Dans les NEWS de ce soir, spécial Christian PRIGENT et un RV exceptionnel avec Claude FAVRE. Enfin, LC vous guide dans l’espace gigogne de ce qui, hélas, s’appelle toujours "Marché de la poésie"…
Autour de Christian Prigent
â–º AGENDA estival de Christian PRIGENT
15 juin. Marché de la poésie, Place Saint-Sulpice, Paris. Christian Prigent sera de 14 h 30 à 16 h 30 sur le stand des éditions FICELLES (STAND 503).
17 juin | Rencontre, débat
Christian Prigent. «Une soirée d’amour martial» à Paris 14e
Christian Prigent. «Une soirée d’amour martial» (DCL épigrammes de Martial, chez POL). Lecture/discussion à la Librairie «À Balzac à Rodin», 14 bis, rue de la Grande Chaumière, Paris 14e, M° Vavin. Le jeudi 17 juin à 18 h 30
18 juin | Lecture
Christian Prigent à Pantin
Christian Prigent à Pantin
Mercredi 18 juin 2014 à 20 heures, dans le cadre du festival « Côté court » : projection de Variation Chino, film de Sol Suffern et Rudolf Di Stefano (2014, 15 minutes) et lecture de Christian Prigent : Visions de Chino. Au Ciné 104, 104 avenue Jean Lolive, 93500 Pantin, métro : Eglise de Pantin (ligne 5).
♦ Du lundi 30 juin au lundi 7 juillet : participation au premier colloque international de Cerisy consacré à son œuvre, "Christian Prigent : trou(v)er la langue" (dir. : B. Gorrillot, S. Santi et F. Thumerel). [Il reste quelques places pour les curieux]
Toute l’actualité de Christian Prigent, des textes et documents inédits, des articles de recherche, des chroniques sur le blog Autour de Christian Prigent : vous y trouverez le programme complet du colloque, la réédition de son premier recueil La Belle Journée – devenu quasiment introuvable -, une synthèse sur l’aventure TXT, un article de Typhaine Garnier sur "la trouvaille d’une langue"… et bientôt, l’entretien de l’auteur paru dans Les Temps Modernes sur Bataille, une Bibliographie générale complète…..
â–º L’ensemble d’essais et d’entretiens de Christian Prigent, intitulé SILO, consultable et téléchargeable sur le site de pol éditeur vient d’être enrichi de trois textes : [ http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=feuilletons&numauteur=160&numfeuilleton=13&numpage=21&numrub=12]
1— "Aux grands Anamorphoseurs" (essai)
La mode des anamorphoses (vers 1560) comme trace d’une crise dans les modes de représentation. La torsion anamorphosée comme «structure de fiction». Une difficulté de la psychanalyse : Freud et la peinture. L’écriture moderne au delà du principe
d’anamorphose.
Exposé au colloque « De l’art les bords », Milan, 1978. Paru dans La Langue et ses monstres, Cadex, 1989. Revu et corrigé en avril 2014.
2— "Du Sens de l’absence de sens" (essai)
La question de l’illisibilité en littérature. Qu’est-ce qu’un texte illisible ? Ecriture et sens du « présent ». L’écriture comme expérience du sens de l’absence de sens.
Exposé au colloque « Liberté, licence, illisibilité poétique », San Diego, USA, 2008 (direction Bénédicte Gorrillot et Alain Lescart. Une version légèrement différente figure dans les actes de ce colloque (L’illisibilité en questions, Presses du Septentrion, avril 2014).
3— "Du Droit à l’obscurité" (entretien)
La littérature et la fatalité de l’obscur. Aux origines de la revue TXT. De Commencement à Demain je meurs : vers une plus grande lisibilité ? Pour qui écrire ? Fiction et pédagogie critique. La peinture comme médiation. Le rapport aux « maîtres ». Narration et voix. Pourquoi et comment des « lectures publiques ». Le style comme puissance de distinction.
Entretien avec Bénédicte Gorrillot. Colloque « Liberté, licence, illisibilité poétique », USA, 2008. Une version abrégée figure dans les actes de ce colloque (L’illisibilité en questions, Presses du Septentrion, avril 2014).
