Libr-critique

7 juin 2018

[Livre – news] Sandra Moussempès, Colloque des télépathes, par Fabrice Thumerel

Sandra Moussempès, Colloque des télépathes & album CD Post-Gradiva, éditions de l’Attente, 2017, 96 pages + CD, 14 €, ISBN : 978-2-36242-067-2. [Écouter

Du côté éditorial…

Un fait divers de l’ère victorienne se dévoile en filigrane, autour des sœurs Fox qui communiquaient avec les esprits. En parallèle à cette ambiance gothique l’auteure convoque celle tout aussi étrange des années 69-71 à Hollywood, temple des sectes hippies, des starlettes en devenir et d’une idéologie inquiétante et joyeuse qui berça aussi son enfance. Comme une auto-fiction poétique caméra au poing, le récit alterne les époques, revient sur ces femmes, héroïnes amplifiées par des états modifiés de conscience.
L’album Post-Gradiva est la bande son du livre. Sandra Moussempès utilise les différentes textures de sa voix chantée qu’elle intègre à l’énonciation du poème en vocalisations narratives. Les atmosphères cinématographiques questionnent la notion de temporalité et les sensations de déjà-vu en provoquant une forme d’hypnose.

â–º On pourra rencontrer Sandra Moussempès lors de sa séance de signature ce dimanche 10 juin : Marché de la poésie à St Sulpice, stand 110-112 des éditions de l’Attente, de 15 à 17H.

Note de lecture : Du spirituel en poésie /FT/

"La nature est une maison hantée,
l’Art, une maison qui essaie de l’être
" (Emily Dickinson, citée en exergue).

"À défaut de supprimer tes pensées, capture celles qui restent
envoûtantes, mêmes placées sur une coupelle" (Colloque…, p. 16).

"Poésie : philosophie, musique partent du même axiome,
elles ne retracent pas, elles soulèvent le pot aux roses
" (p. 47).

Dans Post-Gradiva, œuvre en soi par laquelle on doit commencer, ce sont la voix et le sens qui sont suspendus : par/dans les sussurrements, chuchotements, ricanements, glissandos, vocalisations, effets sonores, boucles rythmiques… Enchantement garanti : quelle puissance hypnotique !
Post-Gradiva : celle d’après la mort du père, qui voulait qu’elle soit "la Gradiva du Château des Carpates" (54)… Gradiva posthume : la fille s’essentialise, se spitualise, éthérise sa voix pour communiquer avec le fantôme du père : "Je suis là pour voir si tu es là dans les cieux" (53)… De la poésie comme spectrographie.

Ce n’est pas un hasard si le point de départ de Sandra Moussempès se situe en un XIXe siècle auquel feront écho d’autres époques vertigineuses : l’intéressent le symbolisme ambiant, « la dimension psychanalytique de l’époque (syndrome de l’hystérie, de la conscientisation des symboles ou "retour du refoulé") », l’"esthétisme cryptique light" qui "permettait de redéfinir la notion d’une transe poétique" (35-36)… Pour l’auteure, le poète se fait spirite : contre les "subconscients plastifiés" (27), son esprit cherche "l’aura de l’ailleurs" (27), à "ouvrir des portes qui donnent sur d’autres portes" (23), à donner "sur une rue surnaturelle" (83)… Il doit viser la mise en crise des signes/signaux sociaux pour favoriser la mise en scène/voix des fantasmes et fantasmagories. D’où la prédilection affichée pour les atmosphères oniriques du cinéma.

31 mai 2018

[News] Libr-News

En attendant l’été, vous attendent : l’agenda de Prigent… les Sorcières de Dunkerque… La Traction poétique… Philippe Boisnard, une superbe soirée Ivy writers, la 12e Nuit remue… Et le 36e Marché de la Poésie, bien évidemment…

Agenda de Christian PRIGENT

— à Paris, le vendredi 08 juin, à 18 h 30 : « TXT 32 : LE RETOUR », à la galerie A Balzac à Rodin, 14 bis rue de la Grande-Chaumière, Paris (M° Vavin). Contact : revuetxt@gmail.com

— à Rennes, le vendredi 15 juin, à 20 h : lecture et discussion autour de la revue TXT, au bar le Mod Koz, 3 bis rue Jean Duhamel, Rennes. Contact : pontcerq@gmail.com 

— à Vulaines-sur-Seine, le dimanche 30 juin, à 15 h : lecture au Musée Mallarmé, 4 promenade Mallarmé, 77870 Vulaines-sur-Seine. Contact : contact@marche-poesie.com

Libr-brèves

â–º Vendredi 1er juin à 19H30, Halle aux sucres de Dunkerque : Conversation + projection + performance (dans le cadre du festival des Bibliothèques de Dunkerque "Fais pas ton mauvais genre")

AVEC : Isabelle Cambourakis – Editrice
Camille Ducellier – Vidéaste
Hortense Gauthier – Performeuse
Anne Larue – Chercheuse, écrivaine

Figure négative et puissante, symbole subversif de la révolte féminine dans les années 70, la sorcière réapparaît aujourd’hui dans les combats féministes, écologistes et anticapitalistes.

Isabelle Cambourakis dirige la collection « Sorcières », qui réunit des textes féministes historiques et contemporains. Camille Ducellier invente des images pour rêver l’obscur, dévoiler les corps et relier le politique au spirituel. Hortense Gauthier postule que « Toutes les sorcières sont des danseuses étoiles ». Anne Larue écrit des essais sur la SF féministe, des articles passionnants sur le mouvement Wicca et des romans médiévaux futuristes.

 

â–º Samedi 2 juin à Blois : cédez à la Traction poétique !

â–º Mardi 5 juin  au Monte en l’air – Paris 20ème à 19H : soirée de lancement de la collection Sur le vif des éditions Supernova dirigée par Stephanie Boubli. Y feront une lecture Benoît Toqué, Francis Lamodière, et Philippe Boisnard accompagné au violon remixé par Pauline Cottaz.

â–º Du 6 au 10 juin : 36e Marché de la Poésie : RV avec Al dante/Presses du réel au stand 110, les éditions de l’Attente au stand 110-112 ; LansKine, 610 (Beurard-Valdoye, Voïca…) ; Publie.net, 506… La revue Place de la Sorbonne est accueillie au stand des éditions Le Temps des Cerises (618)… Au stand Ent’revues, 700-704 : y seront présentes les revues Artichaut, Babel heureuse, Les Carnets d’Eucharis, Chroniques du ça et là, La Moitié du fourbi, Phoenix, La Revue des Belles-Lettres, Teste, Toute la lire.

â–º Soirée Ivy writers le 12 juin à 19H30 au Bistrot des Artistes (Paris) :

â–º Lundi 18 juin à la Maison de la poésie Paris, 21H : "Nouvelles architectures poétiques", avec David Christoffel, Jérôme Game et Laure Gauthier.

â–º LA NUIT REMUE 12e, soirée de lectures avec Fabien Arca, Delphine Bretesché, David Christoffel et Maël Guesdon, Sophie Coiffier, Séverine Daucourt-Fridriksson, A.C. Hello, Philippe de Jonckheere, Ismael Jude, Anne Mulpas, Christiane Veschambre, Gilles Weinzaepflen.
Samedi 23 juin 2018, 19h à la bibliothèque Marguerite Audoux, Paris IIIème : Depuis 2006, Remue Net organise une fois par an ses « Nuits remue », hommage bien sûr à Henri Michaux. Un rendez-vous littéraire incontournable.

11 mars 2018

[News] L’Autre salon du Livre

En fin de semaine, on ne manquera pas de se rendre à ce RV alternatif où l’on retrouvera des éditeurs/lieux de publication que nous apprécions/défendons : entre autres, Atelier de l’Agneau, éditions de l’Attente, CIPM, MaelstrÖm, Tinbad, Tituli…

UN NOUVEAU SALON DU LIVRE, salon « off Versailles », de l’autre LIVRE

Fondée en 2002, l’association l’autre LIVRE donne depuis 2008, un rendez-vous incontournable d’échanges entre et avec les éditeurs indépendants – plus de 200 en 2018 – : sur leur situation, celle du livre, de la lecture et de la marchandisation des biens culturels, le salon de l’autre LIVRE d’automne. Il s’installe pour 3 jours aux Blancs Manteaux en plein cœur du Marais, à Paris. C’est un lieu stratégique pour défendre toutes ces maisons indépendantes et une réelle possibilité de rencontrer de nouveaux lecteurs et alerter les citoyens sur la situation du livre et son rôle dans le débat d’idée et le lien social.

Il devenait urgent, afin de satisfaire un plus grand nombre d’adhérents, de proposer un second salon dans l’année. Ce sera l’autre salon, dont la toute première édition se déroulera sur trois jours, les 16, 17 et 18 mars 2018 au sein d’un autre haut lieu parisien, le mythique palais de la Femme, 94 rue Charonne, 11°, qui appartient à l’Armée du Salut.

