Libr-critique

7 juin 2015

[News] News du dimanche

Ce soir, retour en images et audio sur l’exposition Amusements de mécanique (Suzanne DOPPELT) ; libr-événements : riches soirées à Angoulême (SUPERSONIQUE littérature) et 33e Marché de la poésie à Paris.

 

Retour sur l’exposition Amusements de mécanique (7 mai – 6 juin 2015),

par Fabrice Thumerel

Les œuvres présentées sont issues des corpus reproduits dans ses trois derniers livres, tous publiés aux éditions P.O.L. : Lazy Suzie (2009), La plus grande aberration (2012) et Amusements de mécanique (2014).

À l’occasion du vernissage, le jeudi 7 mai, Suzanne Doppelt a fait une lecture d’extraits de son dernier livre Amusements de mécanique. Écouter un extrait :

LOCO / L’ATELIER D’ÉDITION: 6, rue Charles-François Dupuis, 75003 Paris, France. T. 01 40 27 90 68 / ÉDITION : ANNE ZWEIBAUM (anne.z@latelierdedition.com) et ÉRIC CEZ (eric.c@latelierdedition.com).

On doit cette exposition à Éric Cez, l’enthousiaste directeur des éditions LOCO, spécialisées dans les interrelations entre photographie, poésie et sciences humaines (on ne manquera pas de consulter leur catalogue).

 

Toute exposition de Suzanne Doppelt est à mettre en relation avec son concept d’IDO (Installation Déréalisante d’Objet).

Avec Suzanne Doppelt, la poésie est quête d’une harmonie optique/poétique/géométrique et le poète « une tête chercheuse qui n’en finit pas de chercher des figures et des rapports, une série de rapports qui bougent l’ensemble à mesure. » D’où les divers dispositifs qui stimulent l’imagination et nous font VOIR le monde autrement, et même à l’envers : bande magnétique, appareils optiques et réflexifs, boîtes à malice, machines à donner le tournis – et même un simple trou, car « voir c’est toujours voir par un trou, le monde s’y perd et s’y ramasse à la fois »…

Avec Suzanne Doppelt, le poète ne nous met pas tant la puce à l’oreille que la mouche à l’œil – et cette vision panoramique/kaléidoscopique nous plonge dans une réalité spectrale. Mieux, la poésie est ici perçue comme « chemin sonore où l’œil rivalise avec l’oreille. » Comme mimèsis tympanisée, donc.

Avec Suzanne Doppelt, la poésie est enquête et épopée cosmopoétique : « on est au spectacle, celui des obscures méditations. »

 

Libr-événements

â–º 33e Marché de la poésie, place St Sulpice (75006 Paris), du mercredi 10 au dimanche 14 juin 2015 : télécharger le programme.

â–º Angoulême, 12 et 13 juin : SUPERSONIQUE LITTERATURE

poésie / performance / film / art sonore

////// vendredi 12 juin _ au Conservatoire d’Angoulême

18h30 _ projection

Bernard Heidsieck, la poésie en action (56 min, 2014)

un film de Anne-Laure Chamboissier & Philippe Franck, en collaboration avec Gilles Coudert

Bernard Heidsieck la poésie en action – extrait VaduzCe film dresse un portrait intime de Bernard Heidsieck, pionnier dès 1955 de la poésie sonore et fondateur en 1962 de la poésie action. Il invite à un voyage dans sa « double vie » d’artiste et de banquier et dans son œuvre, à travers un ensemble de conversations et de documents audiovisuels inédits. Des entretiens avec d’autres figures majeures de la poésie sonore viennent enrichir ce témoignage et dessinent un tableau vivant de l’histoire de la poésie sonore et de ses développements actuels.

suivi d’une discussion avec Philippe Franck

20h30

lecture – performance de Charles Pennequin

# Charles Pennequin est poète, un poète debout, et en action. Publication dans de nombreuses revues. Performances et concerts dans la France entière et un petit peu à côté. Vidéos à l’arrache. Écriture dans les blogs. Dessins sans regarder. Improvisations au dictaphone, au microphone, dans sa voiture, dans certains TGV. Quelques cris le long des deux voies. Petites chansons dans les carnets. Poèmes délabrés en public. Écriture sur les murs. Charles Pennequin écrit depuis qu’il est né.

///// samedi 13 juin _ à DATABAZ _ 16h_18h30

CITY SONIC afternoon

avec Philippe Franck

# Présentation du livre City Sonic, les arts sonores dans la cité (Ed.La Lettre Volée)

coordonné par Philippe Franck, directeur de Transcultures et du festival international des arts sonores City Sonic à Mons (Belgique).

# City Sonic MIX (productions originales, sound art, poésie sonore, électro expérimental…du festival) par Paradise Now (Sub Rosa, Optical Sound, Transonic).

Buvette et petite restauration sur place !

Philippe Franck (Belgique)

Historien de l’art, concepteur et critique culturel, Philippe Franck est directeur de Transcultures. Il est le fondateur et directeur artistique du festival international des arts sonores City Sonic (depuis 2003) et des Transnumériques, biennale/plate-forme des cultures numériques (depuis 2005).

17 mai 2015

[News] News du dimanche

Après la UNE consacrée à Mathieu Brosseau pour la parution de Data Transport, nos Libr-événements : RV avec Serge Martin-Ritman, Sandra Moussempès, des auteurs de la série Z et du n° 77 de MCD, mais aussi des poètes volants… Et pour couronner le tout, DATABAZ vous offre des images invisibles !

 

 UNE : Mathieu BROSSEAU, Data transport

  • Jeudi 21 mai à 19 heures à L’Arbre à Lettres Mouffetard – métro Censier-Daubenton – Avec les éditeurs et Isabelle Schulmann, libraire. Rencontre précédée par une lecture d’extraits par Jean-Marc Bourg, comédien

  • Mercredi 3 juin à 19 heures au Monte-en-l’air – métro Ménilmontant – Avec les éditeurs et Aurelie Garreau, libraire

  • Lundi 22 juin à 19 heures à la Maison de la Poesie de Paris – métro Rambuteau – Lecture-écriture en duo avec Jean-Marc Bourg – Réservation recommandée
***

Présentation de l’éditeur. Quand M. est un beau jour repêché par un cargo en pleine mer, ni lui ni personne ne sait qui il est, ni ce qui l’a mené ici. Muet et amnésique, il trouve une emploi dans un service de courriers non adressés à la poste et semble progressivement recouvrer la mémoire ainsi que le langage par l’intermédiaire des lettres qu’il lit et classe toute la journée. Cette découverte de lui-même, de son histoire, celle d’un être confronté à la difficulté d’incarner à la fois son corps et son verbe, et condamné dès sa naissance à une mystérieuse seconde de retard, va le mener jusqu’à la source de ses crimes – réels ou illusoires – et de sa propre disparition.

Dans un univers éthéré et poétique, et avec une précision poétique chirurgicale, Mathieu Brosseau interroge dans Data Transport ce que la langue fait au corps. Comment reprendre corps, mémoire et langue ? Comment distinguer ce qui, dans cette reconquête de la langue et de la mémoire, appartient à l’identité ou aux lettres que lit M., sorte de Bartleby qui serait passé de l’autre côté du miroir.

Le titre, par l’auteur. « C’est la première fois que j’ai eu autant de mal à trouver un titre. Il y en a eu 3 ou 4 provisoires. Puis DT s’est imposé comme une évidence lors d’une réunion puisque ce récit porte, à l’instar des lettres, sur ce qui n’arrive pas à destination, les npai bien sûr mais aussi la parole du bègue, le mouvement sans fin de la réalité, pi, etc. Je crois que nous n’arrivons (ni nous, ni les paroles, ni les "Data", donc) jamais à destination, et c’est pourquoi nous imaginons/créons des fins, des objets. Nous comblons le vide insupportable qui se dégage de l’impossibilité d’une fin. Même notre mort, qui pourrait être l’arrivée, le point B de notre existence, nous échappe. Donc Data Transport, le chemin de l’information, le chemin du contenu, de l’artifice de la pensée qui cherche à combler un insupportable sans-fin, sans-arrivée. »

 

Mathieu Brosseau, Data transport, éditions de l’Ogre, mai 2015, 152 pages, 16 €, ISBN : 979-10-93606-10-1.

 

Libr-événements

â–º RV avec Serge Martin-Ritman :

Jeudi 21 mai 2015, au Musée du quai Branly à 17h30 (salle 2) dans le cadre du séminaire « Histoires de gestes », présentation du numéro 7 de la revue Résonance générale (http://www.latelierdugrandtetras.fr/resonance.php?type=1&PHPSESSID=24a52b1b8826203a3069b0c60f30c543) : rencontre avec Alexis Pelletier et Guy Perrocheau.
 
Dimanche 31 mai 2015 à 16 heures à Montreuil (La Guillotine, 24, rue Robespierre), lecture aux côtés d’Antoine Emaz et de Camille Loivier : http://poesie.evous.fr/31-mai-dimanche-Matinee-d-editeur-1-Tarabuste-Triages-La-Guillotine-Montreuil.html
 
Samedi 13 juin à 16 heures au stand des éditions Tarabuste (marché de la poésie, place Saint Sulpice, Paris 6e) : signature de Tu pars, je vacille (http://www.laboutiquedetarabuste.com/fr/collections/doute-b-a-t/ritman-serge-tu-pars-je-vacille/110) avec le verre de l’amitié.
 
A l’occasion de la publication de Tu pars, je vacille (éditions Tarabuste : http://www.laboutiquedetarabuste.com/fr/collections/doute-b-a-t/ritman-serge-tu-pars-je-vacille/110) un long entretien avec Yann Miralles : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2015/05/entretien_serge_martin1.html
 

â–º Sandra Moussempès évoque Sunny girls sur France Culture (podcast).

â–º Le mercredi 20 mai, la librairie Texture reçoit z : autour des deux dernières séries (3 & 4). En compagnie des auteurs Patrick Beurard-Valdoye, Pierre Drogi, Anne Kawala, Fabienne Raphoz et Lucie Taïeb. À 19h30, à la librairie Texture, 94 Avenue Jean Jaurès, 75019, Paris.

â–º Mercredi 20 mai 2015 à 19H, Seconde Nature à Aix-en-Provence. Le magazine MCD#77 La politique de l’art s’interroge sur les nouvelles formes d’engagement et d’activisme numériques sous les angles pratiques et théoriques, par le biais d’articles de fond et par des portraits d’artistes et collectifs emblématiques.

Dans le cadre d’un partenariat avec MCD, le magazine des cultures digitales, et en écho à l’exposition Archéologie des medias (20 mai au 28 juin à Seconde Nature), Alphabetville et Seconde Nature vous invitent à une présentation et une discussion autour des enjeux politiques de l’art actuel avec les contributeurs régionaux à ce numéro :
– Christophe Bruno et Emmanuel Guez, artistes et enseignants à l’Ecole supérieure d’art d’Avignon (Théories des medias, créations numériques et actions politiques)
– Colette Tron, critique, directrice d’Alphabetville à Marseille (Armes et arts de la révolution, de l’électronique au numérique)
– Jean-Paul Fourmentraux (sous réserve), sociologue et enseignant en art à l’Université Aix-Marseille (Faire œuvre en art et politique)
Présentation du numéro par Guillaume Renoud-Grappin, directeur associé de MCD.

Rencontre suivie de la projection d’œuvres des artistes Julius von Bismark et mounir fatmi. Informations : http://www.secondenature.org/MCD-77-La-Politique-de-l-Art.html

â–º Poètes volants : David Christoffel, Sabine Macher, Daniel Pozner et Pierre Soletti. Samedi 23 mai 2015 (à partir de 15 h 30).
Le Râteau-Lavoir / 4, rue Charles-Bassée / 94120 Fontenay-sous-Bois
RER A : Fontenay-sous-Bois
Pour plus de détails :
http://poesie.evous.fr/23-mai-samedi-Poetes-volants-Le-Rateau-Lavoir-Fontenay-sous-Bois.html
 

â–º Samedi 23 mai 2015 à 20H30, DATABAZ (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier : 100, rue du Gond à Angoulême) : IMAGES INVISIBLES, projection d’images mentales sur supports sonore et littéraire.

Un projet de Rhizome (Québec), d’après une idée originale de Mathieu Campagna.

_ samedi 23 mai 2015 _ 20h30

Lecture et art audio dans l’obscurité par 4 duos d’auteurs et créateurs sonores

Daniel Canty (son : Miriane Rouillard)

Renée Gagnon (son : Antoine Caron)

David Leblanc (son: Marc Doucet)

Simon Dumas (son : Mathieu Campagna).

Images invisibles est le résultat d’une collaboration entre un auteur et un artiste audio, dans le but de créer des court-métrages dépourvus d’image. Fusion, donc, entre narration et environnement sonore surround, ce spectacle singulier se déroule dans le noir complet.

Images invisibles cherche à susciter l’émergence d’images mentales chez l’auditeur, un peu comme le fait la lecture romanesque, mais en amplifiant le pouvoir des mots par un support audio enrobant et suggestif (voix narratrices, bruits d’ambiance, musiques, sons inventés). Les périodes d’obscurité sont ponctuées d’effets de lumière qui révèlent les auteurs lisant leur texte devant ou parmi les spectateurs, dans une dynamique d’apparition/disparition à la limite du spectral. Images invisibles s’affranchit du joug de l’image visuelle, en explorant les rapports complexes unissant la parole et le son, et permet la création de nouveaux alliages littéraires. [cf. visuel en arrière-plan]

27 septembre 2014

[News] Automnales : deux rendez-vous majeurs

Libr-automnales : deux rendez-vous majeurs, l’un ce soir à Marseille, GRANDES MANOEUVES ; l’autre à Angoulême du 2 au 4 octobre, INTON’ACTION 4.

 

â–º Samedi 27 septembre 2014 à 21H, Asile 404 à Marseille : soirée Lecture performative, musique, projection. Avec : Antoine Boute – Mathias Richard – Stéphane Nowak et le son de Alex Riva.



♦ ANTOINE BOUTE
http://antoineboute.blogspot.fr/

> Lecture/perf poésie contemporaine
> Diffusion du film : EXAMEN DE PÂQUES (Martine Doyen & Antoine Boute, 2012 – 40mn.)

« Antoine Boute est l’un des représentants les plus emblématiques de la poésie expérimentale en Belgique. Son œuvre, plurielle, se caractérise par une singularité forte, une identité tout à la fois propre et hybride, mutante, inquiétante, excitante. Philosophe, écrivain, poète sonore, pornolettriste, prophète conceptuel et naturaliste, il s’adonne également à la poésie graphique, à l’écriture collective, aux pratiques collaboratives, et est organisateur d’évènements.

