Libr-critique

23 octobre 2016

[News] News du dimanche

Après un Libr-carnet critique qui revient sur le Nobel de littérature et s’interroge sur la production littéraire actuelle, pleins feux sur les parutions P.O.L et l’agenda de NOVARINA fin octobre et novembre.

Libr-carnet critique /Fabrice Thumerel/

Revenons brièvement sur les réactions propres au pôle autonome suite à l’annonce du prix Nobel de littérature, attribué à une figure du rock qui, jouant les trouble-fête, refuse toujours de souscrire au protocole académique. S’arc-boutant au credo avant-gardiste de la transdisciplinarité, bon nombre se donnent à bon compte une image d’esprit ouvert – versus les réactionnaires, ça va de soi – en posant comme une évidence ce paralogisme : les avant-gardes ont fait tomber les barrières interdisciplinaires ; Bob Dylan est un novateur dans un champ disciplinaire autre que la littérature ; donc, Bob Dylan peut être rattaché aux expérimentaux du champ littéraire, et par là même recevoir le Nobel. CQFD.

Ce Qui est une Fausse Direction : qu’une création originale puisse voir le jour en déjouant les codes et les étiquettes du champ littéraire par des emprunts à d’autres pratiques artistiques ne revient pas à préconiser que ce qui est reconnu comme valeur dans un espace particulier (la chanson, par exemple) puisse conquérir des bénéfices symboliques dans un espace occupant une position plus prestigieuse.

Un bon exemple de récupération-confusion post-postmoderne ou hypermoderne, en somme.

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Les époques vides sont celles qui ne savent pas inventer un regard neuf, affirme Sartre dans Situations, I. Est-ce le cas aujourd’hui (c’est une vraie question, qu’on ne saurait balayer d’un revers de la main en proférant l’habituel anathème de "réactionnaire"), aujourd’hui où la codification de la fiction est des plus abouties ("polar", "SF", "heroic fantasy", etc.) ; où le label "roman" est plus que jamais la formule commerciale miracle ; où est estampillé "poésie-expérimentale" tout recyclage de matériaux divers (cut-up pour tous !) ?

Les parutions de P.O.L en novembre 2016

â–º Joël Baqué, La mer c’est rien du tout
Ce livre est constitué de micro-textes qui racontent l’enfance de l’auteur, sa carrière de policier, profession qu’il exerce encore aujourd’hui. Il décrit sa découverte de la littérature à partir d’un livre trouvé sur la plage où il travaillait comme maître-nageur-sauveteur des CRS. Ses souvenirs professionnels, parfois durs, souvent insolites, côtoient des constats, tendres et amusés, sur les enfants et sur nombre de situations du quotidien.
Des figures récurrentes traversent ce récit éclaté (les parents, une soeur aînée d’une rare beauté) et une même langue simple et précise, doucement ironique s’y fait entendre, lui donnant son unité et sa force. Une existence est ainsi reconstituée au fil des pages, dans un livre où l’expérience particulière rejoint le destin commun, un peu comme l’étaient les « Je me souviens » de Georges Perec.

â–º Hubert Lucot, La Conscience
C’est un des sales privilèges de l’âge que de voir mourir autour de soi, avant de se retrouver soi-même face à l’épreuve… Hubert Lucot n’est pas épargné et ses livres en portent la trace depuis la maladie et la mort de sa femme, AM, son inspiratrice si souvent, et de sa soeur (« Je vais, je vis »et « Sonatines de deuil »). A ces récits il ajoute des commentaires et des considérations extrêmement percutants sur le monde tel qu’il va ou plutôt ne va pas, il évoque les souvenirs des disparus ou disparaissant, et tisse ainsi une tapisserie riche, si contrastée, dont le temps est la trame. Cette fois la figure centrale de son nouveau livre qui en raconte encore une fois la maladie et la mort, c’est Thierry Fourreau, cher aux éditions P.O.L puisque lorsqu’il est mort, en mai 2015, cela faisait plus de vingt-cinq ans qu’il y travaillait.

â–º Nathalie Quintane, Que faire des classes moyennes ? (essai)
En 1697, John Locke avait trouvé plein de bonnes idées pour occuper les pauvres. Il les résumait dans un bref exposé : « Que faire des pauvres ? » Aujourd’hui, réduits à une foule semi-clandestine ou noyés dans la Méditerranée, les pauvres ne semblent plus être une question. D’après Nathalie Quintane, le véritable problème des sociétés modernes, ce sont les classes moyennes. Nourri par une foultitude de documentation récente disponible virtuellement ou sur du papier, adossé aux meilleurs auteurs, parfois abondamment cités (Nietzsche, Debord, Ballard, aussi bien que Lojkine, Huelin ou Brustier), Que faire des classes moyennes ? nous aide clairement à comprendre en quoi les classes moyennes concourent à l’état déplorable de la société tout entière et peut-être du monde. Obsessions éducative et résidentielle, compréhension biscornue de ce qu’est la culture (sans parler de l’art), dépolitisation endémique… comment une population aussi bizarre parvient-elle à se considérer comme normale, renvoyant dès lors les autres à l’anormalité ? Et si les classes moyennes étaient les seuls et véritables ennemis de la démocratie ?… Un texte à la fois allègre et assassin, d’autant plus allègre qu’il est assassin ; d’autant plus assassin qu’il est allègre…  

Le 28 octobre à 20H30, Nathalie Quintane sera au Vers libre (1, rue basse des Halles 44190 Clisson).

â–º Dominique Meens, Mes langues ocelles
Dominique Meens s’est toujours passionné pour les oiseaux (voir, entre autres, les trois tomes chez Allia, de sa très réputée « Ornithologie du promeneur »). « Mes Langues ocelles « se situe dans le sillage de cette passion. Comme l’auteur a bien dû, et pas mal, se déplacer pour les entendre, ces oiseaux, c’est un ouvrage qui se déplace beaucoup entre l’essai, le dialogue, le poème, et qui de même déplace beaucoup. On dit si bien : la question est déplacée. Et c’est encore une fois un régal d’insolence, d’érudition et de culture, de virtuosité littéraire.
Un mot de son dessin. Ce livre arrange son fil comme on faisait autrefois les pelotes de laine. Il danse en huit autour d’un vide, celui, on ne s’en étonnera pas, de ces langues
supposées. Le lecteur pourra l’augmenter de l’audition des enregistrements effectués par l’auteur et mis à sa disposition sur Internet. Emporter sa lecture dans les bois pourrait être une solution plus adéquate encore.

 

Agenda NOVARINA

â–º Exposition Valère Novarina, du 1er au 29 octobre 2016 à la Bibliothèque universitaire de l’Université de Lorraine – Metz

…je dessine le temps, je chante en silence, je danse sans bouger, je ne sais pas ouÌ€ je vais, mais j’y vais […] pour m’épuiser, pour me tuer, pour mettre au travail autre chose que moi, pour aller au-delaÌ€ de mes propres forces, au-delaÌ€ de mon souffle, jusqu’aÌ€ ce que la chose parte toute seule, sans intention, continue toute seule, jusqu’aÌ€ ce que ce ne soit plus moi qui dessine, écrive, parle, peigne…

Dans le cadre des journées Langues & Langages en dialogue, organisé par les j.e.c.j.-lorraine
Plus d’informations : http://jecjlorraine.fr/

â–º Le Vivier des noms à Marseille, les 4 et 5 novembre 2016 au Théâtre de la Joliette

texte, mise en scène et peintures de Valère Novarina

avec
Julie Kpéré
Jean-Marc Mondésir
Dominique Parent
Claire Sermonne
Agnès Sourdillon
Nicolas Struve
Ivan Hérisson
Valérie Vinci
Un musicien sur scène Christian Paccoud

Théâtre Joliette-Minoterie
2 place Henri Verneuil – 13002 Marseille
04 91 90 74 28
Plus d’informations : http://www.theatrejoliette.fr/spectacle/le-vivier-des-noms

23 octobre 2015

[Chronique] Je fêlé (à propos de Mathias Lair, Ainsi soit-je), par Jean-Paul Gavard-Perret

Mathias Lair, Ainsi soit je, Editions La Rumeur Libre, Sainte Colombe sur Gand, été 2015, 80 pages, 15 €, ISBN : 978-2-35577-093-7.