Il tombe par hasard en même temps que le salon du livre de la porte de Versailles LIVREPARIS et fait figure de « off » avec entrée gratuite. Il n’a pas pour but d’alimenter par ses recettes les fonds de pensions américains… Son intention est bien de lier les auteurs, les éditeurs et leur public sans passer par une ringarde foire aux best-sellers alimentée par des coups de promotion exorbitants, où se bouscule un public anesthésié, inconscient des difficultés de l’édition indépendante, poussé à faire des queues de plusieurs heures pour un autographe du Prix Machin — l’un de ces Prix qu’entre Vrais Pros de l’édition on se repasse d’année en année, en bons copains qui savent se partager « le gâteau » et tous ses avantages.

A l’autre LIVRE, les lecteurs viendront parler directement avec éditeurs (dont belges et suisses) et auteurs, découvriront des genres souvent abandonnés par médias et librairies comme la poésie, les livres d’artistes, la véritable édition de création. Ouverture : vendredi 16 de 14h à 20h Samedi 17 de 11h à 20h Dimanche de 11h à 20h entrée gratuite   SITE www.lautrelivre.fr.

Une librairie est ouverte depuis plus de deux ans au 13 rue de l’école polytechnique 5° (sauf w.end)

24 septembre 2017

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche automnal, retour sur les livres reçus en été que recommande LC (et pas encore recensés), puis nos premiers Libr-événements d’octobre : Novarina ; F. Smith, L. Giraudon & J. Game ; S. Moussempès & A. Boute.

Libr-critique a reçu cet été, a lu et vous recommande (20 titres)

♦ Julien d’ABRIGEON, P.Articule, Plaine page

♦ Véronique BERGEN, Gang blues ecchymoses, Al dante ; Luscino Visconti. Les Promesses du crépuscule, Les Impressions Nouvelles ; Hélène Cixous. La Langue plus-que-vive, Honoré Champion

♦ Patrick BEURARD-VALDOYE, Le Vocaluscrit, Lanskine

♦ Jean-François BORY, Terminal Language, Plaine page

♦ Béatrice BRÉROT, SplAtch !, Color Gang

♦ Fabrice CARAVACA, Mon nom, Plaine page

♦ Laurent CAUWET, La Domestication de l’art. Politique et mécénat, La Fabrique éditions

♦ Jacques DEMARCQ, Suite Apollinaire, Plaine page

♦ Kadhem KHANJAR, Marchand de sang, Plaine page

♦ Sandra MOUSSEMPÈS, Colloque des télépathes, éditions de l’Attente

♦ Nadège PRUGNARD, M.A.M.A.E & autres textes, Al dante

♦ Sophie SAULNIER, Le Massicot, éditions Le Lampadaire

♦ Sébastien RONGIER, Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou, Pauvert

La Poésie motléculaire de Jacques Sivan, Al dante

♦ Frank SMITH, Le Film de l’impossible, Plaine page

♦ Nicolas VARGAS, A-vanzar, Plaine page ; V.H.S (Very Human Simplement), Lanskine

♦ Martin WINCKLER, Les Histoires de Franz, P.O.L

Libr-événements

â–º Samedi 7 octobre, Collège des Bernardins (20, rue de Poissy 75005 Paris) : Une poétique du devenir / Valère Novarina. Réservations : frederique.herbinger@collegedesbernardins.fr

Si l’art n’est pas d’abord considéré en tant que création d’œuvres d’art mais comme manière d’être au monde, intéressant tout homme et toute société, si la foi n’est pas seulement considérée en tant que doctrine mais comme vérité vécue, capable d’illuminer et de transformer le monde, alors, loin d’être seulement en rapport d’interaction, d’interdépendance ou de ressemblance, l’art, la foi et le politique sont une même dynamique, une unique réalité vivante.

La présence de jeunes artistes réunis autour du thème du devenir, et celle de l’écrivain, metteur en scène, peintre et dessinateur, Valère Novarina, donneront un tour concret à la réflexion de ce colloque qui vient conclure deux années de recherche du séminaire Esthétique et théologie.

PROGRAMME

Matin – Centre Sèvres

  • 10h30 – 11h15 La théologie, l’art, le politique : quelle question ? Quelle recherche ?
    Alain Cugno
    , philosophe, professeur au Centre Sèvres, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
  • 11h15 – 12h Le sens tactile de la théologie
    Patrick Goujon
    , professeur en théologie spirituelle et dogmatique au Centre Sèvres
  • 12h – 13h Présentation de l’exposition Devenir au Collège des Bernardins en mars 2018
    Sophie Monjaret
    , artiste
  • 13h – 14h30 Pause déjeuner

Après-midi – Collège des Bernardins

Comment l’œuvre littéraire de Novarina, parce qu’il sait être un "inactuel", parvient à se dégager des sujets brûlants de l’actualité pour les inscrire dans un mouvement plus vaste, et ainsi à faire le pari d’un renouvellement des images de l’homme. Laure Née

  • 14h30 – 15h15 L’unité dynamique de la théologie, de l’art, du politique : ce que créer veut dire
    Jérôme Alexandre
    , docteur en théologie, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
  • 15h15 – 16h Valère Novarina : le pari du devenir
    Laure Née
    , agrégée de Lettres et docteur en littérature
  • 16h – 16h15 Pause
  • 16h15 – 17h15 Projection, « Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire  ». Film de Raphaël O’Byrne sur Valère Novarina
  • 17h15 – 17h45 La parole ouvre la pensée
    Table ronde autour de Valère Novarina
      Avec :

    Jérôme Alexandre, docteur en théologie, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
    Dominique de Courcelles, directrice de recherche au CNRS au sein du centre Jean Pépin-École normale supérieure Ulm
    Alain Cugno, philosophe, professeur au Centre Sèvres, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
    Laure Née, agrégée de Lettres et docteur en littérature
    Valère Novarina, écrivain, metteur en scène, peintre et dessinateur

â–º Vendredi 13 octobre à 20H, RV à la Maison de la poésie Paris :

â–º Maison de la poésie Paris, Lecture-performance vendredi 20 octobre – 20h : Sandra Moussempès & Antoine Boute, « Paranormal & Biohardcore »

Dans Colloque des télépathes Sandra Moussempès nous plonge dans une ère victorienne aux accents gothiques avec les sœurs Fox qui communiquent avec les esprits. En parallèle, l’auteure convoque un autre ère, tout aussi étrange, celle des années 69-71 à Hollywood, temple des sectes hippies et des starlettes en devenir.
Dans Opérations biohardcore, Antoine Boute décrit une galerie de personnages hétéroclites sur le point de faire la révolution “biohardcore”. Ces personnages créent des utopies loufoques temporaires, et tentent tous de réveiller le chaman qui sommeille en eux.
Ce soir, ces deux poètes et écrivains proposent une lecture croisée mêlant chants, performances et audio-poèmes autour des liens étranges entre états modifiés de conscience, communication avec les esprits et nécessité de tendre vers le noyau dur du vivant, “le hardcore de la vie”.
À lire – Sandra Moussempès, Colloque des télépathes & CD Post-Gradiva, éd. de l’Attente, 2017 – Antoine Boute, Opérations biohardcore, éd. des Petits Matins, 2017.
tarif : 5 € / adhérent : 0 €

17 septembre 2017

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche d’été, et avant de présenter d’autres œuvres phares de ces dernières semaines (la tonitruante domestication de l’art signée Laurent CAUWET… d’Abrigeon, Bergen, Rongier, Sivan, Smith, Vargas…), RV avec Sandra MOUSSEMPÈS ; la soirée DADA à la Maison de la poésie Paris ; Daniel Cabanis à Ivry-sur-Seine ; Jérôme Game et les 25 ans des éditions de l’Attente…

â–º Agenda de Sandra MOUSSEMPÈS : avant de rendre compte de son curieux Colloque des télépathes, voici quelques dates :

– le 30 septembre : festival Actoral 17 à Marseille

– le 5 octobre, librairie Texture à Paris, lecture signature

– le 20 octobre : lecture croisée en compagnie d’Antoine Boute à la Maison de la Poésie, Paris

– le 26 octobre : lecture au centre Pompidou dans le cadre de la rétrospective Harmony Korine

â–º Jeudi 21 septembre à 20H : les Instants chavirés à Montreuil

â–º Samedi 23 septembre 2017 à 19H, Maison de la poésie Paris : soirée DADA !

O bouches l’homme est à la recherche d’un nouveau langage
Auquel le grammairien d’aucune langue n’aura rien à dire (Tzara)

On y entendra la voix profonde de Kurt Schwitters, une lecture pneumatique de manifestes DADA, des extraits d’une sonate de sons primitifs, un vidéofilm atypique sur un mode non narratif, des respirations et des ponctuations sonores, de la pensée dans la bouche, des problèmes d’élocution (mais pas plus que les oiseaux).

Avec Isabelle Ewig, Patrick Beurard-Valdoye, Sébastien Lespinasse, Jean-Baptiste Para & Isabelle Vorle.

5 euros / 0 euros (Adhérents)
Réservation conseillée : 01 44 54 53 00

â–º Samedi 23 et dimanche 24 septembre, de 14H à 20H : retrouvez Daniel CABANIS à la Manufacture des œillets (Ivry-sur-Seine) !