Spécial Libr-événement
Les rencontres avec Claude FAVRE étant rares, on ne manquera pas celle-ci, organisée par notre ami libre & critique Sébastien Écorce :
Claude Favre,
« VOYOUS »
LECTURE-PERFORMANCE
avec Dominique Pifarely (violon).
samedi 14 juin 2014 à 20h
Atelier Natalie Lamotte
10 – 12 rue Louis Marchandise
94400 Vitry sur Seine, Brooklyn
un mot j’ai commencé d’étourdissements il arrive que ça, démange un mot mon amour il arrive qu’à parler, ça donne sur la mort, n’est pas rien commencer, pas trop de culbutes, et totems je me joue certains jours à l’envers si vous saviez la langue, la langue et le corps, le corps étrange de l’intérieur qu’interpréter, ça qu’à moitié mais d’alertes je me joue je brouille, les cartes à l’orée de la langue de l’effroi je suis née et protéiforme, arrachée me raconte d’alertes c’est pas dit, c’est pas dit
Claude Favre, autour d’A.R.N. et inédits
(Ed. revue des ressources 2014)

© Nathalie Lamotte, série acrylique
32e Marché de la poésie Paris, du mercredi 11 au dimanche 15 juin 2014 (place St Sulpice)
Notons l’hommage à Pierre Garnier jeudi 12 à 17H30 ; les stands de la revue GRUPPEN (501), des éditions de l’Attente (110-112), des éditions Le Grand Os (stand 205), Arbre à paroles et Maelström (209)…
â–º LES ÉDITIONS AL DANTE SERONT PRÉSENTS AU MARCHÉ DE LA POÉSIE, STAND 506.
Programme des événements, signatures et interventions :
– Jeudi 12 juin à partir de 17h, en présence de Julien Blaine & Stéphanie Éligert, présentation du livre "DOC(K)S MORCEAUX CHOISIS (1979-1989).
– Jeudi 12 juin à 19h, STÉPHANE NOWAK PAPANTONIOU lira des extraits de son dernier livre : GLÔÔSSE. + présentation & signature.
– Vendredi 13 juin à partir de 18h, apéro & présentation des nouveautés aldantiennes en présence des auteurs :
AGENDA ROUGE DE LA RÉSISTANCE CHILIENNE de SERGE PEY
VORONEJ – CHOIX de Ossip Mandelstam, traduit par HENRI DELUY
– Samedi 14 juin à partir de 18h, apéro & présentation du livre AVAVA-OVAVA, publié avec La Voix des rroms. En présence des auteurs PIERRE CHOPINAUD, ANINA CIUCIU, LISE FOISNEAU, VALENTIN MERLIN ET SAIMIR MILE.
Sur la scène centrale, le dimanche 15 juin à 17h : "L’Édition de l’oralité", table ronde proposée par l’association Poema, avec Sébastien Lespinasse, Laurent Cauwet, Franck Puja. Modérateur : Jean-Michel Espitallier.
Autres nouveautés :
Poésie/littérature
– "Du bitume avec une plume" de Skalpel
– "Nous avons marché" de Yannick Torlini
– "Consume rouge" de Sylvain Courtoux
– "La sphinge mange cru" de Liliane Giraudon
– "Première ligne" de Jérôme Bertin
– "Le projet Wolfli" de Jérôme Bertin
– "Edie. La danse d’Icare" de Véronique Bergen
Politique
– "Procès d’une homme exemplaire" de Éric Toussaint
– "La démocratie" de Alain Brossat
Gastronomie
– "Cuisine action" de Henri Deluy
Samedi 14 juin
11h Rimbaudmobile, organisée par Poètes dans la Ville, parcours dans différents points de la capitale avec des poètes invités accompagnés du collectif Poésie is not dead (poètes : Vincent Tholomé, Laurence Vielle et Peter Holvoet Hanssen).*
Ouverture au public à 11h30.
14h 30 ans des éditions Bernard Dumerchez avec les poètes Hervé Carn, Zéno Bianu, Thomas Compère-Morel, Anne Mulpas, Jean-Dominique Rey, Yves Jouan, Valérie Schlée, Werner Lambersy, Dominique Dou.