 

Reprenant la grande problématique beckettienne du "je qui ça / jamais là où"; Mathias Lair a suffisamment à faire avec ce pronom sans aller chercher à savoir si "je est un autre". Il faut en effet, si l’on peut dire, commencer par le début sans pour autant "tarauder du côté de la nuit sexuelle" chère à Quignard – qui d’une certaine manière est une vue de l’esprit. Même si c’est bien là que tout a commencé.

Loin de l’insouciance joyeuse d’une belle ode au "je" (qui fuit comme une anguille), il s’agit pour Mathias Lair sinon de le rassembler du moins de comprendre d’où il sort. Le texte est donc contemporain d’un éclatement, d’une aliénation insécable à l’être sans pour autant prétendre ne caresser que sa fracture. Pour autant l’auteur ne tente pas de guérir ce qui sépare mais de retourner à ce qui fonde la séparation vaguement cautérisée (le plus souvent – Beckett faisant exception) à travers la langue maternelle – langue en partie morte. Le tout selon une perspective contiguë aux travaux de Novarina et de Prigent.

Dès lors, la structure même des textes casse le discours pour rouvrir la relation au difficilement conceptualisable et à la sémantique. Les deux ne proposent à réduire que le "je" à un ensemble logique. Il efface la complexité de l’être, de sa pensée, de sa relation au non-être. En effet, dans le langage constitué existe une masse de cendres qu’il s’agit d’abord de « souffler ». Lair fait donc retour non seulement à Beckett déjà cité mais à celui qui lui fut proche : Blanchot en son écriture de désastre. C’est sur cette « catastrophe » que repose « Ainsi soit je » – notons au passage l’importance de la troisième personne dans le subjonctif du verbe être.

Mathias Lair tente d’identifier ce qui peut l’être afin de « parler     à son pas ». Où il n’y a pas de papa  ni de mère sans pour autant chercher à tuer cette dernière, même si c’est pour Lair d’où vient (en partie) le problème.  D’où cette langue en morceaux et fractures centrales (dans chaque vers) pour « castrer      le sens de / son natif utérus ». Le vœu est pieux mais il permet au discours non de continuer mais de trouver ce fameux « pas », voire ce « pas au-delà » (Blanchot).

Face à l’inidentifiable du « je » perdu (ou jamais né ?), Mathias Lair évoque comment  le disparu à la fois persiste, résiste et reste inaccessible. C’est donc autour de cette absence-présence que s’organise le poème et ses notations ouvertes. A travers elles Mathias Lair espère « Le désêtre     ouvert  / par le chant » tout en soulignant les limites de cet espoir : « vague / promesse », a-t-il soin de préciser.

Il ne s’agit donc pas de ramener dans et par le langage quelque chose qui serait enfoui. D’une part parce que ce magma reste difficilement extirpable et d’autre part parce qu’il ne s’agit pas de faire de la poésie un livre de clés qui permettrait d’atteindre une placidité discutable de l’être. Le texte tente surtout de « photographier »  l’état des lieux du « je » fondé sur une fracture première, d’une coupure. Elle donne la vie mais pousse parfois l’être à s’abstenir dans ce qu’on a nommé parfois « une présence in absentia ». En cet état le scénario existentiel tangue entre « y vais je » et « vient-il ». C’est donc ce « moi » douteux que Lair met sous les yeux. A nous d’en faire bon usage.

25 octobre 2014

[Livre] Valère Novarina, Observez les logaèdres !

Le dernier Novarina réunit la version pour la scène du Vrai sang (3e version du texte depuis 2006) et trois essais : "Une pierre vide", "Le Déséquilibre spirituel" et "Mercredi des cendres".

Valère NOVARINA, Observez les logaèdres !, P.O.L, 2014, 320 pages, 14,50 €, ISBN : 978-2-8180-2085-2.

 

VN : Valère Novarina / Voie Négative – "La passion est une voie négative : je dois passer par la défaite de tout le théâtre humain. Toutes nos idoles sont mises têtes en bas" (p. 110). Pour l’écrivain comme pour le comédien, cette Voie Négative est une ascèse : "Je est le contraire du moi. Je réclame le vide" (42). À méditer en ce temps d’individualisme et d’identitarismes…

En plus de la version pour la scène du Vrai sang, ce volume propose ainsi un prolongement aux précédents essais poétiques (Devant la parole, Lumières du corps, L’Envers de l’esprit, La Quatrième Personne du singulier) : une réflexion critique sur le langage, la poésie et le théâtre ; une méditation philosophique et théologique ; un (r)appel à l’insoumission… À tous les communicants avides de spectacle : "Mettez fin-enfin ! tout-de-suite ! au dévidage et à la déclinaison de l’homme en chapelets d’humanoïdes stabulés, quantifiés un à un, anthropo-prototypisés de fond en comble ! Cessez de nous sur-et-sous-définir et comptabiliso-quantifico-périmétrer, mensurer, sous tous les angles !" (14). Si nous voulons demeurer vivants, suivons ces consignes : "la ménagerie humaine, la fuir. Les sigles, signes, étiquettes, le fléchage humain, l’effacer" ; "nous défaire de toutes les singeries humaines, les détisser patiemment. Voir autre. Penser l’homme en marionnette morte et animal pas là" (p. 14-15).

Observez les logaèdres ! nous rappelle que le théâtre n’est pas un lieu de spectacle, mais un réceptacle spirituel qui fait advenir le sujet, un lieu où se défait la figure humaine et d’où l’on voit la matière vive du langage : "Les logaèdres sont les cellules du langage – phrases, lettres, mots, séquences d’un raisonnement, scènes de la pensée – qui, assemblées et désassemblées sous nos yeux, en font un organisme vivant" 89).

© Arrière-plan : photo du Vrai sang à l’Odéon par Alain Fonteray (2011).

19 octobre 2014

[News] News du dimanche

Ce soir, nos livres reçus vont vous faire passer de longues et riches soirées d’automne (Sivan/Pennequin, Fuente/Lahontâa, Filhol, Salzarulo). Ensuite, nos Libr-brèves variées : Collège international de philosophie, Prigent, Quintane, Novarina, Delaume/Grell…

 

Libr-livres reçus /FT/

â–º Jacques Sivan / Charles Pennequin, Alias Jacques Bonhomme, Al dante, été 2014, 104 pages, 20 €, ISBN : 978-2-84761-734-4.

 "Tout n’est désormais que gestion de stocks turnover petits business et grandes détresses" (p. 15).

Cette jacquerie d’un temps et d’un genre nouveaux est d’une inventivité verbale et iconographique assez rare : ce montage critique qui ressortit aussi bien à l’univers des jeux vidéos qu’aux poésies du dispositif ou aux dessins satiriques nous plonge dans un monde violent labellisé SF, une dystopie qui nous rappelle notre réalité mondialisée, ne serait-ce qu’au travers des financiers de la Goldman’s Sack

 

â–º Laurence de la Fuente & Bruno Lahontâa, Performances éthologiques de Font, préface de Arnaud Labelle-Rojoux, éditions de l’Attente, septembre 2014, 100 pages, 19 €, ISBN : 978-2-36242-051-1.

Ces performances éthologiques d’un drôle d’artiste – Font ! – sont des plus singulières : entre poésie loufoque et théâtre burlesque, elles nous invitent à observer la comédie humaine du point de vue animal. On découvrira donc de curieuses notions : "cinèse", "cleptobiose", "cronisme", "effet Coolidge", "mimicrie", "(nécro)phorésie"… Un passage irrésistible : "J’ai remarqué depuis peu que le port d’une tête de cheval lors de mon footing quotidien induit chez moi une accélération de cadence mais provoque malheureusement des changements de direction inopinés potentiellement dangereux" (38)…

 

â–º Élisabeth Filhol, Bois II, P.O.L, septembre 2014, 264 pages, 16,90 €, ISBN : 978-2-8180-2045-6.

"Il y a bien longtemps qu’un personnel n’est plus une ressource que l’on cultive" (p. 82).

Bois II, ou la liquidation d’une entreprise familiale sur fond de mondialisation – OPA et autres manœuvres… L’âge du profit immédiat n’est rien d’autre que la négation de quelque 465 millions d’histoire – ce qui explique le tableau géologique inaugural. C’est dire que la réalité économique s’impose au détriment de tout autre aspect (géologique, sociologique, humaniste…). Doit-on se résigner face à ce fatum posé comme inexorable ? L’auteure de La Centrale accompagne la résistance d’une communauté organisée autour du comité d’entreprise : la force d’un "nous", la rotation des points de vue et l’intensité dramatique mettent efficacement en scène l’aventure d’un collectif qui enfreint la loi en occupant l’entreprise et en retenant contre son gré le responsable de la débâcle.