â–º Mardi 26 septembre à 19H, Maison de la poésie Paris : Jérôme Game, Salle d’embarquement

Lecture
Jérôme Game – Salle d’embarquement

C’est l’histoire d’un déroutage inopiné dans les interstices de la globalisation, smartphone en main. Pour son travail, Benjamin C. parcourt la planète en avion, chaînes d’hôtels et voitures de location. Témoin en immersion, il absorbe tout ce qu’il voit. Le regard qu’il porte sur le monde d’aujourd’hui, saturé d’images, lui enseigne que le réel est affaire de recadrages comme de contrechamps. Répondre à cet appel, c’est commencer d’agir, ici et maintenant.
Jérôme Game est poète, auteur d’une quinzaine de livres, de plusieurs CD de poésie sonore et a réalisé des installations visuelles et sonores. Ses textes ont été traduits en plusieurs langues et font l’objet d’adaptations scéniques et plastiques. Il vit actuellement entre Paris et New York, où il enseigne le cinéma. Salle d’embarquement est son premier roman.

À lire – Jérôme Game, Salle d’embarquement, éd. de l’Attente, 2017.

tarif : 5 € / adhérent : 0 €

â–º Mardi 26 septembre à 20H : les 25 ans des éditions de l’Attente !

Rencontre & lecture
« Les 25 ans des éditions de l’Attente »
Cycle Édition alternative #15
Avec les auteurs Anne Savelli, Philippe Annocque, Marie Borel & les éditeurs Franck Pruja, Françoise Valéry

Soirée animée par Jean-Luc D’Asciano

Créées en 1992 à Bordeaux par Franck Pruja et Françoise Valéry, artistes-éditeurs, les éditions de l’Attente publient une littérature poétique contemporaine (récits poétiques, critiques, philosophiques, œuvres oulipiennes, dessins accompagnés d’écrits d’artistes, etc.), des textes où l’écriture est irriguée de pratiques parallèles : musique, cinéma, arts plastiques ou numériques, architecture… Leurs publications sont souvent supports de performances scéniques par leurs auteurs. Le catalogue de l’Attente compte aujourd’hui près de 170 titres et représente une centaine d’auteurs.
Ce soir, après la lecture de Jérôme Game en préambule, ils invitent quelques auteurs pour des lectures et performances…

tarif : 5 € / adhérent : 0 €

29 août 2017

[Livres] Libr-vacance (2)

On profite de la fin de l’été pour prendre le temps de faire le point : qu’a-t-on pu manquer ces derniers temps comme lectures importantes ?… Une Libr-sélection de 5 livres vous est d’abord présentée, puis 30 titres vous sont recommandés. [Libr-vacance 1]

Libr-sélection /FT/

â–º Jacques BARBAUT, H ! Hache ! Hasch !, Nous, Caen, 2016, 112 pages, 16 €.

On connaît l’attrait des Lettristes et des Oulipiens pour les lettres de l’alphabet. Dans cet opus plein de fantaisie, qui ressortit à la fois à l’ouvroir poétique, au dictionnaire de littérature, des formes et des symboles, l’auteur alterne divagations, graphismes et citations passionnantes et érudites.

â–º Guy BENNETT, Ce livre, traduit de l’américain par Frédéric Forte et l’auteur, éditions de l’Attente, 2017, 96 pages, 11 €.

À la suite des Poèmes évidents, Ce livre fonctionne de façon ironique, dévoilant les stratégies scripturales / éditoriales. N’est pas épargné « le monde de l’édition en ligne, où l’écriture se dit simplement "contenu", les écrivains "fournisseurs de contenu" et les plateformes d’édition en ligne […] "systèmes de gestion de contenu" » (35)… Vous y attend tout l’outillage moderne et contemporain : réflexivité, autoréflexivité, post-littérature, édition post-matérielle

â–º Jérôme BERTIN, Lettre à Nina, Atelier de l’Agneau, St-Quentin-de-Caplong (33), été 2017, 20 pages, 9 €.

Moins légère que les rimbaldiennes "Réparties de Nina", cette Lettre à Nina – Nina, "garçonne à cheveux corbeau" – qui commence par "Cher Amour" constitue un oasis azuré dans l’œuvre de Jérôme Bertin : le romantisme noir se fait bleu-rose et l’écriture tire un peu du côté du symbolisme, voire du surréalisme :

"que je vertige en ré mi
sol tranché par
ta pro-

messe masse noire
de tes che-
veux fous" (14).

â–º Paul de BRANCION, L’Ogre du Vaterland, éditions Bruno Doucey, été 2017, 120 pages, 14,50 €.

Où il est question d’un père "retors jusqu’à la fellation du monde", de "Ich" que ne peut supporter Léon Jacques S., d’une configuration familiale digne du conte – d’un récit qui dialogue avec des extraits des contes de Perrault. Un bonheur de lecture vous attend avec cette autofiction fantaisiste en double bande.

"Ich aimais Platon et Socrate car ces deux pédérastes-là ne trouvaient pas grâce aux yeux de Léon Jacques" (43).

â–º Laurent GRISEL, Climats, Publie.net, hiver 2015-2016, 88 pages, 9,50 €.

Voici "une épopée" du climat, avec chiffres, histoires et Histoire… Et ce type d’agencement répétitif pour mettre en évidence les mécanismes implacables : "la lutte entraîne la répression / qui entraîne la lutte / qui entraîne la répression / qui entraîne la lutte" (p. 13) ; "moins d’eau donc moins d’arbres / donc moins d’eau des nuages accrochée par les arbres / donc moins d’arbres / donc, de saison en saison / de moins en moins / d’eau" (27)…

Libr-critique a reçu, a lu et recommande

♦ Nadine AGOSTINI, Ariane, éditions Contre-Pied, coll. "Autres & Pareils", Martigues, automne 2015, 28 pages, 4 €.

♦ Jean-Luc BAYARD, P.O.L nid d’espions, P.O.L, été 2015, 222 pages, 16 €.

♦ Sereine BERLOTTIER, Louis sous la terre, Argol, 104 pages, 18 €.

♦ Jean-Pierre BOBILLOT et Sylvie NÈVE, Vers de l’âme-hors, Plaine page, Barjols, automne 2016, 54 pages, 10 €.

♦ Nicolas BOUYSSI, Décembre, P.O.L, printemps 2016, 496 pages, 22 €.

♦ Mircea CARTARESCU, La Nostalgie, traduit du roumain par Nicolas Cavaillès, P.O.L, février 2017, 496 pages, 29,90 €.

♦ Angela CARTER, Les Machines à désir infernales du Dr. Hoffman, éditions de l’Ogre, hiver 2015-2016, 356 pages, 23 €.

♦ Franck DOYEN, Collines, ratures, La Lettre volée, Bruxelles, automne 2016, 58 pages, 14 €.

♦ Virginie GAUTIER, Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire, Publie.net [version papier + numérique], 2014, 84 pages, 12 €.

♦ Liliane GIRAUDON, L’Amour est plus froid que le lac, P.O.L, décembre 2016, 106 pages, 13 €.

♦ Rada IVEKOVIC, Réfugié-e-s. Les Jetables, Al dante, Marseille, été 2016, 88 pages, 13 €.

♦ Gabriel JOSIPOVICI, Infini. L’histoire d’un moment, traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner, Quidam éditeur, Meudon, hiver 2015-2016, 158 pages, 18 €.

♦ Anne KAWALA, Le Déficit indispensable, Al dante, 2016, 152 pages, 17 €.

♦ Claudie LENZI, Elle t’enceinte, Plaine page, 32 pages, 5 €.

♦ Cédric LERIBLE, Giratoires, Plaine page, Barjols, printemps 2015, 70 pages, 5 €.

♦ Cécile MAINARDI, L’Histoire très véridique et très émouvante de ma voix de ma naissance à ma dernière chose prononcée, éditions Contre-Pied, hiver 2016-2017, 36 pages, 4 €.

♦ NATYOT, Je suis d’accord, Plaine page, "Les Oublies", été 2017, 28 pages, 5 €.

♦ Leopoldo María PANERO, Ainsi fut fondée Carnaby street, Le Grand Os, Toulouse, automne 2015, 88 pages, 12 €.

♦ Anne PORTUGAL, Et comment nous voilà moins épais, P.O.L, mai 2017, 124 pages, 13 €.

♦ Dominique QUÉLEN, Éléments de langage, Publie.net, coll. "L’Inadvertance" dirigée par François Rannou, automne 2016, 272 pages, 20,50 €.

♦ Jacques REBOTIER, Black is black, Plaine page, coll. "Les Oublies", 14 pages ([petit coffret original], 5 €.

♦ Jean Louis SCHEFER, Squelettes et autres fantaisies, Main courante 5, P.O.L, printemps 2016, 160 pages, 14 € ; L’Image et l’Occident. Sur la notion d’image en Europe latine, ibid., printemps 2017, 142 pages, 13 €.

♦ Patrick SIROT, Procès verbal, Plaine page, 110 pages, 10 €.

♦ Pierre-Yves SOUCY, Neiges. On ne voit que dehors, La Lettre volée, Bruxelles, hiver 2015-2016, 80 pages, 15 €.

♦ Juliana SPAHR et David BUUCK, Une armée d’amants, traduit de l’anglais (USA) par Philippe Aigrain, Publie.net, 2016, 150 pages, 15 €.