Spéculateur hors pair, Boute est l’auteur d’un livre dont le concept est d’être "100% tout public, complètement ergonomique à la pensée de toute sorte de gens". L’enjeu est de "donner à fond dans l’accessibilité radicale", de "tout bonnement exploser philosophie, poésie et art conceptuel par le biais de la masse hétérogène de nos amis lecteurs tous publics". Chez lui, les démarcations entre fiction et réalité, musique et langage sont incertaines. Sa poésie s’invente dans la dissolution des frontières, se libérant de la page imprimée. Incarnée, elle aboutit dans certains cas à la productions de véritables "situations", au sein desquelles l’action première (l’intervention, l’amorce) doit avoir valeur de déclencheur ou de foyer autour ou à partir duquel s’organisent idées, actions, gestes, initiatives et histoires. Par là il travaille à l’intrusion subreptice de l’art dans l’espace de l’agir social, donnant corps aux notions de participation, de relationnel, de contextualité, de pragmatisme. Auteur de plusieurs livres, il est un performeur prolifique et collabore à de nombreux projets, tant poétiques que musicaux, multimédias, ou vidéographiques. »

♦ MATHIAS RICHARD
> "Lectures plus ou moins diverses"

♦ STÉPHANE NOWAK
> Lecture d’un extrait de « Nos secrets sont poétiques »

Stéphane Nowak Papantoniou est écrivain, lecteur, chercheur. Son travail d’investigation poétique porte sur l’erreur et l’expiration du sujet.
Dernier livre publié: Glôôsse (al dante, 2014)

MUSIQUE : ALEX RIVA
> Solo expérimental de flûte à bec

â–º INTON’ACTION #4 _ Rencontres internationales de poésie et performances (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier : DATABAZ, 100 rue du Gond à Angoulême)

du 2 au 4 octobre 2014  ///// jeudi 2 octobre _ 20h30 _ DATABAZ Searching for Elias, documentaire sur Elias Pozornsky, artiste polonais présenté par Pierre-Yohan Suc et Magali Pobel (Cie Androphyne) ///// vendredi 4 octobre _ 20h30 _ DATABAZ

Pour la 4e année, DATABAZ poursuit son exploration au fil de l’expérimentation et de l’intermédia, en vous vous invitant à découvrir selon des angularités multiples les pratiques artistiques contemporaines qui dessinent les contours en mouvement de la performance actuelle.

 

     Performance, cet art de l’éphémère, du temps dans le corps, de la voix dans l’espace, de la voix à travers le corps, du corps à travers les objets, de l’espace du temps, qui ouvre des territoires en mutation et interroge sans cesses les limites.  Performance, cette nécessité du geste et de l’acte, pour « s’en sortir sans sortir », déjouer les catégories et se tenir dans le risque d’une adresse qui défait les / la représentation(s) …

    INTON’ACTION, c’est des artistes et poètes qui ont développé en tout sens et densément depuis de longues années cet art de l’action, mais aussi des performeurs plus jeunes, en recherche, … c’est des artistes venus d’Irak, de Grèce, du Chili, des Pays-Bas qui ont incorporé la France et l’Europe mais aussi des artistes français ayant parcouru l’Afrique, le Japon, l’Amérique du Nord, ….
   INTON’ACTION, c’est des artistes qui ne cesse de s’aventurer hors de leurs frontières, et éclatent les cadres, qui font de la peinture pour interroger la philosophie de l’art, qui attaquent la poésie par le son, qui interrogent la présence à distance, qui épousent les écrans pour créer une parole en trois dimensions, qui donnent chair et vie aux objets, qui marchent comme on danse, qui se travestissent pour mieux se révéler …

 

   INTON’ACTION, c’est une traversée du temps et des espaces, avec une projection du documentaire Searching for Elias, en hommage à l’artiste polonais Elias Pozornsky, et deux soirées performatives à Databaz, mais aussi des actions dans l’espace public, en irruption, en improvisation, avec la participation du public …
 

So go into action !
 

avec

Elias Pozornski / Martin Bakero / Joel Hubaut  / Ali Al-Fatlawi et Abdallah Shmelawi / Marguerite Bobey  Démosthène Agrafiotis / Annie Abrahams / Christine Quoiraud /
 Thierry Lagalla / Pierre-Yohan Suc & Magali Pobel (Androphyne) / Sandrine Rodrigues

 

///// JEUDI 2 OCTOBRE _ 20H30 _ DATABAZ

Searching for Elias, documentaire sur Elias Pozornski, artiste polonais présenté par Pierre-Yohan Suc et Magali Pobel (Cie Androphyne)

Elias Pozornski, né en 1928 à Varsovie, est un artiste polonais qui a produit de nombreuses performances, happenings et installations, dans un ensemble artistique très engagé politiquement. Proche du mouvement Fluxus, il rêve dans les années 60-70, avec son ami Harald Szeemann, d’une permanente redéfinition du format de l’exposition pour en finir définitivement avec le “chef-d’oeuvre”. Atteint d’une maladie dégénérative des yeux, il cesse son activité artistique à la fin des années 70.

Lorsque Pierre-Johann Suc et Magali Pobel rencontrent son oeuvre en 2008 par hasard à Cracovie, Pozornski est quasiment aveugle, solitaire et secret. Ensemble, en 2013 à Lublin, ils travaillent sur son concept de cécité volontaire. “Ceci n’est pas une performance” est né, mais Pozornski ne verra pas aboutir ce projet chorégraphique commun car il décède le 22 septembre 2013. Pressentant cette éventualité, Elias leur avait transmis un protocole sous forme de notes, afin qu’ils puissent terminer la pièce.

Même s’ il joue de cette forme, le film “Searching for Elias” n’est pas un hommage. C’ est un catalogue raisonné et vivant d’un homme qui a toujours refusé les –ismes, une performance où danse et arts plastiques ne font plus qu’un.

A l’issu de la projection, une rencontre avec Pierre-Yohan Suc et Magali Pobel vous permettra d’échanger sur cet artiste trop méconnu.

Et le samedi 3 octobre, venez découvrir et participer à l’action dansée dans l’espace public Ceci n’est pas une performance, menée par Pierre-Yohan Suc et Magali Pobel place du Champ de Mars.

………………………………………………………………………………
ANDROPHYNE // Objet chorégraphique non identifié ( Hossegor – France)

Pierre-Johann SUC et Magali POBEL, formés au Centre National de Danse Contemporaine d’ANGERS, imaginent leurs premières pièces en 2000. Touche-à-tout insatiables, ils se placent rarement à l’endroit où on les attend. Qualifiées de pluridisciplinaire, leurs créations – plus “cadrées” qu’écrites – reposent autant sur la performance, la musique, le théâtre, les arts plastiques, que sur la danse. Ainsi, leur approche est à l’image de leurs pratiques : multiple et ludique.

www.androphyne.com

VIDEO « Ceci n’est pas une performance »  http://www.youtube.com/watch?v=7vGvvInbzcs

Fondation Pozornski   http://www.pozornski-fundacja-sztuki.pl/english/media/

Article « Junkpage »( nov 2013)

///// VENDREDI 3 OCTOBRE _ 20H30 _ DATABAZ

Martin Bakero (Chili / France)

Joel Hubaut  (France)

Ali Al-Fatlawi et Abdallah Shmelawi (Irak / Suisse)

Marguerite Bobey  (France)

///// SAMEDI 3 OCTOBRE

11h-13h _ performances place des Halles et autour de la mairie avec Ali Al-Fatlawi et Abdallah Shmelawi, Marguerite Bobey,  Démosthène Agrafiotis, Annie Abrahams, Thierry Lagalla …

16h _ Ceci n’est pas une performance, action participative menée par Pierre-Yohan Suc & Magali Pobel (Androphyne)

Rdv place du Champ de Mars  // inscription : centre.databaz@gmail.com

20h30 _ DATABAZ

Démosthène Agrafiotis  (Grèce)

Annie Abrahams (France / Pays-Bas)

Christine Quoiraud (France)

Thierry Lagalla (France)

 Entrée : 3/5 euros chaque soirée  // Pass trois soirs 10 euros

7 septembre 2014

[News] News du dimanche

Avant de découvrir deux Libr-événements importants en cette reprise (festival Relectures 15 et INTON’ACTION 4), notre programme à venir…

 

À venir en UNE

â–º Spécial Al dante, spécial POL…

â–º Chroniques sur Serge Doubrovsky, Le Monstre ; Jérôme Bertin, La Peau sur la table/Autoportrait ; Véronique Bergen, Marilyn, naissance année zéro ; Jacques Sivan & Charles Pennequin, Alias Jacques Bonhomme ; Yannick Torlini, Camar(a)de ; Elisabeth Filhol, Bois II ; Isabelle Grell, volume "128" Nathan sur l’autofiction…

â–º Grand entretien avec Sylvain COURTOUX…

â–º Créations de Yves Justamante, Matthieu Gosztola, Daniel Cabanis, Gilles Grangier…

Libr-événements

 â–º Du 22 septembre au 5 octobre 2014, RELECTURES 15, c’est 21 manifestations en entrée libre sur 15 jours… rassemblant 22 artistes…

Alexis Fichet, Nicolas Richard, Matthieu Dibelius, Jean-Paul Curnier, Céline Ahond, Maïder Fortuné, Vanessa Place, Frank Smith, Marc Perrin, Luce Goutelle, Charlotte Imbault, Guillaume Désanges, Ives Robert, Fantazio, Till Roeskens, Nathalie Quintane, Violaine Lochu, Gwenola Wagon, Hélène Cœur, Souleymane Mbodj, Emmanuel Adely, David Haddad

dans 7 structures de Seine-Saint-Denis et du Nord-est parisien…
l’Espace Khiasma (93), la Médiathèque Marguerite Duras (Paris 20e), le 116 (93), le Musée Commun (Paris 20e), la Maison des Fougères (Paris 20e), le Pavillon Carré de Baudouin (Paris 20e), Lilas en Scène (93)

une programmation jeunesse…
Jean-Paul Curnier, Souleymane Mbodj, carte blanche à l’association Belleville en Vue(s)

3 tables rondes…

Poétiques du témoignage
avec Frank Smith, Fiona McMahon et Geneviève Cohen-Cheminet

Big Data : construire du sens à l’échelle « n = tous » (politique et esthétique)
avec Frank Smith, Xavier de La Porte (sous réserve), Gwenola Wagon

Documenter la performance / Performer le document
discussion entre Guillaume Désanges et Olivier Marboeuf

et un salon des éditeurs !

Salon de (re)lectures avec les éditions : Les petits matins, Al Dante, Ère, Les inaperçus, Lignes, La Fabrique, Argol, Plaine Page, L’attente, Questions Théoriques, Le Bleu du ciel, Les Prairies ordinaires, Inculte, Amsterdam, Verticales, Argol, Autrement, Galilée, Seuil, La Différence, Bazar, Hapax, Nous, Le Mot et le Reste… — et les revues : Vacarme, NioquesMultitudesLe chant du monstreThéâtre publicCassandreDissonancesLignesLe Passant OrdinaireCe qui SecretArmée NoireLa Femelle du RequinNuméro ZéroBoxonContre-AlléeFrictions

Une manifestation produite par Khiasma
Programmation :
 Olivier Marboeuf et Sébastien Zaegel
Coordination : Sébastien Zaegel / pole.litterature@khiasma.net / 09 80 36 02 03
Contact presse : Amandine André / relectures@khiasma.net

 

â–º INTON’ACTION #4 _ Rencontres internationales de poésie et performances (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier : DATABAZ, 100 rue du Gond à Angoulême)

du 2 au 4 octobre 2014  ///// jeudi 2 octobre _ 20h30 _ DATABAZ Searching for Elias, documentaire sur Elias Pozornsky, artiste polonais présenté par Pierre-Yohan Suc et Magali Pobel (Cie Androphyne) ///// vendredi 4 octobre _ 20h30 _ DATABAZ

Martin Bakero (Chili / France)

Joel Hubaut  (France)

Ali Al-Fatlawi et Abdallah Shmelawi (Irak / Suisse)

Marguerite Bobey  (France)

///// samedi 3 octobre _ 11h-13h _ performances place des Halles et autour de la mairie 16h _ Ceci n’est pas une performance, action participative inscription 20h30 _ DATABAZ

Demosthène Agrafiotis  (Grèce)

Annie Abrahams (France / Pays-Bas)

Christine Quoiraud (France)

Thierry Lagalla (France)

 Entrée : 5 euros chaque soirée  // Pass trois soirs 10 euros

4 septembre 2014

[digital] lancement de pictword sur iOS

Filed under: créations,News,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 13:11

De phAUTOmaton à pictword
D’avril à juin était exposée phAUTOmaton de Philippe Boisnard dans 7 musées de Russie et 3 villes françaises (Paris avec la SGDL, Poitiers avec l’Espace Mendes France et Orléans lors des premières transnumériques).
Oeuvre numérique à la fois dans l’espace réel (10 villes de Vladivostock à Poitiers) et sur le web en temps réel :
http://phautomaton.com

Philippe Boisnard vient de lancer pictword, qui reprend le même processus que phAUTOmaton, mais adapté à aux iphones et ipads (version pour android dans un mois).
Pictword permet de créer à partir de ses propres mots ou messages, ses photos. Et donc de participer à l’écriture collective du réel lancée par phAUTOmaton au niveau des visages. Les acquéreurs sont ainsi appelés à donner une image à leurs émotions.
Ce qu’il s’agit, au-delà de la mise en circulation d’une application dans un cadre commercial, c’est de constituer une oeuvre dans l’ouverture aux multitudes.
Le principe de l’oeuvre est délocalisé et d’une certaine manière abandonné aux participant qui téléchargeront pictword sur leur smartphone. L’oeuvre pictword dans son processus sera aussi multiple et grande qu’il y aura de PiWi qui seront pris par les participants.

Il s’agit ainsi de localiser l’oeuvre non plus dans des espaces muséaux, mais de l’ouvrir au lieu de vision actuelle : le smartphone ou bien la tablette. De même qu’il s’agit en ouvrant un tel outil de création, de biffer pour une part la notion de créateur. L’oeuvre ainsi se donne dans l’impossibilité de sa saisie dans sa fragmentation infinie.

vous pouvez accéder à pictword soit par :
http://pictword.com
http://facebook.com/pictword.com
applestore

31 mai 2014

[Chronique] Jean-Michel Espitallier, Caisse à outils [Libr-Java 9]

Dans un champ poétique caractérisé par une lutte des classements d’autant plus âpre que l’espace est symboliquement et économiquement restreint, le succès et donc la réédition de Caisse à outils – juste après l’anthologie Pièces détachées – signifient à quel point Jean-Michel Espitallier a réussi sa gageure d’offrir à chaque curieux "des plans et des modèles pour construire son propre engin d’exploration". C’est dire à quel point il nous faut (re)lire ce trois-en-un (essai-manuel-panorama). Cette réédition n’apportant qu’une réactualisation des références – très utile au demeurant -, on commencera par la version relue de la chronique publiée en 2006 par Philippe Boisnard ; et on terminera par le dialogue critique que propose Fabrice Thumerel à son auteur. [Lire Libr-Java 8]

Jean-Michel Espitallier, Caisse à outils. Un panorama de la poésie française aujourd’hui, Pocket, 2006 ; édition revue par l’auteur, Pocket, coll. "Agora", printemps 2014, 256 pages, 12 €, ISBN : 978-2-266-25041-2.