â–º Piero Salzarulo, En attendant Hypnos, Passage d’encres, coll. "Trait court", automne 2014, 20 pages, 5 €, ISBN : 978-2-35855-104-5.

Si ce grand insomniaque qu’était André Gide redoutait la veille imposée, en revanche Louis-Ferdinand Céline lâche cette confidence dans Mort à crédit : "si j’avais bien dormi toujours j’aurais jamais écrit une ligne"…
On gagnera à lire les courts opus de cette collection stimulante dans l’ensemble.

 

Libr-brèves

â–º Merci de signer et de faire circuler la pétition pour sauver le Collège international de philosophie.

â–º Christian PRIGENT – Le premier volet des "Six jours autour de Christian Prigent à Cerisy" est en ligne sur le blog Autour de Christian Prigent. Quant à la mise en ligne des numéros entiers de la revue TXT, le blog Cantos Propaganda en est au n° 3/4.

â–º Nathalie QUINTANE – Le numéro 157 du Matricule des Anges qui vient de paraître comporte un dossier sur Nathalie Quintane : "Son oeuvre défait les tiroirs et les rangements à idées. Sous le désordre apparent des choses, la vie retrouve une intensité joyeuse. Et combative. Nouveau livre à paraître : Les Années 10". / Écouter Nathalie Quintane sur La Vie manifeste : "Réinjecter de la politique dans la littérature".

â–º Jusqu’au 2 novembre 2014, exposition d’Ann Loubert et de Clémentine Margheriti. Samedi 25 octobre à 16H, lectures de Christophe Grossi, Jacques Moulin et Valère Novarina : halle St Pierre à Paris (2, rue Ronsard 75018). (Vient de paraître : Portique, poème de Jacques Moulin ; dessins d’Ann Loubert).

â–º Conférence lecture Chloé Delaume / Isabelle Grell, vendredi 14 novembre 2014 à 20H, Médiathèque François Mitterrand à Tours (2, esplanade Mitterrand : 02 47 54 30 46 – ou 30 42).

21 juillet 2014

[News] Libr-vacance (1)

 Ce premier Libr-vacance entame la dernière semaine de LC avant la pause estivale de quelques semaines : Libr-Net (Noam Chomsky sur Mediapart : "Dix stratégies de manipulation de masses" ; les blogs de Didier Moulinier et Autour de Christian Prigent) ; Libr-10 (10 livres reçus ces derniers mois à lire absolument). Avant les surprises et très riches heures de la reprise, profitez de cette relâche estivale pour reparcourir la UNE à la recherche des posts perdus…

Libr-Net

â–º Autour de Christian Prigent : après la "Présentation du fonds Prigent à l’IMEC" par Typhaine Garnier et la chronique de Fabrice Thumerel intitulée "Autour de Christian Prigent à Cerisy", se préparent "Six jours autour de Christian Prigent à Cerisy" (6 posts qui viseront à éviter la célébration/commémoration/amicale-de…).

♦ Les Rencontres littéraires en Haute Provence 2014 sont réparties sur cinq soirées de mai à septembre, dans différents lieux privés ou publics de la CCPFML, sur le thème : "Avant-gardes. Et après ?" Deuxième rencontre : la revue TXT présentée par Christian Prigent, Éric Clémens et Jacques Demarcq. Lectures par les écrivains.
Centre d’art contemporain Boris Bojnev – caves à Lulu, samedi 26 juillet de 17 h à 20 h (04 300 Forcalquier ; tél. : 04 92 73 06 75 – 06 03 50 51 39 & yves.bical@orange.fr).

♦ Par ailleurs, on (re)découvrira La Femme couchée de Philippe Boutibonnes, dispositif/lecture publié en 1974 dans la Collection Génération, avant même que le poète et peintre ne rejoigne la revue TXT : http://cantos-propaganda.blogspot.fr/2014/07/philippe-boutibonnes-la-femme-couchee.html?spref=fb

â–º Plus que jamais, il nous faut méditer les "dix stratégies de manipulation de masses" qu’analyse Noam Chomsky – et que rapporte Mediapart.

â–º À méditer également, l’article de Didier Moulinier sur son blog : "En-résistance. Au-delà du principe de Révolte"

« Le principe d’une "désobéissance civile globale homéopathique" – non-violente, ponctuelle, concertée, mais générale – est la seule réponse globale d’envergure face à la forme d’oppression, elle-même généralisée, qui prévaut aujourd’hui : le HARCELEMENT (moral, commercial, sexuel, économique, administratif). Variante vulgaire, non dissimulée, de la suffisance philosophique. »

 

Libr-10 : livres lus et recommandés par LC

â–º Valère NOVARINA, Observez les logaèdres !, P.O.L, mai 2014, 320 pages, 14,50 €.

VN : Valère Novarina / Voie Négative – "La passion est une voie négative : je dois passer par la défaite de tout le théâtre humain. Toutes nos idoles sont mises têtes en bas" (p. 110).

En plus de la version pour la scène du Vrai sang, ce volume propose un prolongement aux précédents essais poétiques (Devant la parole, Lumières du corps, L’Envers de l’esprit, La Quatrième Personne du singulier) : une réflexion critique sur le langage, la poésie et le théâtre ; une méditation philosophique et théologique ; un (r)appel à l’insoumission… À tous les communicants avides de spectacle : "Mettez fin-enfin ! tout-de-suite ! au dévidage et à la déclinaison de l’homme en chapelets d’humanoïdes stabulés, quantifiés un à un, anthropo-prototypisés de fond en comble ! Cessez de nous sur-et-sous-définir et comptabiliso-quantifico-périmétrer, mensurer, sous tous les angles !" (14).

Observez les logaèdres ! nous rappelle que le théâtre est un lieu spirituel qui fait advenir le sujet, un lieu d’où l’on voit la matière vive du langage.

 

â–º Pierre GUYOTAT, Joyeux animaux de la misère, Gallimard, "NRF", mars 2014, 416 pages, 21,50 €.

Suite aux trois récits autobiographiques en prose classique (Coma en 2006, Formation en 2007 et Arrière-fond en 2010), Pierre Guyotat nous offre un nouveau livre en-langue, avec queues et que (que explétifs), mais cette fois avec pour arrière-plan un univers dystopique… Dans ce texte au titre oxymorique, place à l’animal ! Là, tout n’est que désordre et putains (au masculin pluriel) : pour l’auteur d’Eden Eden Eden comme pour celui du Miracle de la Rose, la poésie est l’art d’utiliser la merde et de vous la faire bouffer
« – "la fleur je l’ai trouvée vivante sous étron vivant, ma poulette, attends j’y ouvre ma paume te la faire sentir, ma promesse te la mettre à l’oreille…" – "aiah, quelle odeur de la mort, dans ta main, chérie, bête ou homme ?" – "que toi, moi morts, la monte continue, nous transformés en chiens ou pythons, ou cancrelats, ou rats, singes…" » (p. 51).

 

â–º Annie ERNAUX, Regarde les lumières mon amour, Seuil, "Raconter la vie", printemps 2014, 78 pages, 5,90 €.

Qu’on ne se laisse pas induire en erreur par le titre, tiré d’une phrase rapportée à la page 40 (celle d’une jeune maman à sa petite fille) : il s’agit évidemment, non pas d’une bluette, mais d’un ethnotexte qui s’inscrit dans le prolongement de Journal du dehors (1993) et de La Vie extérieure (2000) : "Pas d’enquête ni d’exploration systématiques donc, mais un journal, forme qui correspond le plus à mon tempérament, porté à la capture impressionniste des choses et des gens, des atmosphères. Un relevé libre d’observations, de sensations, pour tenter de saisir quelque chose de la vie qui se déroule là" (p. 16-17). Ce journal doit son intérêt à la tension qui l’anime entre regard critique et regard contemplatif lié à un fantasme d’indistinction.

 

â–º Jean Louis SCHEFER, Les Joueurs d’échecs, P.O.L, printemps 2014, 96 pages, 16 €.

"Que porte notre attachement à  la peinture ?"

Revenant sur l’analyse structurale menée en 1969 d’un tableau allégorique de Pâris Bordone, Les Joueurs d’échecs (1540), Jean Louis Schefer nous offre une subtile réflexion esthétique qui nous emmène également en territoires poétique et cinématographique.