♦ Anne de STAËL, Le Cahier océanique, La Lettre volée, hiver 2015-2016, 160 pages, 19 €.

♦ Rudolf di STEFANO, Vive le cinématographe !, Al dante, hiver 2014-2015, 200 pages, 17 €.

♦ Jean-Jacques VITON, Cette histoire n’est plus la nôtre mais à qui la voudra, P.O.L, hiver 2016-2017, 80 pages, 13 €.

♦ Julie WOLKENSTEIN, Le Mystère du tapis d’Ardabil, P.O.L, hiver 2015-2016, 384 pages, 23 €.

5 juin 2017

[News] Libr-poésie

Sans vous y perdre et sans être exhaustif, faites votre Marché de la poésie : avec Anne Savelli, Suzanne Doppelt, Philippe Jaffeux, Guillaume Basquin, Daniel Pozner, Juliette Mezinc, Frank Smith… les éditions Al dante, de l’Attente, Castor Astral… Et n’oubliez pas la Nuit remue #11 !

 

â–º Jeudi 8 juin à 19H, Bibliothèques de Montreuil (14, Bd Rouget de Lisle – 93) : Anne Savelli, Décor Daguerre

Paris, les années 70, la vie quotidienne et la vie d’artiste… Bienvenue à la bibliothèque Robert Desnos pour découvrir Décor Daguerre d’Anne Savelli, livre inspiré en partie par le documentaire d’Agnès Varda Daguerréoypes, dont nous verrons quelques extraits, ainsi qu’un passage de Stella, film de Sylvie Verheyde.

 

â–º Samedi 10 juin, rencontre avec Suzanne DOPPELT :

â–º Du 7 au 11 juin, Marché de la poésie, place St Sulpice à Paris : mercredi 7 juin de 14h à 21h30 ; jeudi 8, vendredi 9 et samedi 10 juin, de 11H30 à 21H30 ; dimanche 11 juin de 11h30 à 20h.

Éditions Al dante, de l’Attente, Nous : stand 110/112

Éditions du Castor Astral : stand 400

Éditions L’Atelier de l’Agneau (et revue L’Intranquille) : stand 614. La Passe du vent : stand 423 (Katia Bouchoueva, Laurent Fourcaut..) ; association Entrevues : stand 700 (avec la présence de François Rannou pour sa revue Babel heureuse).

â–º Vendredi 9 juin, de 16 à 18H stand 202 : Philippe Jaffeux signera et dédicacera à 16 heures son dernier ouvrage de théâtre expérimental, DEUX, qui sort le 10 juin chez Tinbad.
A 17 heures, au même endroit (stand 202, celui des éditions de Corlevour), Guillaume Basquin signera son (L)IVRE DE PAPIER, paru l’an dernier.

â–º À l’occasion de la parution de son dernier livre, À la lurelure, rencontre avec Daniel Pozner pour une séance de signatures au Stand de Propos 2 Éditions (508-512) : samedi 10 juin 2017 à 16h au Marché de la poésie, place Saint-Sulpice, Paris.

â–º Samedi 10 juin, de 18 à 20H : RV avec Juliette Mezenc pour une séance de signatures (Laissez-passer)…

â–º  La Nuit Remue #11, samedi 10 juin à 18h30,

Bibliothèque Marguerite Audoux, 10 rue Portefoin, Paris 75003 
Accès : Métro : Temple, République, Arts et Métiers  [
La Nuit remue 11 a été imaginée par Emmanuèle Jawad et Marie de Quatrebarbes, avec l’aide amicale de Mathieu Brosseau.]

Programme

18h30 Accueil du public

19h00 Premier round :

Stéphane Bouquet
Frédérique Iledefonse 
Emmanuel Laugier
Vannina Maestri
Jennifer k Dick
Franck Leibovici

20h00 – 20h30 Pause

 

20h30 Deuxième round :

Philippe Jaffeux
Emilie Notéris
Olivier Quintyn
Hortense Gauthier
Florence Pazzottu
Benoit Casas

21h30 Fin des réjouissances.

â–º Samedi 10 juin à Pantin, 15H30 : Frank Smith, Le Film des visages

ÉCRANS LIBRES
Les Écrans Libres donnent la parole à des cinéastes lors d’une séance qui leur est intégralement dédiée. Frank Smith est écrivain/poète, réalisateur et vidéaste. Il a publié une douzaine de livres, dont Guantanamo, sacré meilleur livre de poésie de l’année par The Huffington Post aux États-Unis. Il réalise également des « films-poésies ». Il est représenté par la Galerie Analix Forever à Genève.

▬▬▬
LE FILM DES VISAGES
Frank Smith – France, 2016, 50’
En s’appuyant sur une manifestation qui s’est tenue
à Alexandrie en juin 2010 pour protester contre le
régime du président Moubarak et la mort du jeune
militant Khaled Saeed, Frank Smith mène une réflexion
sur les visages de la révolte. En dépassant la dualité
entre foule et individu, Le Film des visages traque les
gestes d’un nouveau peuple en mouvement, et sonde
le visage comme surface sensible insurrectionnelle.
Une expérience dédiée à Chantal Akerman.

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PLUS D’INFOS : bit.ly/2rGwcyr
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INFOS PRATIQUES
Ciné 104
104 avenue Jean Lolive
93500 Pantin

Métro ligne 5 – Église de Pantin
Bus lignes 249, 170, 61
Station Vélib’ devant le cinéma

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TARIFS
Entrée : 5 €
Tarif réduit : 3,5 €
Pass festival : 15 €

16 mai 2017

[News] Libr-news

Les agendas sont bien remplis en ce mois de mai : RV à Nantes autour des éditions de l’Attente ; avec Aden Ellias pour son dernier roman ; avec Marie-José Mondzain à Aix-en-Provence ; à Bordeaux pour la soirée série Discrète / revue Muscle ; à Paris autour de Perec et pour la fameuse Nuit remue (#11 !)…

 

â–º Jeudi 18 mai 2017 à 19H30, Le Lieu unique à Nantes (Quai Ferdinand Favre) : les 25 ans de l’Attente, avec Juliette Mézenc et Stéphane Gantelet.

Nourris de la rencontre avec la littérature et la micro-édition américaine des années 90, Franck Pruja et Françoise Valéry fondent en 1992 les éditions de l’Attente. Attentifs à déverrouiller les a priori, voilà 25 ans qu’ils œuvrent à publier des livres à la limite de la poésie, de la philosophie, des écrits d’artistes, des essais, des traductions. Installée à Bordeaux, la maison produit avec grand soin divers formats (livres, livrets, plaquettes dépliantes, livres audio) traduisant la passion des éditeurs.

Entretien avec l’éditeur animé par Alain Girard-Daudon, suivi de Journal du brise-lames, jeu vidéo littéraire avec Juliette Mézenc (poète) et Stéphane Gantelet (sculpteur numérique)

Juliette Mézenc est une auteure en mouvement, son moteur étant à la fois son paysage, ses ressentis, ses vibrations, et aussi les ressorts qu’offre le numérique en matière de publication évolutive et d’écriture multi-média. L’écriture immersive de Juliette Mézenc s’apparente souvent à une géographie intime, un voyage à l’intérieur. Le lecteur visite, découvre, au fil des mots tantôt sautillants, flottants ou pointus et graves. Elle a publié aux éditions de l’Attente « Elles en chambre » (2014) et « Laissez-passer » (2016).
Stéphane Gantelet est un artiste qui explore la modélisation 3D. Ses réalisations sont souvent inspirées de motifs naturels, végétaux, organiques, et prennent corps dans des matériaux comme le papier, le bronze ou les résines, ou virtuellement dans ses réalisations numériques comme les jeux vidéos.

â–º Jeudi 18 mai à 20H, Librairie L’Éternel Retour (77, rue de Lamarck 75018 Paris) : rencontre avec Aden Ellias pour son roman Hyperrectangle.

Soirée cuboïde avec Albert Camus, alias Aden Ellias, l’auteur d’un roman qui parodie les procédés de l’"autofiction" : invention formelle et comédie sociale eu rendez-vous…

Plus d’infos : http://www.editions-mf.com/livres/hyperrectangle/

â–ºMardi 30 mai à 18H, Institut de l’image d’Aix-en-Provence : rencontre avec Marie-Josée Mondzain.

En 2015, Alphabetville, l’Ina Méditerranée et l’Institut de l’Image invitaient la philosophe Marie-José Mondzain à partager un temps de travail, fait de réflexions et d’échanges, autour du thème « L’image entre guerre et paix » : face au choc et aux questions que nous posèrent les premiers attentats de Paris en janvier de cette année-là, et qui furent suivis de plus terribles en novembre. Puis d’autres, en France, en Europe, dans le monde…

 

 

A l’occasion de la publication de son livre « Confiscation des mots, des images et du temps. Pour une autre radicalité » (Les liens qui libèrent, 2017), Marie-José Mondzain donnera une conférence, suivie de la projection du film L’anabase de Eric Baudelaire.

 

Nous vous remercions de votre attention et de bien vouloir informer votre public :

Le 30 mai à l’Institut de l’Image d’Aix-en-Provence

 

18h00

Conférence à partir de son livre Confiscation des mots, des images et du temps. Pour une autre radicalité, éditions Les liens qui libèrent, 2017

20h00

Projection de L’anabase de Eric Baudelaire

 

â–º Dimanche 21 mai, 14H-20H : La séance d’écoute #1 Georges Perec lit La Vie mode d’emploi.