 

Un manifeste postmoderne (Philippe Boisnard)

Jean-Michel Espitallier publiant Caisse à outils aux éditions Pocket, prenait un risque certain : témoigner de la création de la poésie française contemporaine, dans une édition grand public, à savoir accessible à tous, alors que les enjeux de cette poésie semblent demander une certaine connaissance de l’histoire de la poésie du XXème siècle et des questions qui s’y sont tissées. Risque dont lui-même n’était pas dupe, tel qu’il en témoigne dans sa première partie Ouvre-boîte : « Le pari n’était pas facile étant donné la grande diversité des gestes artistiques, la complexité des questions, la multiplicité des formes et des pratiques (…) Si j’emprunte parfois la casquette de l’historien, c’est qu’il me paraît difficile de prendre la mesure des formes contemporaines sans les replacer dans la continuité et les ruptures qui les ont produites, les légitiment, en expliquent les mécanismes et les apports. »
Lire cet essai, car il s’agit davantage d’un essai que d’un panorama, nécessite alors de tenir compte de ce grand écart, de ne pas voiler cette tension sous les prétextes, soit de spécialistes, soit de chapelles, qui discréditeraient par avance son effort de clarté, voire de clarification de certaines questions.
Alors, quel est l’enjeu précis de cette caisse ? Tient-il seulement à rendre visible les compartiments de la poésie contemporaine, les différents outils mis à disposition par les pratiques et les créations ? Cela pourrait être le cas, si nous nous référions seulement à la table des matières, si nous prenions cet essai seulement comme une taxinomie des différentes expériences contemporaines.
Mais ce serait aussi se détourner certainement de ce qui le creuse, venant indiquer non plus la simple description neutre de poésies, mais témoigner de lignes qui se construisent, s’affrontent, viennent se contredire, selon un rapport au temps, à l’histoire, à la société. C’est de cela que je voudrai parler ici.
Alors que le champ poétique au niveau des essais est dominé sans nul doute possible, depuis plus de quinze ans, par les thèses de Christian Prigent, ce qu’accomplit ici Jean-Michel Espitallier, sans le dire explicitement, c’est une réévaluation critique de la modernité prigentienne, et l’ouverture à de nouveaux horizons, dont témoigne fort peu Christian Prigent.
Que cela soit dans Ce qui fait tenir, ou encore dans ses articles, comme celui publié dans Fusées n°8 sous le nom Encore un effort, Prigent n’a de cesse : 1/ de défendre la pensée d’une modernité poétique qui se structure sur la négativité des grandes irrégularités du langage, sur l’illisibilité (cf. ce qu’il écrit encore à propos de Scarron : « Écrire, c’est alors faire injure aux écrits droits (…) inoculer là-dedans épouventable peste gangrenne » (p.52), 2/ de mettre en critique les pensées post-modernes, qui ne s’affrontent plus à cette logique, 3/ ceci en tentant de rabattre certains des auteurs de ce tournant post-moderne dans le champ de la modernité (cf. Fusées °8 : « Tout cela est bien intéressant [il parle de Fiat et Hanna]. Un peu tartarin, sans doute, dans le genre ultra-avant-gardiste. Derrière insistent lourdement, l’ombre de Burroughs, le spectre de Gertrude Stein (…) Côté théorie cela fait beaucoup de scolarité »).
Jean-Michel Espitallier pose la possibilité de sortir de cette logique, il la met en critique en se positionnant en rapport à un tournant post-moderne, que l’on retrouve aussi bien chez Christophe Hanna que dans ce que je tente de même de mettre en place au plan de la réflexion [cf. "Hackt° theory(Z)" dans Doc(K)S]. Mais en quel sens établit-il cette réévaluation post-moderne ?
Il accomplit son analyse dans la partie centrale de son essai : « Chronomètre, horloge, agenda », à partir de la mise en évidence de ce que c’est qu’être contemporain : « C’est parce que je suis contemporain que je vis mon temps et non le contraire » (p.137). Les questions de la poésie se polarisent sur l’époque où elle apparaît à partir dès lors, ni de la recherche d’une langue propre (idiolectale), ni de la volonté de faire surgir une propriété extra-époquale (le corps, le singulier, la pulsion, le ça, la négativité) qui serait voilée par l’époque. Bien au contraire, être contemporain selon Jean-Michel Espitallier, c’est saisir un certain nombre de questions « qui se posent mais ne me sont pas posées » (rupture de l’obnubilation du sujet), c’est intensifier des rapports logiques, politiques, sociaux, non pas en vue de trouver une part maudite, une sorte d’ipséité que la modernité rationnelle aurait voilée, mais selon le projet de les décrypter, de les mettre à jour du point de vue de leurs stratégies de domination, de diffusion, d’imprégnation. C’est pourquoi cette contemporanéité se définit en tant que tournant post-moderne. La post-modernité, comme j’y reviendrai par ailleurs, ne définit pas d’abord et avant tout une réalité époquale (même si cela peut être le cas), mais surtout la réévaluation critique des héritages qui ont défini l’histoire, selon une logique de mise à distance des méta-vérités qui l’ont structurée. Alors que la modernité poétique a opposé à la téléologie de la raison issue du XIXème siècle (Hegel, puis Husserl) une téléologie du sujet compris comme singularité et tout à la fois vérité d’une possible communauté politique (d’où la récurrence du thème de la révolution), la post-modernité ne revendique plus aucune forme de vérité/communauté, mais situe son travail comme déchiffrement des mécanismes politiques, économiques ou communicationnels qui définissent chacune des micro-segmentarités de vérité relative qui constitue la réalité parcellisée du monde occidental. Contre la performation moderne, le post-moderne tendrait à un travail critique. Contre l’idiolectal lié à l’assomption du singulier, la post-modernité poserait des langages conventionnels, issus des pôles hégémoniques de la représentation, mais cela à partir de la remédiation de leurs logiques ou de leurs contenus, selon des déplacements circonstanciels ou événementiels, selon des stratégies de déterritorialisation, sans réelle reterritorialisation dans une dimension de vérité. C’est ainsi que Jean-Michel Espitallier peut écrire : « Faisant le deuil du clivage historique entre passé et présent, le post-moderne s’inscrit en faux contre tout messianisme. L’écrivain post-moderne retourne contre eux les phantasmes d’une inspiration créatrice, raille l’esprit de sérieux et les supposés vertus politico-thérapeutiques de son travail. » (p.126)
Il était nécessaire qu’une telle entreprise puisse enfin voir le jour. Non pas qu’il faille en finir avec la modernité, mais au sens où elle permet enfin d’avoir accès à des pratiques qui, hétérogènes à l’intention moderne, ne pouvaient apparaître au vu de la focalisation moderne qui caractérise encore les pratiques expérimentales. Ainsi, même si Espitallier a tendance à tomber dans le name-dropping, et par moment à citer des noms qui sont peu pertinents par rapport à ce qu’il développe, il réussit à rendre visible, si ce n’est lisible, les nouvelles intentionalités poétiques qui s’élaborent. Il ne reste plus qu’à attendre maintenant des essais qui réfléchissent et approfondissent ces nouveaux horizons, qui ne seront plus de l’ordre de la caisse à outils, mais plus certainement tiendront du mécano.

 

Bricolage et vagabondage (Fabrice Thumerel)

Nul point de vue de Sirius ici, nul voyage olympien ni parnassien : c’est en bricoleur que Jean-Michel Espitallier propose ses découvertes et expériences, tout comme ses réflexions sur le renouvellement de l’objet poétique, les mutations de l’espace poétique, ou encore les pratiques transartistiques et transgénériques. Et parce que le bricolage ressortit à la "pensée sauvage" (Lévi-Strauss), cette caisse à outils s’avère aussi pratique qu’originale. Indispensable par sa riche diversité et la clarté de ses synthèses. Indispensable pour ses prises de position vives ou mesurées, ses mises en garde salutaires : assurément, on pourrait très bien se passer de ce "téléthon annuel" que constitue le Printemps des poètes, tout comme de l’incontournable "transversalité", "nouveau sésame de la cuistrerie branchée"… Le poétisme ne frappe pas que la poésie "traditionnelle", pouvant "se manifester dans la pompe lyrique ou le stylisme boursouflé comme dans la littéralité ou l’avant-garde" ; il importe donc de "se méfier des hâtives sacralisations du nouveau" – tant "il ne suffit pas de piloter de gros logiciels et d’articuler images, sons, textes, hologrammes, etc., pour faire la révolution poétique" (p. 50-51)… Quant au fameux cut-up, pour être "devenu l’une des marques de fabrique de l’époque", il n’en est pas moins discutable : il a "tendance parfois à se faire un peu rouleur de mécaniques postmoderne, besogneux à force de se vouloir démonstratif, démonétisé comme valeur d’échange en ateliers d’écriture, conformiste à se croire naïvement visa de toutes les modernités" (198)…

Reste que l’on se serait attendu à une plus grande révision : si le paysage ne s’est pas métamorphosé en huit ans, il s’est tout de même enrichi de nouvelles formes et teintes. Par exemple, concernant les poésies du dispositif, comment ne pas rendre compte précisément des apports théoriques de Franck Leibovici, Olivier Quintyn, ou encore Christophe Hanna ? Comment traiter les "écritures à contraintes" sans évoquer les expériences actuelles de Philippe Jaffeux ou de Bruno Fern ? Comment réduire les poésies numérique et multimedia à deux seules pages ? Comment ignorer cette nouvelle ligne de force que représentent les objets poétiques en français fautif (OPFF), de Claude Favre à Corinne Lovera Vitali en passant par Alexander Dickow ? le renouveau multiforme du lyrisme : le lyrisme objectif, dramatique ou spirituel, de Suzanne Doppelt, Sandra Moussempès ou Jean-Luc Caizergues ; le lyrisme spiritualiste de Mathieu Brosseau ; le lyrisme poéthique de Jean-Claude Pinson ; le lyrisme utopique  de Christophe Manon ou héroï-comique de Vincent Tholomé ; les litanies de Laura Vazquez ? Mais sans doute ne doit-on pas confondre le libre vagabondage de Jean-Michel Espitallier avec une exploration scientifique exhaustive.
To be continued ?

Reste que l’on est dubitatif quand, à la page 151 exactement, l’auteur reprend à son compte sans nullement l’interroger le label "extrême contemporain", qui le conduit loin de sa base poétique… Juste pour titiller un peu le poète essayiste, on rappellera brièvement la généalogie de cette appellation. En 1986, au cours d’un colloque auquel participent également Dominique Fourcade, Michel Deguy et Jacques Roubaud, Michel Chaillou forge le concept d’"extrême contemporain", c’est-à-dire d’un contemporain englobant les extrêmes. L’opération symbolique vise à rien moins que labelliser une plateforme d’écritures exigeantes conçue comme une alternative au modèle avant-gardiste agonisant. Peu après la publication des Actes de ce colloque (1987) dans la revue Po&sie dirigée par Michel Deguy depuis 1977, naît chez le même éditeur Belin la collection du même nom, riche aujourd’hui de quelque soixante-quinze titres. Depuis, l’appellation est entrée dans l’usage courant en matière de littérature, employée dans des colloques de spécialistes comme dans divers panoramas et articles de presse. Arrêtons-nous sur le premier colloque international consacré à cette notion aussi vague que vaste, qui a eu lieu en mai 2007 à Toronto : trois jours durant, des chercheurs du monde entier ont débattu sur les "enjeux du roman de l’extrême contemporain : écritures, engagements, énonciations". La première remarque qui s’impose est l’extrême extension du "concept", puisqu’il recouvre aussi bien l’écriture de soi que "l’écriture du jeu, l’écriture des idées et l’écriture du réel". Quant à la liste des auteurs dont il est principalement question, elle laisse pour le moins perplexe : Angot, Chawaf, Darrieussecq, Duras, Germain, Grainville, Houellebecq, Laurens, Toussaint… Quels rapports établir objectivement entre ces écrivains dont les pratiques comme les capitaux symboliques sont aussi différents ? Le succès de ce label s’explique par son "utilité pratique". Mais la difficulté de penser ou d’objectiver le contemporain justifie-t-elle la réduction de l’"extrême contemporain" au seul genre narratif ou à la seule "esthétique du fragment" ? le recours à l’amalgame, courant dans les milieux médiatiques, au sein d’une liste alphabétique d’auteurs des plus hétéroclites (de Abécassis à Wajsbrot, en passant par Adely, Angot, Apperry, Assouline, Beigbeder, Bon, Despentes, Echenoz, Ernaux, Germain, Houellebecq, Laurens, Michon, Pennac, Quignard ou Volodine) ? Pourquoi publier dans une encyclopédie un objet qui ne saurait relever d’aucun savoir car non construit, si ce n’est pour tenter, grâce à un fallacieux bricolage pseudo-théorique, de légitimer des "valeurs littéraires" défendues par telle ou telle chapelle, voire par le Marché même ? Car, à l’évidence, le label "extrême contemporain" possède deux atouts majeurs : c’est un terme neuf pour désigner des valeurs proches de celles contenues dans "avant-garde" : appartenir à "l’extrême contemporain", c’est être en effet à la pointe du nouveau. Est-ce à dire que, vigilant quand il s’agit du concept d’"avant-garde", Jean-Michel Espitallier a baissé la garde devant ce label en vogue ?
To be continued

18 mai 2014

[News] News du dimanche

Programme très chargé ce soir : après deux livres reçus (On sait l’autre d’Édith AZAM et Du bitume avec une plume de SKALPEL), nos Libr-événements (Polyphonies de Rennes, Théâtre à Toulouse, "Chantier" à Arras, Supersonique Littérature à Angoulême, retour du Général Instin…).

 

Livres reçus (Fabrice Thumerel)

Édith AZAM, On sait l’autre, P.O.L, 160 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-2094-4.

"Toujours la vieille affaire : le langage, le corps : l’autre" (p. 33).

Dehors : trois chevaux, "chevalos-cadavres" qui "se chevalopent" (26-27)… Dedans : la Nausée… On sait l’autre est un agencement répétitif qui s’interroge sur le processus d’identification dans un monde aliénant, sur notre rapport à L’AUTRE… En ce temps de Nausée hypermoderne, l’Autre ce n’est pas l’Enfer, mais l’éboulement, l’effacement, le guêpier

Le texte nous indique lui-même sa propre dynamique scripturale : "Parler le vertige des oiseaux. Écrire des phrases courtes que l’on tourne jusqu’en boucle pour qu’elles nous relèvent ou, pourquoi pas, en inversant les lettres, qu’elles : nous révèlent. Le vertige nous parle des oiseaux" (22). On notera ici le trait idiosyncrasique d’Édith Azam : les deux points servent à rythmer la phrase, à la dramatiser, finissant par provoquer une vision épiphanique. Deux autres exemples : "Toutes les vies nous les volons pour prendre à l’autre son visage : on ne fait pas si vite face : à son absence : d’identité" (37) ; "[…] l’homme est la plus belle nature : morte" (101).