 

â–º Lucien SUEL, Je suis debout, La Table Ronde, printemps 2014, 152 pages, 16 €.

Il y a tout Suel dans Je suis debout : poésie visuelle et poésie orale, tradition et modernité, lyrisme et formalisme, passion du terroir et passion de l’Amérique, haïkus et beat generation, pastiches et parodies…

Je revenais de loin. Tous les Boches crevaient ;
Le pâle Otto aussi trempait dans la bataille ;
Il allait sous le ciel, il criait "Aïe ! Aïe ! Aïe !
Oh ! la la 8 Que j’ai mal ! Mon bidon est troué !"

Sa tunique-culotte avait des gros boutons […]

Ça ne vous dit rien ?

 

â–º Karmapoker, texte de Nicola de Marchi et dessins de Filippo Vannini, éditions Dasein, Paris-Lugano, automne-hiver 2013, 80 pages, 18 €.

Avec pour fil rouge le portrait d’une figure emblématique, le scammer (arnaqueur, fraudeur, escroc) – terme apparu dans les nineties, en pleine expansion de la new economy -, ce "manuel du superflu, ou micro-odyssée, ou bien article de luxe pour fauchés" développe une réflexion poétique/philosophique/ludique sur le temps présent. Comme jadis celle du théâtre ou du jeu (déjà), la métaphore du (karma)poker permet en effet de rendre compte de notre vie ("au poker comme dans la vie, la roue (du karma) tourne") dans un monde régi par des stratégies plus ou moins retorses, le pari et le risque, le crédit, le bluff ("une part de saloperie et trois parts de rêve"), la précarité…
Où l’on croise le concept de "sérendipité" et retrouve les antinomies liberté/destin, hasard/déterminisme…

 

â–º Isabelle ZRIBI, Quand je meurs, achète-toi un régime de bananes, Buchet-Chastel, printemps 2014, 112 pages, 11 €.

La phrase du titre fait partie du legs que la narratrice a reçu de sa grand-tante, Stevenson (homonyme de l’écrivain), tout comme cette autre : "une vie peut être vécue en ne lisant qu’Ulysse" (p. 30)… À coup sûr, ce récit critique à la première personne jette une peau de banane dans le jardin éditorial : "les éditeurs ont renoncé à la littérature"… Des éditeurs auxquels, renversant les rôles, elle envoie des lettres de refus savoureusement drôles. Les heureux z’élus des pros de "la machine à oubli" ne sont du reste pas épargnés non plus : "Les écrivains publiés […] choisissent d’écrire pour la même raison qu’ils préféreraient l’inhumation à la crémation : pour occuper davantage de place"… À coup sûr, bien qu’elle "habite une coque de métal, un bunker à l’abri des émotions", cette solitaire pas toujours solidaire ne manque pas de banane !

 

â–º Laura VAZQUEZ, À chaque fois, éditions derrière la salle de bains, printemps 2014.

Dans ce texte-accordéon édité avec goût, on retrouvera un agencement répétitif made in Vazquez. Et chaque fois qu’on lit du Vazquez, quelque chose vous emporte.

 

â–º Kenneth WHITE, Panorama géopoétique, entretiens avec Régis Poulet, Éditions de la Revue des Ressources, été 2014, 126 pages, 10 €.

Dans un espace mondial saturé, le poète traite des rapports entre poésie et paysages ; géopoétique, géopolitique, géobiologie et géophilosophie… Dans ce petit volume d’entretiens stimulant, il est également question de critique littéraire, des approches bachelardienne et blanchotienne, de géographie littéraire…

 

â–º Jean-François PERRIN, Rousseau, le chemin de ronde, éditions Hermann, printemps 2014, 476 pages, 26 €.

Bien avant les Modernes, Rousseau avance : "Il faudrait pour ce que j’ai à dire inventer un langage". Son opéra fabuleux à lui est un spectacle mental qu’il lui faut mettre en forme. Et le critique de rapprocher Rousseau de Modernes comme Baudelaire, Flaubert, Roussel, Rilke…

Langue et affect, langue et mémoire, langue et sujet : tels sont les sujets majeurs qu’aborde littérairement et philosophiquement cet essai au ton personnel signé par un spécialiste de Rousseau – livre de gai savoir qu’on lit d’une traite.

16 février 2014

[News] News du dimanche

Ce soir, un spécial Lucien SUEL, dont l’actualité est riche ; puis, nos Libr-événements : Novarina à la Maison de la poésie de Paris, Poésie Armée à Manifesten/al dante (Marseille) et soirée électro-acoustique à DATABAZ (Angoulême). De quoi attendre le printemps poétiquement…

 

Spécial Lucien SUEL

Deux nouveaux livres sortiront en librairie, le même jour, le 6 mars 2014 : « Le lapin mystique » un roman circulaire aux éditions de La Contre allée et « Je suis debout », anthologie poétique (1986-2013) à La Table Ronde. Soirée de présentation de ces deux ouvrages à Lille (voir ci-dessous).

Pour mémoire, deux autres livres sont sortis en 2013 : « L’avis des veaux » chez L’âne qui butine et « Flacons, flasques, fioles… » aux éditions Louise Bottu.

Toujours pour mémoire, les deux premiers romans « Mort d’un jardinier » et « La patience de Mauricette » sont disponibles en collection de poche (Folio-Gallimard) ; on retrouve Mauricette dans le roman « Blanche étincelle » publié début 2012 à La Table Ronde.

Deux autres projets en 2014, une édition de « Journaljardin » avec un tirage de tête rehaussé d’un dessin original de Josiane (éditions du Douayeul) et la publication des dessins de « La Limace à tête de chat » aux éditions du Téétras Magic.
Le cinquième roman « Rivière » commencé en résidence à la Maison Julien Gracq est en cours d’écriture.
Voici le calendrier des lectures publiques et des rencontres prévues en 2014 :

  • LILLE le 11 mars, à 19 h, à la librairie Le Bateau-Livre, 154, rue Gambetta, rencontre-lecture et signature à l’occasion de la parution simultanée de Je suis debout, une anthologie de poésie aux éditions de La Table Ronde et du roman Le Lapin mystique aux éditions de La Contre Allée. Soirée partagée avec Pascal Dessaint.

  • DOMREMY-LA-PUCELLE le 14 mars, à 18 h, au Centre d’Interprétation Johannique, lecture-rencontre dans le cadre du festival POEMA .

  • LILLE-HELLEMMES le 18 mars, à 12 h, à l’espace culturel du CE SNCF (attenant au restaurant d’entreprise du Technicentre d’Hellemmes), lecture-performance autour du livre « D’azur et d’acier » en compagnie du musicien improvisateur David Beausseron.

  • LA ROCHE SUR YON le 21 mars, participation au Printemps des poètes. Dans l’après-midi, rencontre avec une classe de lycée et à 19 h, apéro littéraire à la médiathèque Benjamin-Rabier (animation : Guénaël Boutouillet).

  • SAINT-JEAN-DE-MONTS le 22 mars, participation au Printemps des poètes. Dans l’après-midi, à 15 h 30, rencontre-lecture à la Médiathèque municipale (animation : Guénaël Boutouillet).

  • PARIS le 23 mars, Salon du Livre de Paris. De 13 h à 15 h, présence et signature de LS ("Le Lapin mystique", "D’azur et d’acier") sur le stand de La Contre allée (espace E94).

  • VANDŒUVRE-LES-NANCY du 28 au 30 mars, au CCAM, Scène Nationale, participation au festival POEMA . Le 30 mars, à 11h, lecture performée de L. Suel (suivie d’une lecture de Bernard Noël.)

  • LOMME le 13 avril, de 11 h à 12 h 30, à la médiathèque L’Odyssée, rencontre-témoignage autour de l’œuvre de Christophe Tarkos. Animation : association Formika.

  • BRUXELLES le 14 mai, à 19 h, 8ème festival Maelstrom, lecture à l’Amère à boire, 8, rue du Belvédère, 1050 Bruxelles. Entrée gratuite. (en compagnie e.a. de Frédérique Soumagne, Tom Nisse, Marc Perrin…)

  • VILLENEUVE SUR LOT du 16 au 18 mai, invité au Salon du Livre.