 

Le 7 décembre 1977, Georges Perec (1936-1982) est venu lire au Centre Pompidou, avant publication, des extraits de La Vie mode d’emploi. Œuvre majeure dans l’histoire de la littérature, ce roman-puzzle qui se déroule dans un immeuble parisien et raconte les aventures de ses divers occupants, sera publié l’année suivante, en 1978, chez Hachette. Ce document exceptionnel est issu du fonds d’archives sonores du Centre Pompidou.

La durée de sa lecture est de 48 minutes.
Diffusion de l’archive sonore, en continu de 14h à 20h, dans Petite salle du Centre Pompidou, Forum -1

Contact : Aurélie Olivier / aurelie.olivier@centrepompidou.fr

 

â–º Dimanche 21 mai, 18H : soirée série Discrète / revue Muscle à Bordeaux.

â–º  La Nuit Remue #11, samedi 10 juin à 18h30,

Bibliothèque Marguerite Audoux, 10 rue Portefoin, Paris 75003 
Accès : Métro : Temple, République, Arts et Métiers  [
La Nuit remue 11 a été imaginée par Emmanuèle Jawad et Marie de Quatrebarbes, avec l’aide amicale de Mathieu Brosseau.]

Programme

18h30 Accueil du public

19h00 Premier round :

Stéphane Bouquet
Frédérique Iledefonse 
Emmanuel Laugier
Vannina Maestri
Jennifer k Dick
Franck Leibovici

20h00 - 20h30 Pause

 

20h30 Deuxième round :

Philippe Jaffeux
Emilie Notéris
Olivier Quintyn
Hortense Gauthier
Florence Pazzottu
Benoit Casas

21h30 Fin des réjouissances.

 

31 octobre 2016

[Libr-retour] Guy Bennett, Poèmes évidents, par Fabrice Thumerel

Voici la chronique complète sur cet anti-art poétique, cet anti-manuel à usage des novices comme des initiés.

 

â–º Guy Bennett, Poèmes évidents, traduit de l’américain par Frédéric Forte et l’auteur, postface de Jacques Roubaud, éditions de l’attente, automne 2015, 132 pages, 12,50 €, ISBN : 978-2-36242-058-0.

Evidents, ces poèmes le sont dans la mesure où ils sont "directs" : "compréhensibles et appréciables par tous" (4e de couverture), donc. Et quoi de plus simple qu’un poème qui "s’en tient à son message à 100%" (p. 70) ? Et comme dans toute bonne communication, évidence rime avec redondance.

Cela dit, n’y a-t-il pas anguille sous roche lorsqu’on lit : "Le poème / veut exactement dire ce qu’il dit / et rien de plus" (21) ? N’y a-t-il pas malice à prendre le littéralisme à la lettre ? C’est dire que le lecteur y met à nu les impensés et présupposés, concernant, par exemple, la double opération de légitimation sociale entre auteur et lecteur : "En faisant l’acquisition de ce poème, / les lecteurs de bon goût affirment avec fierté leur individualité / en subventionnant et célébrant la mienne" (82) ; ou entre auteur et postfacier : "le postfacier aura la satisfaction / de voir son nom associé au mien / et appréciera de savoir / que je serai heureux d’écrire quelque chose / pour sa prochaine publication, / si j’en ai le temps" (103). En ce temps de transparence anticritique et anti-intellectualiste, voici un modèle de communication : "Ce poème contient / tous les éléments de langage / qui vous sont nécessaires pour en parler / avec autorité. […] Pour vous défendre dites que / plutôt que de vous empêtrer / dans les confins arbitraires du débat intellectuel, / vous préférez parler aux gens sans détour / de ce poème" (68-69).

C’est dire que Guy Bennett déconstruit le mythe du Poète, tourne en dérision les travers de l’auteur comme du lecteur, dont la relation peut être synthétisée par le couple antinomique narcissisme / voyeurisme.

C’est dire que l’on découvre dans ce livre iconoclaste tout l’espace des possibles contemporain. Ses courants : textualisme/lyrisme, poésie visuelle, poésie à contraintes… L’avant-garde : "Pourquoi retourner si loin en arrière ?" (Duke, p. 112)… L’expérimental : "Je suppose que même ceci / pourrait passer pour / un poème expérimental" (43). Ses modes : le trash, la culture pop… Le poème engagé : "Je n’en avais jamais écrit / avant celui-ci" (49)… Les poncifs textualistes : autoréférentialité, autoréflexivité, autotélisme… Ses pratiques : renvois d’ascenseurs, stratégies diverses… Ironique, le texte dévoile les implicites et subvertit le discours dominant : le tout-marketing… La doxa écologiste : "Ce poème est fait / à 100% de langage post-consommation" (78). Jouissif !

24 janvier 2016

[News] News du dimanche

Ce soir, en UNE les Poèmes évidents de Bennett (rencontres et présentation)…

 

UNE : Poèmes évidents

â–º Rencontres avec Guy Bennett (Los Angeles) et son co-traducteur Frédéric Forte autour des Poèmes évidents
♦ jeudi 18 février 2016, 20h à la librairie Le Comptoir des Mots (Paris 20e)

♦ vendredi 19, 18h30 à la librairie La Machine à Lire (Bordeaux)

♦ samedi 20, 18h à La Fondation des États-Unis (Paris 14e), avec Double Change

 

â–º Guy Bennett, Poèmes évidents, traduit de l’américain par Frédéric Forte et l’auteur, postface de Jacques Roubaud, éditions de l’attente, automne 2015, 132 pages, 12,50 €, ISBN : 978-2-36242-058-0.

Evidents, ces poèmes le sont dans la mesure où ils sont "directs" : "compréhensibles et appréciables par tous", donc. Et quoi de plus simple qu’un poème qui "s’en tient à son message à 100%" ? Et comme dans toute bonne communication, évidence rime avec redondance.

Cela dit, n’y a-t-il pas anguille sous roche lorsqu’on lit : "Le poème / veut exactement dire ce qu’il dit / et rien de plus" ? N’y a-t-il pas malice à prendre le littéralisme à la lettre ? C’est dire que le lecteur y découvre dans toute son étendue l’espace des possibles contemporain : ses courants (textualisme/lyrisme, poésie visuelle, poésie à contraintes…), ses modes (le trash, la culture pop), ses pratiques (renvois d’ascenseurs, stratégies diverses)… Ironique, le texte dévoile les implicites et subvertit le discours dominant (le tout-marketing). Jouissif !

14 juin 2015

[News] News du dimanche

Des livres reçus pour commencer (de Daniel Franco, de Florence Pazzottu et de Frank Smith) ; des nouvelles du côté de chez P.O.L, ensuite ; enfin, des Libr-événements (rencontres avec le Bureau d’Investigations Poétiques, Philippe Annocque, Anne Savelli/Joachim Séné, Mathieu Brosseau)…

Livres reçus /FT/

â–º  Daniel Franco, Quelques cages, Argol, printemps 2015, 80 pages, 16 €, ISBN : 978-2-37069-0076-4.

« Pourquoi des "cages" ? Parce que la cage est le lieu de départ du chant, en direction du ciel qui ne s’atteint pas », précise Daniel Franco, qui poursuit ici un travail ouïthanatographique commencé avec Je suis cela. Celui qui ne croit pas à la mémoire s’évertue à cartographier le territoire de la mère et de l’enfance – une mère dont la mort lui a fait perdre cinquante kilos et lui a ouvert les yeux – dans une écriture du deuil, "langue brisée par la douleur et recollée dans l’espoir que s’arrête la douleur" (36)…

â–º Florence Pazzottu, Hymne à l’Europe universelle (sic), Al dante, printemps 2015, 40 pages, 7,50 €, ISBN : 978-2-84761-747-4.

Un conseil d’ami : achetez un maximum d’exemplaires possible et distribuez-les… Car cet opus salutaire évoque sans pathos ce que c’est qu’être Rrom aujourd’hui : « le poème organise, avec les ressources mêmes de la lanque, la résistance à ce qui, dans la langue (dans le monde), assigne et aliène, détruit la place  du "je-ne-sais-qui", poussant hors de ses frontières ou renvoyant à l’invisibilité, à l’inexistence sociale, celui qui (parmi les "n’importe qui") est aux yeux de l’époque (de la société) le plus irréductiblement autre […] » (p. 35)…

â–º Frank Smith, KATRINA Isle de Jean Charles, Louisiane, éditions de l’attente, juin 2015, 136 pages, 11 €,ISBN : 978-2-36242-055-9.