 

SKALPEL, Du bitume avec une plume, Al dante, 40 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-769-6.

Voici un texte-cri salutaire qui entend donner voix aux marginaux. On ne peut s’empêcher de citer quelques saillies d’anthologie : "Le métro ou le RER, ça peut être dangereux. T’as des justiciers qui attendent de passer à l’action" (9) ; "On tape sur le plus faible quand on n’a pas le courage de se révolter contre celui qui nous opprime réellement. Un vieux classique de l’histoire des dominants" (19) ; "[…] cet enfoiré de crasseux réactionnaire de Houellebecq. Un petit écrivain-éditocrate-réactionnaire pour bourgeois hystériques et dissidents frustrés d’extrême-droite" (24) ; "Ne me parlez pas de nature humaine à la con. Rien à foutre de ça" (39)… Dommage, néanmoins, que ce soit trop brut de coffre.

 

Libr-événements

â–º POLYPHONIES Rennes, du 23 au 25 mai à la Maison de la poésie (47, Allée Antoine Rebillon à Rennes / 02 99 51 33 32) : ouverture le vendredi 23 à 18H30, puis inauguration de la fresque poétique ; samedi 24 mai à 20H30, lecture de Christian Prigent au Jardin de la Maison de la Poésie / Péniche spectacle, et dimanche 25 mai à 15H celle de Dominique Quélen… Et aussi : Laure Limongi et Olivier Mellano, Pascal Commère…

â–º En Compagnie des Barbares présente une soirée en deux temps et une exposition au Théâtre du Grand Rond à Toulouse du 20 au 24 mai 2014 à 21h : CRI & CO, d’après le recueil de Christophe Macquet publié par Le Grand Os en 2008, suivi du TAROT DES FÉTICHES (tirage de tarot pour une personne à la fois d’après le jeu de lames de Karine Marco et les poèmes d’Ana Tot).

Retrouvez les livres de Christophe Macquet, Ana Tot et Karine Marco au coin librairie du théâtre

Réservations et infos / Théâtre du Grand Rond : Tél : 05 61 62 14 85

â–º Du 26 mai au 5 juin, "Chantier (œuvre en cours)" >> Workshop de MIET WARLOP / Être lieu (21, Bd Carnot à Arras)


Lundi 26 mai – chantier #1 (Vernissage à 18h)
Mardi 27 mai – chantier #2
Merc. 28 mai – chantier #3

(Chantier ouvert au public à 18h)

>> Lundi 2 juin à 17h
SECRET CHANTIER ( 60 ’)
Un film de Catherine Lefebvre
Film réalisé en 2007 aÌ€ l’occasion de la rénovation du Channel, SceÌ€ne Nationale de Calais. Catherine Lefebvre, la réalisatrice, a obtenu du directeur artistique Francis Peduzzi une carte blanche et un terrain de jeu de tous les possibles, ainsi que l’accord des ouvriers qui travaillaient dans ce grand chantier. MeÌ‚lant documentaire fictif et réalité, elle invite les protagonistes aÌ€ entrer dans sa danse, dans son jeu. Ce film a été projeté lors de l’inauguration du nouveau Channel.

>> Mardi 3 juin à 17h
CHORÉGRAPHIES CONTEMPORAINES : LE DÉSOEUVREMENT AÌ€ L’OEUVRE ( 60 ’)
Conférence de François Frimat
auteur de Qu’est-ce que la danse contemporaine ? Presses universitaires de France

>> Jeudi 5 juin à 20h 30
SPRINGVILLE ( 60 ’)
Une performance chorégraphique et plastique de Miet Warlop entrée 5€
réservations 09 54 68 69 04
billetterie@latitudescontemporaines.com

Dans Springville, nous assistons aÌ€ la métamorphose d’un micro univers dans lequel les personnages mi-hommes, mi-objets tentent de cohabiter et de conjuguer leurs efforts. Obéissant aÌ€ une logique absurde, ces créatures disproportionnées nous émeuvent par leur dysfonctionnement exprimé dans un langage visuel poétique qui respire le chaos, crée le suspense et force l’étonnement. Peu é peu, elles changent de physionomie pour former une série de tableaux vivants, anarchiques mais muets, qui prolifeÌ€rent aÌ€ l’infini. Springville est une performance dans laquelle l’image prime. La scénographie, les costumes, les attributs et les personnages sont inextricablement liés et se confondent.

>> La thématique “ EN CHANTIER “ ouvre aÌ€ d’autres expériences (pédagogiques et artistiques) qui seront présentées dans les espaces arts plastiques annexes :

LES BERGERS DE HEILPALEN ( 16 ’)
Film réalisé en 2006, “ Les bergers de Heilpalen “ nous montre l’étrange métier de Jos et Dominique au milieu d’un chantier. Catherine Lefebvre emploie le vocabulaire du documentaire et nous fait découvrir l’intimité de ces deux bergers singuliers.

CHANTIERS DE CREATION : DE LA POSSIBILITE DE RESTITUER UN SPECTACLE THEATRAL
Le spectacle NO US (ouÌ€ vont tous ces gens qui marchent sans regarder) de la compagnie québécoise “Les productions Alfred avait raison“ fut présenté le 3 avril aÌ€ la suite d’une courte résidence aÌ€ L’eÌ‚tre lieu en partenariat avec l’université d’Artois et le festival ARSEÌ€NE 2014. Photos, vidéo, témoignages… proposeront la restitution aÌ€ distance
de ce chantier de création.

CHANTIER MATERNELLE : FACE A SPRINGVILLE
ApreÌ€s avoir visionné le spectacle “ SPRINGVILLE “ de Miet Warlop, les enfants de l’école maternelle Florent Delattre aÌ€ Anzin-Saint-Aubin ont inventé leur propre chantier. Diffusion de la vidéo qui relate cette expérience pédagogique.

Dans le cadre des Ch’mins de Traverse, d’autres événements sont aÌ€ découvrir :

LA PART DU RITE ( 40 ’)
Une performance chorégraphique et plastique de Latifa Laâbissi
Jeudi 5 JUIN à 19h 00
MUSEE DES BEAUX-ARTS D’ARRAS, 22 rue Paul Doumer 62000 ARRAS Entrée 5€
réservations 09 54 68 69 04
billetterie@latitudescontemporaines.com

BIG BAD COLD ( 40 ’)
Une performance de Miet Warlop et 8 performeurs
Dimanche 1er JUIN à 15h 00
ACCEÌ€S LIBRE ET GRATUIT
LA BRASSERIE d’art, 5 rue Basse 62111 Foncquevillers – www.artbrasserie.com Navette gratuite au départ de l’eÌ‚tre lieu aÌ€ Arras, 21 Bd Carnot aÌ€ 14h 00 réservation obligatoire : 09 54 68 69 04

Programme détaillé : http://fr.calameo.com/read/0001067128afe3e768676

â–º SUPERSONIQUE LITTERATURE, performances littéraires et musique : Hughes Jallon & Frédéric D. Oberland / Jean-Michel Espitallier & Kasper T. Toeplitz / Emmanuelle Pireyre & Toog
Vendredi 30 MAI – 20h30 – au Conservatoire Gabriel FAURÉ d’Angoulême

Une soirée organisée par DATABAZ, à l’invitation de la classe d’électro-acoustique du Conservatoire d’Angoulême.

Participation libre mais nécessaire

Venez découvrir trois duos écrivain-musicien qui travaillent dans l’oralité , dans les jeux de langue, les jeux de sonorités en questionnant les conflits contemporains, la mémoire, la violence ou encore les enjeux écologiques selon une approche engagée, mais dans laquelle résonne le rire. Ils feront résonner texte et musique dans une énergie performative, sonique et galopante.
Des écrivains singuliers et des musiciens expérimentaux qui vous feront entendre une parole poétique selon de nouvelles dimensions.

– Kasper T. Toeplitz / Au delà des frontières des musiques contemporaines ou non académiques, Kasper T. Toeplitz compose et interprète une musique électronique puissante faites de drones intenses. Durant son parcours atypique, il est passé du rock-punk à des opéras et des pièces contemporaines ancrées dans le vingtième siècle. Ses références sont alors Scelsi, Ligeti, Penderecki puis Nono, Stockhausen et Xenakis. Il a gagné de nombreux prix et collabore avec des artistes inclassables, les musiciens Eliane Radigue, Zbigniew Karkowski, Phil Niblock, et des chorégraphes, des vidéastes, des photographes.

– Jean-Michel Espitallier est représentatif d’une génération qui opte pour des pratiques poétiques variées, construites, accumulatives et, souvent, drôles, au croisement du texte, du son et de l’image. Poète inclassable, il joue avec des listes, détournements, boucles rythmiques, proses désaxées, faux théorèmes, propositions logico-absurdes, sophismes tordent le cou à la notion si galvaudée de poésie, en inventant des formes neuves pour continuer de faire jouer tout le bizarre de la langue et d’en éprouver les limites.

– Hugues Jallon est directeur des éditions la Découverte depuis 2013. Il est l’auteur de trois fictions politiques originales dont la dernière, Le Début de quelque chose (2012), a été monté par Myriam Marzouki au festival d’Avignon en 2013.

– Frédéric D. Oberland est un artiste de l’image et du son (études de cinéma à la Fémis et de sciences politiques). Il manie la guitare électrique avec intensité autant que la caméra pour des films expérimentaux sélectionnés dans de nombreux festivals. Multi-instrumentiste et expérimentateur dans l’âme, il développe à un projet intitulé FareWell poésie, un collectif composé de musiciens parisiens et du poète / cinéaste Jayne Amara Ross.

– Emmanuelle Pireyre alterne écriture de livres et diverses formes mixtes présentées dans des lectures publiques (textes incorporant des vidéos, schémas, conférence Powerpoint …). Elle donne des cours d’écriture à des danseurs, participe comme comédienne aux films d’Olivier Bosson, aime collaborer à des projets collectifs qui décalent l’écriture vers d’autres domaines, musique, théorie, radio. Elle a reçu le prix Médicis en 2012 pour son livre Féerie générale aux éditions de l’Olivier.

– Gilles Weinzaepflen a publié une demi-douzaine de disques sous le pseudonyme Toog sur des labels américains, japonais, allemand, anglais et français Il a beaucoup tourné aux Etats-Unis principalement et au Japon. Il a mis en musique des textes poétiques pour le théâtre et a réalisé un film sur le champ poétique intitulé La Poésie s’appelle reviens. Son travail de poésie est publié dans des revues comme Nioques, et il fait des lecture avec le musicien David Fenech.

 

â–º Du 30 mai au 8 juin 2014, exposition et performances – littérature, street-art, sons… performances vendredi 30, samedi 31 mai, jeudi 5, vendredi 6, samedi 7 juin à 20 h ; vernissage samedi 31 mai à 19 h / galerie ouverte tous les jours sauf lundi de 15 h à 19 h (22 bis rue Dénoyez 75020 Paris, métro Belleville) : avec + de 30 artistes, et la participation d’élèves du lycée Albert-Camus de Bois-Colombes

Général Instin (GI) revient prendre d’assaut la rue Dénoyez et son mur dévolu au street-art à Belleville.

Point de départ de l’événement : une œuvre de Vincent Tholomé et Maja Jantar présentée dans la galerie, Conquête du pays Ugogo, carte dessinée retraçant l’exploration d’un pays exotique imaginaire par une bande de soldats qui remontent un fleuve vers sa source pour y disparaître.
Pour cette deuxieÌ€me édition d’Instin Belleville, écrivains et street-artistes collaborent à la création d’une fresque monumentale sur le mur de la rue Dénoyez, reprise en écho dans la galerie du 22 Bis. Performances, lectures, musiques ponctuent ce joyeux cérémonial. Au total, une trentaine d’artistes sont mobilisés pour fêter la déroute légendaire de leur Général.

Programme

Exposition et performances, galerie et mur rue Dénoyez, 30 mai au 8 juin
Delphine Bretesché, Mathieu Brosseau, Marie Decraene, Alexis Forestier, Maja Jantar, Sunny Jim, Itto Mehdaoui, Jérôme Mesnager, Pedrô !, SP 38, Vincent Tholomé
journal de Benoît Virot
et travaux d’élèves de 1re du lycée Albert-Camus de Bois-Colombes, classe de Sébastien Rongier

Lectures / performances / musique etc. à 20 h
vendredi 30 mai Philippe Aigrain, Olivier Apert, Marlène Jean, Cécile Portier, Lucie Taïeb, David Tuil
samedi 31 mai Philippe Aigrain, Olivier Apert, Maël Guesdon, Marlène Jean, Anthony Poiraudeau, Marie de Quatrebarbes, David Tuil
jeudi 5 juin Séverine Batier, Christophe Caillé, Sylvain Granon, Alice Letumier, Anne Savelli, Joachim Séné
vendredi 6 juin Jean-Philippe Gagnon, Maja Jantar, Christophe Manon, Vincent Tholomé
samedi 7 juin Delphine Bretesché, Juliette Mézenc, Mathilde Roux, Benoît Vincent

festival proposé par Patrick Chatelier et SP 38, avec Nadege Derderian
photographies Thierry Lainé

Général Instin,

projet artistique ouvert, initié par l’écrivain Patrick Chatelier et inspiré du vitrail tombal du général Hinstin (1831-1905) au cimetière Montparnasse, existe depuis 1997 et compte près de 150 participants, en majorité écrivains mais aussi plasticiens, street-artistes, musiciens, vidéastes, comédiens…
Général Instin est une suite de gestes artistiques qui se répondent et se complètent, toujours en devenir.
C’est aussi un soldat fantôme, spectre du véritable général Hinstin (par ailleurs totalement oublié).
C’est le personnage en train d’apparaître (ou disparaître) d’une fiction collective.
C’est une réplique du processus de création avec ses incertitudes, ses tâtonnements, ses impasses.
C’est une prolifération formant comme un paysage géologique qui grandit de ses dépôts successifs.
Quoi d’autre ? Chacun a son Général.

La quête de l’Aïeule universelle

En filigrane, avec la mémoire et la guerre comme lignes thématiques, le projet Instin fait référence aux tragédies passées dont nous sommes les héritiers : conflits mondiaux ou génocides, par exemple. La Conquête du pays Ugogo (ugogo signifie « aïeule » en zoulou), progressant vers le cœur des ténèbres, pourrait ainsi évoquer la colonisation. Cet arrière-plan de la folie humaine, soumis à la distance artistique, est détourné selon des voies parfois graves, parfois loufoques. Le soldat Miguel de Cervantès avec son Don Quichotte ne faisait pas autre chose.