  • BARJOLS (ou BRIGNOLES) weekend du 31 mai / 1er juin, participation au festival "Les Eauditives" (association Plaine Page) (à préciser)

  • PIROU du 28 au 31 juillet, participation au festival PIROUESIE : Lecture-performance, récital Cheval 23, atelier d’écriture poétique, projection du film « Le jardin et le poète », (dates et horaires à préciser)

  • ROUEN du 26 au 28 septembre, participation au 4ème Festival « La poésie dans(e)la rue » organisée par l’association Détournements. Lectures-performées.

  • VANNES le 10 ou le 11 octobre, entre 14 h et 15 h 30, conférence à propos de Jack Kerouac, "Itinérance et poétique de l’espace" dans le cadre du Festival du haïku.

  • SAINT-OMER durant le mois de novembre, « Feuilles d’automne », une résidence sur le territoire à l’invitation de l’association « Saint-Omer en toutes lettres ».

     

Libr-événements

â–º Trois jours avec Valère NOVARINA à la Maison de la poésie Paris (Passage Molière : 157, rue St Martin 75003 Paris)

– Mardi 18 février – 19H30 : Lecture par Valère Novarina de L’envers de L’esprit et autres textes. Suivie de The animal of time, version américaine du Discours au animaux (par Chris Kayser).En savoir + : http://bit.ly/1ea5HTB

– Mercredi 19 février – 19H00 : Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire, portrait de Valère Novarina par Raphaël O’Byrne.
En savoir + : http://bit.ly/1aXtnti

– Mercredi 19 février – 20H30 : Stanislas Roquette – L’inquiétude de Valère Novarina.
En savoir + : http://bit.ly/1bseY4U

– Jeudi 20 février – 20H30 : André Marcon – Le discours au animaux de Valère Novarina.
En savoir + : http://bit.ly/1iCS7vy

Page du site sur les trois jours : http://bit.ly/1gwvokL

â–º  Mardi 18 février 2014 à 19H, MANIFESTEN (59, rue Thiers à Marseille) : Poésie armée (Jérôme Bertin, Stéphane Nowak Papantoniou, Serge Pey et Jean-Marc Rouillan).

â–º Centre DATABAZ (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier), vendredi 21 février à 20H30 : # écritures sonores électro-acoustiques (Christian Eloy / Gaetan Gromer / Edgar Nicouleau)

Un soirée de concert pour découvrir les écritures sonores électro-acoustiques de trois musiciens/compositeurs, qui travaillent avec la matière sonore du réel, qu’ils agencent, sculptent, et expansent pour vous emmener vers de nouvelles perceptions du son et du monde ….

_ Edgar Nicouleau :
Compositeur, psychanalyste.
Conservatoire de Bordeaux dans les classes de composition électroacoustique où il obtiendra en 1994 et 1995 le premier prix dans chacune des deux disciplines.
Dès 1994, il travaille en collaboration avec l’IUT génie électrique de Bordeaux I pour la création d’un capteur de mouvements, interface entre la danse et la musique : le Mididanse. Il enseignera de 1996 à 1999, l’informatique musicale au département Musicologie de l’Université de Bordeaux III. Depuis 1999, il enseigne la composition électroacoustique au Conservatoire d’Angoulême. Depuis 2000, il est membre du SCRIME (Studio de Création et de Recherche Musicale), chercheur associé au LaBri (Laboratoire de Recherche en informatique) de l’Université de Bordeaux I.
Bien que très influencé par la musique concrète du XX siècle, Edgar Nicouleau compose aussi bien à partir de sons de la vie de tous les jours, que de séquences électroniques
élaborées avec des outils interactifs. Le sujet de ses pièces est souvent en lien avec la condition humaine, la violence, la sexualité, la vie psychique en général. Très attaché à l’orchestration et à la richesse des mélanges, sa musique se veut être d’abord une aventure sonore.

_ Christian Eloy
Christian Eloy est compositeur de musique contemporaine en musique instrumentale, musique électroacoustique, musique acousmatique.
Etudes de flûte traversière et d’écriture au Conservatoire d’Amiens puis au Conservatoire national supérieur de musique à Paris.
En 1978, il fait des rencontres décisives avec l’ethnomusicologie, la musique électroacoustique, Ivo Malec, Guy Reibel, le Groupe de recherches musicales et l’Ircam.
Il devient ensuite professeur de composition électroacoustique au Conservatoire de Bordeaux, animateur de l’atelier de musique électroacoustique assistée par ordinateur du Groupe de recherches musicales de l’INA et de l’ADAC Ville de Paris. Il est chargé de cours en musicologie dans les universités Bordeaux I et Bordeaux III.
Il préside l’association de compositeurs Octandre, qu’il a fondé en 1990. Il est le cofondateur et le directeur artistique du SCRIME (Studio de création et de recherche en informatique et musique électroacoustique) implanté dans l’université Bordeaux I.
Il a composé une soixantaine d’œuvres instrumentales, vocales, électroacoustiques, et pédagogiques (contes électroacoustiques et opéras pour enfants), dont plusieurs commandes d’état, de Radio France, et de l’INA. Christian Eloy a reçu plusieurs distinctions dont le prix de la Communauté européenne "Poésie et Musique" , le prix de la " Révolution électroacoustique", le prix "François de Roubaix" au Festival mondial de l’image d’Antibes. Ses musiques sont jouées dans de nombreux pays à travers le monde.

_ Gaëtan Gromer
Gaëtan Gromer mène conjointement une activité d’écriture musicale contemporaine pour la scène et l’image, la réalisation d’installations sonores et de performances où le live electronic lui permet de créer, en temps réel, de la musique à partir de diverses sources acoustiques instantanées (émissions de radio, bruits de l’environnement, paroles du public, instruments de musique, etc.).
Il assume, depuis 2009, la direction artistique du collectif de création musicale Les Ensembles 2.2 et a été recruté par l’université de Strasbourg pour assurer les cours de musique assistée par ordinateur.
Très attiré par l’interdisciplinarité, il multiplie les collaborations avec des artistes comme Maria La Ribot, Paul Hossfeld, Germain Roesz, Zahra Poonawala, Sylvie Villaume, Léo Henry, Stéphane Perger, etc.
Il est lauréat, avec Zahra Poonawala, du prix européen d’art numérique Imagina Atlantica à Angoulême en 2012. Il se produit régulièrement sur les scènes de sa ville d’origine, Strasbourg : le Maillon, Pôle Sud, la Cité de la Musique et de la Danse, le Palais de la Musique et des Congrès, les festivals Ososphère et Artefacts, etc. Mais aussi, entre autres, au MAMCO de Genève, à l’e-Werk de Freiburg, au CAC de Vilnius, au Fresnoy de Tourcoing, à Bruxelles, Gijon, Ourense, Paris, etc.

 

 

12 décembre 2013

[Chronique-news] Valère Novarina, L’organe du langage, c’est la main

Tandis que demain, vendredi 13 décembre, a lieu à 19H la rencontre avec les auteurs à la Librairie L’Arbre à Lettres (2, rue E. Quenu 75 005 Paris), découvrons précisément ce passionnant volume d’entretiens. [Novarina sur LC : Le Vrai Sang ; Devant la parole ; L’Atelier volant ; L’Acte inconnu ; Nouvelles de Novarinie]

Valère Novarina, L’Organe du langage, c’est la main, dialogue avec Marion Chénetier-AlevArgol éditions, automne 2013, 272 pages, 29 €, ISBN : 978-2-915978-93-3.

 

"Il est stimulant de ne pas être digéré tout à fait, normalisé, absorbé et correctement étiqueté par l’industrie culturello-communicationnelle" (p. 45).

Voici la quintessence d’une œuvre monumentale, dans une architecture de paroles réparties en cinq journées inégales – et accompagnées de documents divers (dont de magnifiques photos en couleur). Destiné à un public plus large que le cercle restreint des novariniens, ce volume d’entretiens – qui fait suite, dans la somptueuse collection d’Argol intelligemment appelée "Les Singuliers", à ceux de Prigent et de Vila-Matas – retrace la trajectoire du poète, dramaturge et peintre, en mêlant les fils chronologique et thématique : les origines, les patois, la montagne ("l’instantané d’un drame" !), le sang, TXT, 68 et la politique ; la chair de la langue, les textes principaux ; Paul Otchakovsky-Laurens, le "vivier des noms", l’antinomie comique/tragique, Michel Baudinat et Daniel Znyk ; la musique, la peinture, la danse et le cirque… Dans ce kaléilogoscope novarinien, on retiendra surtout l’évolution de sa conception du metteur en scène et les révélations/modèles qui l’ont marqué : Mallarmé, Wagner, Appia, Artaud, Grotowski, le Brecht du Berliner Ensemble, Beckett, Dort, Dubuffet, Bob Wilson… le Nô, le cirque, le guignol, le théâtre yiddish…

Le titre même du volume explicite l’entreprise novarinienne : contre la réification du langage et de la pensée qu’opère la langue de la communication, le verbe poétique doit conquérir la densité de la pierre pour viser l’irreprésentable ; pour celui qui préfère au terme de "poésie" celui de "Dichtung" (densification), le poète est un denseur et les mots sont des pierres qu’on lance – leur matière étant palpable comme celle qu’informe le sculpteur ou le peintre.