Alternant listes et passages lyriques en italiques, annonces, circulaire sur les mesures à prendre en cas d’ouragan, descriptions objectives et scènes dialoguées, le texte évoque les Indiens d’Isle de Jean Charles ; il pousse "les cartes routières dans leurs retranchements" et explore une langue à part, celle des Cajuns, qui remonte au XVIIIe siècle : "Entre chaque mot, il y a une mer de non-dits et des flots et des rivières et des trous de silence. Ce sont des people, des gens qui s’expriment peu. Ils bredouillent, la plupart du temps. Avec des accidents entre ce qui est dit et leurs dents"…

Du côté de chez P.O.L

En librairie entre le 20 août et le 10 septembre 2015
·         Nathalie Azoulai Titus n’aimait pas Bérénice
·         Lise Charles Comme Ulysse
·         Mary Dorsan Le présent infini s’arrête.
·         Nicolas Fargues Au pays du p’tit
en librairie le 3 septembre 2015
·         Edouard Levé Œuvres  collection #formatpoche
en librairie le 10 septembre 2015
·         Trafic 95
 
Rappel juin 2015
·         Édith Azam, Caméra
·         Jean-Luc Bayard, P.O.L nid d’espions
·         Paul Fournel, Le Bel Appétit
·         Valère Novarina, Le Vivier des noms (Festival d’Avignon)
·         Albane Prouvost, meurs ressuscite
·         Trafic 94

Libr-événements

â–º Le bureau d’Investigations poétiques présente :

⟼ Lundi 15 juin, à partir de 19 heures
Dans le cadre du lancement des Cahiers d’À bras le corps #2 :
LES FILMS DU MONDE // 9 CINÉTRACTS
Installation vidéo (27’)
Les Laboratoires d’Aubervilliers
 
⟼ 28 juin — 4 juillet 
GUANTANAMO
Installation vidéo (16’)
WARM Festival
Sarajevo
 


bip  bureau d’investigations poétiques | bureau of poetic investigations 
bip  63 rue de lancry 75010 paris | 2825 2nd st santa monica ca 90404
          www.franksmith.fr  

â–º Jeudi 18 juin à Paris, rencontre signature à la librairie Le Comptoir des Mots à 19h30 avec deux auteurs des éditions de l’Attente : Philippe Annocque pour Mémoires des failles et Pascale Petit pour Le parfum du jour est fraise.

239 Rue des Pyrénées, 75020 Paris Métro Gambetta
Tél : 01 47 97 65 40

â–º Vendredi 19 juin à 19H, Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003 Paris) : De l’île ronde à l’aiR Nu, lecture/son/image, par Anne Savelli et Joachim Séné (d’après Anne Savelli, île ronde, Joca seria, hiver 2014).

â–º Lundi 22 juin à 19H, Maison de la poésie Paris, Data transport de Mathieu Brosseau, par Jean-Marc Bourg et l’auteur.

21 avril 2015

[Chronique] Pascale Petit, Le Parfum du jour est fraise, par Bruno Fern

Ne nous fions ni à la couverture, ni au titre : Bruno Fern nous montre qu’il y a des fraises qui tournent au vinaigre…

 

Pascale Petit, Le Parfum du jour est fraise, éditions de l’Attente, coll. "Philox", avril 2015, 148 pages, 13 €, ISBN : 978-2-36242-052-8.

 

À force de feuilleter le livre, en tombe une carte de couleur rose où figurent quatre citations, les trois premières – dont le titre de l’ouvrage – étant issues de la série télévisée britannique The Prisoner1 et la dernière d’un album de Tintin, On a marché sur la Lune. La quatrième de couverture ajoute à ces références celle de L’Inquisitoire de Robert Pinget avant que l’on soit emporté dans une suite ininterrompue de consignes adressées par un nous – que l’on imagine désigner un jury qui demeurera indifférencié – à un individu dont le lecteur pourrait être un double.

L’objectif de la tâche est précisé d’emblée (« Vous allez avoir à construire un village. ») et ne peut évidemment qu’intriguer si l’on ignore que c’est là un test classique de personnalité2. Au-delà de l’allusion au village où le Prisonnier se retrouve retenu dans tous les épisodes, ce terme renvoie-t-il également à celui dit planétaire où chacun d’entre nous aurait la possibilité (technique) de connaître l’autre ? Car il s’agit bien ici d’acquérir la connaissance d’autrui, quel qu’en soit le coût. Au début, le ton des sujets supposés examinateurs se veut léger, rassurant et pédagogique à outrance par le recours à des répétitions qui frisent la tautologie, traduites dans un inévitable anglais basique : « La moitié droite est la moitié droite du village. La moitié gauche est la moitié gauche du village. L’entrée est en face de vous, la sortie est à l’opposé. The right half is the right half of the village. The left half is the left half of the village. The entrance is in front of you, the exit is on the opposite side.” Cependant, ce discours devient très vite inquiétant en raison de sa dimension normalisatrice et le malaise s’accentue quand, loin des prétentions originelles de clarté, l’énonciateur collectif s’empêtre progressivement dans le jargon d’une psychologie de management. D’ailleurs, le vernis finit par craquer en révélant les véritables intentions du discoureur : « Retenez qu’il s’agit d’un simple mode d’évaluation de vos capacités dans un climat de détente et de confiance en vue d’un diagnostic visant la meilleure utilisation et gestion de ces capacités au sein d’un système qu’il nous revient de rendre le plus efficace possible en même temps qu’il nous oblige à la mise en œuvre de certains moyens et méthodes dans un souci d’opérationnalité maximum. » De pseudo-bienveillante, l’ambiance tourne à l’intrusion tous azimuts (« Le moindre soupir, le moindre écart et nous débusquons, spécifions, quantifions, calibrons, classons, incorporons, assimilons, synchronisons. ») et au dressage comportemental dans les règles : « Vous devez être dé-ten-du, vous devez sentir votre corps s’apaiser, vous devez sentir votre respiration super-fluide. » Une fois le village censé être construit, commence un interrogatoire pour déceler le moindre défaut du cobaye, au moment même où le texte, lui, s’écarte de plus en plus d’une écriture normée – par exemple, en sortant des rails habituels de la syntaxe (« L’optimisation des fonctions n’est possible que par le contrôle et le renforcement des cadences, par l’enchaînement rapide des actions dans une harmonie maximum. Au sens de. Au sens de oui oui oui. Yes yes yes. We swim. […] L’axe é-ner-gé-tique qui.») et en accumulant les énoncés catégoriques jusqu’à saturation : « On ne dit pas que. L’important, c’est pas de participer. No. Yes. L’erreur est pas humaine : le fil rouge sur le bouton rouge et le fil bleu sur le bouton bleu. Les cris clouent pas le silence. » Peu à peu, les propos a priori rationnels se délitent tout en cherchant toujours à pénétrer plus avant dans l’intimité de celui dont on évalue les ressources (humaines) : les questions posées deviennent absurdes par décontextualisation (« Qui sait ? Qui con-naît ? »), en se focalisant sur des détails (« Que pensez-vous des plateaux-repas en général ? ») ou par impossibilité d’y répondre (« Pourquoi ou pourquoi pas ? » ou bien : « Mettez les mots qui manquent qui conviennent. […] Il vaut mieux mettre son … dans la … sans trouver de … que de trouver des … sans y mettre son … »). Le dérèglement de cette machine à dépersonnaliser est alors sensible jusque dans les pronoms qui désignaient les protagonistes et l’auteur multiplie les effets (de surprise), comme si l’ambiguïté fondamentale du discours initial (qui prétend favoriser l’épanouissement du candidat mais uniquement dans la perspective d’un meilleur rendement professionnel) ne pouvait que provoquer à la longue sa propre dislocation sur un infracassable noyau : « C’est une réaction typique de déclarer que tout va bien et qu’on désire rester seul. Dis-nous. Nous sommes là. Nous sommes là avec toi. » – ce qui permet au moins, en créant des espaces, de ménager d’éventuelles issues3.

Pascale Petit a donc plus d’un parfum dans son sac et propose ici un livre aux antipodes de ceux qui s’autoproclament politiquement forts mais sont parfois littérairement faibles, un livre à déguster même s’il laisse un goût doux-amer, tant la difficulté réside justement dans cet alliage réussi entre cette langue faussement soft qui, aujourd’hui omniprésente, tente de masquer la brutalité des rapports sociaux et son détournement grâce à une écriture où affleure souvent un humour efficace4.

 

3 « Non, ce n’était pas la liberté que je voulais. Une simple issue ; à droite, à gauche, où que ce fût ; […] » Rapport pour une académie, F. Kafka.

 

4 « Je ne plaisante jamais avec l’humour. » (Frigyes Karinthy) 

 

5 avril 2015

[News] News du dimanche

La question s’impose en ces temps hypermodernes : êtes-vous au TOP ? (UNE). Suivent vos Libr-événements : rencontre avec Etel Adnan, RV avec les éditions de l’Attente, Dominique Quélen… RV pour les 20 ans de Cassandre/horschamp.

 

UNE : Au TOP ! /FT/

La société des égaux est bel et bien devenue celle des EGO, qui doivent se développer jusqu’à l’hypertrophie. Dans la société du simulacre, comme dans la téléréalité, place aux Top-EGO, à la trappe les losers !