Exploration de formules nouvelles, utilisation de nombreux supports réels ou virtuels, fabrique multidimensionnelle de déplacements, associations inédites entre matières, entre formes, entre disciplines, entre populations, entre artistes et non-artistes, sont des leitmotivs du GI.
De l’épars, du fragment, du diffracté, du paradoxe, composons une force : composons un réseau, une nébuleuse, une mouvance. Pour conquérir les moyens de combat et de résistance du XXIe siècle.

16 février 2014

[News] News du dimanche

Ce soir, un spécial Lucien SUEL, dont l’actualité est riche ; puis, nos Libr-événements : Novarina à la Maison de la poésie de Paris, Poésie Armée à Manifesten/al dante (Marseille) et soirée électro-acoustique à DATABAZ (Angoulême). De quoi attendre le printemps poétiquement…

 

Spécial Lucien SUEL

Deux nouveaux livres sortiront en librairie, le même jour, le 6 mars 2014 : « Le lapin mystique » un roman circulaire aux éditions de La Contre allée et « Je suis debout », anthologie poétique (1986-2013) à La Table Ronde. Soirée de présentation de ces deux ouvrages à Lille (voir ci-dessous).

Pour mémoire, deux autres livres sont sortis en 2013 : « L’avis des veaux » chez L’âne qui butine et « Flacons, flasques, fioles… » aux éditions Louise Bottu.

Toujours pour mémoire, les deux premiers romans « Mort d’un jardinier » et « La patience de Mauricette » sont disponibles en collection de poche (Folio-Gallimard) ; on retrouve Mauricette dans le roman « Blanche étincelle » publié début 2012 à La Table Ronde.

Deux autres projets en 2014, une édition de « Journaljardin » avec un tirage de tête rehaussé d’un dessin original de Josiane (éditions du Douayeul) et la publication des dessins de « La Limace à tête de chat » aux éditions du Téétras Magic.
Le cinquième roman « Rivière » commencé en résidence à la Maison Julien Gracq est en cours d’écriture.
Voici le calendrier des lectures publiques et des rencontres prévues en 2014 :

  • LILLE le 11 mars, à 19 h, à la librairie Le Bateau-Livre, 154, rue Gambetta, rencontre-lecture et signature à l’occasion de la parution simultanée de Je suis debout, une anthologie de poésie aux éditions de La Table Ronde et du roman Le Lapin mystique aux éditions de La Contre Allée. Soirée partagée avec Pascal Dessaint.

  • DOMREMY-LA-PUCELLE le 14 mars, à 18 h, au Centre d’Interprétation Johannique, lecture-rencontre dans le cadre du festival POEMA .

  • LILLE-HELLEMMES le 18 mars, à 12 h, à l’espace culturel du CE SNCF (attenant au restaurant d’entreprise du Technicentre d’Hellemmes), lecture-performance autour du livre « D’azur et d’acier » en compagnie du musicien improvisateur David Beausseron.

  • LA ROCHE SUR YON le 21 mars, participation au Printemps des poètes. Dans l’après-midi, rencontre avec une classe de lycée et à 19 h, apéro littéraire à la médiathèque Benjamin-Rabier (animation : Guénaël Boutouillet).

  • SAINT-JEAN-DE-MONTS le 22 mars, participation au Printemps des poètes. Dans l’après-midi, à 15 h 30, rencontre-lecture à la Médiathèque municipale (animation : Guénaël Boutouillet).

  • PARIS le 23 mars, Salon du Livre de Paris. De 13 h à 15 h, présence et signature de LS ("Le Lapin mystique", "D’azur et d’acier") sur le stand de La Contre allée (espace E94).

  • VANDŒUVRE-LES-NANCY du 28 au 30 mars, au CCAM, Scène Nationale, participation au festival POEMA . Le 30 mars, à 11h, lecture performée de L. Suel (suivie d’une lecture de Bernard Noël.)

  • LOMME le 13 avril, de 11 h à 12 h 30, à la médiathèque L’Odyssée, rencontre-témoignage autour de l’œuvre de Christophe Tarkos. Animation : association Formika.

  • BRUXELLES le 14 mai, à 19 h, 8ème festival Maelstrom, lecture à l’Amère à boire, 8, rue du Belvédère, 1050 Bruxelles. Entrée gratuite. (en compagnie e.a. de Frédérique Soumagne, Tom Nisse, Marc Perrin…)

  • VILLENEUVE SUR LOT du 16 au 18 mai, invité au Salon du Livre.

  • BARJOLS (ou BRIGNOLES) weekend du 31 mai / 1er juin, participation au festival "Les Eauditives" (association Plaine Page) (à préciser)

  • PIROU du 28 au 31 juillet, participation au festival PIROUESIE : Lecture-performance, récital Cheval 23, atelier d’écriture poétique, projection du film « Le jardin et le poète », (dates et horaires à préciser)

  • ROUEN du 26 au 28 septembre, participation au 4ème Festival « La poésie dans(e)la rue » organisée par l’association Détournements. Lectures-performées.

  • VANNES le 10 ou le 11 octobre, entre 14 h et 15 h 30, conférence à propos de Jack Kerouac, "Itinérance et poétique de l’espace" dans le cadre du Festival du haïku.

  • SAINT-OMER durant le mois de novembre, « Feuilles d’automne », une résidence sur le territoire à l’invitation de l’association « Saint-Omer en toutes lettres ».

     

Libr-événements

â–º Trois jours avec Valère NOVARINA à la Maison de la poésie Paris (Passage Molière : 157, rue St Martin 75003 Paris)

– Mardi 18 février – 19H30 : Lecture par Valère Novarina de L’envers de L’esprit et autres textes. Suivie de The animal of time, version américaine du Discours au animaux (par Chris Kayser).En savoir + : http://bit.ly/1ea5HTB

– Mercredi 19 février – 19H00 : Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire, portrait de Valère Novarina par Raphaël O’Byrne.
En savoir + : http://bit.ly/1aXtnti

– Mercredi 19 février – 20H30 : Stanislas Roquette – L’inquiétude de Valère Novarina.
En savoir + : http://bit.ly/1bseY4U

– Jeudi 20 février – 20H30 : André Marcon – Le discours au animaux de Valère Novarina.
En savoir + : http://bit.ly/1iCS7vy

Page du site sur les trois jours : http://bit.ly/1gwvokL

â–º  Mardi 18 février 2014 à 19H, MANIFESTEN (59, rue Thiers à Marseille) : Poésie armée (Jérôme Bertin, Stéphane Nowak Papantoniou, Serge Pey et Jean-Marc Rouillan).

â–º Centre DATABAZ (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier), vendredi 21 février à 20H30 : # écritures sonores électro-acoustiques (Christian Eloy / Gaetan Gromer / Edgar Nicouleau)

Un soirée de concert pour découvrir les écritures sonores électro-acoustiques de trois musiciens/compositeurs, qui travaillent avec la matière sonore du réel, qu’ils agencent, sculptent, et expansent pour vous emmener vers de nouvelles perceptions du son et du monde ….

_ Edgar Nicouleau :
Compositeur, psychanalyste.
Conservatoire de Bordeaux dans les classes de composition électroacoustique où il obtiendra en 1994 et 1995 le premier prix dans chacune des deux disciplines.
Dès 1994, il travaille en collaboration avec l’IUT génie électrique de Bordeaux I pour la création d’un capteur de mouvements, interface entre la danse et la musique : le Mididanse. Il enseignera de 1996 à 1999, l’informatique musicale au département Musicologie de l’Université de Bordeaux III. Depuis 1999, il enseigne la composition électroacoustique au Conservatoire d’Angoulême. Depuis 2000, il est membre du SCRIME (Studio de Création et de Recherche Musicale), chercheur associé au LaBri (Laboratoire de Recherche en informatique) de l’Université de Bordeaux I.
Bien que très influencé par la musique concrète du XX siècle, Edgar Nicouleau compose aussi bien à partir de sons de la vie de tous les jours, que de séquences électroniques
élaborées avec des outils interactifs. Le sujet de ses pièces est souvent en lien avec la condition humaine, la violence, la sexualité, la vie psychique en général. Très attaché à l’orchestration et à la richesse des mélanges, sa musique se veut être d’abord une aventure sonore.

_ Christian Eloy
Christian Eloy est compositeur de musique contemporaine en musique instrumentale, musique électroacoustique, musique acousmatique.
Etudes de flûte traversière et d’écriture au Conservatoire d’Amiens puis au Conservatoire national supérieur de musique à Paris.
En 1978, il fait des rencontres décisives avec l’ethnomusicologie, la musique électroacoustique, Ivo Malec, Guy Reibel, le Groupe de recherches musicales et l’Ircam.
Il devient ensuite professeur de composition électroacoustique au Conservatoire de Bordeaux, animateur de l’atelier de musique électroacoustique assistée par ordinateur du Groupe de recherches musicales de l’INA et de l’ADAC Ville de Paris. Il est chargé de cours en musicologie dans les universités Bordeaux I et Bordeaux III.
Il préside l’association de compositeurs Octandre, qu’il a fondé en 1990. Il est le cofondateur et le directeur artistique du SCRIME (Studio de création et de recherche en informatique et musique électroacoustique) implanté dans l’université Bordeaux I.
Il a composé une soixantaine d’œuvres instrumentales, vocales, électroacoustiques, et pédagogiques (contes électroacoustiques et opéras pour enfants), dont plusieurs commandes d’état, de Radio France, et de l’INA. Christian Eloy a reçu plusieurs distinctions dont le prix de la Communauté européenne "Poésie et Musique" , le prix de la " Révolution électroacoustique", le prix "François de Roubaix" au Festival mondial de l’image d’Antibes. Ses musiques sont jouées dans de nombreux pays à travers le monde.

_ Gaëtan Gromer
Gaëtan Gromer mène conjointement une activité d’écriture musicale contemporaine pour la scène et l’image, la réalisation d’installations sonores et de performances où le live electronic lui permet de créer, en temps réel, de la musique à partir de diverses sources acoustiques instantanées (émissions de radio, bruits de l’environnement, paroles du public, instruments de musique, etc.).
Il assume, depuis 2009, la direction artistique du collectif de création musicale Les Ensembles 2.2 et a été recruté par l’université de Strasbourg pour assurer les cours de musique assistée par ordinateur.
Très attiré par l’interdisciplinarité, il multiplie les collaborations avec des artistes comme Maria La Ribot, Paul Hossfeld, Germain Roesz, Zahra Poonawala, Sylvie Villaume, Léo Henry, Stéphane Perger, etc.
Il est lauréat, avec Zahra Poonawala, du prix européen d’art numérique Imagina Atlantica à Angoulême en 2012. Il se produit régulièrement sur les scènes de sa ville d’origine, Strasbourg : le Maillon, Pôle Sud, la Cité de la Musique et de la Danse, le Palais de la Musique et des Congrès, les festivals Ososphère et Artefacts, etc. Mais aussi, entre autres, au MAMCO de Genève, à l’e-Werk de Freiburg, au CAC de Vilnius, au Fresnoy de Tourcoing, à Bruxelles, Gijon, Ourense, Paris, etc.

 

 

26 janvier 2014

[News] News du dimanche]

Tandis que se poursuit le débat lancé par Sylvain Courtoux à partir du livre de Jérôme Bertin, au programme des NEWS de ce soir : le diptyque chevillardien (L’Autofictif en vie sous les décombres et Le Désordre AZERTY) ; nos Libr-événements (conférences de Philippe Boisnard, enjeux littéraires contemporains organisés par la MEL, festival Tandem de Nevers, rencontre avec Esther Tellermann et Pierre Chappuis).

UNE /FT/

â–º Éric CHEVILLARD, L’Autofictif en vie sous les décombres, L’Arbre vengeur, janvier 2014, 234 pages, 15 €, ISBN : 979-10-91504-10-2.

L’autodérision fait partie intégrante de la démarche chevillardienne : "Voici donc la deux millième page de L’Autofictif. La formule est aujourd’hui un peu usée et j’ai résolu de lui substituer dès la rentrée trois motets quotidiens dédiés à la Vierge Marie" (p. 216)… Inutile, donc, d’essayer de le prendre en flagrant délit d’auto-aveuglement : "L’écrivain ne doit pas s’y tromper. Il travaille aujourd’hui pour les ménagères de plus de 50 ans" (p. 85). Cette lucidité nous vaut également de belles analyses littéraires : "Il y a les écrivains qui se complaisent dans le réel, qui fourrent leurs phrases dedans, qui en rajoutent une couche ; et les écrivains qui prennent le réel dans les rets tranchants de leurs phrases afin de le retailler à leur guise" (p. 14).

Et s’il fait concurrence à l’état-civil, c’est uniquement pour se démarquer de ses homonymes sur le plancher des vaches : la boucherie et le village du même nom. Mais pour le reste, ne distinguant pas l’écriture autobiographique de l’écriture d’invention, place à l’inattendu… Une nouvelle en trois lignes à la façon de Félix Fénéon : "Il songea soudain qu’il était parvenu au mitan de son existence et la commotion que lui causa cette pensée fut si forte qu’il tomba raide mort" (32). Un fait incongru : "J’introduisis le rhinocéros dans la pièce où j’exposais ma collection de toiles d’araignées en prenant bien garde à ne pas laisser entrer la mouche" (33). Une déclaration loufoque : "Je suis la réincarnation de Jules Laforgue, mais personne ne veut le croire" (88)…

â–º Eric CHEVILLARD, Le Désordre AZERTY, Minuit, janvier 2014, 202 pages, 17 euros, ISBN : 978-2-7073-2336-1.

Fait écho à ce sixième tome de L’Autofictif le carnet pseudo-autobiographique qui doit son nom à sa méthode de composition : non pas un abécédaire de plus, mais un texte réflexif qui s’ordonne selon la logique du clavier. Ainsi, AZERTY comme : "Aspe", "Zoo", "Ennemi", "Rentrée", "Théorie", "Yeux". Ensuite, de "Utilité" à "Nuit Neige Noël", en passant par "Quinquagénaire", "Style", "Genre", "Humour", "Journal", "Littérature", ou encore "Chevillard", zigzague le cheminement scriptural.

Qu’il retrace son demi-siècle ou le récit arbitrairement journalier qu’il rédige depuis 2007, l’auteur suit la même logique paradoxal : refusant tout principe chrono-logique, toute hiérarchie, il procède au télescopage de micro-événements plus ou moins insignifiants, le court-circuitage des signifiés comme des signifiants confinant à l’incongruité et générant "des effets de surprise ou de reprise, de coïncidence ou de dissonance" (p. 127).