15h Quelle place pour la poésie dans le “marché” de la littérature ? l’exemple de la Grande Bretagne, table ronde organisé par l’Union des Poètes & Cie
Anime par Paul de Brancion, poète et président de l’Union des poètes & Cie
Avec Lachlan Mackinnon, poète et critique littéraire, Jacques Darras, poète et président de Circé, et Brigitte Gyr, poète et vice-présidente de l’Union des Poètes & Cie.
Intervention : Mathias Lair, poète et secrétaire général de l’Union des poètes & Cie
16h Poésie Bassin du Congo : rencontre avec les poètes : Lopito Feijó (Angola), Éric Joël Békalé (Gabon), Michaella Rugwizangoga (Rwanda). Modérateur : Gabriel Mwènè Okoundji
17h Lectures : Poésie chinoise avec Han Bo, Jiang Hao, JiÄng TÄo, Ming Di, Tai E et Zhang Er, lecture organisée par le Festival franco-anglais
18h30 4e Nuit du Marché
Poésie Bassin du Congo
Présentation : Marie Alfred Ngoma
Lectures avec les poètes : Alexandrine Lao (Centrafrique), Thierry Manirambona (Burundi), Jean-Claude Awono (Cameroun)
Concert Bassin du Congo
20h Odette’s Tip (Afrobeat, Groove, Trance, Psychedelic Lounge, Cameroun)
21h Royaume Zipompa Pompa (Rumba- World music, Congo RDC)
Fermeture à 22h30
* Rimbaudmobile III : L’épopée Belge
Samedi 14 juin 2014
Dans une grange à Roche, le collectif Poésie is not dead a retrouvé il y a deux ans la voiture que la famille Rimbaud utilisait pour aller travailler aux champs.
Arthur et Vitalie la subtilisaient régulièrement, sous le nez et la barbe de leur mother, pour aller aux bals des villages alentours et pour leurs virées en Belgique et aux Pays-Bas.
Cet hiver, contre toute attente, elle a quitté sa grange ardennaise pour aller se promener en Belgique sur les pas d’Arthur et de Paul.
Heureusement, nos cousins poètes belges l’ont retrouvé à Bruxelles au n°1 de la rue des Brasseurs, devant l’ancien hôtel nommé A la Ville de Courtrai où se déroula le "drame de Bruxelles".
Cette année, les poètes belges Laurence Vielle, Vincent Tholomé et Peter Holvoet-Hanssen accompagnés par le créateur sonore en direct et en différé Michel Bertier et les vidéastes Anne-Sophie Terrillon et Christophe Acker ont décidé de faire revivre l’aventure abracadabrantesque de la Rimbaudmobile sur le bitume parisien.
Site de la Rimbaudmobile : http://rimbaudmobile.blogspot.fr/
Lectures-Performances dans les espaces publics suivants :
Avec le soutien de Wallonie Bruxelles International et du Fonds Flamand des Lettres
11h00 : Parvis Eglise Saint Eustache, rue Rambuteau près de la sculpture « L’Ecoute » d’Henri de Miller, avec Laurence Vielle et Michel Bertier
14h30 : Place de Furstenberg (près du Musée Delacroix) avec Vincent Tholomé et Michel Bertier
16h30 : Place Stalingrad avec Peter Holvoet-Hanssen et Michel Bertier
Captation vidéo : Anne-Sophie Terrillon et Christophe Acker
Conception et coordination : François Massut pour le collectif Poésie is not dead et l’association Poètes dans la Ville
Dimanche 15 juin
Ouverture au public à 11h30
14h30 Prix Coups de cœur/parole enregistrée de l’Académie Charles Cros
15h45 : Poésie du Bassin du Congo, rencontre avec tous les poètes venus pour l’occasion : Alexandrine Lao (Centrafrique), Thierry Manirambona (Burundi), Jean-Claude Awono (Cameroun), Madina Alima (Congo Brazzaville), Nocky Djedanoum (Tchad), Toussaint Kafarhire (Congo Kinshasa), Lopito Feijó (Angola), Éric Joël Békalé (Gabon), Michaella Rugwizangoga (Rwanda). Modératrice : Dominique Loubao
17h L’édition de l’oralité, table ronde organisée par POEMA. Avec Laurent Cauwet (éditions Al Dante), Sébastien Lespinasse (poète) et Franck Pruja (éditions de L’Attente). Modérateur : Jean-Michel Espitallier
17h45 Performances, de clôture : Patrick Dubost, Lili Frikh, Sébastien Lespinasse
20h Clôture du 32e Marché