Dans l’EGO-society, il faut être au TOP :
au TOP les sportifs,
au TOP les productifs,
au TOP les industriels,
au TOP les lunes-de-miel,
au TOP les commerciaux,
au TOP les fonds spéciaux,
au TOP les chercheurs,
au TOP les producteurs,
au TOP les animateurs,
au TOP les spéculateurs,
au TOP les popolitiques,
au TOP les anxiolytiques…

Tout au TOP, et sans hic…

Et tout consommateur, parce qu’il le vaut bien, a droit au TOP :
au TOP des produits,
au TOP du fortuit,
au TOP des spectacles,
au TOP des pinacles,
au TOP des voyages,
au TOP des mirages,
au TOP des livres,
au TOP délire…

Au TOP de toutes les listes, listages, listings…

Au TOP des lycées, nonobstant l’égalité des chances – comme de bien entendu. Et le Grand-Public plébiscite les listes qui guident ses envies en lui évitant les prises-de-tête : faut être réaliste, on va quand même pas se prendre  la tête à réfléchir sur les critères de sélection/promotion des bons-vins, des bons-livres, des bons-alcools, des bonnes-écoles…

Aujourd’hui, on a atteint
le TOP-nigaud !

Libr-événements

â–º Rencontre avec Etel Adnan le jeudi 9 avril à 19h30 autour de LÀ-BAS (conversation avec Jean Frémon).

Tschann Libraire 125 bd du Montparnasse
75006 Paris Tél 0143354205

librairie@tschann.fr

M° Vavin, Raspail, N-D des Champs RER Port-Royal Bus 68, 83, 91

 

â–º Du 10 au 12 avril, les éditions de l’Attente seront présentes à l’Escale du livre de Bordeaux, sur le stand L29 de 10h à 20h.

Vendredi 10, signature de Laurence de la Fuente et Bruno Lahontâa de 17h à 20h pour leur livre Performances éthologiques de Font.

Samedi 11, signature de Juliette Mézenc de 17h à 20h pour son livre Elles en chambre.

Dimanche 12 à 16h, rencontre "Une chambre à soi" à l’espace Comptoir des mots avec Juliette Mézenc autour de son livre Elles en chambre. Rencontre animée par Elsa Gribinski, critique littéraire.

♦ Juliette Mézenc, Elles en chambre, éditions de l’Attente, hiver 2014, 140 pages, 15 €, ISBN : 978-2-36242-049-8.

"Woolf nous ramène à l’évidence : la liberté intellectuelle dépend des choses matérielles.
La poésie dépend de la liberté intellectuelle
" (p. 54).

"J’ai besoin de cette espèce d’exosquelette qu’est ma chambre-bibliothèque", nous confie l’auteure. D’où cette interrogation, qui, à défaut d’être originale, a le mérite de déboucher sur une démarche personnelle : "quels liens entre chambre et création, entre conditions matérielles et productions littéraires ?" La visite se limite à quelques chambres d’écrivaines postérieures à Virginia Woolf : Danielle Steel, Sylvia Plath, Shahrnoush Parsipour, Monique Wittig, Nathalie Sarraute, Hélène Bessette, Gertrude Stein. /FT/

 

â–º IVY WRITERS PARIS vous invite à une soirée de lectures bilingues le 14 avril 2015 AU DELAVILLE CAFE avec les poètes :

Gillian Conoley (USA)
et Dominique Quélen (France)
accompagnés par Barbara Beck (traductrice, USA)

14 April from 19h30: Ivy Writers Paris says DELAVILLE is back and we are going to bask in the ambiance with fabulous readings by visiting American author Gillian Conoley and French poet who is making a special trek to Paris for us, Dominique Quélen. Barbara Beck will also share some of her translations of Quélen!

At : Delaville Café (1er étage—mais rdv au bar)
34 bvd bonne nouvelle
75010 Paris
M° Bonne nouvelle (ligne 8 ou 9)

Notre blog: http://ivywritersparis.blogspot.fr/
Notre groupe FB—rejoignez-nous ! https://www.facebook.com/groups/101898279922603/
Notre nouvelle page « Ivy Writers Paris communauté » sur FB : https://www.facebook.com/ivywritersparis?fref=ts

 

â–º Les 20 ans de Cassandre/Horschamp à la Maison de l’Arbre les 24-25-26 avril

Trois jours de partage artistique et de débats ininterrompus avec toute l’équipe de Cassandre/Horschamp et beaucoup d’invités
(illustration en arrière-plan ; voir le programme détaillé avec ce lien : http://www.horschamp.org/spip.php?article4467)

Réservation indispensable à resa2@horschamp.org

La Parole errante à la Maison de l’Arbre
9, rue François Debergue
93100 Montreuil
(Métro Croix de Chavaux – ligne 9)

26 mars 2015

[Chronique] Impulsion (éloge de la rêverie), par Sandra Moussempès (à propos de Xavier Person, Une limonade pour Kafka)

"Limonade tout était si infini"… Telle est l’une des dernières phrases prononcées par Kafka, qui sert d’embrayeur à l’écriture de cet essai stimulant dont rend compte de façon si personnelle la poète Sandra Moussempès.

Xavier Person, Une limonade pour Kafka, éditions de l’Attente, hiver 2014, 130 pages, 13 €, ISBN : 978-2-36242-048-1.

 

Xavier Person habite les livres des autres.

Nous portons tous en nous des écrivains, des artistes, des traces anonymes, comme un supplément de vie. Les livres qui nous portent sont ceux dont la langue nous recentre. Restituant des images qui implosent dans nos souvenirs et nos rêves. Les écrits des autres peuvent être les ressorts d’une discussion ultérieure, tout comme ce texte m’est impulsé par le sujet du livre de Person, qui lui-même évoque ses propres supports d’impulsion, comme un passage de relais.

 

Même si j’ avoue n’avoir pas lu Hélène Cixous (ni certains des auteurs cités par Xavier Person, dans son livre), alors que je voyais ses livres dans la bibliothèque de mes parents, que j’entendais souvent son nom dans les années 70. Je l’avais ensuite même eu brièvement comme prof (dans ma très courte carrière d’étudiante). Je me souviens d’un amphi bondé à Saint-Denis et de phrases inscrites sur un tableau. J’étais à l’époque attirée vers d’autres énergies, plus vitales. Mais je l’ai finalement lue au travers du prisme Person et ce que j’ai lu d’elle m’emballe, m’est essentiel et familier.

 

De même nous quittons une enveloppe pour en délivrer une aux timbres de voix divers. En écrivant, en lisant, un apaisement s’incruste dans notre inconscient, trouant une valve elle-même ouverte par un trauma familial ou une mauvaise digestion de non dits.

 

On sent l’auteur/Person prédisposé à séparer ce qui de la vie et de l’écriture/lecture peut s’appeler réglement intérieur. Et même de cette "impossibilité d’écrire" il en tire une lettre au poète Jean-Marc Baillieu (écrivain de sa génération, ce qui lui laisse sans doute plus de liberté) lui expliquant, sur cinq pages, tout de même, cette impossiblité, la proposition de Person s’annulant d’elle-même alors puisqu’écrire sur l’impossibilité d’écrire est encore une impulsion pour l’auteur, tout comme l’impossibilité à vivre avec les codes de ce monde peut l’être pour d’autres.

 

Dans la discrétion et une forme de langueur, les suites de phrases personnifiées par Person deviennent celles de l’écrivant ; quand l’écrivain ne cite plus les phrases des autres, il évoque alors ce qui lui a été renvoyé, d’humain :"Je me tiens dans l’obscurité et j’écris ceci en regardant ce que je vais voir apparaître à cette fenêtre". Ici encore, ce "choeur" : Revirement, tout est revirement dans l’antartique du coeur tout est infini, cela ne s’arrête jamais, les oiseaux dans le ciel glacé trouvent encore le courage de chanter.

On pourrait parler de lyrisme si le mot n’était pas galvaudé, d’une empathie pour les autres, humains, ombres, animaux, paysages ; tous les auteurs cités n’ont pas forcément besoin de faire partie de notre bibliothèque personnelle, l’intérêt du livre tenant dans cette réflexion sur ce qui s’inverse. Ce qui s’exerce dans la pensée même du lecteur/écrivain. La place de l’imaginaire dans une société devenue journalistique où tout doit trouver une explication, émaner d’un concept, voire d’une posture.

 

Une vie semblerait justifier l’écriture des livres, ou un livre justifierait une vie, c’est un peu ce théorème que Person égrène comme un chapelet fantomatique, les définitions s’étirent jusqu’à devenir floues, comme si avant de se donner le droit à l’écriture il devait emprunter d’autres "voix" :

"(…) s’avancer encore, imperceptiblement, plongé dans ce que notre sommeil finalement nous dérobe, découvrant des espaces qu’on ne saurait réellement parcourir, devenu à soi-même un personnage mystérieux, reconnu plus tard pour n’être autre que soi-même."

 

Ainsi, par la poésie de Royet-Journoud qu’évoque Person, se fait-on une idée du poème ; passent également Walter Benjamin, Perec, Celan, Duchamp, Holderlin, Rousseau, Foucault, "pères" ou "grands-pères" d’une autre fratrie et leurs axiomes de base.

 

Puisque poésie, philosophie, musique partent du même axiome. Ils ne retracent pas. Ils soulèvent le pot aux roses. Ou du moins ils devraient. Lorsque nous ne prenons plus de plaisir à découvrir un coucher de soleil ou une libellule tigrée, dans la vraie vie, c’est parce que seule l’écriture nous aurait permis d’en choisir les segments descriptifs et que sans doute nous aurions choisi autre chose qu’un coucher de soleil ou une libellule tigrée.