De cette somme se dégage la singularité de la trajectoire : des années 70 à nos jours, Valère Novarina n’a jamais cessé de se situer à contre-courant. Ainsi, au temps où triomphent les idéologies, les théories littéraires et les metteurs en scène, celui qui n’est resté que quelques années dans la mouvance de TXT (1974-1980) se tient à distance les luttes révolutionnaires, refuse de se transformer en "Chef des Polices Théoriques" – pour détourner une formule du Drame de la vie – et fustige le théâtruscule uniformisé des metteurs en chef (métheurancènes). Et depuis la fin du siècle dernier, où d’abord le narratif fait son retour en force, avant que le théâtre postdramatique ne le relègue au second plan, il s’oriente d’un théâtre satirique de l’avant-garde engagée à une mystique de la Parole, accordant la priorité à la dramaturgie du Verbe : dans cet espace logoscopique du sacrifice, se succèdent des catastrophes rythmiques orchestrées par des acteurs qui font le mariole pour faire advenir la parle, c’est-à-dire pour être agis par le Verbe et faire surgir le négatif du monde (antimonde) et de l’homme (antihomme).

10 novembre 2013

[News] News du dimanche

Vont défiler nos livres reçus (Valère Novarina, L’Organe du langage, c’est la main ; Éric Toussaint, Procès d’un homme exemplaire) et nos nombreux Libr-événements (n° 7 de la revue Ligne 13, Joachim Montessuis à Paris, soirée Manifesten, lecture de Cendrars à Paris, lecture de Suzanne Doppelt et Daniel Loayza, Serge Pey à Mont de Marsan, Double Change, Festival des livres en tête, colloque Tiers-livre/François Bon).

Livres reçus (FT)

â–º Valère Novarina, L’Organe du langage, c’est la main, dialogue avec Marion Chénetier-AlevArgol éditions, automne 2013, 272 pages, 29 €, ISBN : 978-2-915978-93-3.

"Il est stimulant de ne pas être digéré tout à fait, normalisé, absorbé et correctement étiqueté par l’industrie culturello-communicationnelle" (p. 45).

Voici la quintessence d’une œuvre monumentale, dans une architecture de paroles réparties en cinq journées inégales – et accompagnées de documents divers (dont de magnifiques photos en couleur). Destiné à un public plus large que le cercle restreint des novariniens, ce volume d’entretiens – qui fait suite, dans la somptueuse collection d’Argol intelligemment appelée "Les Singuliers", à ceux de Prigent et de Vila-Matas – retrace la trajectoire du poète, dramaturge et peintre, en mêlant les fils chronologique et thématique : les origines, les patois, la montagne ("l’instantané d’un drame" !), le sang, TXT, 68 et la politique ; la chair de la langue, les textes principaux ; Paul Otchakovsky-Laurens, le "vivier des noms", l’antinomie comique/tragique, Michel Baudinat et Daniel Znyk ; la musique, la peinture, la danse et le cirque… Dans ce kaléilogoscope novarinien, on retiendra surtout l’évolution de sa conception du metteur en scène et les révélations/modèles qui l’ont marqué : Mallarmé, Wagner, Appia, Artaud, Grotowski, le Brecht du Berliner Ensemble, Beckett, Dort, Dubuffet, Bob Wilson… le Nô, le cirque, le guignol, le théâtre yiddish…

â–º Éric Toussaint, Procès d’un homme exemplaire. Jacques Degroote, directeur exécutif au FMI et à la Banque Mondiale pendant 20 ans, Al dante, en librairie ce vendredi 15 novembre 2013, 96 pages, 9 €, ISBN : 978-2-84761-782-5.

Exemplaire Jacques de Groote ? Au sens de figure emblématique de l’establishment mondialisé : "Au-delà des péripéties de son parcours personnel, J. de Groote symbolise les aspects profondément néfastes des politiques appliquées de manière méthodique par la Banque mondiale, le FMI et l’élite qui gouverne le monde à la recherche du profit privé maximum. La cupidité se mêle, de manière révoltante, à la violation des droits humains fondamentaux" (p. 54). Concernant la BM et le FMI, le premier des trente points que comporte le réquisitoire est des plus éloquents : "Depuis leur création en 1944, la Banque mondiale et le FMI ont soutenu activement toutes les dictatures et tous les régimes corrompus du camp allié des États-Unis" (p. 75).

Pour tous ceux qui rêvent d’un Nuremberg ciblant le banditisme financier, cette enquête documentée est des plus salutaires. Dommage qu’elle soit tout de même par trop journalistique.

Libr-événements

â–º Parution du numéro 7 de la revue semestrielle Ligne 13, dirigée par Francis Cohen et Sébastien Smirou : automne-hiver 2013-2014, 140 pages, 13 € [présentation].

â–º Mardi 12 novembre 2013 à 19H, Palais de Tokyo (avenue Wilson 75008 Paris), Niveau 1 – Le Point Perché by The Absolut Company.

Joachim Montessuis proposera en exclusivité au point Perché le 12 novembre, jour de fermeture du Palais, deux versions de son approche plastique du son, complémentaires et indissociables : deux performances-sculptures soniques spatialisées sur 12 enceintes et 4 caissons-basses.

VOCAL CODES – performance vocale bruitiste : voix+wiimote+ordinateur

"LA VOIX EST UN CODE PSYCHOTROPIQUE POTENTIEL REPROGRAMMANT LA CONSCIENCE ET LA REALITE – UNE SYNTHESE QUANTIQUE REGENERATIVE A TRAVERS UNE RESONANCE VIBRATOIRE INTERSUBJECTIVE"

LE VRAY REMEDE D’AMOUR – boîte à bourdon/guitare/max-msp.

Projet qui canalise – à l’aide d’une boîte à bourdon (vielle mécanique à 4 sons modulables), d’une stratocaster, de pédales d’effets et du logiciel max-msp – une très ancienne passion dévorante pour les musiques médiévales et les musiques modales à sons continus, ici développée en transe microtonale hypnotique, à écouter les yeux fermés et sans champignons.

Joachim Montessuis développe une pratique ouverte et contextuelle autour notamment de la voix, du son continu, du bruit et de la résonance depuis plus de 20 ans. Son travail se focalise aussi sur des processus conceptuels expérimentaux de mise en abîme de la question de l’observation et de la perception de la réalité à travers une approche non-duelle. Ses performances vocales explorent différents états de transes, à travers les potentialités extrêmes de l’amplification et des transformations électroniques du cri, du chant guttural et bruital, et plus récemment du texte lu. Il conçoit ses actions comme des poèmes-codes, processus dialogiques fertilisants.

â–º “UN ETE EN RETRAIT”, installation / exposition de Laurence Denimal, vernissage le 13 novembre à partir de 19h.

Le 30 novembre à partir de 19h, Art Action avec :

• "Performance sonore" de Laurence Denimal et Franck Barriac (son)
• "Asphyxies" avec Didika Koeurspurs, Françoise Lonquety & Laurence de Lataillade

Manifesten • 59 rue Adolphe Thiers – Marseille 1er

â–º Mercredi 13 novembre 2013, 13H-14H30 : Les écrivains lisent La Prose du Transsibérien de Blaise Cendrars.

« En ce temps-là, j’étais en mon adolescence / J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance / J’étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance… »
Ainsi commence la mythique prose transsibérienne de Blaise Cendrars, voyage poétique et chaotique de Moscou à Kharbine en 446 vers libres et hypnotiques, couchés sur un accordéon de papier coloré. Au directeur de France soir qui mettait en doute la véracité de cet itinéraire, Cendrars fit cette savoureuse réponse: «Qu’est-ce que ça peut te faire, puisque je vous l’ai fait prendre à tous?». Et comment mieux vérifier la puissance évocatrice de ce texte qu’en écouter sa lecture intégrale?
À l’occasion du centenaire de sa parution, Yves Boudier, Bernard Chambaz, Alain Jaubert et Jean-Hugues Malineau se relaieront pour vous souffler le « Froissis de femmes », le «sifflement de la vapeur» et «le bruit éternel des roues en folie dans les ornières du ciel.»

