pleurement sans larme et une interrogation toujours déplacée.

 

21 décembre 2014

[News] News du dimanche

Avant que de poursuivre notre sélection de livres (Libr-7 en deux livraisons au moins) et de proposer un programme 2015 très riche (dossier J. BLAINE, suite de Libr-Java – spécial Espitallier – ; suite de DREAMDRUM, créations de D. Cabanis, Cuhel, M. Perrin, M. Richard, N. Zurstrassen, etc. ; entretiens avec Philippe Jaffeux, Jean-Michel Espitallier, etc. ; chroniques de J.-P. Gavard-Perret, E. Jawad, P. Pichon, B. Fern, F. Thumerel, etc.), voici un nouvel aperçu des nombreux livres reçus ces derniers mois (Libr-2014) : H. Antoine, J.-C. Bailly, B. Fern, M. de Quatrebarbes, J.-L. Schefer, Solirenne, R. di Stefano, L. Vazquez.

â–º Hubert ANTOINE, Comment je ne suis pas devenu poète, La Lettre volée, Bruxelles, printemps 2014, 160 pages, 20 €, ISBN : 978-2-87317-428-6.

"Un grand style serait de tout comprendre de travers et puis cracher"… Écrivain, ça fait rire aujourd’hui, non ? Pourquoi encore écrire aujourd’hui ? Pour qui ? Qu’écrit-on quand on ne sait pas écrire ? Voici quelques-unes des questions traitées avec humour et intelligence dans cet essai plutôt original.

 

â–º Jean-Christophe BAILLY, Passer définir connecter infinir, dialogue avec Philippe Roux, éditions Argol, coll. "Les Singuliers", automne 2014, 196 pages, 29 €, ISBN : 978-2-37069-001-2.

Cet entretien très intéressant nous livre la quintessence – en cinq parties, donc – de l’univers du polygraphe : itinéraire, Bibliothèque, parcours de l’œuvre (théâtre, peinture, ville, etc.)… Le tout s’appuyant sur une abondante documentation (textuelle et iconographique).

 

â–º Bruno FERN, [Carnet de voyage], … / points de suspension 6 (revue trimestrielle de silence : ettore.labbate@gmail.com), Caen, décembre 2014, 16 pages, 10 € [édition élégante].

À l’heure du tourisme industriel, qu’est-ce que bourlinguer ? Que reste-t-il de l’aventure ? Rien, répond Bruno Fern dans une phrase en vers à ressorts très critiques, qui offre des clins d’œil à Cervantès ou Rimbaud : aujourd’hui, on balise/parcourt un inconnu pas trop méconnu.

 

â–º Marie de QUATREBARBES, La Vie moins une minute, Lanskine, automne 2014, 96 pages, 14 €, ISBN : 979-10-90491-15-1.

L’auteure maîtrise le conte en vers, en verve et tout en humour. Invitation : "Vivez l’amour ! Voyez les fantômes !" Questions : " Comment dois-je faire pour vivre en France ?" "Comment être une femme fontaine ?" Photo-synthétisons à foison et entrons dans cet univers ludique…

 

â–º Jean-Louis SCHEFER, Pour un traité des corps imaginaires, P.O.L, automne 2014, 144 pages, 11,90 €, ISBN : 978-2-8180-2143-9.

À partir de deux tableaux (Berthe Morisot et William Turner), avec un détour par le roman (Balzac), une méditation passionnante sur nos images, remémorées ou construites (mémoire et imagination)…

 

â–º SOLIRENNE, MédéA copyright, suivi de Hallali Guermantes, Rougier V. éditeur, Soligny la Trappe, décembre 2014, 42 pages, 13 €, ISBN : 979-10-93019-07-9.

Pitié pour les filles… dans une écriture au couteau – filles-fardeaux toujours en trop et vite en moins…

 

â–º Rudolf di STEFANO, Vive le cinématographe !, Al dante, 200 pages, 17 €, automne 2014, ISBN : 978-2-84761-756-6.

Le cinématographe ne se réduit pas au cinéma, surtout aujourd’hui qu’il n’est plus que positif… Quinze séquences organisées autour de Bresson, Godard, Straub/Huillet : de lumineux montages critiques !

 

â–º Laura VAZQUEZ, La Main de la main, Cheyne éditeur, Le Chambon-sur-Lignon, automne 2014, 64 pages, 16 €, ISBN : 978-2-84116-209-3. [Prix de la Vocation 2014 ; photo en arrière-plan]

Apparemment plus lyrique que d’habitude… mais toujours : images éclairs, agencements répétitifs et dissonances pour dire le corps-paysage, les choses invisibles

 

 

13 novembre 2014

[Chronique – news] Autour de DOC(K)S/Al dante

C’est ce soir que débute "Poésie action en Avignon", une série de rencontres autour de l’anthologie DOC(K)S que Al dante vient de publier : les dates des RV précèdent la présentation du gros volume.