La logique paradoxale régit encore son autoportrait en humoriste : "L’humoriste n’est pas un joyeux drille. […] L’humoriste n’est pas très sensible non plus à la poésie burlesque du clown. […] L’humoriste a pris son corps dans la langue. […] l’humoriste est un rabat-joie" (119-120). Et de l’humour, il n’en manque pas pour évoquer le portement du nom. A considérer l’étymologie de son patronyme, rien d’étonnant à ce que l’on se torde souvent la cheville dans son univers… Et quand on songe qu’est un "chevillard" celui qui maîtrise l’art de planter à la cheville, le voici "rendu au sol"… "Paysan !" (174). D’où la nécessité pour lui de se faire un nom, et pour cela, de se démarquer du label Minuit ; ce qui explique sa charge contre l’écriture blanche : chevillé au style, il fustige cette "littérature de miroitier bègue à l’usage des singes et des perroquets" (92).

Libr-événements

â–º Mardi 28 janvier 2014, deux interventions de Philippe Boisnard : 9H-9H30, Conférence au Département Philosophie de l’Université de Tours, dans le cadre des journées sur Internet et le pouvoir (sur la question des paradigmes de l’art contemporain et de la mode internet comme processus de réduction des champs possibles de la création ; les objets d’analyse seront la littérature sur support numérique et le net-art).

Le soir, à Paris, dans le cadre des Voeux de l’internet (réservation via le lien)
http://www.weezevent.com/voeux-de-linternet-2014
réflexion sur la question des Fablab, notamment à partir de la promotion Européenne et Nationale qui en est faite : "Le point commun des initiatives « fablab » est constitué de l’énergie, de l’enthousiasme et de la certitude que leur implantation faciliteraient la relocalisation des unités de production. Derrière leur image liée au milieu associatif, à l’open source et à l’éthique du hacker, les forces industrielles dans leur finalité pourraient contredire la logique de naissance des fablab. Chimère ou révolution industrielle de demain ?"

â–º Du mercredi 29 janvier au dimanche 2 février, Littérature, enjeux contemporains VII : le mercredi 29 à la Bpi ; le jeudi 30 à la Maison des cultures du monde ; les vendredi 30, samedi 1er et dimanche 2 février à l’auditorium du Petit Palais.

Comment les écrivains voient ce qu’ils voient et comment ils le donnent à voir ? Ces livres, ces oeuvres qui séduisent et sidèrent, quelle forme donnent-ils au regard ? Pour la 7e édition de son festival annuel, la Mel a choisi pour thème la notion de « point de vue » qu’interrogeront écrivains, artistes, théoriciens et réalisateurs, aux confins des textes et des images. Car la littérature, et les arts qu’elle nourrit, ne cesse d’éduquer le regard, de montrer autrement, faces étranges et zones obscures. Elle révèle et dévoile, tout à la fois observatrice, contemplative ou hallucinatoire : nous allons voir ce que nous allons voir.

Avec Nils Ahl, Laura Alcoba, Marianne Alphant, Wolfgang Asholt, Damien Aubel, Emmanuelle Bayamack-Tam, Gisèle Berkman, Pierre Bergounioux, Eduardo Berti, Didier Blonde, Robert Bober, Stéphane Bouquet, Nicole Caligaris, Marcel Cohen, Jean-Max Colard, Jean-Louis Comolli, Joseph Danan, Luc Dardenne, Laurent Demanze, Daniel de Roulet, Georges Didi-Huberman, Randal Douc, Éric Dussert, Christophe Fourvel, Sylvie Germain, Thierry Girard, Eugène Green, Otar Iosseliani, William Irigoyen, Francesca Isidori, Laurent Jenny, Sophie Joubert, Pascal Jourdana, Jean Kaempfer, Patrick Kéchichian, Pauline Klein, Alban Lefranc, Philippe Lefait, Roberto Maggiori, Valerio Magrelli, Wajdi Mouawad, Pierre Michon, Christine Montalbetti, Marie-José Mondzain, Jacques Munier, Alain Nicolas, Carlo Ossola, Antoine Perraud, Eric Pessan, Ollivier Pourriol, Philippe Rahmy, Sinziana Ravini, Mathieu Riboulet, Sophie Ristelhueber, Olivia Rosenthal, Jean- Jacques Salgon, Tiphaine Samoyault, Pierre Schoentjes, Pierre Senges, Peter Szendy, Dominique Viart, Tanguy Viel, Cécile Wajsbrot, Frédéric Werst, Pierre Zaoui.

Programme complet du festival des Enjeux VII , à télécharger ici : http://www.m-e-l.fr/,re,377
t. 01 55 74 60 91 – 01 55 74 60 98
Entrée libre et gratuite.

â–º Festival littéraire de Nevers, TANDEM, les 6 et 7 février 2014, avec notamment : Jean-Michel Espitallier, Olivier Mellano, Valérie Rouzeau, Olivia Rosenthal… Le programme complet : ici.

â–º Tschann Libraire, les éditions Unes, Canopée et les éditions Corti vous invitent à une lecture de Esther Tellermann (Le Troisième, éditions Unes) & Pierre Chappuis (Entailles, éditions Corti) en présence de l’artiste Gilles du Bouchet, le jeudi 13 février 2014 à 19h30. Présentation par les éditeurs François Heusbourg (Unes) et Thierry Le Saëc (Canopée). [Tschann Libraire, 125 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris / tél.: 01 43 35 42 05 librairie@tschann.fr]

 

19 janvier 2014

[News] News du dimanche

Sur LC, nous ne parlons pas de "rentrée de janvier", tant il est vrai que, comme le rappelle Éric Chevillard dans son dernier livre, Le Désordre Azerty (Minuit, 15 janvier 2014) : aujourd’hui les "écrivains sont rentrés. Dans le rang"…
Nous saluerons simplement les deux derniers livres de Jérôme Bertin, qui viennent de paraître chez Al dante (Livres à la UNE), et vous inviterons à nos Libr-événements (Ultra-volte #3 à DATABAZ, lecture d’Yves di Manno et de Sandra Moussempès, Kraums Notho, revue Syncope).

Livres à la UNE /FT/

â–º Jérôme Bertin, Première ligne. 105 mesures pour une guerre, Al dante, 40 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-779-5.

Présentation éditoriale. Écrivain de l’extrême, Jérôme Bertin nous emmène dans l’à-vif du présent. Chacun de ses livres est le reflet d’un conflit : de l’impossibilité de mener à bien son métier de vivre parce que trop en but avec la brutalité de ce monde. Il est en cela proche de ce qu’écrit jean Genet, lorsque que ce dernier oppose la violence à la brutalité : la violence étant inhérente à toute pulsion de vie (l’enfantement, le rire, la joie, la révolte, les guerres de libératon…), tandis que la brutalité est dispensée sans compter par ceux qui ont pour but de brider ces pulsions de vie.
Première ligne, dense, court (40 pages), écrit en salves serrées, (105 phrases nées d’une pulsion de vie bridée) est un véritable manifeste poétique, où toutes les propositions sont autant d’éclats lancés contre la brutalité de toutes les formes de pouvoir.

Premières impressions. Voici une singulière suite d’apocalypses, écrite dans une langue-uppercut qui privilégie les télescopages des signifiés comme des signifiants. Deux exemples, avant de passer cette semaine le relais à Sylvain Courtoux : "Festin de terre. Assis sur le lit la tête entre les mains. Cracher le poème et du sang. Du sens interdit. La tête cogne contre le carrelage" (p. 15) ; "Anus, l’origine du monde. Plus de débats mais des combats. Des décombres des cobras. À la place de la langue, uppercut. Un sein vert expression. Tu vois le sang araignée sur le sol" (p. 18).

â–º Jérôme Bertin, Le Projet Wolfli, Al dante, 15 janvier 2014, 64 pages, 10 €, ISBN : 978-2-84761-780-1.

Présentation éditoriale. Le projet Wolfli est le récit sans concession d’un univers qui vit au rythme d’une guérilla extrême, où se confrontent des groupuscules d’horizons différents : des pires milices fascistes aux factions utopistes pour qui la guerre ne peut être gagnée que par la mort. Ici les corps sont des marchandises, chair à canon où chair à plaisir, corps qui se nourrissent et se détruisent par les armes ou dans les partouzes.
Entre Guyotat et Céline, ce roman participe au renouveau de la science-fiction.

Note de lecture

Devant les inanes palabres des popolitiques,
le spitoyable défilé des automates médiatiques,
les crimes capitalistes en bande organisée,
les orgies consuméristes des bouffeurs de pop corn,
la fanfaronne parade des homoncules affairés, des homo-economicus attachés à leur case,
les cris orgasmiques des phynanciers rivés à leurs bibelots d’inanité numérique,
ça ne vous est jamais arrivé de sentir monter en vous un magma rabique, un déluge de feu, un flux nitroglycériné ?

Une "journée à haut risque", entre 2023 et 2033 : "révolte dans Paris intra-muros / Funérailles du premier ministre assassiné / Le temps sera rouge" (p. 20)…

D’Egon, figure apocalyptique, à l’agôn. En cet immonde XXIe siècle, voici l’état des forces antagoniques : d’un côté, l’armée du Louvre, les légions Wolfli et Artaud ; de l’autre, l’infâme boboserie, les démocradingues, le "consommateur en lutte de crasse", le starwriter (l’écrivain spectacularisé) – "l’ennemi [qui] écrit sa prostatite, son divorce, son viol" -, le "démon capitaliste" – "cette blonde pulpeuse au vagin dévoreur de chibres"… Pas de quartiers, nul innocent ("L’innocent est un concept capitaliste réactionnaire") : fuck d’artifice final ! "Massacrez les idoles" ! "Le grand incendie comme œuvre ultime"… Rêvolution : "Debout les damnés de la terre. Ils vivent à ne pas douter leurs derniers instants. La culture d’état pue la mort. Les derniers penseurs sont enfermés dans la misère. Les éditeurs, les producteurs, travaillent par leur censure et leurs choix commerciaux à la désintégration du pensé debout" (p. 49).

De l’esthétisme radical (de Bosch à Artaud, en passant par les expressionnistes) à l’éréthisme de la violence : Jérôme Bertin met littéralement en œuvre"le rêve de Bukowski" et de tous les artistes rebelles. Eros et Thanatos, dans une fascinante écriture spasmée qui s’inscrit en droite ligne de Guyotat et de Desportes – sans toutefois en avoir encore le rythme, la portée et la tension.

 

Libr-événements

â–º ULTRA-VOLTE #3 // CONCERT / musique électronique et bruitiste SUPERNOVA (Belgique) // Oscar Martin (Espagne) // Constanza Piña (Chili) le vendredi 24 janvier à DATABAZ (100, rue du Gond à Angoulême), le centre de Philippe Boisnard et Hortense Gauthier (entrée : 5 / 7 euros).

SUPERNOVA, duo composé de Philippe Franck et Gauthier Keyaerts
Le projet Supernova a été initié depuis Bruxelles fin 2011 par Philippe Franck (alias Paradise Now – chant, guitare, objets) et Gauthier Keyaerts (alias The Aktivist, Very Mash’ta, plusieurs albums sur les labels Sub Rosa et Transonic – traitements électro-organiques, basse, objets). Le combo évolue, au gré des rencontres, dans une galaxie audio libertaire qui fait le grand écart entre post pop/post song, poésie sonore et électro matiériste.

# Philippe Franck

Historien de l’art, concepteur et critique culturel, Philippe Franck (Belgique) est directeur de Transcultures. Il est le fondateur et directeur artistique du festival international des arts sonores City Sonic (depuis 2003) et des Transnumériques, biennale/plate-forme des cultures numériques (depuis 2005). Il a également initié le label Transonic pour les sons autres.

Il a été commissaire artistique de nombreuses autres manifestations d’arts contemporains, audio, hybrides et numériques en Europe, Amérique du Nord et Afrique du Nord. Il enseigne également les arts numériques à l’Ecole National Supérieur des Arts Visuels La Cambre et ESA Saint-Luc (Bruxelles). Depuis 2010, il est aussi responsable des musiques urbaines, des arts sonores et de la création interdisciplinaire au manège.mons.

//// http://transcultures.be/philippe-franck/

# Gauthier Keyaerts

Gauthier Keyaerts est titulaire d’un Master en information et communication de l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Après un plus d’une décennie ponctuée de plusieurs sorties musicales sur le label Subrosa / Quatermass, et d’autres… , il devient co-fondateur du label de musique Transonic. Sous de nombreux pseudonymes (Very Mash’ta, la Aktivist, Next Baxter), il compose, joue et réalise de la musique, pour lui-même mais aussi en association à des installations (L’oeil Sampler, an-Art-Key, …) et des œuvres vidéo (notamment avec Thomas Israël) et / des créations radiophoniques (Electroniques Peintures, Composez-vous Bruxelles?) financés par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il collabore actuellement avec Christian Frisson et l’Institut NUMEDIART de l’UMONS, sur le projets MashtaCycle et Profondo Giallo, un moyen de repenser la relation entre la technologie et l’art (technologie dans l’art ?).

//// http://gauthierkeyaerts.wordpress.com/

# Oscar Martin aka NOISH~ (Espagne)

Programmeur expérimental et musicien, son travail est fondé sur la déconstruction de fields recordings , des synthèses non-conventionnelle et l’utilisation créative des erreurs techniques et informatiques. Luthier – numérique maniant Pure Data, il utilise ce langage pour développer ses propres outils non-conventionnels pour le traitement algorithmique et la composition générative en temps réel . Il se positionne quelque part entre informatique musicale , Esthétique du Bug , et Noise générative . Il tente de créer des univers sonores virtuels, des paysages sonores imaginaires qui encouragent l’écoute active et une sensibilité différente à l’égard de la perception des phénomènes sonores .
Il fonctionne sous le paradigme de l’Open source . Toutes ses expérimentations sonores sont publiées sous licences libres, par différents labels et netlabels ; ( Free Software Series, Uzusounds, Drone Records, tecnoNucleo, BRRR, etc.)

Sa musique a été présentée dans différents espaces et festivals internationaux :
MAKEART (France ) , MOOZAK ( Autriche ) , A10LAB bruit = bruit ( Royaume-Uni ) , FESTIVAL DE LA IMAGEN MANIZALES ( Colombie) , PIKSEL (Norvège ) , PDCON ( Brésil ) , VAD ( Espagne ) , LEM06 ( Espagne ) , LAC- Linux Audio Conference ( Allemagne ) , NK ( Berlin ) , DE JOUEUR (Rotterdam ) , MAUS HABITUS (Portugal) , LaLAboral – SummerLab (Asturies) , MIDE – Arteleku ( Donosti ) , Ulterior09 ( Madrid ) , Hangar ( Barcelone ) …

//// website

# Constanza Piña (Chili)

Constanza Piña est une artiste numérique et interprète de danse contemporaine.
Elle crée des œuvres dans divers domaines, y compris les nouveaux médias, de la danse, de la performance, en se concentrant dans le bricolage de synthétiseurs, les textiles électroniques et la technologie portable.
Elle a été co-directrice du laboratoire Art and Technology Chimbalab (2008-2012) et a procédé à de nombreux ateliers et conférences sur l’expérimentation électronique et la culture du D.I.Y. Elle est également membre du Sudamerica expérimental, une plateforme indépendante de partage et de collaboration pour des projets en arts électroniques.