à l’auditorium du Petit Palais
Musée des Beaux-Arts de
la Ville de Paris
Entrée libre et gratuite
(métro Champs-Elysées Clemenceau)

â–º Jeudi 14 novembre 2013 à 18H, Médiathèque du Museum d’Histoire Naturelle (38, rue Jeoffrey Saint-Hilaire 75005 Paris) : Suzanne Doppelt et Daniel Loayza lisent Mouche, anthologie littéraire (Bayard, 283 pages, 18 €).

Présentation éditoriale. Elle est partout, et partout chez soi, dans nos maisons comme dans nos pensées. Un nombre impressionnant d’écrivains, d’artistes, de scientifiques lui ont consacré des textes, des images, des expériences. Dans tous les siècles : elle a déjà pris son essor quand commence la littérature, et trois mille ans plus tard elle agonise encore chez Jean Echenoz au fond d’un sucrier ou collée sur un mur chez Marguerite Duras.
Dans tous les genres : fables, poèmes, nouvelles, romans, tenace et obsédante, volatile et fugitive, échappant presque toujours au piège et à la perception, la voilà qui surgit soudain des replis d’une phrase pour peu qu’on la remarque, seule ou en bande, imprévisible, chaotique. On peut dès lors s’amuser à en collectionner quelques-unes ; cela change des papillons.

â–º Rencontre-dédicace avec SERGE PEY vendredi 15 novembre 2013, à 19h à la librairie Caractères (34 rue Frédéric Bastiat, Mont de Marsan) : Serge Pey présentera son nouveau livre, Tombeau pour un miaulement.
http://www.revuegruppen.com/gruppen/tombeau-pour-un-miaulement-serge-pey/
https://www.facebook.com/TombeauPourUnMiaulement
publié cette année aux éditions GRUPPEN.

â–º Samedi 16 novembre à la Médiathèque de Mont de Marsan, 15H : "Le Temps des assassins", performance poétique de Serge Pey, avec élastique et barricade de poèmes.

â–º Double Change vous invite à une lecture de Marie BOREL et Martin RICHET et Donna STONECIPHER le mardi 19 novembre 2013 à 19h30 à la galerie éof, 15 rue Saint Fiacre, 75002 Paris
(http://eof5.free.fr/, métro grands boulevards ou bonne nouvelle). Entrée libre.

â–º Du 25 au 29 novembre 2013, Festival des livres en tête : programme.

â–º "tierslivre.net : François Bon à l’œuvre", Colloque de Montpellier 29-30 novembre 2013, site Saint-Charles de l’université Paul-Valéry, salle des colloques 2. Comité d’organisation : Pierre-Marie Héron et Florence Thérond.

Vendredi 29 novembre

9h15 Accueil des participants. Ouverture des travaux

Séance 1 animée par : Gilles Bonnet (Lyon 3)

* 9h30 François Bon
« Le web comme doute pratique »

1997-2013 : plus de 15 ans de site sur Internet, à voir apparaître tous les 2 ou 4 mois, de nouveaux outils, de nouveaux usages. Parfois en profiter, parfois laisser se sédimenter dans le fond du site des pages fossiles. Puis accélération : et si le site devenait le travail principal, mangeait les livres autrefois publiés, en prenait le rôle ? Et qu’est-ce que ça change pour soi ?

10h15 Discussion

* 10h30 Arnaud Maïsetti (Aix-en-Provence)
« Tiers Livre : “le théâtre c’est dedans” »

Hypothèse : et si le tiers du livre n’était pas l’altérité d’un texte web, mais un théâtre ? Et si le site n’avait été que le prolongement radical d’une expérience théâtrale totale, de langue et de voix et d’images ? Laboratoire du Tiers Livre  : un théâtre dans la mesure précise où, s’il excède l’espace d’un théâtre, l’exercice de corps sur un plateau, il travaille à en prolonger toutes ses forces, et l’expérience même de sa traversée.

* 11h Stéphane Bikialo & Martin Rass (Poitiers)
« Les espaces du site : fbon et le réseau »

Bernard Noël caractérise « l’espace du poème » (POL, 1998) comme « forme vide », « qui a des bords mais pas de limites ». Nous partirons de là pour analyser l’espace du Tiers Livre comme tiers-espace et hyperespace, afin de démêler ce qui du réseau contribue à créer la figure d’un sujet de l’écriture, « fbon », à ne pas confondre avec François Bon.

* 11h30 Florence Thérond (Montpellier 3)
« Figure(s) d’auteur »

Dans et autour de Tiers Livre, François Bon construit une figure auctoriale de type nouveau, avec sa mythologie, son territoire, son système… Une aventure du web qui comporte un risque : celui de l’émiettement, d’une dilution de la figure de l’auteur dans un collectif qui pourrait finir par devenir anonyme.

12h Discussion

Séance 2 animée par : Pierre-Marie Héron (Montpellier 3, IUF)

* 14h15 Marie-Eve Thérenty (Montpellier 3)
« Tiers Livre et œuvre-monde »

D’où vient la fascination de François Bon pour les œuvres-monde d’un Rabelais, d’un Balzac, d’un Proust ? Peut-être, entre autres, de leur caractère déjà quasiment hypertextuel, annonçant un type d’écriture hyperliée qu’il met lui-même en place dans Tiers Livre. Il y a un lien à explorer entre le travail critique de François Bon, sa fascination pour ces corpus hypertextuels avant la lettre et sa propre réalisation sur le web.

* 14h45 Aurélie Adler (Université d’Amiens)
« Tiers Livre : une cartographie “des mondes parallèles” »

Depuis 1997, l’écrivain ne cesse de donner forme, par le biais des outils numériques, à des mondes juxtaposés, superposés, communicants. Attentif aux jonctions entre monde ancien (« pays dit réel ») et « nouveau monde », dit virtuel, il fait de l’écriture-web l’outil et le motif privilégié d’une exploration de la ville contemporaine. Pensé « comme une ville », Tiers Livre renvoie par ses arborescences, ses hyperliens, à l’architecture et aux voies de circulation de la ville d’aujourd’hui. Il s’agira d’étudier les procédés par lesquels François Bon entend élaborer une image de la ville contemporaine.

15h15 Discussion et pause

Séance 3 animée par : Arnaud Maïsetti (Aix-en-Provence)

* 15h45 Sébastien Rongier (Paris)
« Tiers Livre, une structure en constellation. Lecture d’un site »
Quelle lecture implique le Tiers Livre de François Bon ? Le site déjoue les logiques habituelles de lecture numérique. Véritable « écosystème de l’écriture », en même temps qu’espace d’expérimentation, il impose au lecteur une double dynamique d’infini et de profondeur.

* 16h15 Oriane Deseilligny (IUT de Villetaneuse, Paris Nord)
« Sur les traces de François Bon : le Tiers Livre, dispositif d’écritures et d’énonciations multiples »

Comment le site s’adresse-t-il aux lecteurs, comment organise-t-il différents niveaux d’accessibilité, etc. ? Consacrée aux formes d’éditorialisation du site conçu comme un dispositif total et contrôlé, l’analyse sera centrée sur l’outillage du dispositif, abordé à la lumière des notions d’énonciation éditoriale (E. Souchier), d’architexte et de trace.

16h45 Discussion

* 17h Emmanuel Delabranche (Rouen)
« c’est de l’autre soi » (vidéo-projection)

À la reprise numérique de Limite sur Tiers Livre, François Bon retouche, corrige, annote et complète le texte paru en 1985 aux éditions de Minuit. À la manière de ses écritures hebdomadaires et classées Limite devient une suite d’articles du Tiers Livre constituant un tout complexe dont chaque partie peut être lue indépendamment des autres. Autobiographie des objets comme très récemment Proust est une fiction ont suivi un processus d’écriture contraire : publiés article après article sur Tiers Livre avant de trouver place sur le papier. Tumulte était déjà de ceux-là. À la lecture des re-publications partielles de Limite sur Tiers Livre, j’ai engagé un travail en résonance en ajoutant à certaines phrases propositions ou mots sélectionnés des images comme François Bon aurait lui-même pu le faire si la parution avait d’abord été web avant d’être papier. Au-delà de ce qui est dit c’est de l’autre soi.