 

Rencontres autour de l’anthologie Al dante

POÉSIE ACTION EN AVIGNON (autour de Doc(k)s morceaux choisis, 1976-1989) : novembre 13 @ 18 h décembre 20 @ 19 h

9782847617726Expositions / rencontres / performances /lectures

Jeudi 13 novembre
• 18h > La poésie à outrance
une introduction à la poésie élémentaire de Julien Blaine avec Jean-Charles Agboton-Jumeau
• 19h > L’ambiguïté est belle
Exposition de Julien Blaine
vernissage + Déclara©tion de Julien Blaine
• 20h > Interventions performatives de
Laura Vazquez
A.c. Hello
+ performance sonore de Sylvain Courtoux
• de 18h à minuit > « Temps/travail »
performance de Fabienne Letang

Vendredi 14 novembre
• 19h > Lectures de
Yannick Torlini
Liliane Giraudon 
Amandine André

Jeudi 20 novembre :
• 19h > Avava-ovava*
Rencontre avec le collectif La Voix des Rroms
sur le thème Violences contre les Rroms : résistances d’hier et d’aujourd’hui,
autour du livre Avava-ovava, (Al Dante 2014) en présence des auteurs Saïmir MileAnina CiuciuPierre Chopinaud, Lise Foisneau et Valentin Merlin.
+ Débat suivi d’un apéro festif au son
de DJ Rrom & Roll.

Jeudi 4 décembre
• 19h > Plan de situation #7 : Consolat-Mirabeau
Un conte documentaire de Till Roeskens.
« Nous mettrons quelques chaises en cercle, et je vous raconterai ce que j’ai vu et entendu là-bas, dans ce petit coin du grand nord de Marseille. Je prendrai un bout de craie et tracerai sur le sol une carte des espaces fragmentés que j’ai parcourus deux années durant, du port jusqu’au sommet de la colline. Je vous dirai les êtres que j’ai croisés là et ce qu’ils m’ont confié de leurs vies mouvementées ».
+ Présentation de son livre À propos de quelques points dans l’espace (Al Dante, 2014)

Vendredi 5 décembre
• 19h > La peau sur la table, lecture de Jérôme Bertin
suivi de lectures performées de
Stéphane Nowak Papantoniou
Anne Kawala

Détails

Début :
13 novembre 2014 18 h 00 min
Fin :
20 décembre 2014 19 h 00 min

Lieu

Centre européen de poésie
Téléphone :
04 90 82 90 66
4-6 rue Figuière, Avignon, 84000 France

Site Web :
http://www.poesieavignon.eu/

L’anthologie Al dante

 

DOC(K)S, morceaux choisis (1976-1989) : vers un langage de l’action, choix de Laurent Cauwet, préambule de Julien Blaine, postface de Stéphanie Éligert, Al dante, été 2014, 1008 pages, 30 €, ISBN : 978-2-84761-776-2. [Lire l’entretien avec Philippe Castellin en 2011]

 

"Chaque numéro de Doc(k(s est un recueil de poèmes,
  est un reportage
est un roman" (Julien Blaine, p. 432).

 

DOC(K)S est la quatrième revue de Julien Blaine, celle-là même qui, selon les propos de son fondateur dans son paradoxal préambule (placé en fin de volume !), lui sert de planche de salut après l’échec de 68. Fondé en 1976 et orchestré depuis 1990 par AKENATON (Philippe Castellin et Jean Torregrosa), DOC(K)S est, selon un autre créateur fondamental dans son histoire, un lieu de transit et de stockage de matières premières, de choses poétiques à l’état brut, « un chantier permanent et collectif », un « objet-sans-queue-ni-tête, qui impose recto-verso la richesse du stock inventorié, exprime par sa pléthore la hâte infinie à combler le retard pris et, par sa brutalité brouillonne, sa vandale rage face à la "culture" des métropoles nanties sur la table desquelles il déverse, muettement, ses "preuves", ses "documents" ». Ce qui fait dire à Philippe Castellin que DOC(K)S « n’invente pas mais inventorie » (cf. DOC(K)S : mode d’emploi, Al dante, 2002, pp. 449, 155 et 326). Se profile ici une suite d’antinomies sociologiquement intéressante : inventaire versus invention, entreprise collective vs mythe du créateur, culture provinciale vs culture métropolitaine, culture underground vs culture dominante, art populaire vs art élitiste, littérature périphérique vs littérature officielle, objet vulgaire (pauvre) vs objet sophistiqué (riche)… Si l’on suit Philippe Castellin dans son DOC(K)S : mode d’emploi, DOC(K)S se distingue dans l’espace des revues contemporaines par ses innovations conceptuelle, fonctionnelle, formelle et matérique. Sa structure rhizomatique – sa dimension fédérative et internationale – favorise la transgression des frontières artistiques ; s’inscrivant dans la mouvance de la postpoésie et de la sortie du livre, DOC(K)S est une revue multimédia qui défend les poésies expérimentales (poésie visuelle et sonore, poésie concrète, mail art, performance comme poésie action, écritures multimédia) et veille à l’autonomie de l’objet. Dans sa postface qui s’appuie sur le contenu de la revue pour filer la métaphore de la balistique, S. Éligert se réfère d’ailleurs à cet ouvrage clé afin de mieux cerner ce drôle d’objet : « la poétique de Doc(k)s consiste à "désécrire", puis à "icôniciser" » ; "la couverture (…) est déjà un poème"… Comme autres caractéristiques, elle ajoute le débordement, l’obscénité, l’explosivité