 

C’est donc avec cette limonade introspective/méditative, voire cette "personification du sujet" que Xavier Person nous amène à nous questionner sur nos propres champs d’impulsion.

19 octobre 2014

[News] News du dimanche

Ce soir, nos livres reçus vont vous faire passer de longues et riches soirées d’automne (Sivan/Pennequin, Fuente/Lahontâa, Filhol, Salzarulo). Ensuite, nos Libr-brèves variées : Collège international de philosophie, Prigent, Quintane, Novarina, Delaume/Grell…

 

Libr-livres reçus /FT/

â–º Jacques Sivan / Charles Pennequin, Alias Jacques Bonhomme, Al dante, été 2014, 104 pages, 20 €, ISBN : 978-2-84761-734-4.

 "Tout n’est désormais que gestion de stocks turnover petits business et grandes détresses" (p. 15).

Cette jacquerie d’un temps et d’un genre nouveaux est d’une inventivité verbale et iconographique assez rare : ce montage critique qui ressortit aussi bien à l’univers des jeux vidéos qu’aux poésies du dispositif ou aux dessins satiriques nous plonge dans un monde violent labellisé SF, une dystopie qui nous rappelle notre réalité mondialisée, ne serait-ce qu’au travers des financiers de la Goldman’s Sack

 

â–º Laurence de la Fuente & Bruno Lahontâa, Performances éthologiques de Font, préface de Arnaud Labelle-Rojoux, éditions de l’Attente, septembre 2014, 100 pages, 19 €, ISBN : 978-2-36242-051-1.

Ces performances éthologiques d’un drôle d’artiste – Font ! – sont des plus singulières : entre poésie loufoque et théâtre burlesque, elles nous invitent à observer la comédie humaine du point de vue animal. On découvrira donc de curieuses notions : "cinèse", "cleptobiose", "cronisme", "effet Coolidge", "mimicrie", "(nécro)phorésie"… Un passage irrésistible : "J’ai remarqué depuis peu que le port d’une tête de cheval lors de mon footing quotidien induit chez moi une accélération de cadence mais provoque malheureusement des changements de direction inopinés potentiellement dangereux" (38)…

 

â–º Élisabeth Filhol, Bois II, P.O.L, septembre 2014, 264 pages, 16,90 €, ISBN : 978-2-8180-2045-6.

"Il y a bien longtemps qu’un personnel n’est plus une ressource que l’on cultive" (p. 82).

Bois II, ou la liquidation d’une entreprise familiale sur fond de mondialisation – OPA et autres manœuvres… L’âge du profit immédiat n’est rien d’autre que la négation de quelque 465 millions d’histoire – ce qui explique le tableau géologique inaugural. C’est dire que la réalité économique s’impose au détriment de tout autre aspect (géologique, sociologique, humaniste…). Doit-on se résigner face à ce fatum posé comme inexorable ? L’auteure de La Centrale accompagne la résistance d’une communauté organisée autour du comité d’entreprise : la force d’un "nous", la rotation des points de vue et l’intensité dramatique mettent efficacement en scène l’aventure d’un collectif qui enfreint la loi en occupant l’entreprise et en retenant contre son gré le responsable de la débâcle.

â–º Piero Salzarulo, En attendant Hypnos, Passage d’encres, coll. "Trait court", automne 2014, 20 pages, 5 €, ISBN : 978-2-35855-104-5.

Si ce grand insomniaque qu’était André Gide redoutait la veille imposée, en revanche Louis-Ferdinand Céline lâche cette confidence dans Mort à crédit : "si j’avais bien dormi toujours j’aurais jamais écrit une ligne"…
On gagnera à lire les courts opus de cette collection stimulante dans l’ensemble.

 

Libr-brèves

â–º Merci de signer et de faire circuler la pétition pour sauver le Collège international de philosophie.

â–º Christian PRIGENT – Le premier volet des "Six jours autour de Christian Prigent à Cerisy" est en ligne sur le blog Autour de Christian Prigent. Quant à la mise en ligne des numéros entiers de la revue TXT, le blog Cantos Propaganda en est au n° 3/4.

â–º Nathalie QUINTANE – Le numéro 157 du Matricule des Anges qui vient de paraître comporte un dossier sur Nathalie Quintane : "Son oeuvre défait les tiroirs et les rangements à idées. Sous le désordre apparent des choses, la vie retrouve une intensité joyeuse. Et combative. Nouveau livre à paraître : Les Années 10". / Écouter Nathalie Quintane sur La Vie manifeste : "Réinjecter de la politique dans la littérature".

â–º Jusqu’au 2 novembre 2014, exposition d’Ann Loubert et de Clémentine Margheriti. Samedi 25 octobre à 16H, lectures de Christophe Grossi, Jacques Moulin et Valère Novarina : halle St Pierre à Paris (2, rue Ronsard 75018). (Vient de paraître : Portique, poème de Jacques Moulin ; dessins d’Ann Loubert).

â–º Conférence lecture Chloé Delaume / Isabelle Grell, vendredi 14 novembre 2014 à 20H, Médiathèque François Mitterrand à Tours (2, esplanade Mitterrand : 02 47 54 30 46 – ou 30 42).

23 août 2014

[Libr-relecture] Sandra Moussempès, Beauty Sitcom/Acrobaties dessinées, par Emmanuèle Jawad

En addendum à la chronique de François Crosnier sur Acrobaties dessinées de Sandra Moussempès (éditions de l’Attente, 2012) et à l’extrait proposé par LC du CD Beauty sitcom ("Récipient de métal vert", avec Kristin Prevallet), voici une libr-relecture du CD Beauty sitcom qui accompagnait le livre Acrobaties dessinées.

 

Neuf audio-poèmes comme autant de pistes d’une véritable bande-son, sous le titre Beauty Sitcom, sont proposés à l’écoute dans un CD accompagnant les Acrobaties dessinées de Sandra Moussempès. L’enregistrement ne semble requérir l’appui du texte dans sa lecture, se suffisant à lui-même, les éléments qui se déploient dans l’espace sonore captant entièrement l’attention de l’auditeur.

 

Dans la performance, la voix live de Sandra Moussempès s’inscrit dans le tissu des voix enregistrées et de l’électro-acoustique. Le traitement des sons, dans leur agencement et montage, combine voix récitantes (parlées),voix chantées (mélodies) et sons électro-acoustiques, provoquant des images mentales qui pourraient être cinématographiques.

 

Les voix, dans le tissu sonore constitué, se fondent, superposées comme autant de fondus enchaînés visuels, et se détachent alternativement, lorsque l’une d’elles prend le dessus en une voix unique murmurée ou une voix narrative, récitante (exclusive alors, laissant s’effacer les autres constituants sonores).

 

Les voix de Sandra Moussempès se mêlent le plus souvent (chants empreints de sensualité, récits, bruitages vocaux, sons) formant les différentes couches sonores d’une bande-son dans laquelle l’écho et la répétition ou les effets de boucle participent à l’étrangeté, concourant à l’envoûtement progressif de l’auditeur. Ainsi, à l’écoute de la piste 1 de Beauty sitcom, la réitération du motif « Scarlett Scarifiée Sacre Simulacre Stupre », leitmotiv avec réitération homophonique au sein même du motif, avant d’être délaissé, dans sa clôture, pour le chant, la mélodie.

 

Certains titres des audio-poèmes ainsi que différents textes enregistrés se réfèrent à un lexique cinématographique (Remake, piste 6, ainsi que la piste 2 dont le texte se trouve en prise avec des préoccupations cinématographiques) remettant en situation des notions visuelles et sonores (titres Résurgences momentanées des sensations visuelles et Partition Haneke).

 

Dans le maillage sonore, une voix est prélevée, dominante un temps, le fond sonore interrompu, laissant clairement entendre la voix de narration, dans des coupes soudaines ou des légers décalages de bribes différées, répétées. Voix multiples : le chant, que l’on pourrait imaginer surgir d’un continent lointain (Asie ?) ou encore, voix chantées, souvent en langue anglaise, enfin une voix pouvant être celle de l’engagement, énumérant, dénonçant (« le capitalisme, l’obsession, la domination patriarcale etc… »).

 

Avec la voix de Sandra Moussempès alterne, se répondant et s’imbriquant, la voix américaine d’un récit de Kristin Prevallet (piste 4).

Le son convoque l’image dans son absence, « l’écran noir »(piste 5).

Le texte énoncé dit « la fonction de l’obscurité ».

 

La mise en abyme est ici celle conjointe des images et des sons « un homme regarde un film se sachant filmé ». Le récit entendu est celui évoquant une suite d’images (filmiques).

Les voix du récit, d’un réel, appellent les registres de l’imaginaire.

Echos et vibrations viennent altérer la clarté de la voix récitante soumise à des modulations de volume articulées sur la « rythmique répétitive » du texte.

 

Davantage que la partie sonore d’un texte, Beauty Sitcom s’apparente au travail d’une bande-son dans l’élaboration méticuleuse des strates sonores, la production de niveaux et décalages des éléments constitutifs, bande sonore appelant une bande-image autant filmique que mentale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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