demander une certaine connaissance de l’histoire de la poésie du XXème siècle et des questions qui s’y sont tissées. Risque dont lui-même n’était pas dupe, tel qu’il en témoigne dans sa première partie Ouvre-boîte : « Le pari n’était pas facile étant donné la grande diversité des gestes artistiques, la complexité des questions, la multiplicité des formes et des pratiques (…) Si j’emprunte parfois la casquette de l’historien, c’est qu’il me paraît difficile de prendre la mesure des formes contemporaines sans les replacer dans la continuité et les ruptures qui les ont produites, les légitiment, en expliquent les mécanismes et les apports. »
extra-époquale (le corps, le singulier, la pulsion, le ça, la négativité) qui serait voilée par l’époque. Bien au contraire, être contemporain selon Jean-Michel Espitallier, c’est saisir un certain nombre de questions « qui se posent mais ne me sont pas posées » (rupture de l’obnubilation du sujet), c’est intensifier des rapports logiques, politiques, sociaux, non pas en vue de trouver une part maudite, une sorte d’ipséité que la modernité rationnelle aurait voilée, mais selon le projet de les décrypter, de les mettre à jour du point de vue de leurs stratégies de domination, de diffusion, d’imprégnation. C’est pourquoi cette contemporanéité se définit en tant que tournant post-moderne. La post-modernité, comme j’y reviendrai par ailleurs, ne définit pas d’abord et avant tout une réalité époquale (même si cela peut être le cas), mais surtout la réévaluation critique des héritages qui ont défini l’histoire, selon une logique de mise à distance des méta-vérités qui l’ont structurée. Alors que la modernité poétique a opposé à la téléologie de la raison issue du XIXème siècle (Hegel, puis Husserl) une téléologie du sujet compris comme singularité et tout à la fois vérité d’une possible communauté politique (d’où la récurrence du thème de la révolution), la post-modernité ne revendique plus aucune forme de vérité/communauté, mais situe son travail comme déchiffrement des mécanismes politiques, économiques ou communicationnels qui définissent chacune des micro-segmentarités de vérité relative qui constitue la réalité parcellisée du monde occidental. Contre la performation moderne, le post-moderne tendrait à un travail critique. Contre l’idiolectal lié à l’assomption du singulier, la post-modernité poserait des langages conventionnels, issus des pôles hégémoniques de la représentation, mais cela à partir de la remédiation de leurs logiques ou de leurs contenus, selon des déplacements circonstanciels ou événementiels, selon des stratégies de déterritorialisation, sans réelle reterritorialisation dans une dimension de vérité. C’est ainsi que Jean-Michel Espitallier peut écrire : « Faisant le deuil du clivage historique entre passé et présent, le post-moderne s’inscrit en faux contre tout messianisme. L’écrivain post-moderne retourne contre eux les phantasmes d’une inspiration créatrice, raille l’esprit de sérieux et les supposés vertus politico-thérapeutiques de son travail. » (p.126)
les mutations de l’espace poétique, ou encore les pratiques transartistiques et transgénériques. Et parce que le bricolage ressortit à la "pensée sauvage" (Lévi-Strauss), cette caisse à outils s’avère aussi pratique qu’originale. Indispensable par sa riche diversité et la clarté de ses synthèses. Indispensable pour ses prises de position vives ou mesurées, ses mises en garde salutaires : assurément, on pourrait très bien se passer de ce "téléthon annuel" que constitue le Printemps des poètes, tout comme de l’incontournable "transversalité", "nouveau sésame de la cuistrerie branchée"… Le poétisme ne frappe pas que la poésie "traditionnelle", pouvant "se manifester dans la pompe lyrique ou le stylisme boursouflé comme dans la littéralité ou l’avant-garde" ; il importe donc de "se méfier des hâtives sacralisations du nouveau" – tant "il ne suffit pas de piloter de gros logiciels et d’articuler images, sons, textes, hologrammes, etc., pour faire la révolution poétique"