Elle présentera Corazón de robota, un projet musical composé uniquement par des synthétiseurs et des séquenceurs fabriqués à la main à partir de différents matériaux comme les tissus, les déchets électroniques et les boîtes de chocolat analogiques. Ces appareils génèrent des fréquences différentes qui jouent au hasard, en explorant les dimensions rythmiques du bruit.

♦  http://sewingmachina.wordpress.com/

 

â–º Lecture d’Yves di Manno et Sandra Moussempès le jeudi 13 février, 19h30 à la librairie Texture (94 avenue Jean Jaurès, 75019), dans le cadre du programme de résidence d’écrivains en Ile-de-France.

â–º Net < KRAUMS NOTHO :

– un extrait d’une improvisation réalisée à N’a qu’un oeil (Bordeaux) il y a 1 an juste ;

-un extrait d’une perfomo(t)sonance en cours, qu’ils montent en résidence dans les locaux de la compagnie éclats à Bordeaux (http://www.eclats.net/). La sortie de résidence s’effectuera le 13 et 14 Mars 2014…

â–º Appel revue Syncope :

Suite à son échec avec kisskissbankbank, la revue Syncope cherche encore, par tous les moyens qui lui sont accessibles (auto-édition indépendante, alors oubliez subvention etc.), un soutien au financement de sa parution.
Syncope tente encore de donner sur papier (et ils tiennent à la matérialité de ce support) la possibilité d’incarner selon la perspective qu’elle propose, mais sans grille d’analyse et au risque d’antinomies, un dialogue entre écrivains et artistes sur la place d’Eros (et comme il s’en faut : relever parfois, et souvent, sa flagrante contradiction) dans notre contemporanéité libre (libérée, comme on dit) mais si vaporeusement policée.
Voilà déjà plus d’un an que la revue sous le thème du Climax aurait dû sortir. Ils aimeraient enfin pouvoir partager ce que nous ont donné à voir, à lire ou entendre :
Alain Marc, Annabelle Guetatra, Annie Descôteaux, Antoine Brea, Bernard Barbet, Carla Demierre, Catherine James, Catherine Larré, Charles Bosersach, Christophe Manon, Christophe Marchand-Kiss, Christophe Pairoux, Damien Comment, David Besschops, Dominique Quélen, Elodie Petit, Florence Darpier, Fox Harvard, Frederic Dumond, Geoffroy Bogaert, Herve Ic, Jacques Cauda, Jans Muskee, Jean-Marc André, Laura Vazquez, Laurent Benaim, Laurent Bouckenooghe, Laurent Herrou, Maldo Nollimerg, Marc Molk, Marc Perrin, Marie-amélie Porcher, Mathieu Lefebvre, Méryl Marchetti, Michel Castaignet, Michel Hanique, Miron Zownir, Nicolas Rollet, Olivier Larivière, Panayiotis Lamprou, Patrick Varetz, Peter Franck, Reno Louchart, Ronald Ophuis, Tom de Pekin, Vincent Herlemont, Yann Legrand, Yannick Torlini

Pour les soutenir, vous pouvez envoyer vos dons ou votre pré-achat (d’une valeur de 20 euros) ici :

http://syncope.canalblog.com/

ou par chèque à l’ordre de Crimen Amoris :
Editions Crimen Amoris
75 rue du Becquerel, 4 cour Bouchery
59370 Mons-en-Baroeul

Merci de laisser un message après votre don.

 

 

31 décembre 2013

[News] Spéciale LC : de 2013 à 2014…

Pour ce passage entre 2013 et 2014, LC vous offre à la fois une prospective particulière (14 citations pour 2014 : avant-goût de quelques livres sélectionnés pour le début de l’année) et une petite rétrospective (les 10 posts les plus lus/vus depuis le lancement du nouveau LC en septembre)…

14 citations pour 2014

Voici un aperçu en citations des livres que nous avons lus et que nous vous recommandons pour le premier trimestre 2014.

â–º Christophe CARPENTIER, Chaosmos (P.O.L, 2 janvier : dystopie de 416 pages) :

1) "Il n’y a plus d’actifs ni de chômeurs, plus de riches ni de pauvres, plus de malades ni de bien portants, il n’y a plus qu’un peuple : celui des relais efficaces du Chaosmos" (p. 116).

â–º Jacques JOUET, Les Communistes (P.O.L, 2 janvier, 490 pages) :

2) "On parle de passéisme, dit Pavel, mais jamais d’avenirisme ou de présentéisme" (p. 255).

3) "Et si je nous déclarais cohommunistes, tu aurais encore peur du co- ?" (p. 484).

â–º Jérôme BERTIN, Le Projet Wolfli (Al dante, 15 janvier, 64 pages) :

4) "Le peuple n’aspire qu’à se faire enculer" (p. 12).

5) "L’écriture aussi est un sport de combat. Ou alors ce n’est pas de la littérature. C’est de la merde" (p. 42).

6) "Top chrono pour les moutons. Consommez consommez avant que le cancer ne vous consume. Cassez votre tirelire cochons. Vous vous serrerez la ceinture après. Crédits crédits. Une seule vie ne suffit pas pour tout acheter" (p. 48).

7) "Debout les damnés de la terre. Ils vivent à ne pas douter leurs derniers instants. La culture d’état pue la mort. Les derniers penseurs sont enfermés dans la misère. Les éditeurs, les producteurs, travaillent par leur censure et leurs choix commerciaux à la désintégration du pensé debout" (p. 49).

â–º Jérôme BERTIN, Première ligne (Al dante, 15 janvier, 40 pages) :

8) "Festin de terre. Assis sur le lit la tête entre les mains. Cracher le poème et du sang. Du sens interdit. La tête cogne contre le carrelage" (p. 15).

9) "Anus, l’origine du monde. Plus de débats mais des combats. Des décombres des cobras. À la place de la langue, uppercut. Un sein vert expression. Tu vois le sang araignée sur le sol" (p. 18).

â–º Éric CHEVILLARD, L’Autofictif en vie sous les décombres (L’Arbre vengeur, 15 janvier, 234 pages) :

10) "Il y a les écrivains qui se complaisent dans le réel, qui fourrent leurs phrases dedans, qui en rajoutent une couche ; et les écrivains qui prennent le réel dans les rets tranchants de leurs phrases afin de le retailler à leur guise" (p. 14).

11) "L’écrivain ne doit pas s’y tromper. Il travaille aujourd’hui pour les ménagères de plus de 50 ans" (p. 85).

12) "Tous les autres mots ne sont pour lui que des euphémismes hypocrites et maniérés pour dire merde" (p. 93).

â–º Marc OHO-BAMBE, Le Chant des possibles (éditions La Cheminante, mars) :

13) "Souviens toi

De ce matin-là,

Ecarlate et révolutionnaire,

Du parfum de jasmin flottant dans l’ère alors

Souviens toi mon sang,

De la promesse du jour et des slogans,

Des chants de la rue défiant le joug des tyrans

Et la morsure des fusils"

â–º Serge Doubrovsky, Le Monstre (Grasset, avril 2014) :

14) "Vous pourrez enfin découvrir ici le texte restitué dans sa première composition, toute son opulence, sa première jeunesse, sa vitalité débordante, ses rêveries nomades et sa fascinante écriture. Le Monstre vous attirera dans son labyrinthe et vous n’essaierez même pas de trouver l’issue mais vous cheminerez, comme hypnotisé, à sa rencontre. L’approche génétique de ce texte aura aussi prouvé qu’il faut en finir de vouloir donner un seul sens à une œuvre, d’en faire une donatrice de signification" (Isabelle Grell).

Les 10 posts les plus lus/vus depuis le lancement du nouveau LC en septembre 2013

LC, en 2013, c’est quelque 200 posts (si l’on tient compte de la pause estivale, cela fait une moyenne de 4,5 posts/semaine).

En quatre mois, vous êtes plus de 100 000 à être venus visiter les quelque 1 600 posts disponibles : les 10 les plus lus/vus (chiffres arrondis) témoignent aussi bien des goûts de lecture que des circuits de circulation et d’indexation.

â–º Chronique de Philippe Boisnard (17/05/2008) sur Ralbum (Léo Scheer) = 11 275 visites [total : + de 120 000]

â–º Emmanuel Adely, "No more reality" (création du 05/09/2009) = 4 475 [total : + de 50 000]

â–º Chronique de Fabrice Thumerel, "Richard Millet et la postlittérature" ("Manières de critiquer" / 01/04/2011) = 3 650 [total : + de 20 000]

â–º Michel Giroud, "Généalogi-z 2.1" (création du 9 décembre 2006) = 2 200 [total : + de 35 000]

â–º NEWS du dimanche 10/11/2013 (F. Thumerel) = 1 760

â–º Chronique de Périne Pichon sur La Direction des risques de Christophe Marmorat (07/11/2013) = 1 150

â–º Fabrice Thumerel, "De l’intellectuel critique" (20/01/2006 ; travail de recherche en cours de réécriture) = 775 [total : + de 15 000]

â–º Mathias Richard, « Pour un déclin du mot "roman" » ("Manières de critiquer" / 26/09/2013) = 725

â–º Matthieu Gosztola, "Vivre I" (création, 29/10/2013) = 600

â–º Thomas Déjeammes et Mathias Richard, "Dreamdrum 10 / Amatemp 28" (création, 14/09/2013) = 580

5 décembre 2013

[Agenda] Soirée Ligne 13 / Alter sessio à DATABAZ

Deux événements à ne pas manquer en cette fin de semaine : ce soir à la Bibliothèque Audoux (75003), est à l’honneur la revue LIGNE 13 ; demain soir, Philippe Boisnard et Hortense Gauthier reçoivent à DATABAZ Fabrice Planquette et Yum Keiko Takayama.

â–º À l’occasion de la parution du septième numéro de la revue LIGNE 13, Soirée lectures avec JEAN-FRANCOIS BORY, FRANCIS COHEN et VIRGINIE POITRASSON à la bibliothèque Marguerite AUDOUX (10 rue Portefoin 75003 Paris) le jeudi 5 décembre à 19 heures.

Créée en 2010, LIGNE 13 est une revue de poésie dirigée par Francis Cohen et Sébastien Smirou. Chacun de ses numéros reprend sous un angle différent la question posée par Emmanuel Hocquard : « A quelle distance écrit-on ? » A quelle distance des auteurs qu’on aime ?, du corps ?, de l’expérience de pensée ?, des événements ?, de l’image ?

â–º Vendredi 6 décembre 2013 à 20H, Alter sessio au centre DATABAZ (100, rue du Gond à Angoulême). Fabrice Planquette et Yum Keiko Takayama sont en résidence pour travailler sur leur performance EXTENSION(s)(+) qui mêle danse contemporaine, création sonore et visuelle, et art numérique.
EXTENSION(s) est un ensemble de pièces (performances chorégraphiques, concerts, vidéos) traitant de l’extraction, de la contrainte vers une libération par le détachement ou l’assimilation, l’exploration d’états transitoires et la complémentarité (ou imbrications), dans un dispositif multimédia interactif et génératif.
C’est une échappatoire imaginaire au delà de la perte, errance fantomatique pour l’une et espace de défoulement pour l’autre.
https://vimeo.com/channels/altersessio

__ Fabrice Planquette mène, en plus de ses projets musicaux expérimentaux, des collaborations ouvertes aux arts de la scène, en poésie sonore, installations et vidéo. Il participe aux créations de compagnies de théâtre et de danse depuis 1997. Il a été lauréat de la villa Kujoyama (Kyoto – Japon) en 2006. Depuis 2007, il invite d’autres artistes au sein du groupe A.lter S.essio à créer une série d’oeuvres essentiellement performatives mettant en jeu le corps, l’image, le son et le texte sur un même plan, sans priorité de traitement.
__ Après des études en danse classique, moderne et butoh, YKT développe un travail en performance solo tout en participant à des projets collectifs interdisciplinaires (danse, théâtre, photographie). En tant que membre de la compagnie Sennichimae Blue Sky Dance Club (neo- butoh), elle a été interprète dans toutes les pièces en tournée de 2000 à 2007 (Japon, Corée, France, Etats-Unis, Canada, Chili). Ses performances solo sont également conçues dans des espaces non-théâtraux avec une capacité d’improvisation lors de présentations en galeries notamment. Depuis 2007, elle fait partie du groupe A.lter S.essio en tant que chorégraphe, interprète et créatrice de costumes. Elle mène des ateliers tous publics.

17 octobre 2013

[Agenda] Translation (MIRE) à DATABAZ

TRANSLATION : du côté d’Angoulême, on embarque avec MIRE (orchestre de table de mixage)… RV demain, vendredi 18 octobre 2013 à 20H30, au centre DATABAZ (100, rue du Gond 16000 Angoulême).

 

///// MIRE (orchestre de table de mixage), par Djamila Daddi-addoun, Lionel Palun et Alice Prédour

TRANSLATION (par HP Process [aka Philippe Boisnard et Hortense Gauthier ] )


_ MIRE est une formation qui se définit comme un orchestre de tables de mixage vidéo. Elle explore la notion de partition et d’orchestre pour des objets audiovisuels non pensés au départ comme des instruments.

MIRE part d’une approche sensible de l’image pour aller vers une écriture visuelle et sonore. Cette écriture est abstraite dans le sens où elle ne propose pas une narration mais une approche musicale de l’image. Elle convoque l’imaginaire du spectateur à travers une poétique minimaliste ( la fragilité de la danse organique d’une ligne à l’écran) et des temps plus baroques ( explosions syncopées de couleurs ).
La musicalité visuelle de Mire est créée par la respiration propre du larsen vidéo accompagnée tout autant qu’instrumentalisée par les interprètes. C’est une construction polyphonique orchestrée par la partition et accompagnée par des sons en lien direct avec la dynamique des images.

En coproduction avec le Lieu multiple (Poitiers), Jazz à Poitiers (Poitiers) et Databaz (Angoulême) avec le soutien de la région Poitou-Charentes, de l’association 720 Digital, du Conseil Général de l’Isère et du Conseil Régional Rhône-Alpes et Les Abattoirs de Bourgoin-Jallieu.

_TRANSLATION est une performance audiovisuelle sur la vitesse et l’espace-temps, sons et images sont produits en temps réel dans une logique synesthésique et hallucinatoire. A partir de films réalisés lors de voyages dans divers moyens de transports, HP Process construit en temps réel un travelling infini qui explore les variations et déformations visuelles générées par la vitesse, et par les diffractions temporelles et spatiales produits par les déplacements, les trajets, des connexions, les translations

C’est à la fois la traversée de multiples territoires et une plongée dans la matière vibratoire de la vidéo et du son, qui se déploie à partir d’une hybridation entre voix, textes et sons électroniques, pour aller vers une densification noise hypnotique. C’est une plongée dans la mémoire, et une interrogation de la mémoire comme base de données. L’archivage numérique n’est pas la remédiation à l’identique de traces mémorielles, mais l’exploration de cette mémoire par des affects qui se font algorithmes.