Cette anthologie qui offre des "morceaux choisis" extraits des deux premières séries (I. 1976-1986 ; II. 1986-1989) permet de retrouver ces principales lignes de force : prédominance de la poésie visuelle (montages divers, poésie spatiale, post cards), art de la performance… Parmi les curiosités : "poème signalistico-visuel", "poème laser", "art ouvert", "poésie signalétique", "poèmes à convictions"… L’avant-garde doc(k)sienne est avant tout poésie action, comme le souligne Bernard Heidsieck dès le début : "La poésie s’anémiait… Nous lui avons fait du bouche-à-bouche. Elle se confidentialisait… Nous l’avons restituée au cœur de la place publique" (p. 764). L’avant-garde doc(k)sienne est avant tout subversion, donc. Éclatante dans le "sans titre" (1979) de Sarmiento, qui affiche le slogan "ARgenT" ; dans le "poème-tueur" de Miccini et Sarenco ("La poésie tue le poète") ; dans l’anti-manifeste de Blaine, "Manifeste pour l’occupation des stèles et socles abandonnés" ; dans ces vers du Chinois Ma Desheng : "Toutes les prostituées du monde entier / s’unissent en s’embrassant / la république est née / la Constitution de la République ne comporte qu’un seul article / liberté du va et vient" (833)…

♦♦♦♦♦

Sur le projet Al dante autour de Doc(k)s, Laurent Cauwet a bien voulu nous donner précisions.

« Pour moi la lecture des anciens numéros de Doc(k)s provoque toujours une sorte de joie furieuse. Ce remuement, ce bruit à la fois typographique et visuel est riche de son nombre, mais surtout des singularités qui forme le nombre. Cela forme une langue "doc(k)s", unique, inégalée, qui n’efface pas ces singularités, celles-ci au contraire s’amplifiant au contact les unes des autres. Lorsque j’ai découvert "doc(k)s" (début des années 80), je ne savais pas grand chose de la poésie contemporaine, rien de la performance, rien de l’art contemporain… Ces espaces, je les ressentais comme réservés, voire interdits. De là où j’étais alors, je pensais que se tricotait "là-bas" des aventures qui se vivaient ailleurs, en dehors d’une population écartée dont je faisais partie – dont je fais toujours partie, sauf que ce sentiment d’illégitimité, s’il ne m’a jamais quitté, loin d’être un frein, un blocage, est devenu au contraire un moteur pour intervenir quand je veux là où je veux… Je m’étais plongé dans Doc(k)s, sans presque jamais chercher le nom des auteurs (à quoi bon). J’étais fasciné par cette émeute de papier aux voix multiples, toutes différentes, toutes riches différemment. Fasciné par cette colère grouillante qui exprimait aussi la joie d’être dans une énergie de vivant. Fasciné par cette façon, toute nouvelle pour moi, d’affirmer, de manifester son être au monde, et de lire qu’à chaque page se réinventaient les paroles de cette manifestation. Dans cet univers hors des slogans, des directives, des cloisonnements idéologiques j’apprenais d’autres possibles subversifs, d’autres formes de radicalité qui tenaient de la poésie mais aussi de la rue, de la philosophie mais aussi du rock… je découvrais des gestes poétiques où l’on sentait la puissance des corps, qui prétendaient être de la pensée en action, qui raccourcissaient l’espace entre l’hypothèse d’un futur et la crudité vive d’un présent. C’était il y a 30/35 ans.