(p. 50-51)… Quant au fameux cut-up, pour être "devenu l’une des marques de fabrique de l’époque", il n’en est pas moins discutable : il a "tendance parfois à se faire un peu rouleur de mécaniques postmoderne, besogneux à force de se vouloir démonstratif, démonétisé comme valeur d’échange en ateliers d’écriture, conformiste à se croire naïvement visa de toutes les modernités" (198)…
extrêmes. L’opération symbolique vise à rien moins que labelliser une plateforme d’écritures exigeantes conçue comme une alternative au modèle avant-gardiste agonisant. Peu après la publication des Actes de ce colloque (1987) dans la revue Po&sie dirigée par Michel Deguy depuis 1977, naît chez le même éditeur Belin la collection du même nom, riche aujourd’hui de quelque soixante-quinze titres. Depuis, l’appellation est entrée dans l’usage courant en matière de littérature, employée dans des colloques de spécialistes comme dans divers panoramas et articles de presse. Arrêtons-nous sur le premier colloque international consacré à cette notion aussi vague que vaste, qui a eu lieu en mai 2007 à Toronto : trois jours durant, des chercheurs du monde entier ont débattu sur les "enjeux du roman de l’extrême contemporain : écritures, engagements, énonciations". La première remarque qui s’impose est l’extrême extension du "concept", puisqu’il recouvre aussi bien l’écriture de soi que "l’écriture du jeu, l’écriture des idées et l’écriture du réel". Quant à la liste des auteurs dont il est principalement question, elle laisse pour le moins perplexe : Angot, Chawaf, Darrieussecq, Duras, Germain, Grainville, Houellebecq, Laurens, Toussaint… Quels rapports établir objectivement entre ces écrivains dont les pratiques comme les capitaux symboliques sont aussi
Dehors : trois chevaux, "chevalos-cadavres" qui "se chevalopent" (26-27)… Dedans : la Nausée… On sait l’autre est un agencement répétitif qui s’interroge sur le processus d’identification dans un monde aliénant, sur notre rapport à L’AUTRE… En ce temps de Nausée hypermoderne, l’Autre ce n’est pas l’Enfer, mais l’éboulement, l’effacement, le guêpier…
au Jardin de la Maison de la Poésie / Péniche spectacle, et dimanche 25 mai à 15H celle de Dominique Quélen… Et aussi : Laure Limongi et Olivier Mellano, Pascal Commère…
laquelle résonne le rire. Ils feront résonner texte et musique dans une énergie performative, sonique et galopante.
Exposition et performances, galerie et mur rue Dénoyez, 30 mai au 8 juin
musiciens, vidéastes, comédiens…
De l’œuvre voulue et publiée comme dernier état (regrettablement donné pour terminé par l’artiste, en dépit de son caractère quasi aléatoire aux yeux de la génétique textuelle) d’une nébuleuse hypertextuelle qui sera sa vérité authentique enfin advenue pour les siècles des siècles : ou encore, de la dissolution programmée de la volonté de l’artiste de livrer non pas dix mille esquisses mais un objet achevé, voilà où nous en sommes ! Le travail d’une vie pour trouver le mot et la formule qui seuls convenaient, réduit à une variante des possibles progressivement éliminés.
bien ce qu’affirme aujourd’hui Christian Prigent :

Caractère unique ou polysémique, tronqué, éphémère ou tatoué, lettre d’amour ou de dénonciation, lettre perdue, égarée, retrouvée, oubliée, déchirée ou espérée, lettre-vidéo, ou courrier électronique, image palimpseste, la lettre emprunte mille formes pour interroger la création cinématographique. Après la littérature, le cinéma s’en empare, dès son origine, jouant de la missive comme ressort dramatique dans son rapport à l’espace et au temps et déjouant les difficultés de la monstration du caractère graphique dans le récit filmique.