TRANSLATION est une expérience cinétique, une dream-machine numérique qui transcende l’opposition entre vision réelle et projection imaginaire, entre espaces géographiques et espace mental. Distance et dilatation, rythme et compression, défilement et suspension, synchronisation et décrochage sont les dynamiques de ce projet de live cinema.

5€ / 3€ pour les membres de l’association

30 septembre 2013

[Agenda] Inton’action #3

Ne manquez pas, en fin de semaine, cet événement programmé en lien avec Libr-critique.

INTON’ACTION #3 _ rencontres internationales de poésie et d’art action du 4 au 27 octobre 2013 (DATABAZ, Philippe Boisnard et Hortense Gauthier : 100, rue du Gond à Angoulême)

Pour sa troisième édition, DATABAZ poursuit son exploration des territoires audacieux de l’art action et de la poésie contemporaine, du sonore au numérique, de l’électronique au plastique, la performance sera explorée dans sa diversité et sa radicalité, durant deux jours de rencontres et un mois d’exposition.

Dans le sillage du Futurisme, de Dada et de Fluxus, les dix artistes présents artistes, qu’ils viennent d’Espagne, du Mexique, d’Italie ou de France, travaillent au coeur du contemporain, pour inventer un art actuel, une poésie en acte, dans l’action, en marche. Une parole debout, dans le corps, dans la voix, dans le geste …. Une poésie du faire, du vivre, vibrante et trépidante, qui prend le risque de l’instant, du moment, du contexte, qui travaille avec ce qui est là, ici et maintenant, debout, dans l’action du présent. Un art qui prend le risque du direct là devant, sans représentation, sans protection, un dire qui se donne dans la vie, pour faire, faire résonner, palpiter, ébranler, mettre en marche, en avant !

_ vendredi 4 octobre

DATABAZ – 20h30 – entrée : 5 euros // pass 2 soirées : 8 euros

/////// Pascale Barret (Belgique), Elvira Santamaria (Mexique), Eduard Escoffet (Espagne), Charles Dreyfus (France)

De la poésie sonore de Giovanni Fontana, grand poète italien, qui fait vibrer les sons et les mots en véritable maestro, à la poésie concrète du quotidien de Cécile Richard, en passant par le corps dansant et animal de Valentine Verhaeghe, et les install’actions du duo Akenaton (Philippe Castellin et Jean Torregrossa), en prise direct avec la matière et le politique, venez partager avec nous ces moments trépidants !

_ samedi 5 octobre

Marché des Halles et ses alentours – 11h

/////// performances dans l’espace public de Giovanni Fontana, Cécile Richard, Akenaton, Valentine Verhaeghe, Elvira Santamaria, Charles Dreyfus

DATABAZ – 20H30 – entrée : 5 euros // pass 2 soirées : 8 euros

/////// Pascale Barret (Belgique), Elvira Santamaria (Mexique), Eduard Escoffet (Espagne), Charles Dreyfus (France)

Deuxième soirée des rencontre INTON’ACTION pour découvrir l’art action et la poésie contemporaine, pratiques artistiques engagées et détonnantes, qui travaillent au coeur du réel et du corps. Des performances numériques de Pascal Barret qui interroge le corps cybernétique, à la poésie sonore percutante du catalan Eduard Escoffet, en passant par l’humour post-Fluxus de Charles Dreyfus et la force esthétique radicale d’Elvira Santamaria, venez vivre cette soirée performative et perforatrice!

Exposition////vidéos, poésie sonore et visuelle, installation et documents

Cécile Richard, Giovanni Fontana, Valentine Verhaeghe, Akenaton, Pascale Barret, Elvira Santamaria, Eduard Escoffet, Charles Dreyfus

du 4 au 27 octobre // vernissage samedi 4 octobre – 18h

horaires : du mercredi au dimanche – 15h – 19h + sur rendez-vous / entrée libre

Le festival sera retransmis en direct sur Internet sur Selfworld, motel numérique grâce à Ivan Chabanaud

22 septembre 2013

[News] News du dimanche

En cet avant-dernier dimanche de septembre, deux livres reçus de premier plan : Véronique Bergen, Edie. La Danse d’Icare (Al dante) et Edouard Levé, Autoportrait (POL). Des Libr-événements majeurs : Festival d’automne à Paris ; rencontre autour de François Rannou à Quimper ; rencontre avec Serge Pey à Toulouse ; rencontre avec Suzanne Doppelt et Daniel Loayza à Paris ; INTON’ACTION #3 à DATABAZ (Angoulême) ; 23e salon de la revue à Paris. /FT/

Livres reçus

â–º Véronique Bergen, Edie. La danse d’Icare, Al dante, septembre 2013, 288 pages, 20 €, ISBN : 978-2-84761-789-4.

"J’ai toujours pensé que pour échapper au règne des hommes, il me suffirait de danser à un mètre du sol" (p. 84).

Vampirisée par un père fantasmé (Fuzzy), celle qui voit la mort dans son prénom ("die"/Edie) se gave de sexe et de drogue… se scarifie mais ne se clarifie pas… devient "danseuse hors père"… parle, parle et reparle… Eros et Thanatos, bios et graphein…

Vous ne pouvez pas ne pas lire cette incroyable biofiction trash sur une actrice et mannequin morte tragiquement d’une overdose à vingt-huit ans (Edie Sedgwick : 1943-1971). Vingt-huit chapitres, donc, alternant dialogues plus ou moins fantaisistes et récit à la première personne – récit "dépersonnalisé" tant la parole se fait parfois délirante : c’est à un véritable Bing Bang – des temps comme des signifiés et des signifiants – que nous assistons… À psyché instable, style tumultueux dominé en particulier par la translation (passage d’une catégorie grammaticale à une autre : "je babylone", "il me stromboliait", "Fuzzy titaniqua Salt et Pepper", "elle pavlovera", "stéthoscoper"…

â–º Edouard Levé, Autoportrait, P.O.L, 2005 ; rééd. septembre 2013, #formatpoche, 96 pages, 5 €, ISBN : 978-2-8180-1939-9.

Excellente idée que cette réédition soignée – et à prix réduit – d’un autoportrait un peu paradoxal : n’ayant lu dans sa vie que quatre biographies, Edouard Levé semble préférer le j’aime/je n’aime pas de Roland Barthes à l’autobiographie traditionnelle ("Décrire précisément ma vie me prendrait plus de temps que la vivre"). À un début saisissant par sa condensation dramatique ("Adolescent, je croyais que La Vie mode d’emploi m’aiderait à vivre, et Suicide mode d’emploi à mourir") succède une accumulation de propositions qui se télescopent sans logique apparente : souvenirs personnels, lectures, considérations physiques, politiques, écologiques… linguistiques : « Je n’utilise pas les expressions suivantes : "Ça me parle", "À plus", "Il y a du désir", "Ça le fait", "C’est tip-top". »

♦ [Lire la présentation éditoriale de 2005]

♦ [Lire/écouter des extraits]

â–º La Revue des revues, Association Ent’revues, Paris, n° 50, automne 2013, 144 pages, 15,50 €, ISBN : 978-2-907702-62-1.

Pour le 23e Salon de la revue (cf. ci-dessous), paraît le 50e numéro de la revue qui, par delà les disciplines, considère la revue comme une forme à part entière. Entre autres, on notera le dialogue avec Jacqueline de Roux qui revient sur l’aventure des Cahiers de l’Herne (1960-1972) ; on s’arrêtera sur les vingt ans de la revue Art présence (fondée en 1992)… Y sont recensées par ailleurs les nouvelles revues présentées ici même au début de l’été : Aka et K.O.S.H.K.O.N.O.N.G.

♦ [Découvrir le sommaire complet, lire les résumés et certaines chroniques dans leur intégralité – et donc la fin de la mienne sur K.O.S.H.K.O.N.O.N.G.]

 

Libr-événements

â–º Du 25 septembre au 21 décembre 2013, 42e édition du Festival d’automne à Paris. Côté théâtre, on ne manquera pas Richard Wilson, l’Antithéâtre de Gwenaël Morin, Marthaler… [consulter le programme]

â–º Le Vendredi 27 septembre 2013 à 18H00, à la Médiathèque de Quimper (Médiathèque des ursulines, Esplanade Julien Gracq), rencontre autour des livres de François Rannou, La Chèvre noire (éds. Publie.net / Publie.papier) et Rapt (éds. La Nerthe/La Termitière).

â–º Vendredi 27 septembre, de 18H à 20H, Librairie des Ombres Blanches (50, rue Gambetta à Toulouse), rencontre avec Serge Pey autour de son dernier livre, Tombeau pour un miaulement.

â–º Jeudi 3 octobre 2013 à 19H, Librairie Michèle Ignazi (17, rue de Jouy 75004 Paris / 01 42 71 17 00), rencontre avec Suzanne Doppelt et Daniel Loayza pour Mouche. Une anthologie littéraire (Bayard).

â–º INTON’ACTION #3 _ rencontres internationales de poésie et d’art action du 4 au 27 octobre 2013 (DATABAZ, Philippe Boisnard et Hortense Gauthier : 100, rue du Gond à Angoulême)

Pour sa troisième édition, DATABAZ poursuit son exploration des territoires audacieux de l’art action et de la poésie contemporaine, du sonore au numérique, de l’électronique au plastique, la performance sera explorée dans sa diversité et sa radicalité, durant deux jours de rencontres et un mois d’exposition.

Dans le sillage du Futurisme, de Dada et de Fluxus, les dix artistes présents artistes, qu’ils viennent d’Espagne, du Mexique, d’Italie ou de France, travaillent au coeur du contemporain, pour inventer un art actuel, une poésie en acte, dans l’action, en marche. Une parole debout, dans le corps, dans la voix, dans le geste …. Une poésie du faire, du vivre, vibrante et trépidante, qui prend le risque de l’instant, du moment, du contexte, qui travaille avec ce qui est là, ici et maintenant, debout, dans l’action du présent. Un art qui prend le risque du direct là devant, sans représentation, sans protection, un dire qui se donne dans la vie, pour faire, faire résonner, palpiter, ébranler, mettre en marche, en avant !

_ vendredi 4 octobre

DATABAZ – 20h30 – entrée : 5 euros // pass 2 soirées : 8 euros

/////// Pascale Barret (Belgique), Elvira Santamaria (Mexique), Eduard Escoffet (Espagne), Charles Dreyfus (France)

De la poésie sonore de Giovanni Fontana, grand poète italien, qui fait vibrer les sons et les mots en véritable maestro, à la poésie concrète du quotidien de Cécile Richard, en passant par le corps dansant et animal de Valentine Verhaeghe, et les install’actions du duo Akenaton (Philippe Castellin et Jean Torregrossa), en prise direct avec la matière et le politique, venez partager avec nous ces moments trépidants !

_ samedi 5 octobre

Marché des Halles et ses alentours – 11h

/////// performances dans l’espace public de Giovanni Fontana, Cécile Richard, Akenaton, Valentine Verhaeghe, Elvira Santamaria, Charles Dreyfus

DATABAZ – 20H30 – entrée : 5 euros // pass 2 soirées : 8 euros

/////// Pascale Barret (Belgique), Elvira Santamaria (Mexique), Eduard Escoffet (Espagne), Charles Dreyfus (France)

Deuxième soirée des rencontre INTON’ACTION pour découvrir l’art action et la poésie contemporaine, pratiques artistiques engagées et détonnantes, qui travaillent au coeur du réel et du corps. Des performances numériques de Pascal Barret qui interroge le corps cybernétique, à la poésie sonore percutante du catalan Eduard Escoffet, en passant par l’humour post-Fluxus de Charles Dreyfus et la force esthétique radicale d’Elvira Santamaria, venez vivre cette soirée performative et perforatrice!

Exposition////vidéos, poésie sonore et visuelle, installation et documents

Cécile Richard, Giovanni Fontana, Valentine Verhaeghe, Akenaton, Pascale Barret, Elvira Santamaria, Eduard Escoffet, Charles Dreyfus

du 4 au 27 octobre // vernissage samedi 4 octobre – 18h

horaires : du mercredi au dimanche – 15h – 19h + sur rendez-vous / entrée libre

Le festival sera retransmis en direct sur Internet sur Selfworld, motel numérique grâce à Ivan Chabanaud

â–º Espace d’animation des Blancs-Manteaux (48, rue Vieille-du-Temple 75004 Paris), vendredi 11, samedi 12, dimanche 13 octobre 2013, 23e Salon de la Revue

Mnémotechniquement, c’est facile : 11-12-13/10/13 ! Donc, le Salon de la revue 2013 aura lieu les vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13 octobre 2013.

Vous pouvez retrouver tous les participants
Exposants
Revues présentes
Cette liste se complètera au fur et à mesure.

Voici le programme 2013, dans une version légère
Programme en bref
et dans la version définitive, complète et détaillée ici heure par heure.

 

   

18 septembre 2013

[Agenda] Présentation de la saison DATABAZ

Filed under: agenda,News — Étiquettes : , , , — rédaction @ 6:08

Vendredi 20 septembre 2013 à 18H, ouverture de la saison DATABAZ (Philippe BOISNARD et Hortense GAUTHIER : 100, rue du Gond à Angoulême). Présentation de la programmation automne 2013 du centre Databaz qui est le centre d’art géré par l’association Trame-Ouest qui gère libr-critique.com. Présentation des rencontres INTON’ACTION #3, et des évènements à venir en 2014 et des nouvelles résidences (renaud Renaud Chambon et Marina Bellefaye, alter sessio,…).
Nous ferons retour aussi la saison 2012-2013 (les soirées, les résidences telle celle de la compagnie Merlin pour la création du Mapping de L’argent, mise en scène de Anne Théron, présenté notamment au festival d’Avignon IN, … )
Vous êtes les bienvenus pour boire un verre, échanger, discuter, et venir découvrir quelques petites surprises…

Après le temps de l’été et des horizons reposants, c’est la rentrée et DATABAZ rouvre ses portes pour vous proposer de belles rencontres et des découvertes artistiques, avec INTON’ACTION #3, rencontres internationales de poésie et d’art action, puis une soirée de performance audiovisuelle, une résidence de création, danse et art numérique, et une soirée poésie, de quoi faire vriller vos oreilles, briller vos mirettes et palpiter vos neurones ! Nous vous attendons nombreux pour ces rendez-vous qui vous feront oublier la mélancolie automnale et qui nous permettront de partager des moments vibrants à contre-courant des pesanteurs du monde…

 

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