Aujourd’hui encore, même si je comprends mieux comment fonctionnent ces dispositifs poétiques, je ressens toujours cette même joie insurrectionnelle. Ma conviction est que Doc(k)s dégage toujours cette énergie créative, cette puissance vitale qui s’affirme du côté de la vie ; je dirais même qu’à l’épreuve des expérimentations qui ont suivi, Doc(k)s n’a cessé de prouver dans sa modernité. Doc(k)s reste d’actualité quant à sa pertinence politique et sa propension à produire les outils pour mieux penser notre présent – d’autant plus aujourd’hui, où l’espace poétique s’est muté en "milieu" poétique, qui de plus en plus développe des règles et des réflexes de docilité fonctionnariale. C’est ce qui m’a décidé à me lancer dans cette aventure éditoriale : le but n’était pas de faire une anthologie de type "archive", qui renverrait Doc(k)s au passé, ni un outil analytique (qui existe déjà, brillamment réalisé par Philippe Castellin), mais plutôt un nouveau Doc(k)s fabriqué avec les anciens, en recueillant au fil de la lecture les gestes qui me paraissaient encore riches de cette pertinence citée plus haut, en jouant de nouvelles confrontations, en réinterprétant parfois typographiquement certains gestes (essayant ainsi d’imaginer quels codes visuels aujourd’hui seraient les plus proches, les plus justes en regard de ce que le poète a voulu signifier en utilisant les codes en vigueur à son époque – "jeu", manipulation que souvent les doc(k)ers espèrent chez les lecteurs, raccourcissant au maximum l’espace entre poète et récepteur), en prélevant parfois une page, une citation d’un ensemble, etc. Ce "Doc(k)s morceaux choisis" est en fait et "avant tout" l’aventure d’un lecteur de Doc(k)s, et d’un lecteur qui avait le recul nécessaire pour faire ce travail (2014 – 1989 = 25 ans !). Le lien avec Julien a été minimal : après acceptation – et joie semble-t-il – de ce projet, il n’a voulu participer ni au choix des interventions, ni aux réflexions qui ont donné naissance à l’objet. Fidèle en cela à son fonctionnement habituel : "Fais ce que tu veux, mais ensuite nous parlerons, car lecteur tu es autant responsable de ta lecture que moi poète de ce que j’ai donné à lire". Sa seule intervention a été d’écrire, en guise de postface… un préambule – ce dérèglement spatial déjà est une jolie façon de se situer : ni derrière, ni devant… mais en compagnonnage attentif, fidèle mais insubordonné. Le lien avec Stéphanie Éligert a été singulier : si elle connaissait bien entendu cette revue, elle n’en était pas une "spécialiste", ne l’ayant abordée jusqu’ici que par fragments, au hasard des rencontres et des lectures. Ma proposition était simple : je lui ai envoyé un jeu d’épreuves, en lui demandant si elle pensait que l’édition d’un tel ouvrage pouvait être opportun aujourd’hui, si en regard de notre actualité ce "Doc(k)s morceaux choisis" gardait sa pertinence… et son impertinence. Et, si tel était le cas, je lui demandais d’écrire sur ce qui, pour elle, rendait ce livre toujours "opérant" – ce qu’elle a fait, à ma plus grande joie, avec une approche de la lecture de Doc(k)s par le biais des sciences de la balistique. Le lien avec l’actuel Doc(k)s n’a pas existé. Car ce n’était pas le sujet. Si Philippe Castellin et Jean Torregrossa, doc(k)ers de la première heure, sont présents dans l’ouvrage ; si l’existence de la troisième série de Doc(k)s dirigée par eux, est bien entendu citée (par Julien Blaine, par Stéphanie Éligert et par moi-même) ; et si le travail théorique mené par Philippe Castellin a certainement participé à enrichir ma lecture de Doc(k)s (et par la même, incidemment, influer sur mon choix), Doc(k)s troisième vie, tout en s’inscrivant dans une continuation, signe aussi une positive rupture (positive en ce que Doc(k)s changeant de main, n’essaie pas de répéter mais propose autre chose) avec de nouvelles stratégies, de nouvelles collaborations, la prospection de nouveaux espaces, etc. Et ce n’était pas mon propos de parler de cela. De plus, comment intégrer ici une histoire qui est en train de s’écrire? Pour finir, et non sans avoir longuement hésité, j’ai préféré ne pas faire appel à aucun Doc(k)er de la première heure pour commenter l’aventure doc(k)sienne, de peur qu’ils ne pèsent et n’atténuent la vivacité des gestes poétiques, et pensant que ce n’était pas le lieu…

« Newer PostsOlder Posts »

Powered by WordPress