la conscience et ce qui, trop chargé d’affect, trop douloureux, trop immoral, ne peut franchir ces filets. Le sommeil est la meilleure hypnose, tous les souvenirs émergent tels des chevaux sauvages, jusqu’aux souvenirs archaïques de la petite enfance.
violence pure et violence symbolique se partagent à part égale, pourrait-on dire, la représentation du monde, de la plus intime à la plus politique ― les pronoms sont nombreux et l’indétermination règne / Chaque séquence est comme un cut de réel où nous ne sommes que spectateurs), toutes ponctués par un « ou » en italique qui forme le seul espace de respiration où le réel est en suspens, blanc comme neige, se neutralisant. Ces mesures qui sont à la fois « la distance convenable pour parer ou pour porter un coup d’épée, avancer vers son adversaire ou se mettre hors de portée » et, à la fois, la « division du temps musical en sections d’égale durée » ; on retrouve dans ces deux définitions, les deux façons dont on peut prendre le livre de Bertin, la musicalité et la rythmique de Première ligne (« des notes de zéro à rien ») où « chaque mouvement [est] une chute » (p. 28), où chaque poème est une « sentence », comme une plongée cinématographique dans le réel le plus brut (où le « je » n’est presque jamais présent) et comme une guerre sans fin où il faut constamment porter des coups au réel et constamment les éviter, pas pour que le réel s’évanouisse (Bertin n’est pas un idéaliste, il nous met la gueule dedans), mais pour s’y frotter, s’y confronter encore et encore, car là, est notre seule destinée, car là est notre seule possibilité. Ces deux façons de voir le livre sont emboîtées : « le poète doit se faire voyou (avec violence à graver) » et il doit créer des « symphonie[s] pour crashs [et] crachats ».
Prigent et les tenants du Manifeste Négatif qu’avait co-écrit Bertin et votre serviteur en 2001 dans un numéro de la revue Action Poétique. C’est dire que Jérôme Bertin laboure le même sillon, au moins depuis 


Certes, le Journal de Charles Juliet n’échappe pas aux travers propres au genre : conception essentialiste du Moi et spiritualiste du langage, autocomplaisance, naïvetés, passages en politiquement-correct (très peu ici), topos, clichés et banalités…
Ritournelles crée des synergies entre les auteurs et artistes contemporains autour d’un thème central
Jean-Philippe Toussaint, Valérie Mréjen, Hélène Frappat, Marcel Cohen, Chantal Thomas, Marie Richeux, Alban Lefranc…
dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens.
Si Bernard Heidsieck avait son Vaduz, Vincent Tholomé, lui, a son VUAZ.


deux dessins de Goya (
Roman) : dès lors que « l’enfance incarne […] la vie au présent » (
Réfutant tout essentialisme, l’écrivain pose l’impossibilité de toute totalisation (l’Histoire n’est qu’ « avec trous à reconstituer » – 478) et opte pour un relativisme des points de vue (d’où les différentes versions sur le sort du grand-père durant la Grande Guerre). La vérité historique étant inatteignable et les reconstructions historiques lacunaires, il ne saurait être tenté par « le vertige en panoramique » (468) des grandes fresques ; privilégiant l’Histoire par la porte étroite
« Voyez ici Chino, fils de Lucien Le Cam alias Lapin Lecon »… « Chino descend du lapin. Du lapin il a l’œil sur le côté et le poil qui tremble entre les oreilles » (454-55)… Ecce Chino, « fils de désespérance » (140)… En fait, revoici le Chino de Grand-mère Quéquette
Enfantins » (307), tel est le seul cheminement viable : le passage de la
figuration du nom – de le faire parler en propre. Voyez comment « Chino, fils de Lucien Le Cam alias Lapin Lecon », évoque les ébats de la Madelon avec son militaire : « Ça a lapiné, aux dires de Broudic, entre le muret et l’édicule pieux avec la syllabe qui gêne à la rime. Lapin et lapine et la pine aussi, hi hi » (458). Faire clocher le monde à l’endroit, le regarder de travers et par en bas pour faire tomber à la renverse le lecteur, est une façon d’habiter poétiquement son nom, c’est-à-dire de se faire un nom et de bâtir avec sa « tour de babil » (93). Ce babil, nommons-le langtourloupe