Samedi 30 novembre

 

Séance 4 animée par : Florence Thérond (Montpellier 3)

* 9h30 Michel Collomb (Montpellier 3)
« L’ouverture sans fin : l’usage de la photographie dans Tiers-Livre »

Sur l’écran de l’ordinateur, la page est une image que je peux explorer sous tous les angles, à volonté. Agrafées ‒ ou agraphées ‒ à cette image, des photographies que j’ouvre d’un clic. Quel est leur statut ? Elles sont sans doute reliées au texte, le suscitent ou l’illustrent, mais certaines passent à travers la maille du filet et gagnent directement l’ouverture sans fin, vers laquelle les textes s’efforcent.

* 10h Pierre-Marie Héron (Montpellier 3, IUF)
« Tiers Livre à l’oreille : la part de l’écriture audio »

Le disque, la radio, la télévision, le web : les inventions du dernier siècle ont formidablement amplifié et augmenté la présence sonore du monde. Elles ont aussi incité les écrivains, environnés de machines parlantes, traversés comme leurs contemporains, de voix, musiques, rythmes, bruits et rumeurs, à devenir des surauditifs. François Bon est de ceux-là, et pourtant, la part de l’écriture audio peut sembler restreinte dans Tiers Livre

10h30 Discussion et pause

Séance 5 animée par : Stéphane Bikialo (Poitiers)

* 10h45 Anaïs Guilet (Poitiers)
« Les web-livres de François Bon, une écriture transmédiatique »

Ma communication s’intéressera au travail d’écriture de François Bon dans ce qu’il implique de va-et-vient médiatique entre le site web et le livre (papier et numérique), et au discours de l’écrivain sur sa pratique. Nous nous concentrerons pour cela à un de ses Web-livre en particulier Prous est une fiction. Le mot web-livre recouvre chez lui des œuvres aux trajets médiatiques différents, mais qui dans tous les cas témoignent d’une virtuosité à l’égard des médias et de leur technicité que l’on trouve rarement chez les écrivains contemporains.

* 11h15 Gilles Bonnet (Lyon 3)
« On relit toujours avec de soi »

La rubrique « web-livres » de Tiers Livre regroupe des textes aux statuts divers : des œuvres nativement numériques côtoient des textes déjà publiés en version papier, puis repris, relus, parfois réécrits. Une nécessaire typologie m’amènera, dans un second temps, à accorder une attention particulière au cas de Limite, publié en feuilleton, augmenté d’un paratexte inédit, puis repris par Publie.net. Ces chantiers rouverts sont l’occasion d’une autobibliographie étroitement liée aux spécificités du Web et du « numérique comme recréation » (F. Bon).
11h45 Discussion

3 janvier 2013

[Chronique-News] Libr-13…

Faisons fi des superstitions et commençons l’année avec 13 notes dissonantes (Libr-réflexions, Libr-retours, Libr-anticipations, Libr-événements)… /FT/

[Où il sera question de Babel, de changement de / de fin du monde, de "crise"… Mais aussi, entre autres, de Samuel Rousseau, Luc Dellisse, Jean-François Amadieu, Frédéric Lordon, Sylvain Lazarus, Nicole Caligaris… Eric Chevillard, Bernard Desportes, Annie Ernaux, Jean-Michel Espitallier, Claude Favre, Pierre Jourde, Marc Perrin, Christian Prigent, Mathias Richard, Cole Swensen…]

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2 septembre 2012

[News] News du dimanche

Après la pause estivale, et avant que de découvrir le programme annoncé dans le dernier post, voici les premiers rendez-vous à ne pas manquer (revue Gruppen, Novarina au Théâtre du Rond-Point, L’Argent de Tarkos à la Gaité Lyrique, Manifesten) ainsi que le livre de la quinzaine (Acharnement de Mathieu Larnaudie). /FT/

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2 juin 2012

[Manières de critiquer] Les représentations du travail en France dans les fictions narratives contemporaines : le renouveau du « roman social »

Suite au colloque "Et voilà l’travail !", qui a eu lieu au CNAM (Paris) le 4 février dernier, et avant ma prochaine intervention à Saint-Brieuc le 18 octobre, voici la problématique de ma recherche en cours (avec corpus et bibliographie).

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20 mai 2012

[News] News du dimanche

En attendant la sortie ce mercredi du très attendu Témoignage de l’objectiviste américain Charles Reznikoff (P.O.L) et de retrouver Libr-critique ce jeudi lors de la Rencontre "La littérature hors les livres", découvrez l’époustouflant dernier recueil de Christian Prigent, La Vie moderne, ainsi que la réédition de Plateau, de Fred Griot – qui sera également présent à Lille ce jeudi 24 mai 2012. /FT/

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25 mars 2012

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de printemps, permettez-nous d’attirer votre attention sur trois parutions très récentes : Valère NOVARINA, La Quatrième personne du singulier ; Hubert GUILLAUD, De la mesure à la démesure de soi ; KILL ME SARAH, Chroniques des temps perdus et bande-son pour orgasme. Libr-campagne avec le caricaturiste Joël HEIRMAN.

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16 mars 2012

[Manières de critiquer] L’écriture au présent : tensions et irritations. Lettre ouverte à Bernard Desportes à propos de Le Présent illégitime

Bernard Desportes, Le Présent illégitime. Réflexions sur une écriture de l’impossible, éditions La Lettre volée, Bruxelles, 2012, 112 pages, 16 euros, ISBN : 978-2-87317-381-4.

Cher Bernard,

« Comment nous attarder à des livres auxquels,
sensiblement, l’auteur n’a pas été contraint ? »
(Georges Bataille, Le Bleu du Ciel).

Je tiens tout d’abord à te dire tout le plaisir que j’ai eu à lire cet essai stimulant dont le titre résonne comme un insolent (r)appel – et dont, en 2009, j’avais publié en avant-première le troisième chapitre, « Écriture et liberté. » J’y retrouve les échos de nos discussions autour de lectures et d’interrogations communes – débats passionnés, tant sont vifs chez toi l’attrait pour le théorique et le sens de l’hospitalité critique (très vite, j’ai compris que tu fais partie des rares écrivains pluridimensionnels/polygraphes : plume acérée, pensée subtile, critique engagée). Interpellé par la dédicace, j’ai voulu poursuivre un dialogue amorcé en 1999 lors d’un colloque organisé avec Francis Marcoin à l’Université d’Artois (Manières de critiquer, APU, 2001) et poursuivi lors de nombreuses rencontres, publiques ou privées, de la Journée d’études que j’ai coordonnée en 2006 (Bernard Desportes autrement, APU, 2008), ou encore du long entretien paru sur le site sous le titre de « Roman (et) critique » (2008). Ainsi impliqué, à la chronique j’ai préféré la lettre ouverte, du seul fait qu’elle correspond à la nature d’échanges placés sous le signe d’une amitié qui fait prévaloir la connivence critique sur la complaisance.

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19 juin 2011

[News] News du dimanche

Opération LIBR-VACANCE : en ces trois dernières semaines avant la pause estivale, nous préparons la même rubrique que l’année dernière ; merci de nous envoyer votre programme de vacances (lectures, spectacles, découvertes diverses) avant le 6 juillet (les premiers recevront un livre). Pour toute correspondance : libr.critik@yahoo.fr.

Découvrez en outre le riche programme à venir de LIBR-CRITIQUE et nos Libr-Brèves (HP Process et Virgile NOVARINA).

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12 juin 2011

[News] News du dimanche

Avant même que nous ne lancions l’opération LIBR-VACANCE  (votre programme de lectures et autres découvertes à envoyer à cette adresse : libr.critik@yahoo.fr), en ce week-end de Pentecôte – toujours sur fond de polémique sociale –, dans nos Libr-brèves comme nos Livres reçus, nous avons retenu des projets et publications dignes d’attirer votre estivale attention : le contre-festival Avignon 2011, le recensement du dernier livre de Dominique Quélen par Bruno Fern, le lancement du blog de L’École des lettres et l’Exposition de Pierre Tilman ; le 2e volume des Œuvres de Bernard Noël, L’Outrage aux mots (POL), Paysage parlé (éditions de la Transparence) de Valère Novarina en collaboration avec Olivier Dubouclez, et INTER, projet collectif autour de Pascal Quignard (Argol). /FT/

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